Cours de littérature française
I. Quelques notions sur la langue fançaise
1. Le français est une langue romane, c’est-à dire dérivé du latin
1, au même titre que l’italien, l’espagnol, le portugais et le roumain.
2. Sur le sol français, le latin n’a pas donné naissance à une seule langue, mais à un grand nombre de dialectes
2, d’abord d’importance à peu près équivalente, mais dont l’un, le “francien”, s’est imposé peu à peu.
LATIN
italien espagnol portugais roumain francien picard anglo-normand Langue-d’oc Sud ﹝ Langue d’oïl -Nord ﹞
│ │ français provençal
3. les étapes du français:
1) Roman. L’existence d’une langue différente du latin et du germanique est attestée dès le 8e siècle; le premier texte est le Serment de Strasbourg
3(842).
Lors du partage de l’Empire de Louis le Pieux entre ses fils, Louis le Germanique prononce le serment en “roman”, de façon à être compris par les troupes de son frère Charles le Chauve. Le “roman” représente la stade intermédiaire entre le latin et le français.
2) Ancien français.
3) Moyen français. (début du 14e siècle)
1 L’adjectif “roman” vient de “Romanus”: Romain.
2 un dialecte, 方言
3 Charlemagne (768-814) │
Louis le Pieux (814-840)
---┬---
1.Lothaire, empereur d’Occident 2.Pépin Ier, roi d’Aquitaine 3. Louis le Germanique 4. Charles le Chauve ( fils de Louis le Pieux et sa seconde femme Judith de Bavière)
Au mois de mars 842, Charles le Chauve et Louis le Germanique s’allièrent contre leur frère Lothaire, leurs soldats prononcèrent un serment solennel. Ceux de Charles se servirent de la langue tudesque pour être entendus des Germains; ceux de Louis, réciproquement, de la langue romane. Le texte de ces serments, premier monument official des deux langues, nous a été conserve par l’historien Nitjard, conseiller intime de Charles le Chauve.
4) Français moderne. (17e siècle)
II. Le Moyen Age
1. Définition.
Sa durée : De l’effondrement de l’Empire romain d’Occident (476) 1. à la prise de Constantinople par les Turcs (1453)
2. à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg (1457)
3. à la découverte du Nouveau Monde Par Christophe Colomb (1492) 4. à l’avènement de François Ier (1515)
2. Le Moyen Age devant la postérité.
Préjugés:
Le XVIe S. Le Moyen Age est renié par la Renaissance.
Le Moyen Age = ignorance, obscurantisme
L’art gothique = l’art barbare (étymologiquement) Le XVIIe S. Boileau: Ces siècles sont “grossiers”.
Le XVIIIe S. le rejette au nom des lumières et du goût: il n’y voit que fanatisme et grossièreté.
Mais:
Un revirement se produit au début du XIXe S. Chateaubriand admire les cathédrales gothiques dans son Génie du Christianisme. Victor Hugo parle de cette “mer de poésie”, Verlaine le considère “énorme et délicat”.
3. La société féodale du Moyen Age est composée de 3 classes:
1) ceux qui prient (les prêtres)
2) ceux qui battent (les guerriers)
3) ceux qui travaillent (les paysans)
III. La littérature médiévale 1. la littérature épique (féodale)
*les chansons de geste les 3 cycles principaux:
1) le cycle du roi compte environ 10 chansons dont la Chanson de Roland
4(~1100)
Composition: 4002 décasyllabes en 291 laisses (strophes) inégales écrit en dialecte anglo-normand.
Auteur: Turold (?)
A la fin de la Chanson: “Ci finit la geste que Turoldus declinet.”
Le mot declinet peut avoir 3 explications:
- composer (auteur) - transcrire (copiste) - réciter (jongleur)
Histoire (778) Légende(~1100)
Charlemagne / les Sarrasins Charlemagne / les Sarrasins
Roland: un comte Roland: le neveu du roi, l’un des douze paires de France
Avec les chevaliers pesamment armés et étrangers au pays
Avec Olivier, Turpin (l’archêveque) et autres paires de France (20000
personnes)
Lieu de rencontre: Roncevaux Lieu de rencontre: Roncevaux Contre les Montagnards basques armés à
la légère habitués a combattre parmi les rochers et les prépices
Contre 100000 Sarrasins
Les Francs furent cernés, écrasés.
Charlemagne ne put tirer aucune vengeance de cet affront
Roland est mort.
Charlemagne extermine les Sarrasins.
+foi enthousiaste
+amour des grands combats et des exploits chevalresques
+sens de l’honneur féodadle +amour de la douce France
2) le cycle de Garin de Monglane, centré sur Guillaume d’Orange, cousin de
4 自 1837 年以來我們能看到的是牛津手抄本(Manuscrit d’Oxford,1170)。
Charlemagne, contient aussi une dizaine de chansons.
3) le cycle de Doon de Mayence regroupe une soixantaine de chansons.
2. la littérature courtoise (ne contient que des romans)
*les romans de la Table ronde (Cycle d’Arthur) la matière Bretagne
les légende arthuriennes
5la légende de St Graal
*Chrétien de Troyes (1135? – 1190?)
On peut le considéré comme un des premiers romanciers français.
Ses oeuvres principales: Lancelot ou le Chevalier de la Charette Perceval ou le Roman du Graal
Yvain ou le Chevalier au Lion
*les lais (courts poèmes narratifs)
poète représentatif: Marie de France (1159-1184, environ 12 poèmes)
Marie de France est la première femme poète de la littérature française. Elle a vécu dans la deuxième moitié du XIIe siècle, à la cour du roi Henri II d’Angleterre, dont l’épouse, Aliénor d’Aquitaine a encouragé la mentalité et la littérature courtoise.
Inspirée par la légende du roi Arthur et les romans de la Table Ronde, Marie de France a transposé plusieurs légendes bretonnes en petits poèmes narratifs qu’on appelle des “lais”, ou “chansons”, parce qu’à l’origine ces oeuvres étaient chantées et accompagnées à la harpe celtique. Dans ces lais, Marie de France nous présente une peinture très délicate du monde courtois où le rêve tient une place plus importante que la réalité, et où la femme, tendre et mélancolique, est souvent la victime de mariages malheureux et de circonstances adverses.
Le lai du Laostic
5 Sources: début du XIIe S.
1135 Historia regum Britannioe(Histoire des rois de Bretagne) de Gaufrey de Monmouth 1155 Historia de Brut de Wace (譯自前者)
Dans Historia regum Britannioe, Arthur est un roi victorieux des ennemis de la grande Bretagne (les Saxons) → la Table ronde → Arthur vieux et mortellement blessé → l’île d’Avalon (la fée Morgane)
→ Merlin
Historia de Brut de Wace a transformé les rudes et barbers compagnons d’Arthur en des chevaliers de la plus parfaite courtoisie.
Certains lais, parmi les plus émouvants, sont faits “ de rien”, du bonheur délicat et douloureusement éphémère de deux âmes qui sentent en communion. On étudiera la mélancolie émue, le pathétique voilé de ce récit, l’art de suggérer les sentiments les plus fins par des symboles, des contrastes, des harmonies. Ce court poème a pour nous le charme délicat d’une fleur séchée qu’on respire, avec mélancolie, entre les pages d’un livre.
“Je vous dirai une aventure dont les Bretons ont fait un lai. Son nom est Laostic, je crois: c’est ainsi qu’ils l’appellent, en leur pays. C’est rossignol en français, et nihtegale en bon anglais.”
Un jeune baron, héroïque et courtois, s’éprend de la femme de son voisin, mais ne peut l’approcher car elle est étroitement gardée. Les deux amants sont constamment à leur fenêtre, à se contempler et à se parler, mais gardent jalousement le secret de leur amour.
Ils s’aimèrent ainsi, longtemps, d’amour réciproque, jusqu’à un soir d’été, quand les bois et les prés reverdissent
6et que les vergers
7sont fleuris. Les oiselets, en grande douceur, chantent leur joie parmi les fleurs. Celui qui aime selon son désir, est-ce étonnant qu’il s’y livre entièrement? Du chevalier je vous dirai la vérité: il s’y livre de tout son pouvoir; et la dame aussi, de son côté, toute en parlers et en regards! La nuit, quand la lune luisait et que son seigneur était couché, souvent elle se levait et s’enveloppait de son manteau. Elle venait se mettre à la fenêtre, car, elle le savait, son ami était à la sienne: il veillait la plus grande partie de la nuit. Ils avaient du moins le plaisir de se voir puisqu’ils ne pouvaient avoir advantage.
Elle se tint si souvent à la fenêtre, elle se leva si souvent, que son seigneur s’en irrita et maintes fois lui demanda pourquoi elle se levait et où elle allait:
“ Sire, lui répond la dame, il ne connaît pas le bonheur de ce monde celui qui n’entend pas le laostic chanter: voilà pourquoi je me tiens ici. Je l’entends si doucement, la nuit, que cela me semble un grand plaisir. Il me charme si bien, je désire tant l’entendre, que je ne puis en fermer l’oeil!” Quand le seigneur entend ce langage, de colère et de méchanceté il se met à rire. Il lui vient une idée: il prendra le laostic. Il n’est valet dans sa maison qui ne prépare engin, rets ou lacet: ils les placent dans le verger. Pas un coudrier, pas un châtaignier qui ne soit muni de lacets ou de glu: le voilà pris et retenu.
6 V. reverdir, redevenir vert
7 jardins d’arbres fruitiers
Quand ils ont pris le laostic, ils le remettent tout vif, à leur seigneur. Il fut plein de joie quand il le tint. Il vint à la chambre de la dame: “ Dame, fait-il, où êtes-vous? Avancez! Parlez-moi! J’ai pris à la glu le laostic, pour lequel vous avez tant veillé! Désormais vous pourrez dormir en paix: il ne vous éveillera plus!” Quand la dame l’a entendu, elle est dolente
8et affligée: elle le demande à son seigneur. Mais, de colère, il le tua. Il lui brisa le cou de ses deux mains: ce fut grande vilenie
9! Il jeta sur la dame le corps de l’oiseau, et lui tacha
10sa robe, un peu, devant, sur la poitrine. Puis, il sort de la chambre.
La dame recueille la petit corps. Elle pleure amèrement, elle maudit ceux qui ont pris le laostic avec leurs engins et leurs lacets, car ils l’ont privée d’un grand bonheur: “ Hélas! Fait-elle, quel malheur! Je ne pourrai plus me lever la nuit, ni me tenir à la fenêtre où j’ai coutume de voir mon ami. Je sais une chose, à coup sûr: il croira que je me dérobe
11. Il faut donc que j’avise: je lui enverrai le laostic et lui ferai savoir cette aventure!” En une pièce de satin brodé de lettres d’or, elle enveloppe l’oiselet. Elle appelle un valet, le charge de son message et l’adresse à son ami. Il arrive auprès du chevalier, le salue de la part de sa dame, lui transmet son message et lui offre le laostic.
Quand il eut tout dit, tout montré, le chevalier qui l’avait bien écouté fut désolé de l’aventure, mais ne se montra ni vilain ni lent: il fait forger un coffret, non pas de fer ni d’acier, mais tout d’or fin, orné de belles pierres infiniment précieuses, d’une immense valeur; le couvercle en était fort bien ajusté. Il y plaça le laostic, puis il a fait sceller la châsse
12: toujours il la fait porter avec lui.
Cette aventure se répandit: on ne put longtemps la celer
13. Les Bretons en firent un lai qu’on appelle “ Le Laostic”.
*les romans d’aventures: Le Petit Jehan de Saintée Jean de Paris
8 qui se sent malheureux
9 action vile et basse
10 v. tacher, salir
11 se cacher
12 le coffret
13 garder, tenir secert
Aucassin de Nicolette
*un roman à part: Tristan et Iseult
Ce mythe vient de la civilisation celte. Il est traduit dans de nombreuses langues. Tristan est accueilli par son oncle, le roi Marc, qui le fait chevalier.
Courageur, vertueux, il doit ramener Iseult, la future épouse du roi. Au retour, sur le bateau, Tristan et Iseult boivent le filtre d’amour et s’aiment passionnément. Longtemps, les amants vivent leurs amours secrètement. Le roi apprend leur relation, Tristan s’exile en Bretagne et souffre de l’absence de sa bien-aimée. Gravement blessé, il envoie un ami chercher la reine Iseult qui a des dons de guérisseuse. Si elle accepte, le bateau qui arrive d’Irlande devra porter une voile blanche. Mais Tristan meurt de chagrin car on lui apprend que la voile est noire. Amour tragique, union impossible, ce mythe s’inscrit dans le courant de la “littérature courtoise”, dont les héros recherchent un idéal amoureux. Vers 1905, Josephe Bédier, médiéviste, rassemble les textes de Béroul et de Thomas d’Angleterre pour constituer un récit de référence.
3. la littérature savante et allégorique (cycle antique, des adaptations savantes)
*les romans antiques le Roman de Troie
*la poésie allégorique le Roman de la Rose
*les poèmes didactiques
4. la littérature bourgeoise et satirique
*les Fables
*le Roman de Renart
*les Fabliaux
145. la poésie lyrique
*les trouvères (poètes et musiciens ambulants qui utilise la langue d’oïl)
*les troubadours ((poètes et musiciens ambulants qui utilise la langue d’oc)
*deux poètes importants:
Charles d’Orléans
15(1394-1465)
14 Les fabliaux, ce sont des histories en vers de quelques pages. Quelquefois c’est le récit d’une simple farce inoffensive ou meme méchante. Plus souvent, le dénouement est conforme à la morale, et celui qui a voulu faire du mal se repent ou est puni.
15 Charles V le Sage
---┬--- Louis d’Orléans Charles VI
↓ ↓
Le Temps a laissé son manteau
16Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie, De soleil luyant, claire et beau
Il n’y a bête, ni oiseau,
Qu’en son jargon
17ne chante ou crie:
Le temps a laissé son manteau!
Rivière, fontaine et ruisseau Portent, en livrée
18jolie, Gouttes d’argent d’orfèvrerie, Chacun s’habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.
François Villon (1431- ?)
Ballade des pendus
19Charles VII Charles d’Orléans ↓ ↘ Louis XI ↓ Charles VIII ↙
Luois XII
16 C’est un rondel, ancienne forme de rondeau. Le rondeau existe depuis la fin du XIIIe siècle: il signifie “danse en rond”; initialement, c’est une chanson vocale ou instrumentale faite pour la danse.
Le rondeau comprend en general 15 vers regroupés en 3 strophes, chacune des deux dernières étant suivie d’un refrain, avec les rimes suivantes
1 quintilrime : aabba1 tercet +un refrainrime : aab1 quintil +un refrain rime : aabba
17 Tout langage incompréhensible; langage particulier à un groupe et caractérisé par sa complication.
18 Costume particulier que portent les domestiques masculins d’une grandes maison. Un valet en livrée.
19 C’es l’ “Epitaphe Villon”, le chef-d’oeuvre du poète. Villon, condamné à mort, a’attend à être pendu:
alors, du fond de son angoisse, s’élève cette marche funèbre, ce “De profundis” au rythme obsédant. Ce n’est plus le vivant qui parle, mais le mort qu’il sera demain, avec ses frères du gibet. La vision, dans son réalisme, nous fait frissonner et nous entendons retentir en nous cet appel d’outre-tombe. La sentence fut annnulée par le Parlemenr, mais Villon disparait complètement à cette date(1463). Ainsi, la Ballade des Pendus reste pour nous son chant de cygne.
Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les coeurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous merci
20, Vous nous voyez ci attachés, cinq, six:
Quant de la chair, que trop avons nourrie.
Elle est pièça
21dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie
22;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre
23!
Si frère vous clamons
24, pas n’en devez Avoir dédain, quoique fûmes occis
25Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis
26, Excusez-nous, puisque sommes transis
27, Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie, Nous préservant de
28l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âmes ne nous harie
29; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
La pluie nous a bébués et lavés, Et le soleil desséchés et noircis;
Pies, corbeaux, nous ont les yeux cavés
30, Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis çà, puis là, comme le vent varie, A son plaisir sans cesse nous charrie
31, Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie;
20 Si vous avez pitié de nous, Dieu vous en remerciera.
21 depuis longtemps
22 personne ne se moque
23 pardonner
24 v. clamer, manifester en termes violents, par des cris
25 tués
26 pndéré, réfléchi
27 trépassés, morts
28 nous mettant à l’abri de
29 tourmente
30 qui est crevés
31 transporte, emporte dans son cours
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
Prince Jésus
32, qui sur tous a maistrie
33, Garde qu’Enfer n’ait de nous sa seigneurie:
A lui n’avons que faire ni que souldre
34. Hommes, ici n’a point de moquerie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
6. le théâtre
*les pièces religieuses:
- jeu , pièce qui représente la vie d’un saint
- miracle, histoire d’un Chrétien en mauvaise posture sauvé par l’intervention de la Vierge.
- mystère, une pièce longue, figurant en totalité ou en partie la vie du Christ.
*la comédie:
- farce, la Farce de Pathelin le Cuivier
- sotie, improvisation à l’occasion de la Fête des Fous par 2 personnages déguisés qui se moquaient des gens de la ville en les appelant par leur nom.
IV. La Renaissance (XVIe Siècle)
1. l’Humanisme
Dates et définitions. On appelle par tradition Renaissance la période qui s’étend, approximativement, de l’avènement de François Ier (1515)nà la mort de Henri IV (1610). Le mot Renaissance exprime par métaphore le renouvellement des lettres et des arts au bébut du XVIe siècle. Déjà, le IXe siècle (Charlemagne) et le XIIIe siècle (saint Louis)
32 Cette strophe commence toujours par une apostrophe à un dédicataire, prince ou toute autre personnalité: l’envoi
33 qui a la maîtrise sur tous
34 nous n’avons rien à faire ni rien à payer à lui
avaient été des renaissances. Mais faut-il regretter qu’il y ait eu, au XVIe siècle, rupture avec le moyen âge, abandon des genres nationaux, imitation de l’Italie et surtout des anciens? Le XIVe et le XVe siècles, malgré quelques oeuvres remarquables (entre autres celles de Villon) avaient laissé paraître un certain épuisement de l’inspiration. Ils altéraient l’art gothique; ils déformaient également les genres littéraires;
et presque rien de neuf, si ce n’est au théâtre, ne s’y manifeste.
Au début du XVIe siècle, la vie de cour et de château se réorganise;
- la classe bourgeoise prend une importance sociale et politique de plus en plus grande;
- les sciences tendent à se séparer de la théologie;
- les arts se sécularisent et l’architecture religieuse s’altère, tandis que l’architecture privée se perfectionne;
- l’esprit chevalresque, décidément brisé par la guerre de Cent ans, fait place à la stratégie moderne;
- la littérature abandonne de plus en plus l’observation directe et le réalisme, pour puiser aux sources antiques, et, en même temps, elle devient plus individuelle et plus esthétique.
Les causes de la Renaissance - les Guerres d’Italie (1494-1515) - la Renaissance italienne
- l’imprimerie - la Réforme
Le nouvel esprit littéraire
L’Humanisme: Le moyen âge français n’ignorait pas l’antiquité; mais il l’avait ou mal comprise, ou mal étudiée. Il lui manquait le sens historique et critique. Par une contradiction bizarre, il admettait que le christianisme avait renouvelé la face du monde, et il ne sentait pas les profondes différences qui séparent la société païenne de la société chrétienne, D’autre part, il restait fermé à la beauté esthétique des oeuvres anciennes. Dans Virgile, il n’estimait que le prophète; dans Homère, il ne voyait que les faits et les aventures. Des Grecs surtout on se faisait l’idée la plus fausse, à travers les compilations ou les pastiches byzantins.
Les Italiens, avec Pétraque, pratiquèrent, dès le XIVe siècle, l’humanisme,
c’est-à-dire l’étude désintéressée, en même temps que critique et
esthétique, de l’antiquité. Le mot n’a pas encore pris le sens très large qu’on lui donne de nos jours. L’humaniste est à la fois érudite et artiste.
Il sait lire un manuscrit; préparer une édition critique; découvrir et corriger une faute de copiste; commenter par l’histoire et par d’autres textes l’auteur qu’il lit. Pétraque lui-même découvrit plusieurs manuscrits des discours de Cicéron. En même temps, l’humaniste cherche dans cet auteur la peinture et l’analyse des sentiments humains à une certaine date, sans se préoccuper d’une thèse à soutenir. Enfin, il est sensible à la beauté de la forme, il distingue Hérodote de Diodore et de Virgile de Stace.
Cependant, à Rtterdam, Erasme (1467-1536), esprit libre, travailleur infatigable, tout ensemble erudite sans pédantisme,homme de gout sans exclusivisme, exerçait à son tour une influence intellectuelle analogue à celle de Pétraque. Ses Adages, dans lesquels il commentait tous les proverbes anciens, révélaient aux contemporains la vie antique dans tous ses détails. Il entretenait une correspondance ininterrompue avec tous les savants et tous les érudits de l’Europe. Il se forme alors une sorte de république des lettres, où, par-delà les frontières, et grâce à cette langue universelle et internationale qu’était le latin, tous les esprits supérieurs fraternisaient.
L’Humanisme en France: L’humanisme devait se propager très vite en France, où le goût des choses littéraires et de la psychologie était inné.
Mais les érudits étaient suspects à la Sorbonne. C’est pour les regrouper et pour leur permettre d’exercer une influence par l’enseignement, que François Ier fonda, sur le conseil de Budé, le Collège Royal, devenu plus tard Collège de France (1529). On y donna les enseignements que n’admettait pas la Faculté des arts, où tout était subordonné à la scolastique et à la théologie: le grec, l’hébreu, le latin classique, les sciences pures ou appliquées. Ce movement se propagea très vite par l’imprimerie, par les traductions, par la fabrication d’admirables instruments de travail.
2. Clément Marot (1497-1544)
J’ai grand désir
D’avoir plaisir
D’amour mondaine:
Mais c’est grande peine
35, Car chaque loyal
36amoureux Au temps présent est malheureux;
Et le plus fin
37Gagne à la fin La grâce pleine.
J’ai grand désir d’avoir plaisir d’amour
38mondaine, mais c’est grande peine, car chaque loyal amoureux est malheureux (au temps présent) et le plus fin (à la fin) gagne la grâce pleine.
De soi-même
Plus ne suis ce que j’ai été, Et ne saurais jamais être
39. Mon beau printemps et mon été Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître, Je t’ai servi sur
40tous les Dieux.
Ah si je pouvais deux fois naître, Comme je te servirais mieux!
3. Ronsard réunit autour de lui, sous le nom de Pléïade, ses amis du Bellay, Baïf, Jodelle, Belleau, Pontus de Thyard et Dorat, leur maître au Collège de Coqueret.
* la Défense et Illustration de la langue française
Du Bellay avoue que le français est pauvre, mais on peut l’enrichir, l’ennoblir, l’illustrer par la traduction, par l’imitaion, par le travail, par l’introduction des grands genres anciens.
*Théorie de la Pléïade
35 à grand-peine, difficilement
36 fidèle, honnête
37 adroit, habile, avisé
38 féminin, poétique
39 Je ne suis plus ce que j’ai été, et je ne saurais jamais l’être
40 plus que
- La pléïade impose au poète l’usage de la langue française
- Mais pour prouver la capacité du français à devenir une langue poétique, les poètes l’enrichissent par le vocabulaire et par les figures de style.
L’enrichissement lexical se fait par des emprunts et par des créations.
On emploie des mots non usuels qui appartiennent à la langue des métiers. Par ailleurs, des mots nouveaux sont créés, on forme des termes par mots-composés, par dérivation du latin, par suffixation ou préfixation. Les figures de style sont essentielles dans la mesure où elles aussi permettent à la poésie de se différencier du style prosaïque que méprise la Pléïade: les comparaisons, métaphores, allégories, entre autres sont constantes; elles visent à suggérer et à frapper l’imagination.
*Du Bellay (1522 – 1560) Les regrets – 1558
France, mère des arts, des armes et des lois, Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle:
Ores
41, comme un agneau
42qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu m’as pour enfant avoué
43quelquefois, Que
44ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle?
France, France, réponds à ma triste querelle
45. Mais nul, sinon Echo, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels j’erre
46parmi la plaine;
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las! Tes autres agneaux n’ont faute
47de pâture, Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure:
Si
48ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
41 maintenant
42 Du Bellay se considère comme un agneau abandonné, un enfant negligé et un poète délaissé
43 reconnu
44 pourquoi
45 plainte
46 v. errrer, vagabonder
47 ne manquent pas
48 cependdant 難道
*Pierre Ronsard (1524 – 1585)
Ode à Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose
49Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu cette vêprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vôtre pareil.
Las! Voyez comme en peu d’espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las! Las! Ses beautés laissé choir!
O vraiment marâtre Nature, Puisqu’une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir!
Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que votre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur la veillesse Fera ternir votre beauté.
Sur la mort de Marie
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose, En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’aube de ses pleurs au point du jour l’arrose;
La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose, Embaumant les jardins et les arbres d’odeur;
49 ouverte
Mais, battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur, Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose
50.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté, Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté, La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs, Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.
Sonnets pour Hélène - 1578
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant:
“Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle!”
Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle, Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant, Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre , et, fantôme sans os, Par les ombres myrteux je prendrai mon repos:
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regresstant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain:
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie
51.
Je vous envoie un bouquet
Je vous envoie un bouquet que ma main
50 v. déclore, se faner, disparaître
51 L’illustration d’un thème antique: “carpe diem”, la devise de Horace, liittéralement cela veut dire cueillir le jour, c’est à dire profiter de la vie présente.→l’épicurisme
Vient de trier de ces fleurs épanies
52; Qui ne les eût à ce vêpre cueillies
53, Chutes à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries, En peu de temps cherront
54toutes flétries, Et, comme fleurs, périront tout soudain.
Le temps s,en va, le temps s’en va, ma dame;
Las! Le temps, non, mais nous nous en allons
55, Et tôt serons étendus sous la lame
56;
Et des amours desquelles nous parlons, Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle.
Pour c
57’aimez-miu cependant qu’êtes belle.
4. *Louise Labé (Lyon, 1526 – 1566)
Elle passé son enfance à Lyon, ville connue pour son rayonnement intellectual, marquee par la Renaissance italienne, foyer de l’humanisme, capitale de la poésie française. Eille et épouse de riches cordiers, elle est appellée la belle cordière. Femme cultivée, sachant la musique, le latin, l’italien, l’espagnol, elle preside un salon littéraire et compose trois Elégies et vingt-quatre Sonnets (1554), poèmes dans lesquels la rigueur formelle exprime la contradiction des sentiments: la joie de vivre et le malheur d’aimer. Elle revendique l’indépendance, le droit de penser, la liberté de parole amoureuse et l’éducation pour les femmes. Très réputée et appréciée de son temps, sa maison était le lieu de rendez-vous d’une société dintinguée et lettrée: l’école lyonnaise
52 épanouies
53 Si on ne les avait cueillies ce soir
54 tomberont
55 我們也和時光一樣老去
56 pierre tombale
57 Pour cela
(Maurice Scève, Charles Fontaine…). Rilke traduira ses poèmes.
Je vis, je meurs…
Je vis, je meurs; je me brûle et me noie
58; J’ai chaud extrême
59en endurant
60froidure:
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés
61de joie.
Tout à coup je ris et je larmoie
62,
Et en plaisir maint
63grief
64tourment
65j’endure;
Mon bien s’en va, et jamais il ne dure:
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment
66me mène;
Et quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine, Et être au haut de mon desiré heur
67, Il me remet en mon premier malheur.
Qu’est-ce qu’un sonnet?
Le mot vient de l’italien sonetto, petit son, et désigne à l’origine un poème court destine à être chanté. Le poète Pétrarque (佩脫拉克), au XIVe siècle, lui donne la forme qu’il conservera ensuite. Marot écrit le premier sonnet en français; ce sont Du Bellay, et surtout Ronsard, qui l’imposeront.
Le sonnet compte 14 vers répartis en duex quatrains et deux tercets sur un de ces schémas:
1/abba abba ccd eed 2/abba abba ccd ede
58 v. se noyer, mourir dans l’eau
59 excessivement
60 v. endurer, en supportant
61 mélangés
62 v. larmoyer, pleurer
63 maint plaisir, beaucoup de plaisir
64 grief, qui est grave
65 tourment, torture, grande souffrance physique ou morale
66 qui est instable
67 mon bonheur souhaité
D’abord écrit en décasyllables, le sonnet est ensuite composé en alexandrins
68, vers qui permet des coupes plus variées.
5. Rabelais (1494-1553), le rire franc de l’humaniste
69Auteur prosaïque. Auteur d’un cycle en 5 Livres:
Pantagruel (1532) Gargantua (1534) Le Tiers Livre (1546) Le Quart Livre (1552)
Le Cinquième Livre (1564), postume
6. Montaigne (1533-1592)
*Nouvelles attitudes morales
La philosophie de Montaigne est étonnement moderne: il s’agit de bien se connaître afin de vivre en harmonie avec soi-même, pour accepter la condition d’homme. La pensée se nourrit de l’expérience de la vie, elle ne stagne jamais dans une théorie definitive.
Le stoïcisme de Montaigne consiste en l’idée de la grandeur de l’homme, du mépris de sa proper souffrance et dans le désir d’une mort exemplaire. Il est néanmoins nuance par la reconnaissance des difficultés et des misères de la condition humaine qui le rend sceptique. La mort fait partie de la nature et Montaigne exprime aussi le désir de jouir de la vie en harmonie avec la nature.
*Composition des Essais
Les Essais se présentent sous la forme de trois livres rédigés entre 1570 et 1580 pour les deux premiers, en 1588 pour le troisième. Mais tous trios sont repris, augmentés, annotés tout au long de la vie de Montaigne jusqu’à la dernière edition.En tout, dans l’édition funale, on compte 107 chapitres de longueur très variable.
- Le livre I est plutôt consacré aux observations d’ordre politique et militaire et aux grands thèmes de la condition humaine (la mort, l’amitié, la solitude, l’éducation).
- Le livre II présente les idées personnelles et les goûts littéraires de
68 un octosyllabe, un vers qui a 8 syllabes,un décasyllable, un vers qui a 10 syllabes, un alexandrin,est un vers qui 12 ayllabes.
69 Voir p.17 de notre manuel
Montaigne.
- Le livre III développe des considerations politiques et méthodologiques (sur la peinture du moi) ainsi que des remarques sur le Nouveau Monde.
Essai, II, XII Un sceptique
Avant de parvenir à la sagesse qui s’exprime dans le troisième livre des Essais, Montaigne était passé par une double crise: la crise stoïcienne aui, en fait, était d’origine livresque, et la crise sceptique qui le débarrassera d’une philosophie d’emprunt et lui révéla les insuffisances de la pure théorie.
Au reste, la pensée de Montaigne procède par de longs tâtonnements; elle ne chemine pas sans hésitation, ne craint point les détours; elle est le fruit d’une expérience jamais lassé de s’exercer, surout sur soi-même.
… A peine oserai-je dire la vanité et la faiblesse que je trouve chez moi. J’ai le pied si stable et si mal assis
70, je le trouve si aisé à crouler
71et se prêt au branle
72, et ma vue si déréglée, que à jeun je me sens autre qu’apès le repas; si ma santé me rit, et
73la clarté d’un beau jour, me voilà honnête homme
74; si j’ai un cor qui me presse l’orteil, me voilà renfrogné
75, mal plaisant, inaccessible. Un même pas de cheval me semble tantôt rude, tantôt aisé, et même chemin à cette heure plus court, une autre fois plus long, et une même forme ores plus, ores
76moins agréable. Maintenant je suis à tout faire, maintenant à rien faire; ce qui m’est plaisir à cette heure, me sera quelquefois peine. Il se fait mille agitations indiscrètes et casuelles
77chez moi. Ou l’humeur mélancolique me tient, ou la colérique; et, de son autorité privée
78, à cette heure le chagrin prédomine en moi, à cette heure l’allégresse. Quand je prends des livres, j’aurai aperçu en tel passage des grâces excellentes et qui auront féru
79mon âme; qu’une autre fois j’y retombe, j’ai beau le tourner et virer, j’ai beau le plier et le manier, c’est une masse inconnue et informe pour moi.
En mes écrits même je ne retrouve pas toujours l’air de ma première
70 se peu ferme sur le sol
71 vaciller
72 si prêt à bouger
73 ainsi que
74 un home sociable, courtois
75 mécontent
76 tantôt…tantôt
77 fortuites, qui sont l’effet du hasard
78 de lui-même, spontanément
79 frappé
imagination: je ne sais ce que j’ai voulu dire, et m’ échaude
80souvent à corriger et y mettre un nouveau sens, pour avoir perdu
81le premier, qui valait mieux. Je ne fais qu’aller et venir; mon jugement ne tire pas toujours en avant; il flotte, il vague,
Velut minuta mango
Deprensa navis in mari vesaniente vento.
82Maintes fois (comme il m’advient de faire volontiers) ayant prais pour exercice et pour ébat à maintenir une contraire opinion à la mienne, mon esprit s’appliquant et tournant de ce côté-là, m’y attache si bien que je ne trouve plus la raison de mon premier avis, et m’en dépars
83. Je m’entraîne quasi
84où je penche, comment que ce soit
85, et m’emporte de
86mon poids.
Chacun à peu près en dirait autant de soi, s’il se regardait comme moi.
- Le XVIIe Siècle 1. L’esprit baroque
Le mot “baroque” désigne une perle de forme irrégulière et, en littérature, il caractérise des oeuvres non régulières. Le movement baroque touché la 21evelation française de 1580 à 1640; il traduit la complexité politique, religieuse et culturelle de l’époque. Le terme, 21evelation au XIXe , deviendra positif au Xxe siècle.
L’écriture baroque, spectaculaire et libre
- Cherchant à impressionner, l’écriture baroque se montre souvent excessive:
elle ne connaît pas de mesure pour écrire la beauté ou la laideur. Elle cherche
80 je me tourment à
81 parce que j’ai perdu
82 Comme un ptit bateau surprise sur l’étendue de la mer par un vent furieux (Catuelle)
83 je me sépare de ce premier avis, je l’abandonne
84 en quelque sorte
85 d’une façon ou d’une autre
86 sous l’effet de
les images et les comparaisons fortes, utilize l’hyperbole et l’accumulation.
- Les écrivain baroques aiment faire apparaître les contradictions du monde et multiplient les antitheses: tantôt elles prennent la forme d’un jeu; tantôt le ton se fait grave; derrière les beaux décors, elles rappellent la 22evelati de la maladie et de la mort.
- Par ailleurs, le style manifeste une certaine liberté par un assoupissement de la construction des phrases: absence de liens logiques, gout pour les accumulations. Le poème des libertés avec les règles de versification. Le 22evelat ne respecte pas les unités de temps, de lieu et d’action, pourtant prônées dès 1561.
2. La préciosité
Le movement précieux naît en reaction au style de la cour de Henri IV. Dès 1608, la marquise de Rambouillet (1588-1665) ouvre le premier salon mondain, y reunite les intellgences les plus brillantes et permet aux plus jeunes de se faire connaître. Elle ne tient compte ni du titre de noblesse, ni du sexe, ni de l’âge.
Beaucoup l’imitent à partir de 1640.
Ces reunions ont la forme de brillantes réceptions où les esprits se confrontent au travers de jeux littéraires et où l’on débet de questions littéraires: la defense du Cid de Corneille, le juste emploi de certains mots.
Le movement, dans lequel la femme tient la place centrale, se distingue par ses idées socials nouvelles: la naissance compte moins que la qualité personnelle; la femme doit être libre dans le choix de son mari et accéder à la culture. Le 22evelati est reconnu et défendu.
L’écriture précieuse
- Le style précieux refuse la vulgarité et forge donc une langue poétique nouvelle: il invente de nouvelles metaphors en mélangeant deux registres (lèvres bien ourlées) ou en alliant le concret et l’abstrait (avoir l’âme somber, l’intelligence épaisse); il utilise l’adj. substantive (l’inhumaine, l’effrayable) et préfère systématiquement la périphrase à l’expression simple et directe.
- Utilisés avec mesure, ces procédés contribuent à donner à la poésie classique sont raffinement et sa précision; mais la préciosité cultive l’excès qui rend le langage affecté ou le transforme en jargon.
Les oeuvres de la préciosité
- les poèmes précieux (Vincent Voiture, 1598-1648) - L’Astrée d’Honoré d’Urfé (1567-1625)
- Clélie de Mademoiselle de Scudéry (1607-1701) 3. La philosophie
- Descartes (1596-1650) –Discours de la méthode (1637) - Pascal (1623-1662) –Les Pensées (1670)
4. Le classicisme
Le XVIIe siècle est appelé siècle classique. Mais le classicisme ne s’impose qu’emtre 1660 et 1680. Ses auteurs ne forment pas une école mais partagent le souci de l’universalité, le culte des Anciens, la claret, la mesure et l’élégance du style. En 1674, Boileau résume les principes de l’art classique.
Evénement: La querelle des Anciens et des Modernes 5. Le triomphe de la comédie
Molière (1622-1673)
- Les farces: Les Précieuses ridicules (1659) Le Médecin malgré lui (1666)
Les Fourberies de Scapin (1671)
- Les divertissements royaux: Les Fâcheux (1661) Les Bourgeois gentilhomme (1670) Le Malade imaginaire (1673)
- Quatre grandes comédies : L’Ecole des femmes (1662) Tartuffe ou l’Imposteur (1664)
Don Juan (1665) Le Misanthrope (1666) 6. La tragédie classique
Racine (1639-1699)
- Les 23evelatio grecques : Andromaque (1667) Iphigénie (1674)
Phèdre (1677)
- Les tragédies romaines : Britannicus (1669) Bérénice (1670) 7. Les genres mondains
Madame de Sévigné, La Rochefoucauld, La Fontaine, le cardinal de Retz pratiquent des genres nouveaux nés de la vie mondaine. Plus souples que les genres classiques, ils incarnent le bel esprit: leur but est de briller mais ils contiennent aussi toute une méditaion sur l’homme.
1) Madame de Sévigné (1626-1696) Un milieu favorable
Issue de la noblesse par son père, la marquise de Sévigné s’apparente à la grande bourgeoisie parisienne par sa mere. Son mari, qui la laisse veuve à 25 ans, vient, lui, de la noblesse provinciale. Ces différentes appartenances donnent à me de Sévigné un statut assez particulier où peut s’épanouir sa personnalité: sans fire partie de la Cour, elle la côtoie cependant et peut l’admirer tout en portent sur elle un regard critique; sa naissance et sa culture – elle connaît le latin, l’espagnol et l’italien, admire Corneille et La Fontaine – lui ouvrent les salons. Elle fréquente le cercle précieux de l’Hôtel de Rambouillet, a pour amie Mme de La Fayette. C’est une mondaine au meilleur sens du terme: elle sait plaire par son esprit et son talent dans l’art de la conversation.
L’arrachement
En 1671, elle doit se séparer de sa fille, mariée au comte de Grignan qui va résider en Provence où il est nommé gouverneur. Ce depart est un drame pour cette mere passionnée. Comment maintenir une relation vivante et profonde en dépit de la separation?
Mme de Sévigné, qui déjà pratiquait l’art de la correspondence, multiplie alors les échanges épistolaires avec sa fille. Sur quelque 1400 lettres d’elle qui nous sont restées, près de 800 sont adressées à Mme de Grignan.
L’épanouissement par l’écriture
Mme de Sévigné n’avait pas sa fille pour seule destinataire. A de nombreux
correspondants, elle adresse des letters d’inspiration diverse: anecdotes, récits
d’événements historiques, véritables “reportages” sur la vie à la Cour. Sans
s’en douter (mais pouvait-elle l’ignorer tout à fait?), elle se montre un
écrivain.
Dans les letters adressées à sa fille, la demarche est plus obscure; en communiquant avec l’absente, Mme de Sévigné satifait une double aspiration: se faire plaisir à elle-même, mais surtout plaire à sa fille, la charmer, ou l’émouvoir par des sentiments qu’elle ne dirait pas de vive voix.
Avec la correspondence de Mme de Sévigné, on voit comment l’écriture peut devenir le moyen privilégié de l’expression profonde et complexe de soi- même.
2) La Rochefoucauld (1613-1680)
Le duc de La Rochefoucauld est un aritocrate très fier de sa noblesse, mais déçu dans ses ambitions. Entré en rebellion dans la Fronde des Princes, il en sort ruiné, gravement malade et indésirable à la Cour. Il ne pourra jamais jouer dans l’Etat le role auquel sa naissance le destinait.
Mais la vie mondaine, la frequentation des salons précieux, l’amitié avec Mme de Sévigné, l’attachement de Mme de La Fayette lui offrent des compensations réconfortantes et permettent à ce héros sans 25evela de briller d’autre façon.
Les Maximes, qu’il se met à écrire vers 45 ans, sont nées de cette double influence: l’esprit mondain d’une part, l’amertume liée aux 25evelation25s personnelles de l’autre. Le genre de la “maxime” était fort prisé dans les salons; mais il est imprégné, chez La Rochefoucauld, d’un terrible pessimisme: 25evelatio en 1658, éditées et augmentées jusqu’en 1678, ses 641 Maximes, dans une forme brève et une organization “éclatée”, dénoncent les faiblesses de l’homme manipulé par “l’amour-propre”, c’est-à-dire l’amour de soi-même, et victime de toutes les illusions.
Les Maximes 〔extraits〕
〔49〕On n’est jamis si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine.
〔113〕Il y a de bons marriages, mais il n’y en a point de délicieux.
〔171〕Les vertus se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.
〔276〕L’absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu.
〔436〕Il est plus aisé de connaître l’homme en 25evelat que de connaître un
25eve en particulier.
3) Le cardinal de Retz (1613-1679)
Il présente dans ses Mémoires une justification de sa vie destine à une mystérieuse interlocutrice.
4) La Fontaine (1621-1695)
Je suis chose légère, et vole à tout sujet;
Je vais de fleur en fleur, et d’objet en objet.
87En se poignant dans ces vers, La Fontaine définissait parfaitement la variété de son talent, et sa proper dispersion. Mais malgré la diversité de sa
production, il reste aux yeux de la postérité l’auteur des Fables, indissociablement attachées à son nom.
Les Fables
242 fables repartees en 12 livres et publiées en 3 recueils.
Les sources d’inspiration: La Fontaine reprend un genre fort ancient; il s’inspire d’Esope, écrivain grec du Vie Siècle av. J.-C., de Phèdre, fabuliste latin du Ier Siècle av, J.-C. Plusieurs fables tirent aussi leur sujet de contes orientaux.
Les lecteurs: à l’origine, les Fables s’adressent à des enfants. Le premier recueil des Fabkes est destinéau jeune Dauphin, élève de Bossuet; le
troisième au duc de Bourgogne (12 ans), élève de Fénelon; seul le deuxième volume, plus philosophique, est dédié à Mme de Montespan.
L’organisation: La Fontaine varie les formes d’une fable à l’autre (conte, récit allégorique, meditation philosophique, petitw pièce de 26evelat). Il fait aussi alterner les grands 26evela de son oeuvre: la vie sociale, les rapports de l’homme et du pouvoir, le bonheur, la mort.
Le corbeau et le renard
Maître corbeau, sur un arbre perché
88, Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l’odeur alléché
89, Lui tint à peu près ce langage
90:
“Et bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! Que vous me semblez beau!
87 Discours lu par La Fontaine le jour de sa réception à l’Académie française, le 2 mai 1684.
88 v. se percher, se tenir, se mettre sur un endroit élevé.
89 Attiré
90 Tenir un langage, des discourse, des propos, s’exprimer.
Sans mentir, si votre ramage
91Se rapporte à
92votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.”
A ces mots
93, le corbeau ne se sent pas de joie
94; Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie
95. Le renard s’en saisit
96, et dit: “Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de
97celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.”
Le corbeau honteux et confus
98,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrai plus
99.
La cigale et la fourmi
La cigale, ayant chanté Tout lété,
Se trouva fort dépourvue
100, Quand la bise
101fut venue.
Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
102Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister
103Jusqu’à la saison nouvelle.
“Je vous paierai, lui dit-elle.
Avant l’oût, foi d’animal,
91 Chant des oiseaux.
92 Vx. Avoir un rapport de conformité avec; aller avec, ressembler à.
93 En entendant ces mots.
94 Etre hors de lui par excès de joie, être transporté de joie.
95 Etre vivant don’t un animal s;empire pour le dévorer.
96 V. se saisir de qch, mettre en sa possession.
97 Vivre sur le compte de qn, vivre aux frais de qn en faisant payer la dépense par qn.
98 Troublé.
99 Prendre qn à qch: On ne m’y prend plus (我再也不上這個當了).
100 Etre dépourvu de, manquer de, qui n’a pas de.
101 Le vent froid du nord.
102 Se plaindre de ses modesties resources, se plaindre de la disette, de manqué de nourriture.
103 Survivre
Intérêt et principal.”
La fourmi n’est pas prêteuse;
C’est là son moindre défaut.
“Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
104Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez? J’en suis fort aise.
Et bien! Dansez maintenant.”
Le loup et l’agneau
La raison du plus fort est toujours la meilleure, Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un agneau se désaltérait
105Dans le courant d’une onde pure.
Un loup survient
106à jeun qui cherchait aventure
107, Et que la faim en ces lieux attirait.
“ Qui te rend si hardi
108de troubler mon breuvage?
Dit cet animal plein de rage
109: Tu seras châtié
110de ta témérité
111. - Sire, répond l’agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère;
Mais plutôt qu’elle considère Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’elle, Et que par consequent en aucune façon
28evel puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle, Et je sais que de moi tu médis
112l’an passé.
104 Pour tout le monde.
105 V. se désaltérer, apaiser la soif, boire.
106 V. survenir, arriver brusquement, venir à l’improviste.
107 Chercher fortune, chercher querelle à qn, il n’y a pas d’article avant le nom.
Chercher aventure, essayer d’obtenir qch.
108 Audacieux.
109 Colère.
110 Etre châtié, être puni.
111 Audace, hardiesse.
112 Dire le mal de qn, diffamer.
- Comment l’aurais-je fait, si je n’étais pas né?
Reprit l’agneau, je tète encore ma 29eve.
- Si ce n’est pas toi, c’est donc ton frère.
- Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens:
Car vous m’épargnez guère, Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l’a dit: il faut que je me venge.”
Là-dessus au fond des forêts Le loup l’emporte, et le mange
Sans autre forme de 29evelat.
8. Le roman classique
Mme de La Fayette (1634-1693) passé son enfance dans les salons et reçoit, en meme temps que Mme de Sévigné, les leçons de Ménage, écrivain et 29evelat.
Elle fréquente les milieux précieux, don’t l’Hôtel Rambouillet, où l’on discute avec esprit sur l’art, la langue française, le “bon gout”. A 21 ans, elle se marie avec le comte de La Fayette de 18 ans son aîné, qu’elle suit en Auvergne, mais revient vivre à Paris en 1659. Elle deviant dams d’honneur et confidente de la duchesse d’Orléans (épouse de Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV) et a ses entrées à la cour du roi. Elle est l’amie intime de La Rochefoucauld. Femme sensible et cultivée, elle écrit La Princesse de Monpensier (1662) puis Zaïde et un chef-d’oeuvre: La Princesse de Clèves (1678) l’histoire d’un amour impossible, qui, bien que relevant encore, par sa composition et son atmosphere, de la technique précieuse, est le premier roman psychologique classique.
La Princesse de Clèves
Dans ce court roman se mêlent 29evelation historiques et fictifs. Mlle de Chartes épouse M. de Clèves et, lors d’un bal, rencontre M. de Nemours 29evel elle tombe amoureuse; elle lutte contre sa passion pour rester fidèle mais bientôt, ayant peur de succomber
113, elle avoue son amour pour un autre à son mari qui en meurt de chagrin. En mémoire de son mari et par peur d’être 29evel, Mme de Clèves repousse définitivement M. de Nemours.
Le roman mêle différentes techniques romanesques. Dans la première partie, les 29evelatio qu’on raconte à la cour 29evelati une place importante, selon la mode baroque des digressions
114. Mais ces 29evelatio servent aussi à l’éducation de
113 Etre vaincu dans une lutte; subir une défaite.
114 Développement oral ou écrit qui s’écarte du sujet
Mme de Clèves; elle y découvre la force de la passion, dégradante
115et aliénante
116.
La Princesse de Clèves〔extrait〕
Elle avait ouï parler de ce prince à tout le monde comme de ce qu’il y avait de mieux fait et de plus 30evelatio à la Cour; et surtout Madame la Dauphine le lui avait dépeint
117d’une sorte et lui en avait parlé tant de fois, qu’elle lui avait donné de la curiosité et 30eve de l’impatience de le voir.
Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer
118, pour se trouver le soir au bal et au festin
119royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure; le bal commença et, comme elle dansait avec M. de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la 30eve, comme de qn qui entrait et à qui on faisait place. Mme de Clèves acheva de danser, et cependant qu’elle cherchait des yeux qn qu’elle avait dessein de
120prendre, le Roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et vit un 30eve qu’elle crut d’abord
121ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait par-dessus quelque 30evel pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était difficile de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait encore l’air brilliant qui était dans sa personne;
mais il était difficile aussi de voir Madame de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement.
M. de Nemours fut tellement surprise de sa beauté que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la 30evelatio, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la 30eve un murmure de louanges
122. Le Roi et les Reines se souvirent qu’ils ne s’étaient jamais vus, et trouvèrent qch de singulier
123de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini dans leur donner le loisir de
124parler à personne et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point.
“Pour moi, Madame, dit M. de Nemours, je n’ai pas d’incertitude; mais comme Madame de Clèves n’a pas les 30evel raisons pour deviner qui je suis que celles
115 Qui abaisse moralement.
116 Qui retire à l’individu la libre disposition de lui-même.
117 V. dépeindre, décrire.
118 Se vêtir avec recherché.
119 Grand repas.
120 Avoir l’intention de.
121 Aussitôt.
122 Compliment.
123 Bizarre.
124 Avoir le temps de.
que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.
- Je crois, dit Mme la Dauphine
125, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.
- Je vous assure, Madame, reprit Mme de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez.
- Vous devinez fort bien, répondit Mme la Dauphine; et il y a 31eve qch d’obligeant
126pour M. de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans l’avoir jamais vu.”
La Reine les interrompit pour faire continuer le bal; M. de Nemours prit la Reine Dauphine. Cette princesse était d’une parfaite beauté et avait prau telle aux yeux de M. de Nemours avant qu’il allât en Flandre; mais de tout le soir, il ne put admirer que Mme de Clèves.
句型分析:
1. Elle ( la Princesse de Clèves) avait ouï (entendu) parler de ce prince à tout le monde comme de ce qu’il y avait de mieux fait (physique) et de plus 31evelatio (moral) à la Cour; 【et】 surtout Madame la Dauphine le (le Duc de Nemours) lui (la Princesse de Clèves) avait dépeint
127d’une sorte (de telle manière que) et lui (la Princesse) en avait parlé tant de fois, qu’elle (Madame la Dauphine) lui (la Princesse de Clèves) avait donné de la curiosité et 31eve de l’impatience de le (le duc de Nemours) voir.
2. Elle passa (tout le jour des fiançailles) (chez elle) à se parer, pour se trouver (être)(le soir) (au bal et au festin royal qui se faisait au Louvre.)
passer (時間長度) à (faire qch)
3. Elle se tourna et vit un homme (1) qu’elle crut…
(2) qui passait…
閱讀指引:
Le regard dans la rencontre amoureuse
- La lecture fait appaître le champlexical du regard compose des mots voir (lignes 5, 13, 16, 18, 24, 39), chercher des yeux (l. 11), aux yeux (l. 42), et
125 Marie Stuart, qui avait épousé le fils aîné du roi Henri II.
126 Complaisant.
127 V. dépeindre, décrire.