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Aperçu des décapodes d’eau douce d’Afrique occidentale en rapport avec les écorégions d’eau douce

Chapitre 6 Etat et répartition des décapodes d’eau douce

6.1 Aperçu des décapodes d’eau douce d’Afrique occidentale en rapport avec les écorégions d’eau douce

rapport avec les écorégions d’eau douce

La région d’évaluation de l’Afrique occidentale telle que définie dans ce rapport comprend 53 espèces de décapodes d’eau douce appartenant à cinq familles de crevettes : Alpheidae (n = 2), Atyidae (n = 12), Desmocarididae (n = 2), Euryrhyncidae (n = 3), Palaemonidae (n = 9) et une famille de crabes d’eau douce Potamonautidae (n = 26). Sur ces 53 espèces (26 crabes et 27 crevettes), 49 ont des aires de répartition cartographiées dans la Liste rouge (26 crabes et 23 crevettes) et 27 espèces sont endémiques à la région d’évaluation (22 crabes et 5 crevettes).

6.1.1 Espèces endémiques répandus en Afrique occidentale

6.1.2 Systèmes xériques

6.1.2.1 Sahel sec

L’écorégion du Sahel sec contient trois espèces de décapodes d’eau douce (deux crevettes et un crabe) qui sont toutes évaluées LC.

6.1.2.2 Bassins versants du Lac Tchad

L’écorégion du lac Tchad contient six espèces de décapodes d’eau douce (trois crevettes et trois crabes) qui sont toutes évaluées comme LC. Cette écorégion comprend environ un tiers de l’aire de répartition mondiale de deux espèces de crabes ; Sudanonautesmonodi et S. floweri.

6.1.3 Fleuves de forêt sèche de savanne

6.1.3.1 Bassins versants Sénégal Gambie

Il existe trois espèces de crevettes d’eau douce et quatre espèces de crabes d’eau douce dans cette écorégion.

Tous sont évalués LC à l’exception de deux des crabes,

Potamonauteslipkeian et P. senegalensis, qui sont tous deux répertoriés Données insuffisantes.

6.1.3.2 Bas Niger-Benoue Delta intérieur du Niger Ces deux écorégions abritent 15 espèces de décapodes d’eau douce : huit crabes et sept crevettes. Trois de ces espèces, le crabe d’eau douce Potamonemussachsi e t d e u x c r e ve t t e s ( E u r y r h y n c h i n a e d i n g t o n a e e t Potamalpheopshaugi) sont En danger, les autres sont de Préoccupation mineure. Une espèce LC, le crabe d’eau douce Sudanonauteskagoroensis est endémique à l’écorégion du Bas Niger-Benoue. Cette espèce n’est connue que de sept sites et de moins de quatre localités du centre du Nigeria et se limite aux ruisseaux et rivières à débit rapide qui drainent le plateau de Jos. La zone d’occurence estimée (EOO) de S. kagoroensis est petite (8 826 km2), tout comme sa zone d’occupation estimée (AOO) (32 km2). Le Soudanonauteskagoroensis est classé dans la catégorie Préoccupation mineure car il n’y a pas de menaces majeures et répandues connues pour cette espèce. Cependant, cette situation pourrait changer si les activités humaines (telles que l’exploitation minière) augmentaient dans la zone, auquel cas elle serait susceptible de se qualifier dans une catégorie menacée.

6.1.3.3 Volta

L’écorégion de la Volta contient 10 espèces de décapodes : trois crevettes et sept crabes. L’une des espèces de crabe, Potamonautestriangulus, est évaluée VU, tandis que les autres espèces sont toutes évaluées LC.

6.1.3.4 Bassins versants de la Baie

L’écorégion des Bassins versants de la Baie contient 16 espèces de décapodes d’eau douce, dont neuf crabes et sept crevettes. Parmi celles-ci, trois espèces de crevettes d’eau douce sont en danger : Desmocarisbislineata, Euryrhynchinaedingtonae et Potamalpheopshaugi.

6.1.4 Systèmes de hautes terres et montagneux

6.1.4.1 Fouta Djalon

Q uatre e spè ce s de dé c apode s d’e au douce sont présentes dans l’écorégion du Fouta Djalon : trois crevettes (Caridinatogoensis, Caridinopsischevalieri et Desmocaristrispinosa) et un crabe (Liberonauteslatidactylus), et toutes sont évaluées LC.

6.1.4.2 Mont Nimba

Dix espèces de décapodes sont présentes dans l’écorégion du Mont Nimba : cinq crevettes et cinq crabes. Parmi ceux-ci, deux espèces de crabes d’eau douce (Liberonautesnimba et L. rubigimanus) ont été évaluées Vulnérables.

Figure 6.1 Liberonautes rubigimanus est présente dans les ruisseaux de montagne à courants rapides sur le Mont Gibi au Libéria et le Mont Nimba en Guinée. © Savel Daniels

6.1.5 Fleuves des forêts humides

6.1.5.1 Nord de la Haute-Guinée

Il existe neuf espèces de décapodes d’eau douce dans l’écorégion du nord de la Haute-Guinée : quatre crevettes (toutes évaluées LC) et cinq crabes (quatre Menacés et un évalué Données insuffisantes). Trois des espèces de crabes menacées, Afrithelphusaleonensis (CR), A. afzelii (CR) et A.

monodosa (EN), sont endémiques à cette écorégion, tout comme A. gerhildae (DD). La cinquième espèce de crabe d’eau douce, Globonautesmacropus (EN), bien qu’elle ne soit pas endémique à cette écorégion, a une proportion importante de son aire de répartition qui s’y trouve.

6.1.5.2 Sud de la Haute-Guinée

Le Liberonauteslugbe (CR) a une répartition restreinte et n’est connu que d’une seule localité (Lugbe dans le comté de Nimba, Libéria), où il a été collecté dans un habitat de ruisseau d’eau douce dans la forêt tropicale.

En conséquence, cette espèce a une très petite zone d’occupation (AOO) et une très petite zone d’occurrence (EOO) (tous deux estimés à 4 km2). Les menaces qui pèsent sur cette espèce comprennent la destruction de l’habitat liée à l’agriculture associée à l’expansion de la population humaine, et une déforestation plus intensive. La localité de Lugbe, au Libéria, n’est pas dans une zone protégée.

6.1.5.3 Eburnéo

Il existe onze espèces de décapodes d’eau douce dans cette écorégion : cinq espèces de crevettes et six espèces

de crabes. Toutes ces espèces sont évaluées LC, à l’exception de deux espèces de crevettes, Caridinaebuneus et Macrobrachiumthysi, qui sont toutes deux à Données insuffisantes et potentiellement endémiques à l’écorégion.

6.1.5.4 Ashanti

Il existe six espèces de décapodes d’eau douce dans cette écorégion : une espèce de crevette et cinq crabes. Toutes ces espèces sont évaluées LC, à l’exception de l’espèce menacée de crabe d’eau douce Potamonautestriangulus (VU), où 80 % de son aire de répartition se trouve dans cette écorégion.

6.1.5.5 Haut Niger

Cinq espèces de décapodes d’eau douce habitent cette écorégion : deux crabes et trois crevettes, qui sont tous classés Préoccupation mineure.

6.1.6 Plaines inondables, marécages et lacs

6.1.6.1 Delta intérieur du Niger

Il existe deux espèces de décapodes d’eau douce dans cette écorégion, la crevette d’eau douce Caridinatogoensis et le crabe de rivière Potamonautesecorssei, qui sont tous deux évalués LC.

6.1.7 Deltas des grands fleuves

6.1.7.1 Delta du Niger

Douze espèces de décapodes d’eau douce se trouvent dans cette écorégion : six espèces de crevettes et six

espèces de crabes. Quatre d’entre elles sont des espèces menacées : le crabe Potamonautesreidi (VU) et trois crevettes, Desmocarisbislineata (EN), Potamalpheopshaugi ( E N ) e t E u r y r hy n c h i n a e d i n g t o n a e ( E N ). L e c r a b e Sudanonautesnigeria (DD) est endémique à cette écorégion.

6.2 Etat de conservation

L’é t a t d e c o n s e r va ti o n d e s d é c a p o d e s d’Af r i q u e occidentale(26 espèces de crabe et 28 espèces de crevettes d’eau douce) a été évalué à l’aide des catégories et critères de la Liste rouge de l’UICN à l’échelle mondiale (UICN, 2012).

L’état de conservation des décapodes d’Afrique occidentale (26 espèces de crabe et 28 espèces de crevettes d’eau douce) a été évalué à l’aide des catégories et critères de la Liste rouge de l’UICN à l’échelle mondiale (UICN, 2012).

Sur les 26 espèces de crabes d’eau douce évaluées dans ce travail, 12 (46 %) sont menacées d’extinction : quatre (15 %) sont en Danger critique d’extinction, quatre (15 %) sont En danger et quatre (15 %) sont Vulnérables (tableau 6.1, graphique 6.2). Une espèce CR de crabe d’eau douce de Sierra Leone, Afrithelphusaafzelii, était auparavant considérée comme CR-Probablement éteinte (Smith Figure 6.2 Pourcentage d’espèces de décapodes d’eau douce indigènes et endémiques par catégorie de la Liste rouge en Afrique occidentale. Source: Compilée par les auteurs du rapport avec des données provenant de la Liste rouge de l’UICN (2021).

Nombre d’espèces indigènes Nombres d’espèces endémiques régionales Catégorie de la Liste rouge de l’UICN Crabes Crevettes Crabes Crevettes Shrimps All decapods

Eteint (EX) 0 (0) 0 0 0 (0) 0 0

Eteint à l’état sauvage (EW) 0 (0) 0 0 0 (0) 0 0

En danger critique d’extinction (EN) 4 (2) 0 4 4 (2) 0 4

En danger (EN) 4 (4) 3 7 4 (4) 2 5

Vulnérable (VU) 4 (4) 1 5 4 (4) 0 4

Quasi menacé (NT) 0 (0) 0 0 0 (0) 0 0

Préoccupation mineure (LC) 10 (10) 15 25 6 (6) 1 5

Données insuffisantes (DD) 4 (5) 9 13 4 (5) 5 9

TOTAL 26 (25) 28 53 22 (21) 5 27

Tableau 6.1 Nombre d’espèces de décapodes d’eau douce indigènes et endémiques par catégorie de la Liste rouge en Afrique occidentale.

Les chiffres entre parenthèses renvoient à l’évaluation précédente pour les crabes uniquement (Smith et al., 2009) et incluent les évaluations régionales. Source : Compilée par les auteurs du rapport avec des données provenant de la Liste rouge de l’UICN (2021) et Smith et al. (2009).

0% 20% 40% 60% 80% 100%

Espèces indigènes

EX EW CR EN VU NT LC DD

Espèces endémiques

et al., 2009), mais une nouvelle population a récemment été découverte. Sur les 28 espèces de crevettes d’eau douce, quatre (14 %) sont menacées d’extinction : trois (11 %) sont En danger et une est Vulnérable. Neuf des espèces de crevettes (32 %) sont évaluées Données insuffisantes.

6.2.1 Espèces évaluées en danger critique d’extinction

6.2.1.1 Crabes en danger critique d’extinction

Afrithelphusa afzelii (CR)

Jusqu’à récemment, cette espèce n’était connue que dans une localité non précisée de la Sierra Leone à partir de spécimens collectés de 1790 à 1800 et, en l’absence de nouveaux enregistrements, on craignait qu’elle ne coure un risque élevé d’extinction et pourrait même être éteinte. De nouvelles enquêtes sur le terrain en 2021 en Sierra Leone ont maintenant permis de redécouvrir une population de cette espèce « perdue », donc au moins elle n’est pas éteinte. Cependant, l’habitat où cette espèce a été capturée est fortement perturbé et sous la pression de l’expansion des populations humaines et de l’agriculture intensive.

Les récents troubles politiques en Sierra Leone ont laissé certaines zones protégées sans surveillance efficace, bien que la réserve forestière de Kangari Hills, qui se trouve dans l’aire de répartition de cette espèce, reste relativement intacte. Ces menaces immédiates entraînent un déclin continu de la qualité de l’habitat. Le site de collecte d’A. afzelii en 1790 n’était pas répertorié, et sa redécouverte fournit donc au moins une seule localité connue pour cette espèce, bien qu’avec des estimations faibles (4 km2) à la fois pour la zone d’occupation (ZO) et la zone d’occurrence (EOO).

La bonne nouvelle de sa redécouverte est tempérée par le fait qu’elle pourrait encore être au bord de l’extinction. Il est clair que des études supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour déterminer l’état actuel de sa population, sa répartition exacte, ses exigences écologiques et les

menaces à long terme pour cette espèce CR (Cumberlidge et Daniels, 2020a).

Afrithelphusa leonensis (CR)

Cette espèce n’était à l’origine connue que pour trois spécimens collectés en 1955 dans une seule localité sur la montagne Sugar Loaf en Sierra Leone. De nouvelles enquêtes sur le terrain en 2021 en Sierra Leone ont permis de redécouvrir une population supplémentaire de cette espèce

« perdue ». Cependant, l’habitat où elle a été collectée est fortement perturbé et sous la pression de l’expansion des populations humaines, de l’empiètement de l’agriculture, de l’érosion et de la perte des forêts. Cette unique localité signifie qu’Afrithelphusaleonensis a une zone d’occupation (AOO) estimée faible et une zone d’occurrence (EOO) estimée faible (tous deux de 4 km2). Davantage de relevés sont nécessaires de toute urgence pour déterminer l’aire de répartition exacte, les exigences écologiques, la taille et les tendances de la population, et les menaces à long terme pour cette espèce CR peu connue (Cumberlidge & Daniels, 2020c).

Liberonautes grandbassa (CR)

Cette espèce est endémique au centre du Libéria où elle est connue à partir de quelques spécimens collectés dans une seule localité de forêt tropicale. Cette espèce est évaluée CR car elle est menacée par la perturbation de l’habitat associée à la déforestation entraînée par l’expansion des populations humaines et les périodes de troubles politiques.

Il n’y a aucune mesure de conservation connue en place pour cette espèce, et elle ne se trouve pas dans une aire protégée (Cumberlidge & Daniels, 2020d).

Liberonautes lugbe (CR)

Cette espèce est endémique au nord du Libéria où elle n’est connue que par deux spécimens capturés dans un habitat de forêt tropicale à Lugbe dans le comté de Nimba. Les spécimens ont été collectés à la main lorsque les crabes marchaient sur terre près d’un ruisseau. Cette espèce est évaluée CR car elle est menacée par la perturbation de l’habitat associée à la déforestation entraînée par l’expansion des populations humaines et les périodes de troubles politiques. Il n’y a aucune mesure de conservation connue en place pour cette espèce, et elle ne se trouve pas dans une aire protégée (Cumberlidge & Daniels, 2020e).

6.2.2 Espèces évaluées comme menacées

6.2.2.1 Crabes menacés

Afrithelphusa monodosa (EN)

Cette espèce est endémique à la Guinée où elle est connue à partir de moins de 20 spécimens provenant de deux localités.

Afrithelphusamonodosalives dans les terres agricoles, les marécages et les habitats humides toute l’année dans la zone

de savane de la forêt humide semi-décidue de Guinée du nord-ouest de la Guinée (Cumberlidge, 1999). Les spécimens ont été prélevés sur des terres cultivées à partir de terriers creusés dans un sol humide en permanence, chacun avec une mare d’eau peu profonde au fond. L’habitat naturel est encore inconnu, mais il est probable que cette terre cultivée était à l’origine un marais d’eau douce permanent. Il n’y avait pas de sources d’eau de surface à proximité et il est évident que ces crabes n’ont pas besoin d’être immergés dans l’eau (comme le font leurs parents du genre Liberonautes qui vivent dans les ruisseaux et les rivières). Afrithelphusamonodosacan reste hydraté avec la petite quantité d’eau boueuse qui s’accumule au fond de son terrier. Il est clair que cette espèce respire parfaitement bien par les poumons. Malgré la découverte récente d’une nouvelle population de cette espèce en 2005, elle n’est encore actuellement connue que pour quelques spécimens provenant de deux localités. Les menaces pesant sur l’espèce comprennent la perte/la dégradation de l’habitat (induite par l’homme) en raison de l’augmentation de la population humaine, de la déforestation et de l’augmentation de l’agriculture associée dans le nord-ouest de la Guinée.

Elle ne se trouve pas dans une zone protégée. La découverte récente de nouvelles sous-populations (et la promesse d’en trouver d’autres) a conduit à ce que son statut de Liste rouge soit récemment déclassé de CR à EN.

Globonautes macropus (EN)

Cette espèce est endémique aux forêts tropicales humides de Haute-Guinée de l’ouest du Libéria (comtés de Bong, Lofa et Mesurado) et à la Guinée, et se trouve vraisemblablement également dans les parties boisées de la Sierra Leone qui se trouvent entre ces deux populations. Cette espèce est limitée aux forêts tropicales humides où elle nécessite un habitat spécialisé de trous naturels remplis d’eau de pluie trouvés dans des arbres de taille appropriée dans une forêt tropicale à canopée fermée. Malgré la découverte récente de nouvelles populations, elle n’est encore actuellement connue que d’une poignée de spécimens et de quelques localités. L’espèce est loin d’être abondante et il a été estimé en 1989 qu’il y avait entre 5 et 10 crabes par km² dans la forêt pluviale à canopée fermée. Cette densité pourrait bien diminuer à mesure que la déforestation progresse. Les menaces pesant sur l’habitat de la forêt pluviale à canopée fermée de G. macropus se poursuivent en raison de l’augmentation de la population humaine, de la déforestation, de l’instabilité politique et de l’augmentation de l’agriculture au Libéria. Cette espèce ne se trouve pas dans une zone protégée. La découverte de nouvelles populations de cette espèce en 1988 a entraîné le déclassement de son statut sur la Liste rouge de CR à EN, mais cela pourrait changer si les menaces persistent.

Liberonautes nanoides (EN)

Cette espèce est endémique au Libéria où elle n’est connue que d’une seule localité du comté de Bong (la rivière St. Paul

au Bong Mine Fishing Club près de Haindi). Elle vit dans les parties rocheuses des eaux vives de la rivière Saint-Paul, une rivière importante qui traverse la zone de forêt pluviale du Libéria. Liberonautesnanoides ne se trouve jamais dans les petits ruisseaux qui se jettent dans la rivière Saint-Paul.

L’espèce sert de deuxième hôte intermédiaire à la douve du poumon Paragonimusuterobilateralis, mais l’incidence de l’infection est faible, ce qui indique que l’espèce ne joue pas un rôle important dans la transmission du parasite à l’homme. Les menaces pesant sur son habitat fluvial se poursuivent en raison de l’augmentation de la population humaine, de la déforestation, de l’instabilité politique et de l’augmentation de l’agriculture au Liberia. Elle ne se trouve pas dans une zone protégée. L’espèce est une source de nourriture importante localement et fait l’objet d’une petite pêche locale.

Potamonemus sachsi (EN)

Cette espèce est incluse ici car bien que la majeure partie de son aire de répartition se trouve dans les hautes terres du sud-ouest du Cameroun (et donc en dehors de la région de l’Afrique occidentale), elle se trouve sur le plateau d’Obudu à haute altitude, dans le sud-est du Nigeria, qui s’élève abruptement hors de la forêt pluviale. Les estimations mises à jour de la zone d’occurrence (~24 000 km2) et de la zone d’occupation (16–500 km2) diminuent son aire de répartition connue et justifient son transfert de VU à EN. Les menaces pesant sur cette espèce comprennent la déforestation et la dégradation de l’habitat en raison de l’empiètement de l’agriculture liée à l’augmentation de la population humaine qui provoque un déclin de la superficie et de la qualité de l’habitat (Cumberlidge, 2020). Aucune mesure de conservation n’est en place pour cette espèce et elle ne se trouve pas dans une aire protégée.

6.2.2.2 Crevettes menacées

Trois espèces de crevettes d’eau douce menacées représentent trois familles.

Desmocaris bislineata (EN)

L’espèce n’est connue que de trois sites dans le Delta du Niger (Powell, 1977), qui est touché par une importante dégradation de l’environnement due aux déversements répétés de pétrole, à la perte de mangroves et à l’impact des populations étendues de jacinthe d’eau qui dégradent la qualité habitat (réduction du nombre de localités connues entre 1 et 3 emplacements). L’EOO de l’espèce est inférieure à 3 000 km2 et l’AOO moins de 500 km2, mais comme elle est limitée à l’eau douce des marées, l’EOO et l’AOO sont en réalité probablement beaucoup plus petits. Cependant, sur la base des calculs actuels et du niveau de menace pour le Delta du Niger, l’espèce est considérée Menacée.

Euryrhynchina edingtonae (EN)

L’espèce a été décrite à l’origine comme étant présente dans toute la moitié ouest du Delta du Niger (Powell, 1976), bien que le seul signalement récent concerne la rivière Ikpoba, qui traverse Benin City. Le Delta du Niger est touché par une importante dégradation de l’environnement due aux marées noires répétées, à la perte de mangroves et à l’impact des importantes populations de jacinthes d’eau, qui dégradent la qualité de l’habitat de l’espèce. Le seul endroit récent à partir duquel l’espèce a été enregistrée, la rivière Ikpoba, est très polluée en raison des effluents domestiques et industriels de Benin City. L’EOO de l’espèce est inférieure à 3 000 km2 et l’AOO moins de 500 km2, mais comme elle est limitée aux petites rivières et aux mares dans les forêts marécageuses, l’EOO et l’AOO sont en réalité probablement beaucoup plus petits. Cependant, sur la base des calculs actuels et du niveau de menace pour le Delta du Niger, l’espèce est considérée Menacée.

Potamalpheops haugi (EN)

L’espèce est connue de la localité type au Gabon, sur la base de matériel collecté en 1906, ainsi que de collections plus récentes (1975–1977) dans le Delta du Niger. Au Nigeria, l’espèce est connue pour habiter l’eau douce pure des grands fleuves, où elle vit entre les racines des arbres tombés et d’autres végétaux submergés (Powell, 1979). Le système fluvial du Delta du Niger est fortement touché par les déversements de pétrole et la déforestation extensive des mangroves, qui sont susceptibles d’avoir un impact sur l’espèce. En plus de la localité type au Gabon, cette espèce est connue à partir de deux sites proches (une localité) dans le Delta du Niger, ce qui en fait une répartition fragmentée. Comme l’EOO de l’espèce est inférieure à 5 000 km2 et avec une AOO actuellement connue de moins de 500 km2, l’espèce est considérée Menacée. Des prospections urgentes sont nécessaires pour établir sa présence (ou son absence) entre le Gabon et le Nigeria, notamment au Cameroun et en Guinée équatoriale.

6.2.3 Espèces évaluées Vulnérable

6.2.3.1 Crabes vulnérables

Liberonautes rubigimanus (VU)

Cette espèce est typique du Libéria (Mont Gibi, Comté de Margibi) et de Guinée (Mont Nimba). La réévaluation de cette espèce (Cumberlidge & Daniels, 2020h) était basée sur des localités supplémentaires signalées par (Daniels et al., 2016) qui ont augmenté la zone d’occurrence (EOO) à 13 537 km2, et l’ont déplacée de EN à VU. Cependant, elle est toujours dans une catégorie menacée en raison de la persistance des menaces pesant sur cette espèce (perte et dégradation de son habitat de ruisseau de montagne associée à la

déforestation, à l’exploitation minière, à l’agriculture intensive accompagnée de pollution et à l’augmentation de la population humaine). Certaines parties de son aire de répartition se trouvent dans une zone protégée, le Parc national du Mont Nimba.

Liberonautes nimba (VU)

Cette espèce est connue dans neuf localités sur les pentes du Mont Nimba, du Mont Gangara et du Mont Yuelliton en Guinée et du Mont Nimba au Libéria. La réévaluation de cette espèce (Cumberlidge & Daniels, 2020g) était basée sur des localités supplémentaires signalées par Daniels et al. (2016)

Cette espèce est connue dans neuf localités sur les pentes du Mont Nimba, du Mont Gangara et du Mont Yuelliton en Guinée et du Mont Nimba au Libéria. La réévaluation de cette espèce (Cumberlidge & Daniels, 2020g) était basée sur des localités supplémentaires signalées par Daniels et al. (2016)