Partie III - Gouvernance et efficacité de la gestion
10. Efficacité de la gestion des aires protégées
10.1 Qu’est-ce qu’une gestion efficace ?
L’efficacité de la gestion se rapporte à la façon dont les aires protégées sont gérées, et principalement à la mesure dans laquelle la gestion est efficace pour conserver les valeurs et atteindre les buts et objectifs définis, tels que la protection de la biodiversité (Hockings et al., 2008; Leverington et al., 2010). Les éléments spécifiques d’une bonne gestion varient selon le contexte et les caractéristiques de chaque aire protégée. Par exemple, une aire protégée communautaire isolée, avec peu de visiteurs, aura besoin de moins de personnel et d’installations récréatives qu’une destination touristique emblématique.
Toutes les aires protégées ne sont pas gérées efficacement pour protéger les valeurs pour lesquelles elles ont été conçues, et la qualité de la gestion de la plupart des aires protégées est mal connue (Geldmann et al., 2015). Des données suggèrent qu’il existe des corrélations positives entre certains aspects de la gestion des aires protégées (comme le personnel et les budgets) et les résultats en matière de conservation des espèces (Edgar et al., 2014; Geldmann et al., 2013). Beaucoup de travail a été fait, au cours des 30 dernières années, pour définir les caractéristiques générales d’aires protégées bien gérées, puis pour mesurer dans quelle mesure des sites individuels correspondaient à ces standards. Ces caractéristiques souhaitables ont été incorporées en tant qu’indicateurs dans des méthodologies, telles que l’outil de suivi de l’efficacité de la gestion, et ont constitué la base du « format commun de rapport » pour la compilation mondiale de données sur l’efficacité de la gestion (Leverington et al., 2010). Plus récemment, le processus de la Liste verte a entrepris un exercice détaillé et robuste pour élaborer des normes mondiales pour les aires protégées, pouvant être adaptées et interprétées pour différents pays.
Certaines études ont été entreprises sur des types particuliers d’aires protégées. Par exemple, une étude sur la performance des aires protégées en relation avec les lions a montré que les aires protégées avaient tendance à être plus efficaces pour la conservation des lions et / ou de leurs proies lorsque les budgets de gestion étaient plus élevés, lorsque le tourisme photographique constituait la principale utilisation des terres et, pour les proies, lorsque des clôtures étaient présentes. Les lions et leurs proies s’en tirent moins bien par rapport à leurs capacités de charge potentielles estimées dans les pays pauvres, lorsque des personnes sont installées dans les aires protégées et lorsque les aires protégées n’étaient utilisées ni pour le tourisme photographique ni pour la chasse aux trophées (Lindsey et al., 2017).
10.2 Évaluer l’efficacité de la gestion
L’évaluation de l’efficacité de la gestion est un thème de plus en plus important dans la gestion des aires protégées et la conservation de la biodiversité mondiale, depuis de nombreuses années (voir l’Encadré 10.1). Elle fournit une perspective permettant d’analyser des thèmes importants pour la gestion des aires protégées, en particulier :
1) les problèmes de conception de sites individuels ou de systèmes d’aires protégées ;
2) l’adéquation et la pertinence des systèmes et des processus de gestion ; et
3) la réalisation des objectifs des aires protégées, y compris la conservation de leurs valeurs (Hockings et al., 2008).
D’une manière générale, l’évaluation de l’efficacité de la gestion peut :
• permettre et soutenir une approche adaptative de la gestion des aires protégées ;
• contribuer à une allocation plus efficace des ressources entre les sites et à l’intérieur de ceux-ci ;
• promouvoir la responsabilisation et la transparence par des rapports sur l’efficacité de la gestion à l’intention des parties prenantes intéressées et du public ; et
• aider à impliquer la communauté plus vaste des parties prenantes, y compris les agences gouvernementales, les ONG et les communautés locales, à constituer des groupes de soutien et à promouvoir les valeurs des aires protégées (Hockings et al., 2008).
Au fur et à mesure que la communauté mondiale de la conservation accordait une plus grande attention à la question de l’efficacité de la gestion et à la nécessité d’outils pour aider à l’évaluer, il est devenu évident qu’avec une telle variété de systèmes et de contextes, la conception d’un seul outil d’évaluation ne serait pas pratique.
L’évaluation de l’efficacité de la gestion devait être adaptée aux exigences particulières de chaque site, étant donné que chaque aire protégée présente une variété de caractéristiques biologiques et sociales, de pressions et d’utilisations.
En 2000, la CMAP de l’UICN a élaboré un cadre visant à guider l’élaboration de systèmes d’évaluation de l’efficacité de la gestion.
Ce cadre a été mis à jour en 2006 et continue de constituer le cadre auquel la plupart des approches EfGAP se rapportent conceptuellement (Coad et al., 2015). Le cadre identifie six composantes principales, chacune associée à différents aspects de l’efficacité de la gestion : contexte, planification, intrants, processus, extrants et résultats (voir la Figure 10.1) (Hockings et al., 2008).
Figure 10.1 : Cycle de gestion et évaluation de la
gestion des aires protégées
arriver et comment y parviendrons-nous ?10.3 Engagements internationaux en matière d’évaluation de l’efficacité de la gestion
L’Objectif d’Aichi 11 reconnaît que l’augmentation de la couverture ne suffira pas, à elle seule, pour enrayer la perte de biodiversité, et souligne la nécessité d’une gestion efficace :
Objectif 11 : D’ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les zones particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et autres mesures de conservation efficaces par zone, et intégrées dans l’ensemble du paysage terrestre et marin (CDB, 2010a, p. 9).
Les EfGAP sont citées à plusieurs endroits du PTAP de la CBD. Par exemple, l’Objectif 4.2 vise à « évaluer et améliorer l’efficacité de gestion des aires protégées » (CDB, 2004, p. 20).
La décision X/31 de la CDP10 de la CDB appelle les Parties à ... étendre et institutionnaliser les évaluations de l’efficacité de la gestion pour atteindre l’évaluation de 60% de la superficie totale des aires protégées d’ici à 2015, en employant différents outils nationaux et régionaux et en communiquant les résultats dans la base de données mondiale sur l’efficacité de la gestion (CDB, 2010b, p. 5).
La résolution WCC-2012-Res-076 de l’UICN appelle à la mise en œuvre de systèmes d’évaluation de l’efficacité de la gestion des aires marines protégées (UICN, 2012), tandis que la résolution WCC-2016-Res-036 de l’UICN appelle à une plus grande évaluation de l’efficacité des aires protégées privées dans la conservation de la biodiversité, du patrimoine naturel et des services écosystémiques (UICN, 2016b).
10.4 Base de données mondiale sur l’efficacité de la gestion des aires protégées (BD-EGAP)
La BD-EGAP a été développée grâce à la collaboration d’universités, de l’UICN et d’organisations non gouvernementales, et est aujourd’hui maintenu par l’UNEP-WCMC en collaboration avec des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des universités et l’industrie (UNEP-WCMC et IUCN, 2019aa).
Elle documente plusieurs milliers d’évaluations EfGAP dans le monde, et indique quelles méthodologies ont été utilisées, où et quand. En 2019, plus de 240 000 aires protégées figuraient dans la BDMAP, et 21 743 (9%) d’entre elles disposaient d’informations concernant des évaluations de l’efficacité de la gestion. Cela équivaut à 20% de la superficie de toutes les aires protégées de la BDMAP. L’absence de rapports systématiques, les doubles évaluations d’un même site, l’utilisation de multiples outils d’évaluation et, parfois, le manque de volonté politique rendent cet élément de l’Objectif d’Aichi 11 particulièrement difficile à suivre (UNEP-WCMC et al., 2019). Bien que chaque méthodologie recueille des informations différentes, un « format de rapport commun » a été développé, permettant l’analyse croisée des informations EfGAP obtenues à partir d’une gamme de méthodologies d’évaluation différentes (Leverington et al., 2010).
Ceci peut être utilisé en conjonction avec une analyse qualitative des rapports sur l’efficacité de la gestion et autres documents pour générer des analyses et des rapports détaillés sur l’efficacité de la gestion, y compris les principaux problèmes, forces, faiblesses et menaces, dans toutes les régions du monde (Leverington et al., 2010; Nolte et al., 2010) (voir l’Encadré 10.1). Malheureusement, cette analyse n’a pas été réalisée depuis 2010.
10.5 Outils d’évaluation de l’efficacité de la gestion
Le cadre de la CMAP-UICN (voir la Figure 10.1) a permis l’élaboration d’une grande variété de méthodologies d’évaluation EfGAP. Celles-ci vont d’études détaillées à l’échelle d’un site à des évaluations générales à l’échelle de systèmes utilisant de nombreux processus différents, y compris, entre autres, des questionnaires et des ateliers (Hockings et al., 2015; Leverington et al., 2010).
Des méthodologies ont été développées pour différents types d’aires protégées, de celles déclarées à l’échelle nationale jusqu’à celles déclarées dans le cadre de conventions et accords régionaux et internationaux, tels que les sites du Patrimoine mondial (voir le Tableau 10.1).
10.6 Principes applicables aux évaluations EfGAP
De nombreux avantages justifient une évaluation de l’efficacité de la gestion des aires protégées et de conservation, mais il existe aussi des défis et des limites, et il est impératif que les évaluations
Encadré 10.1 : Pourquoi informer sur l’efficacité de la gestion des aires protégées ?
Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles les pays pourraient souhaiter rendre compte de leurs évaluations de l’efficacité de la gestion :
• Respecter les obligations des pays en vertu de la CDB (les EfGAP sont un indicateur officiel au titre de l’Objectif d’Aichi 11).
• L’inventaire des données nationales stockées de manière systématique fournit une image claire de l’efficacité de la gestion des aires protégées à l’échelle nationale et peut contribuer à une gestion adaptative.
• La BD-EGAP permet d’identifier les points forts et les faiblesses de la gestion des aires protégées, fournissant ainsi des informations pour aider les pays à prioriser l’allocation de ressources et à cibler le développement des capacités. Elle fournit également des informations sur les menaces.
• Les informations contenues dans la BD-EGAP peuvent être analysées à l’échelle de la région, du continent et de la planète, afin de mieux comprendre la relation entre efficacité de la gestion et résultats en matière de biodiversité.
Pour consulter les données et télécharger le manuel d’utilisation de la BD-EGAP, voir : https://pame.protectedplanet.net/.
Pour soumettre des données ou pour plus d’informations, veuillez contacter : [email protected] ou [email protected].
soient entreprises de manière appropriée afin d’atténuer ces risques (Hockings et al., 2008). Afin de soutenir la sélection et l’application des méthodologies, huit principes d’évaluation de l’efficacité d’une bonne gestion ont été élaborés (Hockings et al., 2015).
Les évaluations de l’efficacité de la gestion des aires protégées devraient être :
1) inclues dans un cycle de gestion efficace, lié à des valeurs, des objectifs et des politiques définis, ainsi que dans la planification stratégique, la planification du parc et les cycles commerciaux et financiers ;
2) pratiques à mettre en œuvre à partir des ressources disponibles, avec un bon équilibre entre la mesure, les rapports et la gestion ; 3) utiles et pertinentes pour améliorer la gestion de l’aire protégée, fournir des explications et montrer les tendances, et améliorer la communication, les relations et la sensibilisation ;
4) logiques et systématiques, travaillant dans un cadre logique et convenu, avec une approche équilibrée ;
5) basées sur de bons indicateurs, holistiques, équilibrés et utiles ; 6) précises, fournissant des informations exactes, objectives,
cohérentes et à jour ;
7) coopératives et participatives, avec une bonne communication, un bon travail d’équipe et une bonne participation des gestionnaires d’aires protégées et des parties prenantes à toutes les étapes du projet, dans la mesure du possible ; et 8) axées sur une communication positive et opportune et la mise
en œuvre des résultats.
Les évaluations, bien que très techniques, sont aussi des processus politiques et sociaux. Il est essentiel d’analyser qui participe au processus et quels points de vue seront inclus dans les résultats. Il existe un risque que des personnes non-inclues puissent contester les résultats, et leurs points de vue pourraient être très différents.
Une compréhension des raisons sous-jacentes à la réalisation d’évaluations est également importante pour assurer l’adhésion et le soutien. Elles ne doivent pas être perçues comme un examen du rendement du personnel, car cela aurait une incidence sur l’exactitude des évaluations. Il est également important d’examiner attentivement la communication des résultats des évaluations.
Sans une communication efficace, les résultats peuvent être mal
interprétés ou utilisés de manière inappropriée, par exemple par des comparaisons injustifiées (Campese et Sulle, 2019). Les résultats de l’évaluation peuvent également être limités par la disponibilité et la qualité des données de référence. Une fois les résultats communiqués, il est également important que les domaines d’amélioration identifiés soient pris en compte, et que suffisamment de fonds et de capacités soient disponibles pour assurer un changement efficace pour répondre aux menaces, aux problèmes et aux défis identifiés dans les évaluations. Si ce n’est pas le cas et que rien ne change, cela peut conduire à la complaisance et au découragement des gestionnaires d’aires protégées, ainsi qu’à une diminution de l’intérêt pour la réalisation d’évaluations futures. Les évaluations et les processus permettant de les réaliser devraient aboutir à une gestion adaptative positive, qui se traduira par une gestion plus efficace des aires protégées.
10.7 Intégrer l’efficacité de la gestion à la gouvernance et aux évaluations sociales
La plupart des méthodologies d’évaluation EfGAP n’abordent pas en détail les questions de gouvernance ou d’équité sociale. Il existe cependant une synergie substantielle entre les différentes évaluations et beaucoup à gagner à les réaliser de façon simultanée.
Toutes les méthodologies EfGAP analysent l’ampleur de la participation des parties prenantes, les menaces pour les aires protégées, et certaines explorent également les avantages et les aspects connexes des aspects sociaux de la gestion. Une exploration plus approfondie de la gouvernance et de l’équité des aires protégées est disponible au Chapitre 4.
Certaines des normes et méthodologies développées intègrent des éléments substantiels d’efficacité de la gestion à l’évaluation sociale et / ou de la gouvernance (Campese et Sulle, 2019), comme c’est le cas de la Liste verte des aires protégées et de conservation (voir la Section 9.2).
Tableau 10.1 : Méthodologies EfGAP les plus couramment utilisées en Afrique orientale et australe
Acronyme Outil
IBA Birdlife Évaluations des sites d’importance pour les oiseaux et la biodiversité - BirdLife
EoH Enhancing our Heritage / Valoriser notre patrimoine (principalement pour les sites naturels du Patrimoine mondial)
IEG Évaluations du Groupe d’évaluation indépendant (Banque mondiale) OSEG Outil de suivi de l’efficacité de la gestion
OSEGAP Adaptation de l’OSEG à Madagascar
RAPPAM Évaluation rapide et priorisation de la gestion des aires protégées
SAPM Évaluation de l’efficacité de la gestion du système d’aires protégées de Madagascar SGBD / SMART Variation du SMART spécifique à Madagascar
SMART Outil de suivi et de rapport spatiaux AMP de l’océan Indien
occidental Évaluation des aires marines protégées de l’océan Indien occidental Rapport Perspectives du
Patrimoine mondial Rapport sur les Perspectives du Patrimoine mondial
10.8 Les EfGAP en Afrique orientale et australe
L’analyse du pourcentage d’aires protégées disposant d’une évaluation EfGAP dans la BD-EGAP (Figure 10.2) montre que l’Afrique a fait un travail important dans ce domaine. Initialement, de nombreuses évaluations étaient liées aux exigences de financement des donateurs, mais au fil des ans, de nombreux pays de la région ont institutionnalisé les évaluations, et certains, dont Madagascar, l’Afrique du Sud et la Zambie, ont adapté l’outil OSEG à leurs objectifs spécifiques. L’Afrique du Sud réalise des évaluations OSEG depuis un certain nombre d’années, utilisant les objectifs de l’OSEG pour améliorer la gestion et comme un véritable moyen de résoudre les problèmes.
Malheureusement, peu d’analyses des résultats de ces évaluations sont disponibles pour comprendre quels étaient les résultats à l’échelle de la région.
Depuis 1990, un changement s’est produit dans le monde en termes de qui dirige les évaluations EfGAP. Initialement, la plupart des évaluations étaient dirigées par des ONG, mais de 2010 à 2014, une augmentation des efforts dirigés par des organismes gouvernementaux s’est produite (Coad et al., 2015).
Dans la BD-EGAP, 681 aires protégées disposent d’au moins une évaluation EfGAP en Afrique orientale et australe (Tableau 10.2).
Cela ne représente que 13% des aires protégées de la région. Bon nombre des aires protégées ont été évaluées plus d’une fois, ce qui porte le nombre total d’évaluations à 1 510. La Figure 10.3 montre le nombre d’aires protégées disposant d’évaluations EfGAP dans la BD-EGAP en Afrique orientale et australe, tandis que la Figure 10.4 montre le pourcentage d’aires protégées disposant d’évaluations EfGAP dans la BD-EGAP.
10.8.1 Inventaire des évaluations EfGAP en Afrique orientale et australe
Cette section du rapport s’appuie grandement sur l’analyse réalisée par Jessica Campese et Emmanuel Sulle dans leur rapport intitulé Management Effectiveness, Governance and Social Assessments of Protected and Conserved Areas in Eastern and Southern Africa: a rapid inventory and analysis to support the BIOPAMA programme and partners, préparé pour le programme
BIOPAMA (Campese et Sulle, 2019). Le rapport a analysé l’efficacité de la gestion, la gouvernance et les évaluations sociales dans les aires protégées ou de conservation terrestres et / ou marines en Afrique orientale et australe. L’accent a été mis principalement sur les méthodologies élaborées spécifiquement pour évaluer une ou une combinaison de ces questions, et destinées à une utilisation répétée.
L’inventaire comprenait la BD-EGAP, ainsi que des études universitaires et des évaluations complètes ou partielles contenues dans des rapports plus généraux. Il comprenait également des évaluations ayant été rapportées dans les réponses aux enquêtes et aux entretiens, mais n’ayant pas été rapportées à la BD-EGAP.
En particulier, l’analyse incluait 294 évaluations OSEG en Afrique du Sud en 2015, 2017 et 2019, sur la base des réponses d’enquêtes (et de documents publiés) associées à des confirmations lors d’entretiens de suivi selon lesquelles l’Afrique du Sud réalise des évaluations OSEG-AS au moins tous les deux ans (et dans certains sites, chaque année) dans toutes les aires protégées terrestres gérées par le gouvernement. Les évaluations d’impact propres à des projet et les rapports d’examen préalable n’ont pas été inclus.
Bien que l’inventaire soit vaste, il n’est pas exhaustif. Toutes les évaluations répertoriées n’ont pas été inclues dans les analyses détaillées, car elles ne constituaient pas des évaluations complètes utilisant des méthodes facilement reproductibles. Elles sont alors classées comme « Autres ».
En plus des types d’évaluation décrits ci-dessous, l’inventaire comprenait des évaluations de la gouvernance et des évaluations sociales réalisées dans des paysages abritant des aires protégées et de conservation, ainsi que des processus plus généraux et novateurs impliquant des éléments de gouvernance et d’évaluation sociale109. Les Protocoles communautaires bioculturels (PCB), par exemple, « articulent les valeurs, les procédures et les priorités déterminées par les communautés », y compris (le cas échéant) en ce qui concerne les aires protégées et de conservation. Le processus peut comprendre la description, la réflexion et la reconnaissance de systèmes de gouvernance des territoires des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que des droits et responsabilités connexes. Des PCB ont été mis en place dans plusieurs pays de la région, notamment au Kenya, à Madagascar, en Namibie et en Afrique du Sud (voir le site web de Natural Justice).
© Grégoire Dubois
109 Il existe également de nombreuses expériences et ressources connexes qui n’ont pas été inclues dans l’inventaire car, bien que pertinentes pour le sujet, elles ne comportaient pas d’évaluation en soi. Cela comprend des études de cas en Afrique orientale et australe inclues dans le Registre des APAC.
110 https://biopama.org/node/349
Tableau 10.2 : Évaluations EfGAP en Afrique orientale et australe
Pays Nombre
d’aires protégées (BDMAP)
Nombre d’aires protégées disposant d’une évaluation EfGAP (BD-EGAP)
Nombre d’évaluation EfGAP (BD-EGAP)
Nombre d’évaluations EfGAP répertoriées par Campese et Sulle (2019)
Nombre d’aires protégées ayant fait l’objet de plus d’une évaluation
Angola 14 4 4 4 0
Botswana 22 6 8 9 2
Comores 8 0 0 0 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Djibouti 7 1 1 1 0
Érythrée 4 0 0 0 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Eswatini 14 0 0 6 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Éthiopie 104 17 20 27 3
Kenya 411 41 70 112 18
Lesotho 4 2 1 1 0
Madagascar 157 78 79 476 1
Malawi 133 19 23 29 4
Maurice 44 13 19 13 4
Mozambique 44 10 44 45 11
Namibie 148 18 40 44 10
Rwanda 10 4 6 5 2
Seychelles 40 6 10 12 2
Somalie 21 0 0 0 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Afrique du Sud 1 580 205 722 1 606 173
Soudan du
Sud 27 4 4 4 Aucune évaluation dans
la BD-EGAP
Soudan 23 2 2 2 0
Tanzanie 840 183 329 340 80
Ouganda 712 37 54 53 10
Zambie 635 22 65 70 12
Zimbabwe 232 9 9 14 1
Source : Campese et Sulle (2019); UNEP-WCMC et IUCN (2019a)
Figure 10.2 : Pourcentage de couverture des évaluations de l’efficacité de la gestion par région
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a).
Note : Pourcentage de couverture de toutes les aires protégées par région, évaluées quant à leur efficacité de gestion à l’aide de différents outils d’Efficacité de la gestion des aires protégées (EfGAP)
Figure 10.6 : Répartition des évaluations EfGAP répertoriées par pays
Source : Campese et Sulle (2019, p. 46).
Figure 10.3 Nombre d’aires protégées présentant une évaluation EfGAP dans la BD-EGAP en Afrique orientale et australe
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a).
Figure 10.4 : Pourcentage d’aires protégées possédant des évaluations EfGAP dans la BD-EGAP
Source : UNEP-WCMC et IUCN (2019a)
Figure 10.5 : Évaluations EfGAP répertoriées en Afrique orientale et australe par méthodologie / outil (total : 2 878)
Source : Campese et Sulle (2019, p. 44).
OSEG (2 224)
Méthodologie EfGAP inconnue (200) Surveillance des IBA de BirdLife (200) SMART (109)
RAPPAM (80)
Rapport Perspectives du Patrimoine mondial (47) IEG (44)
SAPM (14) EoH (7)
AMP de l’océan Indien occidental (2)
AMP de l’océan Indien occidental (2)