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Droit à la santé (Recommandations figurant aux paragraphes 113.67, 113.92, 113.93,

113.102, 113.103, 113.104, 113.110, 114.23 et 114.24)

89. La Commission nationale de lutte contre le VIH/sida a été rétablie. Inaugurée le 10 décembre 2015, elle est chargée de fournir des orientations stratégiques, d’assurer la gouvernance, la coordination et la gestion efficaces et efficientes de la lutte nationale multisectorielle et décentralisée contre le VIH/sida en vue d’éliminer le VIH/sida d’ici à 2030. Elle est actuellement régie par la loi no 8 de 2005 portant création de la Commission nationale de lutte contre le VIH/sida. Un nouveau projet de loi de 2019 sur la Commission nationale contre le VIH/sida doit être déposé devant l’Assemblée nationale pour adoption.

90. Le Ministère de la santé a élaboré des stratégies telles que la stratégie nationale pour la santé des adolescents et des jeunes pour 2015-2020, qui accorde aux adolescents et aux

jeunes le droit d’accéder à l’information, aux compétences et aux services concernant leur santé. Cette stratégie porte également sur les questions de prévention et la contraception et prévoit des programmes éducatifs à l’intention des jeunes.Il existe également un Plan d’action révisé sur les femmes et les filles et le VIH/sida 2012-2016. Le Plan aborde les questions d’accès aux services de soins de santé, en particulier aux traitements contre le VIH/sida, dont les antirétroviraux. Le Gouvernement a également élaboré un plan stratégique pour la santé sexuelle et procréative pour 2015-2020 qui aborde les droits des femmes et des filles en matière de sexualité et de procréation42.

91. Le Ministère de la santé a pris les mesures suivantes pour protéger les travailleurs du sexe, les personnes employées dans les usines, les lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes (LGBTI) et les détenus de la discrimination et leur garantir un accès adéquat aux soins et autres services liés au VIH/sida :

• La communication en faveur de l’évolution de la société et des comportements a été introduite dans le cadre du modèle de formation par les pairs grâce à un manuel de communication interpersonnelle ;

• La formation à l’utilisation des préservatifs, la promotion des préservatifs et leur distribution sont intégrées à la communication en faveur de l’évolution de la société et des comportements ;

• Des services de conseil et de dépistage du VIH, qui consistent principalement à orienter les patients vers le centre de soins le plus proche, ont été mis en place au niveau des communautés ;

• Les autotests ont également été introduits pour augmenter le nombre de dépistages du VIH, en particulier pour les personnes qui ne sentent pas à l’aise dans les établissements de santé ;

• La prophylaxie préexposition est administrée aux personnes dont le partenaire est séropositif, aux populations clefs et aux jeunes dans le cadre de la stratégie de prévention du VIH/sida ;

• La prophylaxie postexposition est également offerte à toutes les personnes concernées, y compris aux victimes de violence sexuelle.

92. Afin d’améliorer l’accès des femmes vivant en milieu rural aux droits en matière de santé sexuelle et procréative, le Ministère de la santé a pris, en collaboration avec les ONG, les organisations de la société civile et les partenaires de développement, les mesures suivantes :

• Des travailleurs sanitaires de village chargés, notamment, de distribuer des produits de planification familiale et de fournir des informations à cet égard au niveau de la communauté, ont été recrutés et formés ;

• Le Ministère de la santé a également mis à jour le manuel destiné aux agents chargés de la distribution des produits de planification familiale au niveau des communautés ;

• Dans le but d’améliorer l’accès à la planification familiale et de réduire les occasions manquées de planification familiale, le Ministère de la santé a mis à jour les lignes directrices relatives à la planification familiale conformément aux derniers critères d’éligibilité de l’OMS, également dans le but de promouvoir une approche humaine de la planification familiale ;

• Le Ministère de la santé a également lancé le plan stratégique relatif à la chaîne d’approvisionnement dans le but d’améliorer l’accessibilité et la disponibilité des produits de santé, y compris des produits de santé procréative ;

• La stratégie relative aux préservatifs a également été examinée et actualisée dans le but d’améliorer l’accès aux préservatifs et le marketing social y relatif ;

• Des cliniques mobiles qui se déplacent dans les villages fournissent tous les services, y compris des services de planification familiale ;

• Des programmes de sensibilisation fréquents sont mis en œuvre. Les équipes sont composées d’un personnel infirmier, d’un conseiller et d’un jeune, ce qui permet d’encourager les adolescents et les jeunes à recourir à ces services ;

• Le Ministère a également élaboré le cadre régissant les services de sages-femmes dans le but de renforcer la participation de la communauté à la prévention de la mortalité maternelle ;

• Afin de surmonter les difficultés dues aux stéréotypes culturels en matière d’éducation sexuelle, le Ministère de la santé a élaboré le Manuel sur la sexualité à l’intention des parents pour guider la communication parents/enfants sur la sexualité.

93. Pour que la lutte contre le VIH/sida soit fondée sur les droits de l’homme, le Ministère de la santé mène, en collaboration avec les partenaires de développement, les organisations de la société civile et les ONG, des activités de mobilisation sociale pour sensibiliser la population au VIH/sida, distribuer des préservatifs en diffusant des messages invitant à l’évolution des comportements, repérer les victimes de violence fondée sur le genre et orienter, au niveau de la communauté, les populations clefs et les jeunes vers les structures sanitaires qui assurent les services cliniques.

94. Le rapport d’évaluation du cadre juridique (Legal Environment Assessment (LEA) 2016) a montré qu’il était nécessaire de revoir plusieurs politiques et lois, dont la Politique nationale de 2006 sur le VIH/sida. ONUSIDA a aidé la Commission nationale de lutte contre le VIH/sida à élaborer la Politique nationale de 2019 sur le VIH/sida. Les objectifs sont les suivants : respecter les droits des personnes vivant avec le VIH et des groupes vulnérables et répondre à leurs besoins ; lever les obstacles à l’accélération de la lutte contre le VIH/sida et à l’élimination de la maladie d’ici à 2030 ; suivre les orientations stratégiques réaffirmées dans la Déclaration politique de 2016 sur le VIH et le sida adoptée pour accélérer la lutte contre le sida ; accélérer la réalisation de l’objectif de développement durable relatif à l’élimination du sida d’ici à 2030. La politique de 2019 est en cours d’examen par le Conseil des ministres.

95. Un Plan d’action national et une loi sur le VIH/sida ont été approuvés par le Ministère de la justice, des affaires constitutionnelles et des droits de l’homme en août 2018. Fondé sur une évaluation solide de l’environnement juridique du VIH, ce plan a été élaboré avec l’appui d’ONUSIDA et du PNUD. L’équipe conjointe sur le sida du Lesotho a commencé à soutenir la mise en œuvre du Plan d’action pour la législation et les politiques sur le VIH/sida en 2018, et l’organisation Women and Law in Southern Africa a été choisie pour renforcer les capacités des responsables de l’application de la loi (police, magistrats, etc.) à traiter les questions relatives aux droits de l’homme, à la violence fondée sur le genre et au VIH/sida.

96. Le Lesotho donne un nouvel élan à la participation des organisations d’inspiration religieuse à la lutte contre le VIH/sida. Les dirigeants religieux ont fait une déclaration dans laquelle ils se sont engagés à éliminer le VIH/sida, et le Cadre régissant les activités des organisations d’inspiration religieuse concernant la lutte contre le VIH, la violence sexuelle et la violence fondée sur le genre, ainsi que les droits en matière de santé sexuelle et procréative des jeunes filles et des adolescentes a été finalisé en 2018 et doit être approuvé par Sa Majesté. Les dirigeants des organisations d’inspiration religieuse entendent utiliser leur position pour mobiliser les hommes et les garçons et pour plaider en faveur de la protection des adolescentes et des jeunes femmes.

97. Dans le but d’améliorer le secteur de la santé, le Gouvernement a recruté 36 médecins cubains dans les hôpitaux et cliniques du pays. Le Ministère de la santé recrutera en outre 35 médecins et 252 infirmiers et infirmières basotho. Pour s’attaquer efficacement au fléau du cancer, le Ministère a élaboré un plan national complet de lutte contre le cancer. Il a élargi les services de cancérologie et de néphrologie en envoyant des patients se faire soigner à l’hôpital Apollo en Inde. À ce jour, 3 greffes de rein ont été réalisées sur des patients basotho en Inde. Des professionnels de la santé (médecins, infirmiers et infirmières et pharmaciens) ont été formés en Inde pour faciliter la création du Centre national de chimiothérapie au Lesotho.

98. En juillet 2017 s’est tenue au Lesotho la 12e Conférence et exposition sur les cancers du col de l’utérus, du sein et de la prostate en Afrique. Pour célébrer cette importante manifestation, le Lesotho a inauguré le Centre d’excellence Senkatana, qui est le tout premier centre de dépistage et de prévention des cancers du col de l’utérus du pays. Cet établissement offre des services gynécologiques complets et met l’accent sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, le diagnostic, le traitement des lésions précancéreuses et l’orientation vers des établissements traitant les cancers.

99. L’offre de services de santé s’est accrue pour atteindre davantage de femmes travaillant dans les usines et vivant dans les endroits difficiles d’accès. Une grande partie de ces services concerne la santé sexuelle et procréative, y compris la planification familiale.

Dans le cadre des efforts déployés pour atteindre les femmes qui n’ont pas accès à la planification familiale, des cliniques mobiles ont été mises en place et des activités visant à aller à la rencontre de la population ont été menées.

100. Le Lesotho entend faire en sorte que tous les districts soient dotés d’établissements de santé et disposent de prestataires de services de santé. En 2017, on a estimé qu’il y avait environ 236 établissements de santé dans le pays, dont 1 hôpital central, 2 hôpitaux spécialisés, 18 hôpitaux généraux, 4 hôpitaux primaires, 4 cliniques d’orientation et 207 centres de santé.

101. Le Lesotho n’a pas encore atteint l’objectif consistant à affecter 15 % du budget aux services de santé ; il alloue néanmoins 11 % du budget à ces services43.

I. Droit à l’éducation (Recommandations figurant aux paragraphes 113.105, 113.106, 113.107, 113.108, 113.109, 113.110, 113.111, 113.112 et 113.115)

102. Bien qu’elle rende la scolarité obligatoire et que plusieurs dispositions de ses textes subsidiaires prévoient l’accès à l’éducation de tous les enfants, quelle que soit leur situation, la loi sur l’éducation de 2010 est en cours de révision. Selon les modifications envisagées, l’obligation scolaire sera renforcée, les peines et les sanctions prévues en cas de non-respect de la loi étant alourdies. Ainsi, tous les parents et tuteurs ont l’obligation de scolariser les enfants à partir de 6 ans.

103. Les politiques et stratégies ci-après ont été mises en place pour inscrire dans les faits l’instruction gratuite et obligatoire, et offrir aux enfants handicapés l’accès à une éducation inclusive :

• Dans le cadre de la politique nutritionnelle en milieu scolaire, un programme de distribution de repas a été mis en place dans toutes les écoles primaires afin de réduire les cas de décrochage dus à la faim ;

• Le manuel du plan d’amélioration des écoles vise essentiellement à maintenir les taux de fréquentation scolaire. Cent-cinquante animateurs ont été recrutés pour le mettre en œuvre en 2017 ;

• Dans le cadre d’une nouvelle politique approuvée et lancée en 2018, le Ministère de l’éducation inaugure un programme d’éducation informelle pour ceux et celles qui n’ont pas la possibilité de fréquenter les établissements scolaires aux horaires habituels, comme c’est le cas, par exemple, des gardiens de troupeaux et des bergers qui surveillent généralement leur bétail pendant les heures de classe.

104. Désireux de mettre en place une administration de la justice adaptée aux enfants, l’UNICEF soutient le Ministère de la justice et l’administration pénitentiaire dans la promotion du programme consacré à la justice pour mineurs, qui vient en aide aux enfants victimes, auteurs, témoins et aux autres mineurs ayant besoin des services de la justice. Le programme est conforme à la Convention relative aux droits de l’enfant, à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et à la loi de 2012 sur la protection et le bien-être des enfants, qui encadrent, aux échelons local et national, les services de police et de justice dans l’administration de la justice pour mineurs.

105. Le projet d’amélioration de l’éducation de base, doté d’un budget de 2,1 millions de dollars des États-Unis financé par l’Association internationale de développement, vise à résoudre les problèmes liés à la fourniture de services éducatifs de base et à la rétention des élèves dans certains établissements d’enseignement primaire et d’enseignement secondaire du premier cycle. Il a notamment pour objectif de renforcer l’enseignement du calcul, de la lecture et de l’écriture à l’école primaire, et les compétences en mathématiques et en sciences à l’école secondaire du premier cycle, en misant sur la formation continue, le renforcement des réseaux d’appui et de la supervision pour les enseignants, la mise à disposition de supports d’enseignement et d’apprentissage, et l’expérimentation d’un nouveau modèle d’enseignement des mathématiques et des sciences. Le projet cible les 300 écoles primaires du pays qui obtiennent les moins bons résultats 44 et les 65 établissements d’enseignement secondaire du premier cycle qui sont situés dans les zones desservies par ces écoles45. Il sera mis en œuvre entre 2016 et 2021.

106. Le Ministère de l’éducation fait appel à divers médias − radio, télévision et presse écrite − pour diffuser des informations sur l’importance de l’instruction pour les enfants, tant filles que garçons, surtout pour ceux qui sont désavantagés parce qu’ils vivent dans des zones montagneuses reculées. Les réunions publiques sont également des lieux d’échange particulièrement adaptés où il est possible de nouer un dialogue actif et direct avec les habitants et de faire valoir combien il est important d’offrir aux garçons et aux filles le même accès à l’éducation dans le cadre de « l’éducation pour tous ». Cette méthode est particulièrement employée dans les zones rurales reculées où les autres moyens de communication, tels que la radio, la télévision et les journaux, sont peu présents46.

107. Actuellement, plusieurs campagnes de sensibilisation sont menées pour encourager les enseignants et les parents à autoriser les filles enceintes à poursuivre leur scolarité tant que leur grossesse le permet. Ce travail de sensibilisation est souvent réduit à néant par la stigmatisation qui conduit ces filles à abandonner leurs études puis les empêche de les reprendre à cause de leurs nouvelles responsabilités de mère. Les facteurs socioéconomiques jouent un rôle considérable dans le décrochage scolaire, en particulier parmi les gardiens de troupeaux, d’où la mise en place du programme d’éducation informelle dont il a été question plus haut.

108. L’éducation aux droits de l’homme fait partie du programme scolaire, qui aborde également des sujets tels que la prévention du VIH/sida, l’égalité des sexes, la préparation à la vie active, l’alcoolisme et la toxicomanie, la santé sexuelle et procréative. Ces cours sont dispensés aux élèves de la fin de l’école primaire jusqu’à la fin du premier cycle de l’école secondaire. Des cours sur les droits de l’homme sont également proposés dans les établissements d’enseignement supérieur, en particulier aux étudiants en droit de l’Université nationale du Lesotho.

109. Soucieux de remédier aux inégalités dont les filles sont victimes dans l’accès à l’éducation et de réagir aux signalements de violences sexuelles en milieu scolaire, le Ministère de l’éducation prépare actuellement, dans le cadre du projet en faveur d’un enseignement de qualité pour tous, un programme de lutte contre la violence fondée sur le genre à l’école.

110. L’apprentissage des compétences de base fait partie d’un programme intégré dans le cadre duquel les élèves reçoivent un enseignement sur l’identité, la sexualité et ses incidences. En outre, le FNUAP dispense aux adolescents et aux jeunes adultes les connaissances et les compétences nécessaires pour améliorer leur santé sexuelle et procréative ; il s’appuie pour cela sur une série d’activités validées par le manuel d’éducation sexuelle destiné aux jeunes non scolarisés.

111. Trente-trois maîtres formateurs ont reçu l’agrément nécessaire pour dispenser des cours d’éducation sexuelle à des jeunes non scolarisés, 160 prestataires de santé ont été formés à la prise en charge des adolescents et des jeunes adultes, 247 enseignants ont été formés à l’éducation sexuelle en milieu scolaire, 7 500 adolescents et jeunes non scolarisés ont suivi des cours d’éducation sexuelle, et 6 800 ont bénéficié de services de santé sexuelle et procréative. Un site d’information destiné aux jeunes sur les droits et la santé sexuels et procréatifs (« Tune Me ») a été lancé et consulté plus de 6 000 fois47.

112. Le Gouvernement travaille en partenariat avec des organisations de la société civile et des groupes indépendants de soutien aux femmes pour distribuer des serviettes hygiéniques aux écolières. L’objectif est de réduire le nombre de filles qui manquent l’école pendant leurs règles, mais également d’enseigner à ces filles les gestes d’hygiène, y compris jeter les serviettes usagées.

Système judiciaire

J. Lutte contre la corruption (Recommandations figurant