Partie II - Contexte régional, données et profils nationaux
8. Profils nationaux
8.8 Kenya
Aires protégées et de conservation du Kenya
55Le Kenya compte 411 aires protégées couvrant 72 545 km2 d’écosystèmes terrestres et 904 km2 d’écosystèmes marins (UNEP-WCMC et IUCN, 2019i).
Le gouvernement postindépendance a hérité de quatre parcs nationaux et six réserves de gibier, dont la déclaration officielle a fait l’objet d’un processus parlementaire. En outre, un certain nombre de réserves de gibier sont sous la gestion d’autorités locales. Il existe également un grand nombre de zones de conservation de la faune sauvage propriétés d’entreprises privées et / ou communautaires. Le nombre de parcs et réserves a donc considérablement augmenté.
Sur les 12% de terres désignées comme aires protégées, y compris les forêts, 50% se trouvent sur des terres arides et semi-arides. La tendance actuelle montre une forte diminution de la diversité des espèces animales et de l’abondance des populations dans ces écosystèmes. Devant le fait que ces aires protégées étaient incapables d’atteindre de manière adéquate les objectifs de conservation de la biodiversité et de soutenir les moyens de subsistance, l’idée d’établir des sanctuaires privés et des zones de conservations communautaires a pris de l’ampleur au cours des dernières décennies au Kenya. Celles-ci constituent la pierre angulaire du système actuel d’aires protégées, plus de 70% de toutes les grandes espèces sauvages vivant de façon permanente ou saisonnière à l’extérieur des aires protégées gérées par des organismes gouvernementaux.
Aires protégées et de conservation transfrontières
Le Kenya accueille une partie de cinq aires de conservation transfrontières, à savoir : I) Amboseli-Kilimandjaro-Longido, ii) Mont Elgon, iii) Serengeti-Mara, iv) Paysage terrestre et marin de Tana-Kipini-Laga Badana Bushbush, et v) Système de réserves marines de Tanga et parc marin de Tanga Coelacanth, Diani Chale et Kisitee-Mpunguti.
Contexte politique
Un rapport complet sur la législation et les politiques relatives à la gestion, à la gouvernance et à l’équité des aires protégées a été réalisé par le programme BIOPAMA. Il a identifié 41 lois et politiques pertinentes au Kenya (Tessema, 2019).
Espèces clées
56Le Kenya possède des écosystèmes et des habitats diversifiés, abritant une flore et une faune uniques et diverses. Plus de 7 000 espèces végétales ont été recensées au Kenya, dont plus de 1 000 endémiques ou quasi endémiques. Quelque 356 espèces végétales ont été évaluées comme menacées dans le cadre du processus de Liste rouge de l’UICN, dont un tiers sont endémiques au Kenya. On estime que plus de 5 000 espèces de champignons sont présentes dans le pays, bien que seulement 2 000 aient été documentées.
Les 1 100 espèces d’oiseaux du Kenya comprennent huit espèces endémiques. Plus de 200 reptiles (cinq tortues marines, cinq tortues terrestres, 100 serpents, 100 lézards, un crocodile et cinq espèces de tortues d’eau douce) et 110 espèces d’amphibiens
55 Cette section s’appuie sur les informations contenues dans le cinquième Rapport national du Kenya à la CDB (Republic of Kenya, 2015).
56 Ibid.
Aires protégées :
Source : UNEP-WCMC et IUCN, 2019i
Couverture des aires protégées au Kenya
Type d’aire protégée Aire protégée
ou conservée* Aire protégée ou conservée**
Terrestres et eaux
intérieures 12,36% 8,00%
Marines et côtières 0,80% Aucune
correspondance
* Ensemble de données de la BDMAP ** Rapport national sur la biodiversité Source : Republic of Kenya (2015) ; UNEP-WCMC et IUCN (2019i).
Aires protégées et de conservation du Kenya par type de gouvernance de l’UICN
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i).
Aires protégées et de conservation désignées comme sites d’importance mondiale au Kenya
Désignation mondiale Nombre
de sites
Réserves de biosphère de l’UNESCO 6
Sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO
(naturels ou mixtes) 3
Zones humides d’importance internationale
(sites Ramsar) 6
Source : Ramsar (2019) ; UNESCO (2019a, 2019b).
Désignations nationales des aires protégées et de conservation au Kenya
Désignation nationale Nº Superficie (km2) Réserve communautaire de faune sauvage 1 223
Parc national 23 28 844
Réserve nationale 31 17 941
Ranch collectif 1 66
Réserve naturelle privée 1 197
Sanctuaire de gibier 1 0
Aire protégée privée 2 522
Sanctuaire national 6 36
Ranch privé 4 645
Réserve marine nationale 5 510
Parc national marin 4 61
Réserve naturelle 2 17 941
Non rapporté 5 8
Réserve forestière 234 18 776
Parc national (proposé) 1 145
Zone de conservation communautaire 21 2 719
Réserve naturelle communautaire 28 30 016
Réserve privée 16 8 121
Sanctuaire de faune sauvage 1 109
Aire marine gérée localement 9 37
Figure 8.15 : Résumé du Kenya
Population totale
PIB (en milliards de USD actuels)
87,91
Croissance du PIB (% annuel)
6,30
Aires protégées et de conservation du Kenya par catégorie de gestion de l’UICN
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019i).
Ne s’applique pas (9) Non rapportée (345)
VI. Aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles (16)
IV. Aire de gestion habitats / espèces (5) II. Parc national (36)
Non rapporté (267)
D. Gouvernance par les peuples autochtones ou communautés locales (51) C. Gouvernance privée (16)
B. Gouvernance partagée (1)
A. Gouvernance par le gouvernment (76)
411 aires
Aires prioritaires pour la conservation
Source : AZE Secretariat (2019) ; BirdLife International (2019b, 2019c).
sont présentes sur l’ensemble du pays, à l’exception des hauts sommets tels que le mont Kenya. Le Kenya abrite également 315 espèces de mammifères, y compris un certain nombre d’espèces endémiques et quasi endémiques, dont le zèbre de Grévy (Equus grevyi) et le hirola (Beatragus hunteri). Le déclin de nombreuses espèces de mammifères, à l’exception de l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana), a été attribué aux changements dans l’utilisation des terres, à la sécheresse, au braconnage, aux maladies et à la compétition pour les ressources.
Les écosystèmes d’eau douce et marins du Kenya abritent des populations de poissons à la fois biologiquement diverses et commercialement importantes. Plus de 60 de ces espèces sont menacées, selon la Liste rouge de l’UICN. Plus de 35 000 taxons d’invertébrés ont été identifiés et décrits, et plusieurs milliers d’autres restent à décrire.
Pressions et menaces
57Les principales menaces auxquelles est confrontée la biodiversité du Kenya sont la dégradation, la fragmentation et la perte des habitats, telles que les changements d’utilisation des terres, la modification physique ou les prélèvements excessifs dans les cours d’eau, la perte des récifs coralliens et les dommages infligés
aux fonds marins par le chalutage. Les principaux moteurs en sont la croissance démographique, exerçant une pression sur les habitats de la biodiversité et les ressources foncières, ainsi que la pauvreté, conduisant à une utilisation non durable des ressources foncières et de la biodiversité et à des ressources financières limitées pour soutenir la conservation de la biodiversité.
D’autres menaces critiques incluent les changements climatiques, les espèces exotiques envahissantes, la surexploitation et la pollution. Certains taxons, comme les amphibiens et les reptiles, sont particulièrement touchés par la surexploitation pour le commerce local et international. Le commerce international illégal d’ivoire et de corne de rhinocéros constitue également une menace pour les populations d’éléphants et de rhinocéros dans le pays, tandis que le bois de santal africain (Osyris lanceolata), moins connu, est également gravement menacé par la surexploitation illégale. Le commerce illégal de viande de brousse a gravement affecté de nombreuses espèces d’antilopes.
N
0 100 200
Développé par le RCMRD à partir des données BDMAP.
Figure 8.16 : Aires protégées du Kenya
57 Ibid.
© Grégoire Dubois, Flamants roses et buffles, Parc national du lac Nakuru, Kenya
© Pete Howard, Maloti-Drakensberg, Lesotho