La deuxième partie de la publication est préparée à titre de guide pour les participants aux futures pré-sessions sur la façon dont ils peuvent
7. Les trois P des pré-sessions
Planification
Une préparation importante est nécessaire avant la participation des OSC et des INDH aux pré-sessions. Premièrement, si l’organisation vient de l’étranger, elle devra vérifier si un visa est requis pour entrer en Suisse. Si c’est le cas, UPR Info soutiendra la demande en délivrant une lettre d’invitation. UPR Info organise la logistique pour plus de cinquante OSC et INDH par série de pré-sessions, il est donc important de nous informer bien à l’avance si un soutien est nécessaire par rapport aux visas. La réservation de vols et d’hébergement devrait également être faite assez tôt (pour l’hébergement, voir le service du « CAGI » ci-dessus). Sur la base des commentaires de nos anciens participants, les OSC et les INDH devraient prévoir de séjourner à Genève pendant environ trois à quatre nuits, si les ressources financières le permettent.
La durée exacte du séjour devrait dépendre de la date de la pré-session du pays, et si l’organisation prévoit de participer à la formation à l’EPU et à la réception de réseautage (abordée ci-dessus). En plus des aspects logistiques, les participants devraient également identifier les missions permanentes qu’ils souhaitent cibler pour les réunions bilatérales. Nous encourageons vivement l’établissement d’un dialogue avec les délégations étatiques avant le voyage à Genève, car la probabilité de trouver une heure et date convenables pour une réunion sera plus forte.
Présentation
La présentation faite par les OSC et les INDH aux pré-sessions est l’activité essentielle par excellence de leur participation et elle devrait donc être soigneusement préparée.
UPR Info partage des modèles de déclarations orales structurées et de présentations PowerPoint qui peuvent être adaptés aux questions et au contexte d’un pays en particulier. UPR Info demande à recevoir l’ébauche des présentations des intervenants environ une semaine avant les pré-sessions. Ceci donne l’opportunité de recevoir des commentaires des organisateurs sur la structure et la longueur de l’intervention dans son ensemble. Les participants des OSC et des INDH essaient souvent d’inclure trop d’éléments dans leur présentation, malgré le temps limité dont elles disposeront pour la faire. Dans ces circonstances, UPR Info fera des suggestions pour réduire le contenu afin de permettre la présentation dans le délai imparti. En tout cas, il est important de se rappeler que des versions plus longues des déclarations et une documentation de plaidoyer plus complète peuvent toujours être distribuées aux pré-sessions pour compléter les informations fournies dans la présentation. Pour finir, concernant les présentations des intervenants, ceux-ci devraient décider s’ils feront uniquement une déclaration orale ou s’ils utiliseront Power Point aussi (abordé au chapitre 8 ci-dessous). Par-dessus tout, les intervenants devraient se rappeler de faire leurs présentations à un rythme soutenu pour que l’auditoire puisse suivre. Il est essentiel que les intervenants s’exercent à faire leur présentation afin de se sentir à l’aise avec
le contenu et la limite de temps. Si la pré-session du pays n’est pas la première de la matinée, les participants devraient envisager de rejoindre l’auditoire pour les autres pré-sessions afin de se familiariser avec le format.
Persuasion
En tant que plateforme de plaidoyer internationale, les pré-sessions visent à persuader l’auditoire – les missions permanentes – à faire des recommandations EPU sur certaines thématiques spécifiques. Conscients que chaque État n’a qu’un laps de temps limité pour faire des recommandations au Groupe de travail durant l’examen, les intervenants des pré-sessions devraient élaborer des stratégies concernant la façon dont ils peuvent faire valoir leur question à inclure. Pour convaincre les États à s’engager sur les thématiques, il faut d’abord faire une présentation cohérente et bien structurée lors de la pré-session. Elle devrait inclure des exemples de recommandations orientées sur l’action et spécifiques qui traitent du thème, ainsi que des questions soumises à l’avance pour l’État examiné. Les participants devraient aussi anticiper les questions que les missions permanentes pourraient leur poser, et être prêts avec des réponses. Une autre étape de plaidoyer importante consiste à organiser des réunions bilatérales avec les États pendant la semaine des pré-sessions.
C’est souvent au travers de ces réunions individuelles que les participants peuvent élaborer d’une manière plus détaillée leur thématique, et ce faisant, établir des liens plus étroits avec la délégation étatique. Pour finir, les participants peuvent également se servir des réunions bilatérales pour demander à être mis en contact avec le représentant diplomatique dans le pays. Dès que les participants rentrent chez eux après les pré-sessions, il est utile de suivre directement avec une représentation dans le pays pour discuter de la thématique d’une manière plus approfondie et la raison pour laquelle elle devrait être incluse dans les recommandations à l’EPU. N’oubliez pas – un défenseur persévérant est un défenseur convaincant !
8. Présentations
UPR Info a vu plus de 700 présentations de CSO et de NHRI depuis 2012. Notre organi-sation a reçu des commentaires de la société civile et des États sur ce qui a marché ou non concernant la structure, le contenu et les manières de faire des présentations. Les lignes directrices suivantes relatives aux présentations s’appuient sur la grande expé-rience d’UPR Info et sur les commentaires des anciens participants aux pré-sessions :
L’objectif de la déclaration n’est pas de lire l’intégralité de la contribution soumise par la partie prenante de l’organisation à l’EPU, mais de partager certaines informations et recommandations clés avec les missions permanentes. Après l’intervention, les diplomates peuvent poser des questions aux OSC et aux INDH pour obtenir des précisions sur l’état de la mise en œuvre d’une recommandation
particulière. Les OSC et les INDH devraient donc avoir préparé quelques réponses à l’avance concernant les recommandations qui relèvent de leur expertise.
Afin de faire une présentation aussi stimulante que possible, il est conseillé d’éviter de lire votre déclaration mot à mot. Essayez de vous adresser à l’auditoire avec autant de contact visuel que possible. Il est vivement conseillé d’utiliser une présentation sur Power Point qui souligne les principales thématiques soulevées dans une déclaration (c.-à-d., des recommandations et questions suggérées). Chaque État interrogé dans le cadre de l’évaluation des pré-sessions a commenté que les présentations faites par le biais de Power Point sont plus efficaces pour engager l’auditoire et retenir son attention. Par ailleurs, la grande majorité des anciens intervenants ont vivement encouragé l’utilisation de Power Point. Pour les orateurs qui décident d’utiliser Power Point, il est essentiel d’utiliser les diapositives et le texte avec modération. Il est suffisant de limiter les informations aux points importants de la question des droits humains soulevée, plus les recommandations suggérées par l’organisation et les questions soumises à l’avance.
8.1 Structure de la déclaration
Chaque intervenant recevra un exemple de déclaration d’UPR Info qui pourra servir de bon point de départ pour structurer l’intervention. En général, les éléments suivants devraient être inclus :
1) Une présentation de l’organisation (donnez un petit aperçu du groupe que vous représentez. Indiquez s’il fait partie d’une coalition et mentionnez votre engagement dans le processus de l’EPU à ce jour) ;
2) Une explication succincte si une consultation nationale a eu lieu ou non pour la rédaction du rapport national ;
3) Un petit exposé sur le plan de votre déclaration. Indiquez le nombre de thèmes que vous soulèverez et dans quel ordre ;
4) Une sélection des questions : Il est important de scinder vos questions. Les femmes, les enfants, les minorités, les peuples autochtones, etc. peuvent contenir plusieurs questions secondaires telles que la violence, la discrimination, la traite, l’éducation,
et bien d’autres encore. Pour chaque question, répétez les étapes 1 à 3 décrites ci-dessous.
Étape 1 : Donnez des informations à jour sur les recommandations de l’examen précédent traitant cette thématique (n’hésitez pas à mentionner le nom des pays qui ont formulé ces recommandations). N’oubliez pas de consulter la base de données d’UPR Info pour trouver une liste de toutes les recommandations précédentes faites à l’État examiné.10
Étape 2 : Décrivez comment la situation sur cette question a évolué dans le pays depuis le dernier examen. Soulignez les accomplissements et les lacunes restantes. Les preuves empiriques provenant de sources fiables constituent des informations convaincantes pour les États.
Étape 3 : Suggérez deux ou trois recommandations spécifiques et deux ou trois questions écrites. Malgré le manque d’utilisation des questions soumises à l’avance dans le processus de l’EPU, elles ont un potentiel considérable de mettre en évidence les États qui cherchent à échapper à leurs responsabilités en matière de droits humains sur le plan international.
8.2 Minutage et ordre de passage des intervenants
En général, le panel comprend cinq intervenants. Chaque participant disposera de 5 à 7 minutes pour faire sa présentation. Le minutage est strictement observé par le modérateur par souci d’équité, pour que chaque orateur ait la même opportunité. Les OSC et les INDH bénéficient de la même restriction de temps, bien que les INDH prennent généralement la parole en premier, car elles ont tendance à offrir un aperçu plus général des questions de droits humains. Lorsque le panel est composé d’OSC nationales et internationales, les OSC nationales prennent la parole en premier. Lorsque les OSC ont coordonné les présentations pour qu’elles soient lues dans un ordre spécifique, UPR Info est heureux de faciliter cet ordre choisi.
À condition que le minutage soit respecté, il y a en général quelques minutes à la fin des présentations, avant les questions de l’auditoire, où les intervenants ont une opportunité supplémentaire pour faire des observations finales.
8.3 Langues
En général, pour refléter les langues de travail du secrétariat des Nations Unies, l’anglais et le français sont les voies de communication principales aux pré-sessions.
Ainsi, UPR Info peut normalement fournir une interprétation du français vers l’anglais, si nécessaire. Afin d’augmenter l’accessibilité pour les diplomates francophones, nous avons également testé l’interprétation complète (c.-à-d., à toutes les pré-sessions) de l’anglais vers le français. Malheureusement, après avoir introduit l’interprétation complète en 2015, nous avons remarqué que notre objectif initial, à savoir, attirer un plus grand nombre de diplomates de l’Afrique francophone, n’avait pas été
particulièrement réussi. Bien qu’un grand nombre de personnes aient assisté à ces séries de pré-sessions, le service d’interprétation n’avait pas amélioré le taux de participation des diplomates francophones. Nous avons donc réorienté nos efforts et nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur l’interprétation complète du français vers l’anglais.
UPR Info reconnaît que de nombreux pays n’ont ni l’anglais ni le français comme langue officielle, et l’exigence de présenter dans l’une des deux langues peut donc être restrictive. Lorsqu’une minorité d’intervenants sélectionnés se sentent mal à l’aise en anglais ou en français, UPR Info peut demander si un autre intervenant de l’organisation pourrait représenter l’organisation à sa place. Cependant, dans une situation où la majorité des intervenants des OSC et des INDH d’un pays particulier ne peuvent pas faire leur présentation en anglais ou en français, UPR Info fera de son mieux pour offrir une interprétation simultanée à partir d’une autre langue.