REVUE
DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE
ET DE LEURS APPLICATIONS INDUSTRIELLES
SOMMAIRE DU N° 3
J. Budichowsky : L'Incandescence par le gaz.
A.Savreux : Les Bureaux centraux téléphoniques.
Revues mensuelles : Physique. — Chimie. — Electrochimie.
L'INCANDESCENCE PAR LE GAZ
par JULES BUDICHOWSKY.
En principe, notre vie devrait être réglée sur le soleil, mais les nécessités de notre existence nous obligent à prolonger nos occupa- tions bien après la disparition de cet astre; or, pendant le jour, le soleil nous émet des radiations qui sont lumineuses, calorifiques et chimiques. Par l'action de ces radiations, notre œil se fatigue; mais il se repose pendant la nuit.
Néanmoins cet organe peut supporter pendant plusieurs heures une lumière artificielle, à la condition que les rayons chimiques n'existent pas, ces derniers ayant la propriété de détruire les fibres du cristallin. La couleur de la lumière artificielle a aussi une impor- tance considérable. Une lumière rouge permet de distinguer les objets avec plus de netteté; il en est de même de la lumière jaune, mais cette dernière a une influence néfaste sur la rétine.
La densité d'une source lumineuse ne doil pas être non plus trop considérable; une lumière trop brillante fatigue les yeux, et possède en outre l'inconvénient de donner des ombres trop dures; il est donc préférable d'employer de petits foyers lumineux.
A ce point de vue, l'éclairage au gaz, même par incandescence, offre un avantage sur l'éclairage électrique.
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Le problème de l'éclairage consiste donc à trouver une source lumineuse économique qui soit suffisamment diffuse, sans posséder les propriétés actiniques de la lumière solaire.
Indépendamment de l'éclairage électrique, la lumière est en géné- ral produite par la combustion dans l'air de gaz ou de vapeurs. Mais les corps combustibles ne donnent pas tous une flamme lumineuse.
L'hydrogène brûle avec une flamme incolore; si ce gaz est mélangé avec certains composés tels que l'éthylène ou l'acétylène, il donne une flamme éclairante.
Davy a émis l'idée suivante : les composés, tels que acétylène ou éthylène, se décomposentdansla flamme en hydrogène et en carbone, les particules de carbone mises en liberté sont portées à l'incandes- cence dans la flamme par la chaleur de combustion de l'hydrogène et du carbone lui-même (1).
Frankland supposait que ces gaz se polymérisaient, et que l'éclat de la flamme était dû à la présence de ces produits de condensation.
M. Vivian Lewes a montré qu'à l'origine de la flamme la tempé- rature est de 1330°, et qu'elle atteint 1850° à l'extrémité. A ces tem- pératures, la présence, des produits de condensation est inadmis- sible, el par suite, l'hypothèse de Frankland n'est pas applicable.
M. Lewes est également arrivé à conclure que l'éclat des flammes est dû à la localisation de la chaleur de décomposition de l'acétylène sur les produits de la combustion, cette localisation de la chaleur étant elle-même fonction de la rapidité de dissociation.
L'intensité lumineuse dépend aussi de la température de la flamme et de la quantité de particules de carbone mises en liberté par unité de volume de la flamme.
Pour que la combustion d'un gaz éclairant soit lumineuse, il est nécessaire qu'il y ait une quantité d'air suffisante. Si l'on augmente cette quantité d'air, la flamme perd son pouvoir éclairant et peut devenir incolore; c'est ce qui arrive dans le brûleur Bunsen. Dans ces conditions, le gaz est complètement brûlé; il donne son maxi- mum de chaleur, et la flamme obtenue peut être employée pour porter à l'incandescence d'autres corps que le charbon.
Si le choix des matières incandescentes est très important, il en est de même des brûleurs servant à la combustion des gaz ; aussi allons- nous étudier séparément ces deux questions.
(I) Phil. Trans., 1817, p. 4o.
L'INCANDESCENCE PAR LE GAZ 99 Corps incandescents. — La liste des corps incandescents employés jusqu'à ce jour est très longue; nous nous bornerons seulement à l'étude des principaux.
En 4826, Drummond fit arriver une flamme oxhydrique sur un bâton de craie. Il obtenait ainsi une lumière que l'œil nepouvait sup- porter; de plus, il fallait souvent changer le corps incandescent, et l'oxygène a un prix trop élevé pour que cet éclairage soit pra- tique (1).
En 1839, Cruckschanks employa le premier une corbeille de platine qu'il imprégnait de chaux (2).
En 1868, Tessié du Motay plaça des bâtons de zircone dans la flamme du gaz (3).
Clamond fit des corbeilles de magnésie contenant 25 0/0 de zircone (4).
Otto Fahnehjelm employa des crayons de magnésie et de zircone compressés (o).
En 1848, Frankenstein trempa un tissu de coton dans une bouillie de terres réfractaires; après le séchage, ce tissu était cousu en forme de manchon, puis placé sur un brûleur à gaz, mais ces corps éclai- rants devaient être remplacés trop souvent (6).
Williams Stockes trempa un tissu de coton dans des sels tels que : chlorure de platine, iridium, palladium; par la combustion, il obte- nait des réseaux métalliques qu'il portait dans la flamme; tous ces procédés sont maintenant abandonnés (7).
En 1884, Cari Atier von Welsbach eut l'idée d'employer les terres rares sous une forme pratique (8).
Un tissu de coton en forme de tube est trempé dans une solution d'azotates de zirconium, yttrium, erbium, cérium, thorium, etc., ce tissu est séché, puis brûlé. Par la chaleur le coton disparait, et les azotates se transforment en oxydes, qui conservent l'aspect et la forme du tissu. Ces oxydes forment ainsi un manchon cylindrique qui embrasse la forme de la flamme du brûleur Bunsen.
Les manchons ainsi obtenus ont une durée assez considérable qui
(11 Brevets allemands 15.438, 17.786, 22.800, etc.
(2i'Brevet anglais 8.141.
(3) Brevet français 80.810.
(4) Brevets allemands 16.640, 21.20a, 25.360, 26.397, 26.404.
(o) Brevets allemands 29.498 et 34.807.
(6) Dinr/ler polytechniches Journal, vol. 110, p. 397; vol. 111, p. 234.
(7) Brevet anglais provisoire 223 du 16 janvier 1882.
(8) Brevets allemands 39.162, 41.945, 44.016, 74.745. — Brevet français 172.046.
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peut atteindre 1000 et même 2000 heures. L'incandescence par le gaz avait donc fait un progrès considérable.
Toutefois, les manchons imprégnés ne pouvaient être conservés longtemps avant d'être brûlés; les sels éclairants sont en effet des nitrates, et l'acide nitrique finit par détruire le coton. On avait pensé que les manchons imprégnés, séchés dans une atmosphère ammoniacale, pourraient se conserver, mais l'expérience a montré que de tels manchons étaient plus fragiles que les autres après l'incinération. On expédie maintenant les manchons après brûlage, mais en ayant soin de les tremper, avant le transport, dans un collodion spécial, qui leur donne une plus grande résistance au choc.
Des recherches ont été faites pour supprimer cet inconvénient et pour augmenter la surface lumineuse du manchon; un nouveau produit, le filament Plaissetty, semble remplir ces conditions (1).
M. Plaissetty fait une dissolution de nitro-cellulose dans l'acide acétique, puis il ajoute à ce collodion une solution sirupeuse d'azotate de terres rares; il obtient de la sorte une pâté. Cette pâte est filée;
plusieurs de ces fils excessivement fins sont moulinés ensemble et vont ensuite dans une cuve de sulfure d'ammonium ou sulfure de calcium. Ces produits ont la propriété de supprimer les qualités explosibles de la nitro-cellulose, en même temps qu'ils précipitent les terres à l'étal d'oxydes.
Les fils sont ensuite lavés à l'eau, puis séchés vers lo0°-17o° ; ils peuvent être ensuite tissés sous formes de manchons. Ces manchons peuvent se conserver indéfiniment et peuvent être directement brûlés sur le brûleur du consommateur.
Un autre inventeur, M. de Mare, a eu l'idée d'employer des plumes formées avec des fils incandescents et de placer ces plumes sur des brûleurs spéciaux. Quoi qu'il en soit, l'emploi du manchon estpresque général.
Différentes compositions d'oxyde ont été proposées pour fabriquer des manchons incandescents; la pratique a montré que fa composi- tion : oxyde de thorium 98 0/0 et oxyde de cérium 2 0/0, donne les meilleurs résultats.
Or, l'éclairage donné par un manchon d'oxyde de thorium pur ou un manchon d'oxyde de cérium pur est insignifiant, et le mélange mentionné plus haut est très éclairant; si l'on augmente la quantité
(d) Brevets français 239.684, 247. Su3.
L'INCANDESCENCE PAR LE GAZ
101 de cérium, l'intensité lumineuse diminue; il en est de même si cette proportion est inférieure à 1 0/0. Il est donc intéressant d'expliquer cette cause et plusieurs théories ont été émises.
Drossbach attribue à l'oxyde de cérium la propriété de commu- niquer à l'oxyde de thorium une résonance particulière qui ampli- fierait les vibrations lumineuses ; de plus, les oxydes très volumi- meux provenant de la calcination des nitrates favoriseraient cette résonance. La pratique montre pourtant qu'un manchon fabriqué avec une solution de sulfate a ses oxydes plus compacts et émet une aussi jolie lumière.
M. Lewes attribue cette propriété lumineuse au passage des oxydes de l'état amorphe à l'état cristallin.
Nous serions plutôt de l'avis de Bunte. Ce savant a constaté que tous les corps incandescents, placés dans les conditions telles qu'ils ne subissent aucune perte par conductibilité, ont à 2000° à peu près le même pouvoir émissif. D'un autre côté, l'oxyde de cérium combine déjà l'hydrogène et l'oxygène à la température de 350°; au contraire, l'oxyde de thorium ne donne le même résultat que vers 700° (1).
On conçoit que le point d'inflammabilité étant bas, l'action chi- mique est plus rapide et l'élévation de température plus forte; or, dans un manchon à 98 0/0 d'oxyde de thorium, l'oxyde de cérium se trouve disséminé dans la masse, et l'on peut supposer qu'il repré- sente une série de petits noyaux entourés d'oxyde de thorium. Ces petites parcelles combinent rapidement l'hydrogène et l'oxygène et sont de suite portées à une très haute température; étant supportées par l'oxyde de thorium, mauvais conducteur de la chaleur, les pertes par conductibilité calorifique ne sont pas considérables.
On devrait donc, dans les recherches futures, essayer de prendre comme support un corps moins conducteur que la thorine, et comme matière active un produit combinant l'hydrogène et l'oxygène à plus basse température que le cérium.
Cette théorie permet d'expliquer la perte du pouvoir éclairant des manchons qui est due à la destruction partielle des filaments, et aux poussières qui, tombant sur le produit, en augmentent la conduc- tibilité calorifique.
Les manchons à 98 0/0 d'oxyde de thorium sont très fragiles parce que la thorine est une terre très réfractaire; en ajoutant une faible
(1) Ber., t. 31, p. 5 (1897). — Rev. gén. Se, 1898, p. 456.
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proportion d'oxyde d'yttrium, le manchon devient plus solide, mais le pouvoir éclairant diminue. Nous préférons ajouter à la solution éclairante une faible quantité d'acide phosphorique qui forme du phosphate de thorium fusible, et donne ainsi un produit moins réfractaire (1).
Brûleurs. — Les brûleurs à gaz pour l'incandescence sont de deux sortes : 1° brûleurs sans mélange d'air préalable ; 2° brûleurs avec mélange d'air.
1° Dans la première catégorie, on ne connaît qu'un seul exemple, le brûleur hèliogène. L'inventeur, M. de Mare, part du 'principe sui- vant : si l'on diminue l'épaisseur de la lame de gaz, pour une sur- face de flamme considérable, la quantité de gaz est moindre; par suite, ce gaz se trouve en présence d'une plus grande proportion d'air et sa combustion est plus complète. C'est sur un brûleur genre papillon à lame mince que M. de Mare place les plumes incandes- centes dont nous avons parlé plus haut.
2° Dans la seconde catégorie, l'air est mélangé au gaz avant la combustion de ce dernier. Un ou plusieurs jets de gaz très fins arrivent au bas d'une cheminée percée de trous à la hauteur de l'ar- rivée du jet gazeux. Le gaz par la pression entraîne l'air qui pénètre par les trous ménagés à cet effet, et l'appareil fonctionne comme un injecteur Giffard. Pour la bonne combinaison du mélange, il est bon que l'air et le gaz sortent de la cheminée à la même pres- sion; il faut aussi que la vitesse de propagation de la flamme ne soit pas supérieure à la vitesse d'écoulement du mélange gazeux, sans quoi la flamme pénétrerait à l'intérieur du brûleur; un excès d'air produirait cet effet.
Différents inventeurs ont cherché dans cette voie. Bandsept place dans la cheminée de son brûleur une série de cloisons à surface de tronc de cône; à chaque séparation, il ménage des. trous pour l'admission de l'air. Le mélange gazeux subit ainsi autant de con-
(1) D'après MM. Le Chatelier et Boudouard (C-R, t. 126, p. 186), la température du manchon n'est pas, comme le pense M. Bunte, extraordinairement élevée et supé- rieure à 2000° ; elle est en réalité comprise entre 1600° et 1100°. La seule cause du rendement lumineux des manchons Auer, résulte de la faiblesse de leur pouvoir émissif dans la région calorifique du spectre. Ces manchons sont essentiellement com- posés de deux corps, Poxyde de thorium et l'oxyde de cérium qui, pris isolément, ont un rendement lumineux plus faible. Le mélange de ces deux corps donne un ren- dement supérieur à la moyenne, parce que ce n'est pas un mélange mécanique, une simple juxtaposition, mais un mélange chimique homogène (isomorphisme ou dissolu- tion solide). — N. D. L. R.
LES BUREAUX CENTRAUX TÉLÉPHONIQUES 103 tractions et de détentes qu'il y a de cloisons; il aspire, en même temps la quantité d'air qui lui est nécessaire.
MM. Denayrouze et Henry sont arrivés à obtenir séparément un brûleur basé sur un principe analogue.
Leurs appareils se composent de trois parties: la chambre d'arrivée, qui est à la base ; — le mélangeur, qui est un tube cylindrique de lon- gueur déterminée surmontant la chambre d'arrivée ; — le détendeur, qui est un autre cylindre, de longueur déterminée par l'expérience, placé au-dessus du mélangeur; ce détendeur a pour but de régler la vitesse d'échappement du mélange.
Je ne parlerai pas des brûleurs ordinaires qui sont des becsBunsen un peu modifiés.
Le brûleur d'un appareil à incandescence par le gaz est un facteur très important ; les nombres suivants le démontrent nettement.
Un brûleur ordinaire à incandescence donne l'unité carcel avec 14-16 litres de gaz et un bec Denayrouse avec 10 litres seulement.
Si l'on considère que le bec de gaz ordinaire, système Bengel, donne la carcel avec 105 litres, on voit que, malgré la fragilité du manchon, l'incandescence est un mode d'éclairage très économique. La lumière émise par les manchons est assez riche en rayons chimiques, qui fatiguent les yeux à la longue; on peut atténuer cet effet en recou- vrant l'appareil avec un globe rose, qui arrête en partie les rayons chimiques, mais absorbe 20 0/0 du pouvoir éclairant.
Les manchons à incandescence s'adaptent également sur les brûleurs à alcool, à pétrole, à essence minérale ou même à acétylène ; nous aurons l'occasion d'en parler dans un prochain article.
LES BUREAUX CENTRAUX TÉLÉPHONIQUES
par A. SAVREUX
L'établissement en France des premiers réseaux téléphoniques remonte à l'année 1879. A cette époque, le Gouvernement accorda simultanément à trois Sociétés l'autorisation d'exploiter ces réseaux.
Mais dès le mois de décembre 1880, ces Sociétés durent fusionner entre elles, et de cette fusion naquit la Société Générale des Télé-
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phones qui modifia complètement les systèmes rudimenlaires jus- qu'alors en exploitation. A partir de cette époque, les réseaux télé- phoniques se développèrent rapidement. Le nombre des abonnés du réseau de Paris qui était de 300 au début de l'année 1881 se trou- vait être de 6,255 trois mois après le rachat des Téléphones par l'État (septembre 1889). L'abaissement du prix de l'abonnement et le développement donné aux lignes interurbaines donna encore une nouvelle impulsion à cette industrie ; à l'heure actuelle, envi- ron 19.000 abonnés sont reliés au réseau de Paris, et la marche des abonnements est» toujours ascendante. Si l'on considère que le nombre total des communications s'accroît beaucoup plus vite que le nombre des abonnés, on aura une idée des transformations nom- breuses et continues auxquelles les systèmes téléphoniques ont dû donner lieu. Nous essaierons dans la présente étude de donner un rapide aperçu des 'transformations subies depuis l'origine par le réseau de Paris. Le cadre de cet article ne nous permettant pas de décrire en détail les appareils en usage, nous renvoyons le lecteur que la question intéresserait à l'excellent Traité de Téléphonie pratique de M. Montillot (1) ainsi qu'aux articles publiés par M. Berthon dans
« l'Électricien » sur les réseaux de la Société générale des Téléphones, par M. Hospitalier dans la « Nature y,sur le nouveau système de commutateur multiple du bureau Gulenberg.
Nous diviserons notre description en trois parties :
I. Postes d'abonnés.
II. Réseaux et canalisation.
III. Commutateurs des bureaux centraux.
I. Postes d'abonnés. — Les appareils en usage au début de l'exploi- tation étaient l'appareil magnétique Gower, le microphone Edison et le microphone Black. La Société des Téléphones leur substitua les transmetteurs Ader et Berthon et les récepteurs Ader, encore très employés aujourd'hui concurremment dans les différents postes admis par l'État pour les installations d'abonnés. Le lecteur trouvera la des- cription de ces appareils dans l'ouvrage de M. Montillot, ainsi que dans les articles complémentaires publiés dans l'Electricien. Quant
(1) Traité de Téléphonie pratique, par M. MONTILLOT. Librairie Vve Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
LES BUREAUX CENTRAUX TÉLÉPHONIQUES 105 aux piles d'appel, elles sont constituées par neuf éléments Leclanché, dont trois servent en même temps pour actionner le microphone.
L'administration emploie également des appels magnétiques, et elle se propose de substituer aux éléments ordinaires jusqu'ici employés des éléments à liquide immobilisé, système Germain, dites piles bloc.
II. Réseaux. — L'idée qui vient le plus naturellement à l'esprit dans la construction d'un réseau téléphonique est de réunir toutes les lignes d'abonnés à un même bureau central, ce système simpli- fiant notablement les manœuvres à employer pour la mise en com- munication des abonnés. Mais cette idée serait inapplicable à une grande ville comme Paris, étant donnés d'une part la grande lon- gueur des lignes d'abonnés (beaucoup atteindraient 4 à 5 kilomètres de longueur) et d'autre part l'encombrement résultantdu grand nombre de lignes tant à l'arrivée au bureau central que dans le bureau lui- même, surtout dans le système multiple. Aussi, lors de la création des bureaux téléphoniques, la Société des Téléphones divisa Paris en douze circonscriptions correspondant à douze bureaux centraux de quartier, auxquels aboutissaient toutes les lignes des abonnés de la circonscription ; aujourd'hui ce nombre a pu être réduit à huit indépendamment du service interurbain qui constitue pour ainsi dire un bureau spécial. Mais il convient d'ajouter que le bureau Guten- berg forme pour ainsi dire deux bureaux distincts installés à des étages différents de l'immeuble. Dans les premières années, afin de donner plus d'élasticité au système et dans le but de pouvoir mettre en service le nombre de lignes nécessaires avec le minimum de câbles, les lignes auxiliaires reliant les bureaux convergeaient toutes àune rosace centrale établie au bureau de l'avenue de l'Opéra où les diverses sections étaient raccordées entre elles pour former les diverses combinaisons nécessaires au service.
Les premières lignes installées furent des lignes aériennes. Ces lignes étaient à simple fil avec retour par la terre, mais dans le but de supprimer radicalement les phénomènes d'induction mutuelle et les bruits de friture en résultant, la Société des Téléphones prit de bonne heure la seule solution logique: l'usage exclusif de lignes à double fil, et pour éviter les difficultés de pose et les dérangements, elle substitua à la canalisation aérienne une canalisation souterraine placée à la voûte des égouts sur des crochets scellés.
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Jusque dans ces dernières années (1893), les fils souterrains ins- tallés étaient isolés à la gutta. Voici les spécifications relatives à ces fils : chacun des conducteurs est formé de trois brins de cuivre de chacun S/10 de millimètre de diamètre tordus ensemble, recouverts de 3/10 de millimètre de gutta, donnant au fil recouvert un dia- mètre de 2 mm. 2. Ce fil est entouré d'un guipage de coton d'une cou- leur différente pour chacun des fils dont se compose le câble, afin de faciliter les recherches. On évite d'une façon absolue tout effet d'induction mutuelle en câblant ensemble les fils d'une même ligne, puis en tordant ensemble les sept lignes. Le tout est recouvert d'une première enveloppe de ruban isolant (toile simple ou toile imprégnée) la rendant inattaquable à l'humidité, puis d'un tube de plomb.
Les câbles sont de deux sortes : les uns à deux, les autres à qua- torze conducteurs. Chacun des conducteurs doit avoir au maximum une résistance de 30 ohms par kilomètre, un isolement kilométrique minimum de 25mégohms s'élevant souvent à 200 et 1.000 mégohms, et une capacité moyenne de 0,23 microfarad par kilomètre.
Ces câbles présentent l'inconvénient d'être très encombrants et fort coûteux : le kilomètre de câble à 14 conducteurs sous gutta coûte environ 3.300 francs le kilomètre (non compris la pose); mais dès la création des bureaux centraux multiples, on songea à substituer un isolant plus économique et susceptible des mêmes qualités élec- triques sous un moindre volume. Après quelques essais infructueux avec la paraffine, on s'adressa aux câbles isolés au papier et à circu- lation d'air sec, dont nous allons donner une description.
Chacun des fils est entouré d'une première bandelette de papier gaufré d'environ 1 centimètre de largeur à pas très long, puis d'une bandelette à pas plus court maintenant la première. Les câbles sont torsadés comme ceux isolés à la gutta. Ces câbles sont construits à 26 ou 52 paires de conducteurs, et dans ce dernier cas, bien que l'épaisseur de l'enveloppe de plomb soit relativement considérable, le diamètre extérieur n'est que de 48 millimètres. On doit bientôt mettre en service des câbles à 104 paires.
Au point de vue commercial, les câbles à 26 paires de conducteurs isolés au papier ne coûtent pas plus cher que les anciens câbles à 7 paires de conducteurs isolés à la gutta, et au point de vue élec- trique, ils présentent sur ces derniers l'avantage d'une faible capacité linéaire (0,06 microfarad par kilomètre). L'isolement, d'ailleurs, est
LES BUREAUX CENTRAUX TÉLÉPHONIQUES 107 très suffisant et peut atteindre des valeurs très élevées ; s'il vient à s'affaiblir, on peut en remonter presque instantanément la valeur en injectant de l'air sec sous pression.
La durée des câbles au papier ne paraît pas inférieure à celle des câbles à la gutta. Il est à remarquer que dans la pose de ces der- niers, il existe un point délicat : celui du raccordement des diffé- rentes sections; en ces points, il est impossible de souder les deux enveloppes de plomb à cause de la nature de l'isolant. Il en résulte qu'au bout de quatre ou cinq ans, il devient nécessaire de rem- placer de part et d'autre des points de raccordement des sections de câble devenues défectueuses par suite de la pénétration de l'humi- dité. Les câbles sous papier permettent au contraire de raccorder les enveloppes de plomb par l'intermédiaire d'un manchon soudé, et nous connaissons beaucoup de ces câbles dont l'isolement est resté normal après cinq années de service. Il convient toutefois de remarquer qu'un câble de papier est irrémédiablement perdu s'il pénètre à son intérieur une grande quantité d'humidité par suite d'une fissure du plomb.
A l'heure actuelle, on réutilise les sections de câble sous gutta hors service, en les enfermant à nouveau dans un tube de plomb de forte épaisseur (3 millimètres) et en faisant passer à l'intérieur un courant d'air sec qui en élève considérablement l'isolement.
Nous ajouterons qu'il existe encore en service un certain nombre de câbles Fortin dont l'isolant est constitué par des perles en bois enfilées dans le fil de cuivre.
La ligne part du domicile de l'abonné dans un câble à deux con- ducteurs, suit les escaliers de service et les caves ou la façade, passe sous le trottoir et se raccorde en égout à des câbles plus gros précédemment décrits ; ceux-ci aboutissent au bureau central dans des caniveaux en tôle de 70 centimètres de côté.
La répartition des fds au sous-sol du bureau et leur raccordement avec les fils d'arrivée aux appareils de bureau s'établit, soit par le système des rosaces en usage dans les anciens, bureaux, soit par le système des répartiteurs horizontaux et verticaux appliqué dans les nouveaux bureaux.
On appelle rosace un panneau de bois dans lequel on pratique au centre une large ouverture circulaire sur le pourtour intérieur de laquelle on fait arriver les câbles; ces câbles traversent la cloison, et après avoir été séparés de leur enveloppe de plomb, les fils sont
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fixés extérieurement sur des serre-fils doubles. L'idée de la rosace est de faire passer tous les fils provenant du bureau au centre de la rosace, de telle sorte qu'ils soient facilement changeables : on peut à cet égard considérer le pourtour de la rosace comme la base d'un cône dont les génératrices seraient constituées par les fils conver- geant vers le sommet, ces fils étant ensuite prolongés jusqu'au com- mutateur.
Le principe du répartiteur est celui-ci : les fils venant du domicile de l'abonné (par groupes de 25 lignes) aboutissent d'une façon inva- riable à des bornes placées régulièrement sur des réglettes verti- cales ; les fils venant du bureau (par groupes de 20 lignes) abou- tissent d'une façon immuable à des bornes placées sur des réglettes
horizontales disposées en avant des premières. L'ensemble des réglettes constitue de grands châssis rappelant extérieurement la forme d'un porte-bouteilles. On réunit un numéro du bureau à la ligne souterraine correspondante par un fil double qui, seul, est déplacé en cas de changement de ligne ou de numéro.
III. Bureaux centraux. — Les premiers commutateurs employés dans les bureaux centraux furent des commutateurs dits commutateurs à chevilles ou commutateurs suisses, d'un fonctionnement long et inap- plicable aux bureaux d'importance même moyenne.
La Société des Téléphones substitua à ces commutateurs des dis- positifs spéciaux qui, avec quelques variantes, sont restés en appli-
cation sur le réseau de Paris jusqu'à une époque récente, et sont encore en exploitation dans un certain nombre de bureaux de pro- vince.
La description détaillée des intéressants procédés appliqués dans les bureaux par la Société des téléphones nous entraînerait trop loin. Nous renvoyons le lecteur à la monographie publiée à ce sujet dans l'Electricien par M. Berthon, ancien directeur de la Société, et au Traité de Téléphonie de M. Montillot. Nous ajouterons simplement que dans les premières années de l'exploitation, afin de permettre une bonne utilisation des lignes auxiliaires, celles-ci aboutissaient à des tableaux spéciaux, tandis que les lignes d'abonnés étaient réparties entre les autres tableaux du bureau. Mais ce système néces- sitait, dans le cas le plus général, l'intervention de quatre employés pour l'établissement d'une communication :
1° Employé de l'abonné appelant;
LES BUREAUX CENTRAUX, TÉLÉPHONIQUES 109 2° Les employés des tableaux de lignes auxiliaires des bureaux intéressés ;
3° Employé de l'abonné appelé.
D'où une certaine lenteur pour les mises en communication.
Plus tard, on réduisit bien, il est vrai, à trois au maximum, le nombre des employés, soit en mettant à la disposition de chacun d'eux un certain nombre de lignes auxiliaires de différents bureaux, soit en multipliant ces lignes auxiliaires d'après un principe que nous décrirons plus loin. Mais ces moyens n'étaient que transitoires ; dès l'année 1890, l'administration fut amenée à ne demander que l'intervention de un ou deux employés pour une mise en communi- cation, suivant que l'abonné appelé appartient ou non au bureau de l'abonné appelant.
Pour appliquer cette idée, on eut recours au commutateur mul- tiple, dont nous allons essayer de donner une description de prin- cipe, ne pouvant entrer dans les nombreux détails de construction que le lecteur trouvera dans les ouvrages spéciaux.
Les tableaux multiples ont été imaginés en Amérique en 1880 par MM. Hoskins et Wilson. Dans ce système, chaque téléphoniste, tout en restant chargée de ne répondre qu'à un nombre déterminé d'abonnés qui constituent ses clients, a sous la main toutes les lignes du bureau. La figure ci-dessous que nous empruntons à l'ouvrage de M. Montillot en fait comprendre le principe.
La ligne de l'abonné, au lieu d'arriver directement au groupe dont l'abonné fait partie, passe successivement par tous les tableaux du bureau; elle peut être mise en communication sur chacune des sta- tions, avec un circuitquelconque, par l'intermédiaire de conjoncteurs
Jaxks
Jack loccd Fig. 1.
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nommés jades généraux, puis traverse en dernier lieu un jack àiijaclc local, particulier à l'abonné, et n'étant pas reproduit sur les autres sections; elle revient sur ses pas après avoir été bouclée sur l'annon- ciateur.
L'introduction d'un circuit sur la ligne au moyen d'une fiche a pour effet de rompre la ligne en écartant le ressort b du contact a, pour substituer le circuit considéré.
Afin de diminuer le développement des tableaux, chaque section a été divisée en trois subdivisions confiées chacune à une téléphoniste qui répond aux appels de 80 abonnés, et peut directement les mettre en communication avec l'une des 6.000 lignes, soit en introduisant une fiche dans l'un des 2.000 jacks de son tableau, soit en prenant cette communication sur les tableaux placés à droite et à gauche; de toute façon elle peut faire les manœuvres nécessaires sans changer de place.
Il est à remarquer que l'abonné appelé peut être déjà en commu- nication sans que la téléphoniste de l'abonné appelant en soit avertie par la simple inspection des cordons de communication; dans ce cas, si on introduit une fiche dans l'un des jacks généraux, il est facile de voir, en se reportant à la figure précédente, ou que l'un des abonnés en présence aura sa conversation coupée, ou que l'abonné appelant se trouvera établi sur une ligne ouverte; il a donc fallu imaginer un système d'essai de la ligne dont voici le principe.
L'introduction de la fiche dans un jack a pour effet non seulement de relier la ligne à un circuit, mais encore démettre la ligne en communication avec l'un des pôles d'une pile dont l'autre pôle est à la terre, à travers une résistance de 6.00 ohms; si l'on introduit alors une autre fiche sur cette ligne, et si on appuie sur une clef spéciale dite clef d'écoute, la téléphoniste intercale dans le circuit un téléphone magnétique dont l'une des bornes est à la terre et perçoit un clic caractéristique; en pratique, ce téléphone est d'ailleurs fixé sur le même boîtier que le récepteur ordinaire, et chacun de ces récepteurs comporte un enroulement spécial.
La mise en communication de deux abonnés a pour effet de mettre automatiquement en dérivation sur la ligne un annonciateur spécial dit annonciateur de fin de conversation, à grande résistance, qui se trouve dans la secLion de l'abonné appelant; c'est cet annonciateur qui tombe lorsqu'un des abonnés appelle après avoir été établi ; lorsque la téléphoniste perçoit cet appel, elle se porte sur la ligne, vérifie si
LES BUREAUX CENTRAUX TÉLÉPHONIQUES 111 la conversation est réellement terminée, retire les fiches qui se remettent en position de repos par l'action de contrepoids.
Les lignes auxiliaires sont divisées en lignes de départ, lignes d'arrivée ; les premières sont exclusivement employées par le bureau Gutenberg pour appeler les autres bureaux ; les autres pour appeler exclusivement le bureau Gutenberg ; au point de vue de l'exploi- tation, ces dernières sont assimilées aux lignes d'abonnés et multi- pliées comme elles.
Le cadre de cet article ne nous permet pas de donner beaucoup de détails sur les mises en communication avec les circuits interurbains:
disons simplement que les principes adoptés sont les mêmes, mais que les communications sont établies en tête du tableau sans pas- ser par toutes les sections du bureau.
Les microphones employés au bureau Gutenberg sont du type Hunnings à grenaille de charbon ; ils sont actionnés par un élément Germain dit pilebloc; les éléments se font au moyen de batteries d'accumulateurs Tudor.
On remarquera le grand nombre de contacts qui, dans le système multiple, se trouvent en circuit sur chaque ligne (25 dans le cas du bureau Gutenberg), et le grand développement des fils de ligne et des fds d'appareils à l'intérieur du bureau; le commutateur multiple reste donc un organe délicat ; il faut reconnaître toutefois que son usage a considérablement activé la rapidité du service, et l'adminis- tration l'établit au fur et à mesure dans ses bureaux de province dès que ceux-ci acquièrent une certaine importance.
REVUES MENSUELLES
PHYSIQUE
Mécanique. Pesanteur. — De l'influence des déformations élastiques sur la durée clés oscillations a" un pendule selon Ilelmert ; par M. PAOLO PIZZEÏTI
(Nuovo Cim., sept. 1898). — L'auteur applique les méthodes de corrections indiquées par Helmert, provenant des déformations élastiques, aux déter- minations faites à Potsdam, par M. Sterneck et à Paris, par M. Defforges.
(Bary.)
Action directrice d'un cristal de quartz sur un autre. — J.II. POYNTING et P. L. GRAY (Proc. Royal. Soc. Déc. 1808). — On a disposé dans un même plan horizontal une petite sphère supportée par un fil de quartz et une beaucoup plus grosse tournant autour d'un axe vertical avec une vitesse angulaire constante ; les axes des deux quartz sont disposés horizontale- ment. S'il existe une action directrice, on doit constater des oscillations de torsion de la petite sphère égale à la durée de révolution de la grosse si les extrémités de l'axe agissent comme des pôles d'aimant, ou à la moitié de cette durée si l'axe est doublé.
Les effets observés ont été tellement faibles, qu'ils permettent seulement de fixer une limite supérieure de la dissymétrie cherchée, d'autant plus qu'un défaut de symétrie axiale des deux quartz employés produirait une action directrice du premier genre. (Langcvin.)
Sur lavoiîte élastique. — G. POISSON(C. -11., t. 128, p. 413). — L'épaisseur d'une voûte dont la forme est donnée par l'arc linéaire supportant une charge d'eau ou arc hydrostatique est proportionnelle à l'ouverture : pour des matériaux de densité 2,25, l'épaisseur est le d/6 de l'ouverture, ce qui n'est admissible que pour des voûtes de 2 m. -50 d'ouverture environ.
Appareil pour la mesure des couples moteurs. — P. BOUCHEROT (SOC. des Elcct., 7 décembre 1898). — Cet appareil enregistre la vitesse angulaire par un dispositif très ingénieux, de sorte qu'il donne à un facteur constant
du*
près le couple moteur dont la valeur est C,„ — K
Actions moléculaires. — Sur la vitesse de l'onde explosive dans les gaz. — D. L. CHAPMAN (l'hil. Mag., vol. 47, p. 90). — En supposant qu'un régime permanent puisse être atteint dans lequel une onde explosive se pro- page avec une vitesse constante dans un mélange gazeux, l'auteur établit une formule qui permet de calculer la vitesse de propagation de cette
PHYSIQUE
113
onde, et compare avec ce résultat théorique les résultats obtenus par le Pr Dixon sur différents mélanges. (Langevin.)
Sur la réflexion et la réfraction d'oncles planes uniques sur la surface plane de séparation de deux milieux élastiques, isotropes, fluides, solides ou éther. —
LORD KELVIN (PMI. Mag., vo\. 47, p. 179). — L'auteur cherche à mettre les équations de propagation d'une perturbation à la rencontre d'une sur- face plane sous une forme applicable au cas d'une onde unique de forme quelconque. Le cas particulier d'une élasticité rotationnelle, telle qu'on peut l'imaginer dans l'éther, avec des hypothèses convenables sur la con- tinuité des déplacements et des tensions à la surface de séparation conduit
à des résultats intéressants. (Langevin.)
Sur le passage des substances dissoutes à travers les membranes deferrocyanure de cuivre. — M. ANDRÉA MACCARI (NUOVO Cim., octobre 1898, p. 260). —
L'auteur donne les premiers résultats des expériences qu'il a entreprises sur l'osmose de certaines substances organiques telles que : sucre, mannite, paraldéhyde, bromure d'éthyle, aniline, alcools amylique et butylique, urée et acétone :
1° Pour une membrane donnée les corps qui traversent ont un poids moléculaire plus faible que ceux qui ne passent pas.
2° Le produit de la vitesse de passage par la racine carrée du poids
moléculaire n'est pas constant. . (Bary.)
Sur lapropagation d'un allongement graduel dans un fil élastique. — L. DE
LA RIVE (C.-R., t. 128, p. 41b). — L'allongement n'a lieu qu'entre l'ins- tant où une perturbation partie de l'extrémité allongée au temps 0, y parvient et celui où elle y repasse après réflexion à l'extrémité fixe. Le mouvement de propagation est périodique et la vitesse d'allongement constante pendant la durée efficace.
Explication des macles obtenues par action mécanique. — F. WALLERANT
(C.-R., t. 128, p. 448). — L'auteur indique à la suite de quelles considéra- tions théoriques il est arrivé pratiquement à macler la boracite et la leu- cite.
Sur les propriétés irréversibles des ferro-nickels. — L. HOULLEVIGUE (Journ. i
Ph., 3" série, t. 8, p. 89). — CH. -ED. GUILLAUME (ïbid., p. 94). —M. Houlle- vigue montre que les propriétés des ferro-nickels peuvent être rattachées à des causes purement physiques, aux pressions existant à l'intérieur des masses solides considérées. M. Guillaume montre que les objections à la théorie de M. Houllevigue sont plus grandes qu'à celle des équilibres chi- miques ou de la polymérisation.
Théorie moléculaire du frottement des solides polis. — M. BRILLOUIN
{C.-R.; t. 128, p. 364). — Le frottement des solides polis est une consé- quence de l'hypothèse moléculaire : la plupart des phénomènes irréver- sibles peuvent être rattachés à l'existence d!état d'équilibre instable.
REVUE DE PHYS. ET DE CHIM. 8
114 REVUES MENSUELLES
Chaleur. — Notes sur le thermomètre de platine. — H. L. CALLENDAR {PMI.
Mag. vol. 47, p. 191). — Exposé historique des travaux entrepris, princi- palement par l'auteur, pour baser une échelle de température sur les va- riations de résistance électrique du platine et pour la comparer à l'échelle du thermomètre à gaz. Des résultats intéressants sont obtenus aux très basses températures fournies par l'ébullition de . l'hydrogène liquide (— 250°) et au-dessous d'une valeur fixe égale environ aux deux centièmes de ce qu'elle est aux températures ordinaires. (Langevin.)
Sur le coefficient de dilatation caractéristique de l'état gazeux parfait. — D. BERTHELOT (C.-R., t. 128, p. 498). — Quels que soient les nombres expérimentaux que l'on adopte, on arrive toujours à cette conclusion, que la valeur inverse du coefficient de dilatation d'un gaz parfait n'est égale à 273° qu'avec une approximation de o°l .
La fusion aqueuse du verre, ses relations avec la pression et la température.
— CARL BARUS (Phil. Mag. vol. 47, p. 104). — L'auteur a découvert que l'eau maintenue liquide sous pression à 183° dans un tube capillaire de verre, dissout le verre en forte proportion en même temps que se produit une diminution de volume et que la compressibilité de cette eau silicatée augmente très notablement à mesure que la dissolution se produit. La quantité de verre dissous par mètre carré de surface au contact d'eau' à 18o° serait 180 kilogrammes par an.
Ce phénomène peut avoir de l'importance au point de vue géologique.
(Langevin.)
Calorimètre thermique pour les combustibles fossiles. — F. MAGNANINI
(Nuovo Cim., octobre 1898). — On place l'échantillon pulvérisé dans une nacelle en platine qui est elle-même à l'intérieur d'une chambre de com- bustion où circule de l'oxygène provenant d'un gazomètre dont on peut régler le débit. La bouteille de combustion plonge dans l'eau d'un calo- rimètre. Cette méthode donné, d'après l'auteur, des résultats plus concor-
dants que la méthode de Thompson. (Bary.)
Sur la loi de Joule et la loi de Gay-Lussac. — H. PELLAT (Journ. Ph., 3e série, t. 8, p. 100). — La loi de Gay-Lussac où a est constant dans la relation p =p0 (1 + «■ t) est équivalente à la loi de Joule.
Analyse d'une machine compound. — A. WITZ (Journ. Ph., 3e série, t. 8, p. 104).
Théorie de la chaleur et de l'électricité de M. RIECKE. — M. LAMOTTE
(Ecl. Electr. t. 18, n° 6, p. 209, n° 8, p. 290).
Acoustique. — La méthode graphique dans l'étude des voyelles. — M. MA- RAGE (C.-R., t. 128, p. 42"-)). — Le phonographe n'est qu'un' appareil enre- gistreur réversible; l'embouchure et le tube doivent être enlevés pour avoir
PHYSIQUE ' 115 une bonne impression sur le cylindre et la membrane ne doit pas donner de son propre.
Optique. — Variation de l'acuité visuelle avec l'azimut. Modification de la section droite des cônespar l' accommodation astigmaiique. — A.BROCA (C.-R., t. 128, p. 450). — Pour faire les meilleures pointés possibles sur un croi- sement de fils de réticule, il est bon d'incliner les fils suivant les méridiens principaux d'astigmatisme, même quand cet astigmatisme est très faible.
Sur l'image latente en photographie. — R. Ed. LIESEGANG (Ch. Zeit., h, 1899, p. 5.) — L'auteur admet l'existence du sous-bromure d'argent Ag2Br qui serait le produit de l'action de la lumière sur le bromure. Partant de là il expose une théorie sur la formation de l'image latente et du dévelop- pement de cette image parles révélateurs alcalins.
Supposons .une certaine quantité de Ag2Br formée sous l'action de la lumière; le révélateur agit selon l'équation Ag2Br=Br-|-2Ag à l'état nais- sant; l'argent naissant, auquel l'auteur attribue une action prépondérante, agit à son tour sur AgBr : Ag+AgBr=Ag2Br; les mêmes actions se repro- duisent successivement, ce qui explique que la quantité d'argent réduit par le révélateur alcalin est beaucoup plus grande que celle qui correspond à la quantité de Ag2Br qui a pu se former sous l'action initiale de la lumière.
L'auteur appuie cette théorie de faits et d'expériences ; il fait remar- quer qu'elle permet d'expliquer pourquoi les émulsions à gros grains sont plus sensibles que celles à grains plus fins, les actions successives se pro- pageant plus aisément dans de gros grains uniques que parmi un ensemble de petits grains séparés les uns des autres. (Berthaud.)
Sur les actions de la lumière aux très basses températures. — A. ET L. LU- MIÈRE (C.-R., t. 128, p. 359). — L'excitation se produit sur les plaques photographiques, et la lumière s'est emmagasinée à — 191° d'une façon qu paraît même plus marquée qu'aux températures ordinaires.
Abaques relatifs à la réflexion vitrée. — A. LAFAY (Journ. Ph., 3e série, t. 8, p. 96). — L'auteur applique la méthode des points alignés de M. d'Ocagne à la résolution des principes problèmes dont les formules de Fresnel sont la clef.
L'aspect actuel de la loi de Kirclihoff. — A. COTTON (Rev. Gén. Se,
10E année, n° 3, p. 102 )
Électro-Optique. — Sur une nouvelle action que subit la lumière traversant une vapeur métallique dans un champ magnétique. — MACALUSO ET CORBINO
(Nuovo Cim., octobre 1898).
Phénomènes de radiation dans le champ magnétique. Perturbations magné*
tiques des lignes spectrales. — THOMAS PRESTON (Phil. Mag., vol. 47, p. 105).
116 REVUES MENSUELLES
La modification générale produite par le champ magnétique sur une raie spectrale la transforme en un triplet dont les raies extrêmes sont polari- sées dans un plan parallèle aux lignes de force, la raie centrale est polarisée dans un plan perpendiculaire, quand on observe le phénomène dans une direction perpendiculaire au champ. Le triplet peut devenir un quartet ou un sextet, et les polarisations peuvent être inversées ainsi que l'a observé M. Becquerel. L'auteur montre que le dédoublement d'une ou de plusieurs raies du triplet normal ne peut être attribué à un renversement par appa- rition d'une bande noire au centre de la raie brillante, car l'écart des deux moitiés augmente avec l'intensité du champ magnétique beaucoup plus que dans le cas d'un simple renversement. Les deux moitiés de la raie centrale peuvent s'écarter plus que les raies extrêmes et fournir un quartet où la polarisation est distribuée comme l'a observé M. Becquerel. Les faits observés paraissent tous s'expliquer théoriquement en partant des idées émises d'abord par le Dr Stoney et développées par le Dr Larmor.
(Langevin.) Sur la vitesse des ondes hertziennes dans un milieu diélectro magnétique. — V. BOCCARA ET A. GANDOLFI (Nuovo Cim , sept. 1898). — Ce travail a pour but la vérification de la formule donnée par la théorie électro-magnétique de la lumière :
où V et V, sont les vitesses des ondes hertziennes dans l'air et dans un milieu de constante diélectrique e et de perméabilité magnétique n.
Le corps à la fois diélectrique et magnétique employé était formé d'un mélange de paraffine et de limaille de fer en proportions variables.
Les auteurs ont observé que la loi théorique se vérifiait expérimentale-
ment. (Bary.)
Télégraphie par ondes hertziennes : système synchrone Lodgeet Muirhead. — J. BLONDIN (Ed. Elcct., t. 18, n° 3, p. 81).
Électricité. — Magnétisme. — Sur la variation de lapolarisàtion des électro- lytes avec la pression, de la pression ordinaire à environ 1000 atmosphères. —
M. R. FEDEHICO (Nuovo Cim., sept. 1898.) — L'auteur étudie la variation de la f. e. m. maxima de polarisation pour une solution d'acide sulfurique à 8 % en poids en fonction de la pression. La conclusion de ce travail est que la f. e. m. maxima de polarisation croit en même temps que la pres- sion, mais plus vite pour les pressions faibles que pour les grandes pres-
sions. (Bary.)
Sur le passage dit courant électrique dans les liquides diélectriques. —
ANDRÉA NACCARI (NUOVO Cim., octobre 1898). — Certains auteurs ont indi- qué que la résistivité des diélectriques liquides variait avec la force électro- motrice ; l'auteur a cherché à vérifier ce fait et n'a constaté aucune varia-
•tion dans la valeur. (Bary.)
PHYSIQUE 117
Démonstration nouvelle du théorème de Thévenin. Application à la discussion de la mèthod? de Mance. — J. B. POMEY (Ecl. Elect., t. 18, n° 4, p. 121);
Note sur les meilleures conditions d'emploi du galvanomètre différentiel poup la mesure des faibles résistances. — J. B. POMEY. (Ecl. Elect., t. 18, n° 7, p. 247.)
Méthode de résonance pour mesurer l'énergie dissipée dans les condensa- teurs. — E. B. ROSA et A. W. SMITH (PMI. Mag., vol. 47, p. 1 9j. — Eu associant au condensateur à étudier une bobine d'induction sans fer, de manière à obtenir la résonance maximum pour une valeur déterminée de la fréquence, on peut, en utilisant une f. e. m. alternative faible aux extré- mités du circuit ainsi constitué, obtenir une différence de potentiel consi- dérable aux bornes du condensateur. On mesure la perte totale dans la bobine inductive et dans le condensateur au moyen d'un wattmètre.
Cette méthode a l'avantage de supprimer les harmoniques qui accompagnent le courant initial, de permettre les mesures à bas voltage, et d'employer commodément un wattmètre, la différence de phase étant nulle entre le courant et la f. e. m.
En employant des condensateurs isolés à la cire et à la résine, les auteurs ont constaté une perte très notable qui passe par un maximum quand la température s'élève et diminue quand on approche du point de fusion du diélectrique. Cette perte ne peut être attribuée à un effet Joule dû à une fuite dans le condensateur, mais à une hystérésis diélectrique.
(Langevin.) Détermination calorimétrique de l'énergie dissipée dans les condensateurs.
— EDWARD B. ROSA et ARTHUR W. SMITH (Phil. Mag., vol. 47, p. 222).
— Au moyen d'une méthode calorimétrique qui consiste à maintenir cons- tante par un courant d'eau froide, la température d'un condensateur aux bornes duquel on place une différence de potentiel alternative d'environ un millier de volts efficaces, les auteurs ont pu confirmer les résultats fournis par une méthode de résonance électrique. Pour des condensa- teurs isolés à la résine et à la cire d'abeille la perte, qui peut atteindre 10
%
de la puissance emmagasinée va en croissant avec la température jusqu'à un maximum qui est atteint quand l'isolant commence à se ramollir, pour diminuer ensuite quand la température s'élève.La charge résiduelle passe par un maximum en même temps que la perte.
De grandes différences individuelles ont été constatées entre les con- densateurs au point de vue du rendement sans qu'on puisse les attribuer à des différences de construction. Les condensateurs à plus mauvais rende- ment ne sont pas ceux qui produisent un son ou un sifflement.
La paraffine donne un rendement plus constant et plus élevé que la
résine ou la cire. (Langevin.)
Effets d'un chauffage prolongé sur les propriétés magnétiques du fer,
REVUES MENSUELLES
(2« mémoire). — S, R. ROGET (Proc. Royal Soc, janvier 1899, p. 150). — La perte par hystérésis dans, du fer maintenu à une température fixe commence par augmenter, puis diminue jusqu'à une valeur qui ne varie plus quel que soit le temps pendant lequel on continue à chauffer, la per- méabilité ne subissant d'ailleurs aucune variation. L'accroissement initial de l'hystérésis produit par une élévation de température étant compensé ultérieurement par un recuit partiel produit par le chauffage, prolongé, Gette dernière action devient prédominante aux températures élevées.
A 700° la perte est très faible. (Langevin.)
Les flux magnétiques dans les appareils de mesure et autres instruments électriques. — A. CAMPBELL (Pldl. Mag., vol. 47, p. 1). — L'auteur a mesuré les valeurs de l'induction et du flux dans un grand nombre d'appa- reils de mesure employés à pleine charge.
L'influence du magnétisme sur la conductibilité calorifique du fer. — D. KORDA (C.-R., t. 128, p. 418; Soc. phys., 17 février). — La conductibilité calorifique du fer doux éprouve une diminution dans la direction des lignes de force magnétiques : elle reste, par contre, sans changement dans la direction des lignes équipotentielles, indépendamment de la force magné- tisante.
Le phénomène de Hall et la théorie de Lùrentz. — H. POINCARÉ (C.-R., t. 128, p. 339). — En appliquant la théorie de l'ionisation de Lorentz au phénomène de Hall, on serait conduit à rechercher si ce phénomène n'existe pas pour tous les métaux quand ils portent une forte charge et s'il ne change pas de signe avec cette charge, quand cette charge est très forte.
Transmission et distribution de l'énergie par courants alternatifs. Sur la synchronisation des alternateurs accomplis en parallèle. Etude spéciale des ma- chines d'induction. — M. LEBLANC (Ecl. Electr., t. 18, n° 4, p. 123; n° 7, p. 249).
Sur un cas particulier des oscillations électriques produites par une bobine de Ruhmkorff à circuit secondaire ouvert et sur une méthode nouvelle pour mesurer les capacités électriques. — J. J. BORGMAN et A. A. PE-
TROWSKY (C.-R., t. 128, p. 420). — Parmi les phénomènes observés, les auteurs signalent l'apparition d'un espace sombre ou nœud dans la partie capillaire d'un tube de Gessler isolé, dont lés électrodes sont reliés à deux électrodes de platine placées aux extrémités d'une gouttière en paraffine pleine d'eau, l'une des bornes de la bobine étant en communication par un conducteur mobile avec cette gouttière et l'autre borne étant isolée ou.au sol. Le déplacement de l'électrode mobile pour ramener le nœud à sa position antérieure est proportionnel dans certaines limites aux capacités introduites, la capacité inconnue étant placée sur l'un des conducteurs allant du tube à la gouttière et l'autre capacité connue sur l'autre conduc- teur.
PHYSIQUE 119
Expériences sur la décharge en aigrette. — E. H. COOK. (Phil. Mag., vol. 47, p. 40). — Les expériences ont porté sur les effets mécaniques, chimiques, électriques et photographiques de la décharge. L'action pho- tographique permet de photographier un papier imprimé au travers d'une enveloppe. Cëtte action peut être réfléchie et parait due à une lumière ultra-violette très active émise par la pointe. (Langevin.)
Radiations. — La conductibilité électrique et le pouvoir émissif des flammes contenant des sels vaporisés. — H. A. WILSON SINITHELLS et DAWSON (Proc.
Royal Soc, déc. 1898). — Ces deux effets ne paraissent pas dus à une même cause, la radiation lumineuse étant produite par le métal isolé par une action chimique, sans que les particules radiantes soient des atomes chargés intervenant dans la conductibilité électrolytique. Il est possible de supprimer complètement la radiation en envoyant dans la flamme de la vapeur de chloroforme qui produit une quantité considérable d'acide chlorhydrique et modifie les conditions de l'équilibre chimique, sans que pour cela la conductibilité due au sel soit changée. (Langevin.)
Sur les centres de condensation de la vapeur d'eau produits dans les gaz par les rayons de Rôntgen, la lumière ultra-violette, etc., — C. T. R. WILSON
(Proc Royal Soc, déc. 1898). —■ Les rayons de Rôntgen, les rayons uràni- niques, l'action de la lumière ultra-violette sur une plaque de zinc chargée négativement, la décharge en aigrette par une pointe donnent à un gaz saturé d'humidité à la température ordinaire la propriété de former un nuage quand on produit une détente brusque dont la valeur minimum est la même dans tous les cas cités et égale à .-
Tous les centres de condensation ainsi produits sont chargés électrique- ment, et un champ électrostatique supprime totalement la condensation.
Ils proviennent vraisemblablement d'un dédoublement des molécules en .deux ions chargés.
La lumière ultra-violette agissant directement sur le gaz, certains métaux, principalement le zinc amalgamé, produisent des centres de con- densation non chargés qu'un champ électrostatique ne supprime pas et pour lesquels la détente minimum nécessaire pour produire la condensa- tion est beaucoup moins bien définie que pour les centres du premier genre. Une lumière ultra-violette intense peut même provoquer la conden- sation, sans détente d'air non saturé. Les centres non chargés peuvent être constitués par des gouttes d'eau contenant en dissolution une subs- tance telle que H202 produite par l'action de la lumière ultra-violette en quantité suffi santé pour contre-balancer l'influence de la" courbure delà
goutte sur la tension maxima. (Langevin.)
Transformation des rayons X par la matière. — G. SAG-NAC (Journ. Ph., 3e série, t. 8, p. 65). — Les rayons X ne sont pas des rayons cathodiques
120 REVUES MENSUELLES
spéciaux : les phénomènes de leur transformation par la matière sont pour les rayons X ce que les phénomènes de luminescence sont pour les rayons ultra-violets.
Sur la tranformations des rayons Xpour différents corps. — HURMUZESCU
(C.-R., t. 128, p. 422"). — La transformation des rayons X en rayons de plus grande longueur d'onde se fait dans l'intérieur du corps jusqu'à une certaine épaisseur limite.
Action chimique des rayons X. — P. VILLARD (Soc. Phys., 17 février).
C. CHÉNEVEAU.
CHIMIE
CHIMIE GÉNÉRALE
Lois des actions chimiques. — Réaction entre le permanganate de potas- sium et l'acide chlorhydriquc sous l'influence des catalysateurs. — J. WAGNER
(Z. phys. Ch., t. 28, p. 33). — L'accélération de cette réaction par addition de sels de fer tient probablement à la formation préalable d'un acide ferro- chlorhydrique et à son oxydation rapide ;les sels de chrome, de cadmium, les chlorures d'or et de platine agissent probablement de même. Avec le chlorure de baryum, l'action est particulièrement considérable.
Sur la vitesse d'inversion dans les mélanges d'alcool et d'eau. — E. COHEN
(Z. phys. Ch., t. 28, p. 145), — L'auteur a spécialement étudié l'action de l'acide chlorhydrique en solution plus ou moins étendue ; il a reconnu que les rapport des vitesses d'inversion dans l'eau et dans un mélange d'eau et d'alcool (50 %) croit d'une façon régulière avec la dilution de l'acide chlo- rhydrique et tend vers une limite ; dans les mélanges à 20 % d'alcool, la limite est atteinte beaucoup plus rapidement.
Sur les phénomènes d'équilibre dans les précipitations. — F. W. KUSTER
(Z. anorg. Ch., B. XIX, H. 1, p. 81). — L'auteur étudie particulièrement la précipitation fractionnée d'un mélange de bromures et de chlorures par le
nitrate d'argent. (Berthaud.)
Thermochimie. — Sur la chaleur de formation de la chaux anhydre à partir des éléments. — H. MOISSAN (C.-R., t. 128, p. 304). — L'auteur s'est servi du métal pur préparé récemment par solubilité dans le sodium. M. Thomsen avait donné 131E, 5 ; M. Moissan a trouvé 145E. Pour la chaux hydratée solide, la chaleur déformation de 229E, 1, et pour la chaux hydratée li- quide, 232e,'l.