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REVUE

DE PHYSIQUE ET

ET DE LEURS APPLICATIONS INDUSTRIELLES

SOMMAIRE DU N° I

Ch. Lauth : Avant-propos.

J. Desaime : Constitution et synthèse des parfums.

Revues mensuelles : Physique. — Chimie. — Electrochimie. — Bibliogra- phie.

AVANT-PROPOS

Le Comité de rédaction de la Revue de Physique et de Chimie m'a fait l'honneur de me demander de prendre la direction scientifique de cette publication à la place de mon ami regretté Paul Schutzenberger. J'ai accepté cette offre, non seulement pour donner un témoignage d'affectueuse sympathie à de jeunes savants distingués, et pour encourager leurs généreux efforts, mais encore parce qu'il m'a semblé que cette Revue, sous sa forme nouvelle, rendra des services sérieux aux hommes de science pure ainsi qu'aux industriels, et qu'en réalité elle ne fera double emploi avec aucune autre publication du même genre.

Elle tiendra ses lecteurs au courant de tout ce qui se publiera, en France et à l'étranger, dans le domaine tant des sciences physiques que des sciences chimiques; de plus, elle donnera un développement important à l'étude des applications de ces deux sciences.

Ce programme, quelque vaste qu'il soit, le Comité, qui s'est assuré de nombreuses collaborations, espère le remplir en adoptant la marche suivante : En ce qui concerne la partie scien-

REVUE DE PHVS. ET DE CHIM. 1

DE CHIMIE

(2)

2

CH. LAUT11

tifique pure, tous les travaux seront ou analysés, ou simplement indiqués s'ils sont d'importance secondaire ; dans les deux cas, les sources seront signalées avec soin, de façon à permettre au lecteur de s'y reporter aisément. (Le Comité, tenant compte du désir qu'éprouvent tous les hommes de laboratoire d'être promp- tement renseignés, s'appliquera à donner à ses informations la plus grande rapidité possible.)

Quant à la partie relative aux applications industrielles, il a semblé qu'au lieu de publier, au jour le jour, une série de faits isolés et d'un intérêt encore douteux, il serait plus utile de passer successivement en revue les principales industries phy- siques et chimiques, de présenter une monographie sur cha- cune d'elles et de renseigner le lecteur sur leur « état actuel » .

Ainsi tenus au courant, les industriels comme les hommes de science pure connaîtront les désidérata du moment et pourront diriger leurs recherches en conséquence.

Comme on le voit, la Revue s'inspirera de ces deux faits : L'alliance de plus en plus intime de la Physique et de la Chimie ;

L'action prépondérante de la Science sur l'Industrie.

Je vais donner quelque développement à ces deux points.

Il est impossible aujourd'hui de séparer la Physique et la Chimie : si, en principe, les méthodes de ces deux sciences sont différentes, elles arrivent en réalité à se pénétrer mutuellement et en quelque sorte à se confondre.

L'un des exemples les plus frappants de ce fait nous est fourni par la science de la photographie, dont les progrès et les résultats prodigieux ont élé, ces dernières années, si justement admirés.

Il en est de même pour d'autres industries importantes.

Voici l'éclairage, où les procédés chimiques de la production du gaz, combattus ultérieurement par les procédés physiques de l'électricité, reprennent une allure victorieuse grâce à l'emploi des manchons d'oxydes rares ; le gaz lui-même est menacé au- jourd'hui par l'acétylène et, comme source de chaleur, par l'alcool que l'industrie chimique produit à bon marché.

Nulle part cependant l'alliance des deux sciences n'a donné

(3)

des résultats plus surprenants que clans les applications de l'électricité. Sans insister sur les procédés déjà anciens de la galvanoplastie et de la dorure, nous voyons l'électrolyse trans- former les méthodes de l'analyse chimique, bouleverser les in- dustries de la soude et de la potasse, celle du chlore, des chlo- rates, tenter avec succès la préparation des substances organi- ques, de l'iodoforme, des amino-pbénols, des matières colorantes.

Grâce aux fours électriques, la métallurgie entre dans une voie nouvelle : les métaux, les alliages sont extraits de leurs minerais et raffinés avec une perfection inconnue jusqu'alors.

Ces quelques exemples suffisent pour prouver que l'étude simultanée de la Physique et de la Chimie s'impose aujour- d'hui.

Je voudrais, en quelques mots, montrer de môme que l'Indus- trie et la Science se confondent et qu'elles se donnent un mutuel appui.

La découverte des matières colorantes tirées du goudron de houille, la synthèse de l'alizarine et. de l'indigo, la préparation artificielle des substances thérapeutiques, des parfums, des su- cres, sont dues à l'application dés réactions chimiques les plus délicates et dénotent chez leurs auteurs un esprit scientifique de la plus grande élévation.

Inversement les industriels ont rendu à la science pure de nombreux et incontestables services en mettant à sa disposition des corps réputés rares, en préparant des matières premières inconnues auparavant, en réalisant des synthèses originales, en étudiant des phénomènes imprévus de transpositions molé- culaires : innombrables sont les progrès réalisés par les fabri- cants dans le domaine de la chimie organique.

L'Agriculture n'est pas moins que l'Industrie tributaire des hommes de science. Ne faut-il pas compter parmi les bienfaiteurs de l'humanité ceux qui ont démontré que l'azote de l'air est fixé par les bactéries, ceux qui, par une étude approfondie de la betterave, de l'influence des phosphates, ont permis de doubler le rendement de nos cultures?

La Science pure, l'Industrie, l'Agriculture, ne peuvent donc

prospérer qu'à la condition de s'entr'aider et de se soutenir, et

nos savants les plus illustres, depuis Lavoisier, Berthollet,

Chaptal, jusqu'à Chevreul, Dumas, Balard, Sainte-Claire De-

(4)

ville, et tant d'autres, ont tenu à honneur de s'occuper des ap- plications de la science à l'industrie.

Malheureusement il n'en a pas toujours été ainsi : à une époque plus récente, par un phénomène bizarre, les hommes de science français ont paru se désintéresser des applications de la chimie et se complaire exclusivement dans les régions élevées de la spéculation pure.

C'est une vérité banale aujourd'hui de dire : « L'usine de produits chimiques est un grand laboratoire scientifique » ; mais il n'en a pas été ainsi pendant de longues années : les temps ne sont pas éloignés où l'on considérait, en France, le savant s'occupant des applications de la chimie presque comme disqualifié, et il fallait une certaine audace pour soutenir que l'inventeur rend à son pays des services non moins importants dans son usine que le professeur dans sa chaire.

Les conséquences d'un tel élat de choses ont été désastreuses pour la France.

Pendant cette période, l'Allemagne s'est couverte de labora- toires richement dotés (plusieurs d'entre eux ontcoûté un demi- million de francs), dans lesquels les maîtres ont cherché mé- thodiquement, patiemment, à développer chez leurs élèves l'esprit de recherche ; ils y font étudier scientifiquement chaque question, en tirent des conséquences et les traduisent en résul- tats industriels ; le manufacturier auquel ces résultats sont transmis s'applique de son côté à être utile au savant en mettant son outillage à sadisposition pour faire les expériences qu'il réclame. Ces communications sont régulières entre les usines et les universités ; elles ont exercé une influence déci-

sive sur le développement des industries chimiques. Et ce

n'est pas en Allemagne seulement que ce prodigieux essor doit

être constaté : il en a été de même en Suisse, où, grâce à l'in-

fluence exercée par l'Ecole polytechnique de Zurich, une armée

de chimistes s'est trouvée prête, à point nommé, lorsque l'in-

dustrie des produits tirés du , goudron a pris naissance. Et la

Suisse a continué à créer des laboratoires à Bâle, Berne, Neu-

châtel, Lausanne, Genève. Le résultat de ces efforts est le

suivant : le commerce d'exportation des colorants artificiels

qui était, en 1885, de 5.500.000 francs a, en 1895, atteint

le chiffre de 1G. 000. 000. Il en est de même pour l'exporta-

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tion allemande qui a triplé dans les dix dernières années.

Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, l'industrie spéciale des colorants qui offre ce spectacle florissant ; l'exportation allemande, en 189S, des produits chimiques en général, dépasse l'importation de près de cent millions de francs; les dividendes varient de 7 à 8 % dans les grandes industries chimiques, de 13 à 25 % dans les fabriques d'explosifs et de matières colo- rantes.

Il est douloureux de constater qu'en France les dividendes connus ne dépassent pas 5 % et que notre exportation ne fait qu'égaler l'importation étrangère.

La grandeur du mal a fini par triompher de l'apathie générale ; je suis fier d'avoir été le premier, en 1 878, comme Rapporteur du Jury, à signaler le danger, à prouver que la cause de notre infé- riorité devait être attribuée au vice de notre enseignement et que la création d'Ecoles pratiques de chimie s'imposait. lia fallu démontrer que nos rivaux étrangers nous ont supplantés grâce au concours de leurs savants les plus illustres qui ne leur marchandaient pas leurs conseils, que c'est grâce aux méthodes d'enseignement adoptées en Allemagne et en Suisse, grâce à l'esprit de recherche développé chez nos voisins, qu'ils ont su réaliser les brillantes découvertes avec lesquelles ils se sont emparés des positions que nous tenions jusqu'alors.

La ville de Paris, la première, a créé un établissement con- forme au programme que j'avais formulé et elle a eu la sagesse d'y adjoindre l'enseignement de la physique. Le mouvement ne s'est pas arrêté depuis; il est désirable qu'il se développe large- ment : Nancy, Lille, Lyon, Paris à laSorbonne, ont actuelle- ment des écoles ou des instituts chimiques. Nous pouvons espérer que, dans quelques années, nous aurons regagné une partie du temps perdu ; mais il ne faudra ménager ni son temps, ni sa patience; c'est une leçon de patriotisme qu'il s'agit de donner.

J'ai la conviction que l'éclipsé du génie inventif de la France n'est que momentanée. Mettons à profit les expériences tentées ailleurs et marchons de l'avant avec confiance.

L'échec lamentable qu'ont subi nos industries chimiques

profitera- 1— il à d'autres de nos industries? L électrotechnie s'est

développée en Allemagne avec une rapidité foudroyante : près

d'un demi-milliard de francs a été consacré à la création de

(6)

sociétés clans le but d'exploiter les industries électriques, et l'Allemagne a su, là encore, prendre une avance sérieuse dans les applications de cette science née en Amérique et en France.

(Il estjuste de reconnaître qu'actuellement la traction électrique est entrée en France dans une phase plus active.)

Il importe que nous ne nous laissions pas écraser par les savants allemands; des chaires d'électrochimie ont déjà été créées à Berlin, à Aix-la-Chapelle, à Hanovre; des Instituts de chimie physique et d'électrochimie se sont élevés àGœltingue,à Leipzig, Darmstadt, Carlsruhe. Bien que nous n'ayons pas en France d'établissements aussi puissamment outillés que ceux de l'Allemagne, nous pourrons lutter avec eux grâce à la science et à la valeur industrielle de nos maîtres ; mais il faut se hâter.

De grands efforts sont faits dans ce sens de divers côtés; il m'est agréable de citer ici le nom de M. Daller, de Nancy, qui a pris avec passion en main la cause de nos industries.

Les considérations que j'ai développées tendent à prouver que les sciences et les industries physiques et chimiques forment un tout homogène, ha Revue de Physique et de Chimie, en confon- dant les unes et les autres dans ses études, comblera une lacune et donnera satisfaction aux hommes de science ainsi qu aux indus- triels qui s'intéressent à ces questions. La valeur des membres du Comité de rédaction et de ses autres collaborateurs me paraît présenter toute garantie; il est bon d'encourager une initiative honorable, qui n'a d'autre but que le relèvement de nosindustries et le développement de nos sciences.

Charles

LAUTH.

CONSTITUTION ET SYNTHESE DES PARFUMS

Par J. DESALME

Depuis ces dernières années, la connaissance de la nature chimique des parfums naturels a fait d'énormes progrès ; la constitution de leurs composants a souvent pu être nettement établie, et la synthèse tout au moins partielle de beaucoup d'entre eux a été réalisée.

La confusion extrême qui régnait sur cette partie de la littérature

(7)

chimique, provenant de dénominations différentes suivant chaque auteur pour de mêmes composés, a pu être dissipée; l'identification de corps, d'origine et d'appellation fort différentes avec des com- posés plus répandus et pour ainsi dire types, a rendu l'histoire chi- mique de ces corps relativement simple.

On a pu ainsi extraire d'essences communes, où ils existent abon- damment, des corps qui, une fois isolés, purifiés, fournissent dans toute la suavité le principe odorant d'essences rares et de haut prix.

De là est sortie une industrie toute récente, encore à ses débuts, mais capable de prendre un développement analogue à celui de l'industrie des matières colorantes artificielles et qui aura très proba- blement de multiples points de contact avec celle-ci lorsque la syn-

thèse totale des principaux parfums aura été effectuée.

Nous allons essayer de résumer nos connaissances actuelles sur ce sujet, groupant, pour la brièveté, les corps de même allure chimique quoique d'origine et de constitution différentes.

Thymol et carvacrol. — Ces deux phénols isomères, bien connus depuis longtemps, existent dans les essences d'ajowanptychotis, de thym, de serpolet, de monarde, d'origanum hirsutum (carva- crol).

Le thymol sert à préparer l'aristol (iodothymol) employé comme succédané de l'iodoforme.

Estragol, eugénol, safrol, apiol, anéthol. — Aubépine, vanilline, Mliotropine. — Les trois premiers de ces corps possèdent une réac- tion commune : ils renferment une chaîne substituée allylique CH2—CH=CH2qui, sous l'influence de tapotasse à haute température, se transforme en chaîne propénylique CH=CH— CH3; Yestragol donnant ainsi Y anéthol (qui existe aussi tout formé à l'état naturel), Yeugènol donnant Yisoeugénol, le safrol, Yisosafrol, Y apiol, Yisoapiol. Ces.

isomères sont très importants en ce sens que leur oxydation donne alors bien plus facilement l'aldéhyde correspondante, la rupture se faisant à la double liaison.

Vestragol

CH'- — CH=CH2 (1)

OH*^ (aUyll-methoxy4-benzène)

xOCH3 (4)

existe dans les essences de basilic et d'estragon.

(8)

V anéthol

.CH=CH — CH3

C6H4\ (propényll-méthoxy 4-benzène)

xOCH3

constitue la presque totalité' des essences d'anis et de badiane; elles lui doivent leur parfum.

On peut l'obtenir, ainsi qu'il a été dit plus haut, par isomérisation de l'estragol au moyen de la potasse vers 175-200°.

V anéthol est très employé à la place de l'essence d'anis : il y a intérêt à l'extraire ; la saveur est plus fine et le pouvoir odorant plus considérable.

Oxydé par le mélange chromique ou mieux l'acide chromique en solution aqueuse, additionné d'acide sulfurique en quantité stricte- ment nécessaire pour dissoudre l'oxyde de chrome formé, il donne Y aldéhyde anisique avec un excellent rendement.

Cette aldéhyde que l'on peut obtenir par méthylation de l'aldéhyde paroxybenzoïque obtenue accessoirement dans la préparation de l'aldéhyde salicylique (Tiemann) constitue l'aubépine artificielle.

Ueugénol

/CH2— CH=CH* (I) OH3— OCH3 (3)

xOH (4)

existe dans les essences de girofle (92 0/0), de massoy, de myreia, de bétel; dans cette dernière, il est accompagné de son isomère de position, le bételphénol

/CH2— CH=CH~2 (1) OH»— OH (3)

^OCHs (4)

Uewjénol est un corps très important; il est le point de départ de la fabrication de la vanilline.

Traité par la potasse amylique à l'ébullition, il se transforme en isoeugcnol

/OH=Gri—CH* (1)

O'HS—OGH3 (3) ;

"^OH (4)

l'alcool amylique est entraîné par distillation dans la vapeur d'eau, l'isoeugénate de potasse décomposé à froid par HC1 et l'isoeugénol rectifié à basse pression ; ainsi purifié, il possède une odeur rappe- lant de très près celle de Yœillet.

Pour le transformer en vanilline, il suffit de l'oxyder en ayant soin

(9)

d'immobiliser par éthéri fixation le groupement phénolique libre, soit par l'anhydride acétique, soit par un composé de bien moindre valeur et facile à régénérer, tel que l'acide chloro ou bromonitroben- zène sulfonique (Majort brev. 253.266, 1896). Après oxydation par le bichromate, on décompose par la soude bouillante pour isoler la vanilline.

Le safrol

^CW—CH=CH2 (i)

OH»— 0 (3)> (allyll-méthènedioxy3.4-bcnzène)

\ )CH*

0 (4/

constitue près de 90 0/0 de l'essence de sassafras; on le retire égale- ment et concurremment de l'essence de camphre. Ce corps s'isomé- rise par la potasse de la même façon et dans les mêmes conditions que l'isocugénol en donnant Yisosafrol

CH=GH—CH:! (1) C«H3—0 (3)

\ )CH*

0 (4)'

dont la synthèse a été réalisée par M. Moureu en dédoublant par la chaleur l'acide méthylènehomocaféique.

GH*

^CH (1)=C— CO^H I

C*H* 0 (3) 0 (4)/

L'isosafrol oxydé donne avec un très bon rendement l'aldéhyde correspondante

^COH

OH3"r—0 ou pipéronal,

\ XCH2

corps très important, qui, additionné de vanilline, constitue Yhèlio- iropine.

Uapioî

CH-— GH=CH'2 (1) /V'OCH» (2)

OH3— OCH3 (4)

\0 XCH2 (5)

se rencontre dans l'essence de persil et en petite quantité dans celle d'aneth.

(10)

Ce corps s 'emploie en médecine comme anti thermique et emmé- nagoguc; il s 'isomérise comme les précédents en donnant l'isoa- piol qui, oxydé, fournit Yaldéhyde apiolique.

Aldéhydes benzoïque, cinnamique, salicylique — Coumarine . — V aldéhyde benzoïque constitue la majeure partie de l'essence d'amandes amères, accompagnée du phéne-éthol-nitrile C6I13CH (OH) C Az que l'on peut facilement préparer en chauffant la combinaison bisulfi- tique de l'aldéhyde avec du cyanure de potassium (brev. allemand, C 3520, 1895, Chem. Fab.)

L'aldéhyde- cinnamique C6H8CH = Cil — COH constitue la majeure partie de l'essence de cannelle de Chine et de Ceylan ; on peut en faire facilement la synthèse suivant la méthode générale de Claisen : condensation de l'aldéhyde benzylique et de l'aldéhyde acétique à basse température (en solution alcoolique dans ce cas) par la soude caustique étendue.

L'aldéhyde salicylique constitue l'essence de reine des prés, elle sert à préparer synthétiquement la coumarine

.CH=CH (1) x 0 — CO (2)

au moyen de l'anhydride acétique et de l'acétate de sodium fondu

Citral. — Tonone, citronnellal, géraniol, citronnellol, linalol. — Le citral ou géranial

CH3— C=CH— CH2— CH2— C=CH— CHO

I I

CH3 CH3

(diméthyl2.5 —octadiène2.6 — al. 8) est contenu dans les essences de citron (7 0/0) et d'andropogon nardus, accompagné de son hydrure, le citronnellal C10H18O.

Le citral possède l'odeur pure du citron, le citronnellal a la même odeur quoique d'une moindre finesse.

Ces deux aldéhydes se différencient nettement dans leur mélange : en les traitant par l'acide pyruvique et la (3-naphtylamine, il se forme des acides (3-naphtocinchoniques substitués :

; A./.=C—R GioHio/ |

XC = CH

I

CO*H

(11)

Celui correspondant au citral fond à 197°, celui du citronnellal à 225°.

Le citral traité par les deshydratants fournit du cymène; oxydé avec ménagement, il donne les mêmes produits que le géraniol : la méthyl 2-heptène2 — one6 et l'acide acétique.

Le citral sert de point de départ à la préparation de Yionone (vio- lette artificielle).

En effet, condensé avec l'acétone, au moyen de la soude étendue, il fournit le corps

CH3— C=OH— CH2— CH2C—Ch—CH=CH-CO— CH3

I I

CH3 CH3

(Diméthyl2.6-uudécatriône2.6.8-onel0) ou pseudoionone

Cette cétone, soumise à l'ébullition avec l'acide sulfurique étendu, subit une transformation moléculaire et donne par fermeture de la chaîne en 2 et 7, l'ionone :

CH3 CH3

C

CE.-/ X,CH- CH=CH— CO— CH3 CHL JCHCH3

CH

Virone contenu dans l'essence de violette est son isomère :

CH3 CH3

C

CH/\CH— CH=CH— CO-CH3

CH^CH— CH3 CH2

A i'aldhéyde citral correspond un alcool : le géraniol.

Le géraniol [licarhodol, lémonol de Barbier et Bouveault-rhodinol d'Erdmann et Huth] est un constituant des essences de géranium, de roses, de palma rosa (90 0/0), de citronnelle (andropogon nardus). Son extraction de ces deux dernières essences est effectuée industrielle- ment.

Disons à ce propos que l'essence de citronnelle est une matière première extrêmement précieuse : d'un prix minime et d'une grande abondance, elle permet l'extraction du citral, du citron- nellal, du géraniol, du citronnellol, etc.

(12)

Le géraniol possède la constitution suivante :

CH3— C=CH— CH2—CH2— C=CH- -CH2OH

CH3 CH3

qui en fait le diméthyloctadiène 2.6— 0I8 ; son odeur rappelle à la fois la rose et le géranium. Mélangé à son hydrure, le citronnellol [rhodinol de Barbier et Bouveault; réuniol de Naschold], alcool correspondant au citronnellal, qui, moins oxydable à l'air, permet sa conservation et exalte ses propriétés odorantes, il constitue une essence de roses fort appréciable.

Ces deux alcools ont été caractérisés dans les essences de rose et de géranium, sous les noms de rhodinol (Eckart), réuniol (Hesse), roséol (Markownikoff et Reformatzkj7).

A côté de ces deux alcools, il faut placer un alcool tertiaire : le linalol (licarhéol) diméthyl2.6— octodiène2.7 —0I6

CH3— C=CH— CH2— CH2— C(OH)— CH=CH2

I I

CH3 CH3

constituant des essences de linaloé (90 0/0), de coriandre, d'aspic, de basilic, et, à l'état d'éther acétique, renfermé dans celles de berga- mote (35 0/0), de lavande (30 à 40, 0/0), d'ylang-ylang (accompagné de benzoate de linalyle), de néroli, de sauge muscat (Sylvia sclaréa 50 0/0). L'essence de lavande est souvent estimée suivant sa teneur en acétate de linalyle.

Oxydé avec ménagement, il fournit, comme le géraniol, du citral (Bertram et Wahlbaum, Tiemann et Semmler), réaction qui peut s'expliquer par la facilité relative avec laquelle le linalol isomérise sa double liaison (7) par les agents acides : chauffé avec de l'anhy- dride acétique, il fournit, non plus l'acétate de linalyle, mais de Y-acé- tate de gérangle, d'où on peut isoler le géraniol par saponification-

Le citral, le géraniol, le linalol, sous l'action d'oxydants modérés, fournissent la mèthylheptènone, que l'on rencontre également dans les essences renfermant ces corps (Barbier et Bouveault). Cette acétone oxydée par la méthode de C. Wagner (Ber., XXIII, p. 2307), c'est- à-dire par une solution froide et très étendue de permanganate de potassium, fournit un céto-glycol qui, oxydé par la quantité calculée d'acide chromique et d'acide sulfurique, donne quantitativement de l'acétone CH3-CO-CH3 et de l'acide lévuliqueCH3-CO-CH2-CH2-COOH.

Ce mode d'oxydation donnant toute garantie contre une migra-

(13)

tion de double liaison, il résulte pour cette méthylhepténone la for- mule

CH3— C=CH — CHS— CH2— CO — CH:!

I CH:!

qui en fait une méthyl 2-heptène 2-one G (Ticmann et Semmler, Ber., XXVIII, p. 2126).

Cette formule a été vérifiée expérimentalement par élimination.

MM. Tiemann etKrûger ont préparé la méthyl2— heptène4— one6 par condensation de l'aldéhyde isovalérique et de l'acétone; puis la méthyl2—heptène3 — one6 au moyen de l'aldéhyde isovalérique et de l'acétylacétone.

Ces deux cétones sont différentes de la méthylhepténone naturelle.

Les composés de la série géranique contiennent donc le groupe- ment

CH3-C=CH-CH2— CH2-C=

I I

CH:I CH3

De la méthylhepténone, on peut remonter à un homologne du lina- lol au moyen de l'iodure d'allyie' et de la poudre de zinc.

D'autre part, les linalols droit et gauche et le géraniol donnent par hydrolyse au moyen de l'acide sulfurique étendu (S 0/0) de l'hydrate deterpine que l'on obtient également et bien plus facilement à partir du pinène.

Il semble donc que l'on puisse prochainement passer du pinène aux corps de la série géranique lorsque le mécanisme de cette réac- tion sera mieux connu ; en effet, de son mode de formation à partir du linalol

CH3-C= CH— CH2— CH2— C(OH)— CH=CH2

I I

CH3 CH3

résulte pourl'hydrate de terpine la formule

CH3— C(OH)— CH2— CH2— CH2— C(OH) — CH2— CH2OH

(1) I I

CH3 CH3

Son mode de production à partir du pinène

CH\ CH

CH3/

\r,.y \

CH2

CH3— CH'\ \Jr CH C

CH3

(14)

conduit à l'une des deux formules

(2)

CH3— C(OH) — CH— CH2— CH2OH

I I

CH3 CH2— CH(OH) — CH2— CH:!

OU

CH3— C (OH)— CH— CH2— CH2OH

I I

CH3 CH2— CH2—rCH(OH) — CH3

(Tiemann et R. Schmidt. Ber., t. XXVItt, p. 2137.)

De l'hydrate deterpine on passe très facilement par déshydrata-*- tion au moyen des acides étendus, à chaud, au terpinol, mélange que le fractionnement sépare en dipentene (limonène inactif) et terpinèol.

CH3 CH3

C :OH CH2/\CH!H

/CH2 CH2

I

;Ô"HH:CH

C(OH) / \ ' CH3 CH3

— 2 H2 0 =

Hydrate de terpine CH3

C I

(1)

CH2, CH2'

CH CH2

CH3

I

C CH2,-'^'

C(OH) CH3 CH3

Terpinéol

\/ CH C I CH/\ 3 CH2

Dipentène

CH'

V/

C CH2

CH2

C CH3/\ CH3

Le terpinéol C10H18O possède une agréable odeur qui le fait employer comme lilas et muguet.

Oxydé par le permanganate étendu et à froid, il fournit le trioxy- hexahydrocvmcne

CH3

C(OH) H2C/\CH(0H) H2

cMc

CH JCH2

C(OH) /\

CH3 CH3

(15)

qu'une oxydation plus profonde (par le mélange chromique) trans- forme en méthoéthyl3-heptaneone6-olidel3'.

CH3

CO I CHs/NcO-!

CrPlJcH2 ' CH

C— I - \ CH3 CH3

"0

Un autre alcool cyclique est le menthol C10 H20O, constituant princi- pal de l'essence de menthe poivrée

CH3 CH3

Y/ CH CH I CH'2/\CH0H CHsl^JcHa

CH CHI 3

facilement transformable par oxydation en menthone :

qui fournit de nouveau du menthol par réduction (Na et alcool). Cette menthone échange facilement son oxygène contre deàx atomes de chlore.

Le produit obtenu privé d'HCl donne un tétrahydrochlorocy- mène qui, soumis à l'action du brôme, puis de la quinoléine, donne un dihydrochlorcymène lequel fournit après un semblable traitement le (3 chlorocymène (JUNGER et KLAYES, Ber., XXIX,

p. 314).

(16)

La puMfjone

CH3

CH I CH2/\CH2

Oc

CH

C CH3/\ CH3

constitue les 80 0/0 de l'essence de menthe ponliot.

Cette acétone fournit par oxydation de l'acétone et de l'acide [3 méthyladipique (méthylS hexane dioïque)

C02H— CH2—CH—CH2—CH2—C02H

I '

CH3

Une oxydation plus profonde transforme ce dernier en acide Y valé- rolactone y acétique C7H10O

CH3

C02H— CH2—C—CHI 2—CH-— CO

(méthyl 3-hexaneolide 6 . 3-oïque i

qui se dédouble par la vapeur d'eau sous pression en acétone et méthylhexanone cyclique (Semmier).

Wallach a obtenu une pulégone isomérique par condensation de l'acétone et de la méthylhexanone obtenue dans le dédoublement de la pulégone naturelle (Ber., XXIX, p. 2955).

Tiemann et Schmidt l'ont obtenue par oxydation de Yisopidégol fourni par l'action de l'anhydride acétique sur le citronnellal.

La thuyone C,0Hl60 (absinthol, absinthone, tanacétone, salvione, hydrure de tanacétyle) se rencontre dans les essences de tanaisie, de sauge, d'absinthe, de thuya. Wallach a identifié toutes ces cétones.

Sa constitution est vraisemblablement la suivante : CH3

CH

CH, CO

CH2'N /cH CH

(17)

Par oxydation, elle donne un acide C10H16O4 isomère de l'acide camphorique.

La réduction par le sodium et l'alcool fournit un alcool saturé C10H,8O.

L'oxime de la thuyone C10H16AzOH est transformé par l'acide sul- furique étendu en cymidine

/CH3 (1) C6H3—AzH2 (2)

XG3H? (4)

donaant du carvacrol par oxydation.

Chauffée en tube scellé à 280° avec de l'eau, elle a fourni à Semmler un isomère dont la constitution est probablement

CH3

i C CH2 i/^.C(OH) CH<^'CH

C I C3H<

La fenone (fenchone) C10H16 constitue la principale partie de fenouil.

Par réduction, elle fournit le fenol (fenchol), isomère du camphol;

ce corps se forme également dans l'action de l'acide benzoïqueà 130°

sur le pinène gauche.

La fenone déshydratée par P2Os fournit du métacymène.

Si l'on admet pour le camphre la formule

C3H?

celle de la fenone est

cm

CH2'

\ C CHI 3

X,CH2

Jco

C3H<

0 I

CH CH2

2/

\

Nco

/'CH2

C I CH3 REVUE DE PHYS. ET DE CHIM.

(18)

Pour la mettre en harmonie avec celle donnée au camphre par Tiemann, on doit l'écrire :

CH3 /<}H\

CH3/

ck*

\ I /

cn

~

CHS

' CH

La carvone ou carval C'°HuO est contenue dans les essences de

€arvi, d'Aneth, de Kuro-Moji.

Sa synthèse se fait très aisément en traitant les carbures de groupe limonènc par le nitrite d'amyle et l'acide chlorhydrique fumant; on obtient de la sorte un isonitrosoterpène identique à la carvoxime.

La constitution du carvol peut être représentée par le schéma suivant :

CHs CH:!

\y CH

C I HC/^CH HOx

JcO

CH CHI 3

Le cineol ou eucalyptol C10 H18 0 C3H<

CH3

constituant des essences d'eucalyptus (50 à 70 0/0), de cajeput (63 0/0) et de myrte est connu depuis longtemps, de même que le camphre.

Rappelons pour mémoire que la mèthylnonylcètone est le constituant principal de l'essence de rue, que {'acétate d'octyle est un des compo- sants de l'essence d'Heracleum spondylium, le butyrate d'octyle cons-

titue l'essence de panais, le salicylate de méthyle forme les 99 0/0 des essences de gaultheria procumbens et de betulalenta, etc.

Dans un prochain article, nous aborderons l'étude des composés complètement artificiels, possédant l'odeur de corps naturels dont ils diffèrent totalement comme composition chimique, et susceptibles d'être substitués à ceux-ci comme parfums.

(19)

REVUES MENSUELLES

PHYSIQUE

Mécanique et pesanteur. — Sur quelques modifications de la pompe de Geissler. — G. GU&LIELMO (Acc. Lincei, V. 7, Fasc. 9, 6 novembre 1898).

— L'auteur décrit les perfectionnements qu'il a apportés à la pompe à mer- cure dans le but de supprimer les fuites, de la rendre plus facilement maniable et de diminuer le poids de mercure qu'elle contient.

Sur l'isolement des appareils contre la trépidation du sol. — A. BROCA

(Journ. Ph., 3E série, t. 7, p. 648.) — Les cales en caoutchouc doivent être proscrites pour les supports d'appareils oscillants, mais elles peuvent être fort utiles dans les observations optiques.

Actions moléculaires. — Théorie des déformations permanentes des métaux industriels. Limite d'élasticité. — M. BRIIXOUIN (Ann. Ch. Ph., t. 15, 7E série, p. 447.) — Dans l'hypothèse du ciment visqueux, l'auteur établit^

en ce qui concerne la traction, qu'une hétérotropie de structure permet de construire avec des matériaux isotropes, un milieu isotrope au point de vue purement élastique, mais non au point de vue des déformations per- manentes. Le fer misé, les tôles laminées, les fils étirés se trouvent régu- lièrement dans ce cas : les matières forgées prennent une structure com- pliquée. La limite d'élasticité dépend de la température et très sensiblement de l'état d'écrouissage. Pour la compression, l'auteur cherche comment les pressions se répartissent à la surface ou en profondeur. Pour une dila- tation longitudinale uniforme, cette répartition n'est pas uniforme. .

Chaleur. — Recherches sur l'influence de la pression sur la température de fusion. — R. DEMERLIAC (Journ. Ph., 3E série, t. 7, p. 591). — Sous l'in- fluence dépressions croissantes, la température de fusion augmente d'abord rapidement, croît moins vite et enfin tend vers une limite qu'elle atteint pour une pression déterminée : après quoi, elle demeure invariable. L'é- quation de Clapeyron donne pour la valeur , de l'équivalent mécanique de la chaleur 424,4 et 426,5, suivant le chiffre pris pour la chaleur latente de fusion dans le cas de l'eau. .

Sur le rendement thermique des moteurs à vapeur. — G. PELLISSIER {Ecl.

Elect.,t. 17, 49, p. 394). — L'auteur cite le rapport de « l'Institution of Civil Engineers » d'après des expériences faites à l'usine élévatrice des eaux de Louisville-Leavitt pour donner la définition d'un ou de plusieurs étalons de rendement thermique des moteurs à vapeur.

(20)

Le rendement absolu, rapport des calories correspondant au travail sur les pistons aux calories fournies au moteur, est de 0,12 pour la vapeur saturée, 0,19 pour la vapeur surchauffée. Le rendement relatif, obtenu par comparaison avec un moteur, idéal ayant le rendement maximum théo- rique dans les limites où fonctionne le moteur étudié, est 0,71 pour la vapeur saturée, 0,64 pour la vapeur surchauffée.

L'équivalent mécanique de la calorie et les chaleurs spécifiques des gaz. — A. LEDUC (C-R, t. 127, p. 860.) L'auteur recherche la cause des écarts importants obtenus en appliquant la méthode de Mayer sur les gaz à la détermination de l'équivalent mécanique de la calorie.

Sur le rapport y des deux chaleurs spécifiques des gaz : sa variation avec la température. — A. LEDUC (C-R, t. 127, p. 659). — Sur le rapport des deux chaleurs spécifiques des gaz. — L. BOLTZMANN (C-R, t. 127, p. 1009). Le pre- mier auteur, partant de ce point que la mesure de la vitesse du son permet d'avoir le plus exactement le rapport Y, critique les méthodes expérimentales déterminant cette vitesse. Il conclut que pour l'air, Y varie à peine avec la température, qu'on peut admettre que le y d'un gaz parfait diatomique a pour valeur 1,4 et que celui d'un gaz parfait est différent de 1,333, comme l'in- dique M. Boltzmann; de même que la valeur 1,666 ne caractérise pas un gaz parfait monoatomique.

M. Boltzmann répond aux conclusions de M. Leduc.

Sur la chaleur spécifique des gaz. — S. LUSSANA (NUOVO Cim.,juin 1898, p. 365). — L'auteur étudie expérimentalement si la chaleur spécifique des gaz à pression constante est indépendante de la pression. Il trouve pour l'air qu'elle peut se représenter par la relation

C = 0,23702 -f 0,0013504 (p — 1) — 0,0000019591 (p — l)2

Acoustique. — Mesure de la vitesse du son. FROT (C-R, t. Ii7, p. 609). :— Le procédé a consisté à noter pour un coup de canon, avec deux chronomètres à pointage comparables, les temps qui s'écoulaient entre le moment où le coup partait et celui où l'obus, arrivé au but, éclatait d'une part, et le moment où le coup partait et celui où le bruit de la détonation du projectile revenait à la pièce d'autre part. Dans une autre série d'expé- riences, on a enregistré électriquement, à l'aide d'un chronographe, le temps mis par l'onde de la détonation d'un coup de canon pour parcourir un espace de 40 mètres. La valeur moyenne trouvée est de 330m7.

Sur lavitesse du son dans l'air. — J. VIOLLE (C-R, t. 127, p. 906). — L'au- teur montre que, d'après ses propres expériences, dans des tuyaux, la cor- rection à apporter par le fait que l'air n'est pas sec, n'est pas aussi impor- tante que le signale M. Leduc : l'effet des parois intervient au contraire beaucoup, et c'est la seule chose difficile à évaluer.

Sur les sons des cordes. — A. GUILLEMIN (C-R, t. 127, p. 611). — Par la

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fixation d'une corde vibrante en un point convenable, on entend tel son partiel que l'on veut : on ne saurait évidemment en conclure que ce son existe préalablement dans le son primitif de la corde.

Sur le rendement de la transmission du son au moyen d'un fil conducteur de l'électricité. — M. DUSSAUD (C.-R., t. 127, p. 960.) — Le rendement est d'au- tant supérieur qu'on répartit davantage le courant de la ligne et il vaut mieux recueillir l'air ébranlé des deux côtés des membranes.

Optique . — Sur l'influence de la température sur la réfraction et la disper- sion de quelques cristaux et verres. — M. REED (Ann. Wied., 1898, 8). —

L'auteur publie les résultats qu'il a obtenus avec le quartz, le spath d'Is- lande, etc., ainsi que sur différents verres, en poussant ses expériences jusqu'à plus de 400° lorsque les corps le permettent. Il donne des compa- raisons entre ses chiffres et ceux donnés par différents expérimentateurs et les formules précédemment établies.

Nouvel appareil pour mesurer la luminosité. — ONIMUS (C-R, t. 127,

p. 663). — L'appareil consiste en une boîte longue de 28 à 30 cm et large de 6 à 7 cm environ. Sur le couvercle se trouvent une série de petits ronds sur lesquels sont inscrits des chiffres allant de 1 à 24 : chacun de ces chiffres correspond à une teinte de plus en plus foncée, et celle-ci est obtenue par superposition de pellicules de collodion coloré très légèrement à l'aurantia. Le chiffre s'inscrit lui-même sur le papier enregistreur et l'on peut ainsi, àla simple vue et très rapidement, savoir le degré de luminosité.

Méthode de contrôle de l'orientation des faces polies d'un quartz épais normal à l'axe. — R. DONGIER (Journ. Ph., t. 7, 3E série, p. 643). — Elle consiste en principe à produire un spectre cannelé : en inclinant le cristal, les cannelures se resserrent vers le rouge, et un quartz bien taillé doit cor- respondre, pour une même inclinaison de part et d'autre de la normale, aù passage du même nombre de franges sous la croisée des fil- du réticule du spectroscope. L'auteur précise la théorie et l'expérimentation dans deux cas particuliers.

Absorption dans un champ magnétique. — A. COTTON (C-R, t. 127, p. 953).

■— L'auteur a disposé entre deux niçois une flamme sodée placée dans un champ magnétique, les rayons lumineux étant perpendiculaires aux lignes de force : on n'observe alors que le phénomène de Zeeman sans avoir à se préoccuper de la polarisation rotatoire magnétique. Ce dispositif permet de constater que l'hypoazotide a des raies d'absorption qui, sous l'influence du magnétisme, présentent un caractère de polarisation particulier : le sulfate de didyme ne donne rien.

Sur une nouvelle action subie par la lumière traversant certaines vapeurs métalliques dans un champ magnétique. — D. MACALTJSO ET O.-CORRINO

(C-R, t. 127, p. 548 et 951). — Remarques sur la polarisation rotatoire ma-

(22)

gnétique et la dispersion anomale. — H. BECQUEREL [C-R: t. 127, p. 647, 899 et 953). — Quand un faisceau de lumière polarisée par un premier nicol traverse un champ magnétique, puis un second nicol, une lentille cylindrique, et vient tomber sur un réseau concave de Rowland, on peut observer le second spectre de diffraction. Si l'on dispose la flamme sodée d'un brûleur Bunsen entre les pôles de l'électro-aimant qui produit le champ, on observe deux raies D d'absorption très larges ; si l'on excite alors l'électro-aimant, on observe des bandes parallèles aux raies D alter- nativement lumineuses et obscures qui se déplacent par la rotation de l'a- nalyseur, l'axe de chaque raie suivant le sens du courant. Le plan de pola- risation de la lumière passant à travers les vapeurs de sodium influen- cées par le champ a donc subi une rotation croissant de l'extérieur sur le bord de la raie.

D'après M. Becquerel, le phénomène observé par MM. Macaluso et Cor- bino est la manifestation d'un fait connu, la dispersion anomale; il montre d'une manière particulièrement délicate les perturbations pro- fondes qu'apporte la propagation de la lumière dans les mouvements propres des milieux transparents lorsque ces derniers vibrent presque à Tunisson des mouvements lumineux qui les traversent.

Les auteurs italiens ne croient pas néanmoins que les expériences en question rentrent dans le champ des phénomènes à prévoir, en admettant les explications de M. Becquerel, et aient toutes les analogies avec les expériences de M. Cotton sur la dispersion rotatoire magnétique de certains liquides.

M. Becquerel maintient son explication. Il décrit une expérience met- tant en évidence le rôle de la dispersion anomale dans la polarisation rotatoire magnétique. Elle consiste à constater que les bandes d'absorption sont coupées et que la partie médiane et les bords sont terminés par des courbes inverses, si l'on utilise une flamme prismatique près de son sommet ou près de sa base.

Électricité. — Magnétisme. — Sur la densité électrique à la surface d'un ellipsoïde conducteur isolé. —M. E. ARMANINI (ISuovo Cim., juin 1878, p. 377).

— Comme complément à sa note sur la théorie de la distribution de l'élec- tricité sur un ellipsoïde, l'auteur établit les formules des lignes de même densité et de celles de densité maxima.

Propriétés électriques des vapeurs de carbone de l'arc. — MM. E. MERRITT

et 0 STEWART (Phys. Rev., vol. 7, n° 3). — Les résultats des expériences faites peuvent se résumer ainsi :

Les vapeurs de carbone de l'arc électrique possèdent le pouvoir de décharger les corps électrisés avec lesquels elles sont mises en contact. En général, l'action est analogue à celle des gaz qui ont été soumis aux rayons X. Sauf pour les bas potentiels, l'effet de décharge n'est pas propor- tionnel au potentiel, mais approche d'une valeur limite lorsque le potentiel

est accru. .

Les charges positives et négatives sont, la plupart du temps, dissipées

(23)

avec la même rapidité. Cependant, dans certains cas, la vitesse peut n'être pas la même pour la décharge des corps électrisés positivement ou négativement. ■

Sur la variation des constantes diélectriques avec la température. — H. PEL- LAT ET P. SACERDOTE (C-R, t. 127, p. 544). — La mesure est effectuée à l'aide de l'appareil décrit au Journal de Physique (3e série, t. 4, p. 501), la

c

constante diélectrique est donnée par la formule K = -, c étant 1 é- paisseur du diélectrique à la différence des lectures à l'appareil quand on interpose ou non le diélectrique.

Pour la paraffine K = 2,287 2,278 2,259 t = 11 "1 22° 33-3 Pour I'ébonite K = 2,941 2,958 2,968

t = 10»2 17» 20"6

L'énergie d'un condensateur à lame diélectrique en ébonite, chargé, sur- passe de plus d'un quart la valeur admise jusqu'à présent.

Variation de la constante diélectrique du verre par la traction, mécanique. —

M. G. ERCOLINI (ACC. Lincei; 1er mém.,V. 7, Fas. 7,2 oct. 98. — 2e mém., V. 7, Fasc. 8, 16 oct. 1898). — Dans son 1er mémoire, fauteur passe en revue les différentes théories émises et expériences faites sur cette matière par les différents savants qui se sont occupés de cette question. Le 2e mémoire expose les expériences faites par l'auteur qui le conduisent à admettre : 1° comme, exacte la déduction théorique de M. Lippmann : la constante du verre augmente avec le poids tenseur ; 2° que la proportion- nalité de l'augmentation avec le poids est d'autant plus exacte que les poids sont plus forts.

Mesure des grandes résistances. — J. SCHURR [Journ. Ph., t. 7, 3° série, p. 598). — Le produit de la résistance totale d'un circuit dont fait partie un galvanomètre Deprez d'Arsonval par la différence des décréments lo- garithmiques qui correspondent à la résistance donnée et à une résistance infinie est constant. Ce produit connu pour un galvaaomètre installé, la mesure d'une résistance consistera dans la détermination des deux décré- ments.

Comparaison entre la force électromotrice de la pile de Clarke et de la pile au cadmium. — M. TAYLOR (Phys. Rev., vol. 7, n° 3). — La pile-étalon Clarté peut être contruite et reproduite semblable à elle-même tout aussi facilement lorsque l'on substitue le cadmium au zinc et le sulfate de cad- mium au sulfate de zinc. La force électomotrice trouvée est donnée par ;

Clarke à 15»

Cadmium à 21°, 7 1,4077.

(24)

La force électromotrice de la pile Clarke étant 1.433 à 15°, celle de la pile au cadmium à 21°,7 est 1,0180.

MM. .TAEGER et KAHLE (Ann. Wied., 1898, 8) ont fait des recherches tout à fait analogues et sont arrivés aux mêmes résultats que M. Taylor.

La comparaison des deux éléments leur a donné : Clarke à 0"

Cadmium à 20°

et

Clarke à 15°

1,42277.

Cadmium à 20" = 1,40663.

Mais, et c'est ce qui fait la principale supériorité de la pile-étalon au cadmium sur la pile au zinc, le coefficient de température en est très petit et absolument négligeable pour les mesures courantes aux tempéra- tures ordinaires.

MM. Jaeger et Kahle donnent pour représenter la force électromotrice de la pile au cadmium :

K<= 1,0186 — 0,000038 (t — 20) — 0,00000065 (t — 20)2

tandis que pour la pile Clarke :

E/ = 1,4328 — 0,00119 [t — 15) — 0,000007 (< - 15)*.

Entre 10 et 30°, la force électromotrice de la pile Clarke varie de 1,4389 à 1,4202, soitl %. Dans les mêmes limites de température pour la pile Weston, on aune variation de 1.0190 à 1.0182, moins d'un millième.

Des conclusions identiques avaient déjà été données par MM. Kohn- stamm et Cohen (Ann. Wied., 1898, n° 6. — Heu. Ph. Ch., 2e année, n° 9).

Expérience reproduisant les propriétés des aimants au moyen de combinai- sons tourbillonnaires, au sein de Pair ou de Veau. — CH. WEYHER (C-R, t.

127, p. 811). — Les barreaux reproduisant les aimants sont des axes en bois, sur lesquels sont collées sur toute leur longueur, quelques palettes en fort papier. La rotation d'un barreau, qui le fait agir comme une pompe centrifuge, engendre deux tourbillons ayant même sens tout le long du barreau et un sens opposé suivant la direction de l'axe. On peut repro- duire avec ces barreaux toutes les expériences que l'on fait avec les aimants.

De l'énergie d'un champ magnétique. — H. PELLAT (C-R, t. 127, p. 507).

•— L'auteur montre comment il faut rectifier l'expression admise de l'é- nergie d'un champ magnétique en tenant compte de la quantité de cha- leur que le milieu prend ou cède à l'extérieur pour maintenir sa tempéra- ture constante.

L'hystérésimètre Blondel-Carpentier et son application à la mesure statique de l'hystérésis. — A. BLONDEL (C-R., t. 127, p. 957). — Le principe est le suivant : on fait tourner un champ magnétique, dans lequel est sus-

(25)

pendu un anneau de tôles, autour de l'axe de cet anneau. Si C est le mo- ment du couple de rotation, W la perte par hystérésis :

W = :.C.

Recherches expérimentales sur l'hystérésis. — M. NIETHAMMER (Ann.

Wied., 1898, n° 9). — L'auteur a recherché avec quelle exactitude la loi donnée par M. Steinmetz pour représenter l'énergie dissipée par hystérésis peut être employée.

Cette loi est :

A = — / H d 33 = n 331,G 4 TZ

donnant les pertes par hystérésis pour un centimètre cube de fer porté à l'induction maxima 93 pour un cycle complet. Le coefficient rj varie avec la nature des échantillons. M. Niethammer a trouvé qu'entre 33 = 1000 et 33 == 10.000 unités C.G.S., la loi de Steinmetz est assez exacte, mais qu'elle donne au-dessous et au-dessus de ces valeurs des résultats tout à fait différents de la réalité. Voici quelques-uns des résultats publiés :

Pour un échantillon :

""mas 1400 1800 2000 2100 2800 3600 4200

0,00259 0,00272 0,00279 0,00291 0,00289 0,00282 0,00275

33 4700 6000 7000 7600 10000 13000 13600

•1 0,00276 0,00267 0,00262 0,00257 0,00297 0,00327 0,00368 et pour un autre :

JJmax.

111.9 483,9 2660 4698 6756

0,00)47 0,00202 0,00222 0,00221 0.00224

^max 10197 12550

«4124 13S38 17243

0,00246 0,00256 0,00301 0,00372 0,00393

Sur les machines d'induction employées comme génératrices ou réceptrices de courants alternatifs simples ou polyphasés. — M. LEBLANC (C-R, t, 127, p. 813). — Pour que des machines d'induction puissent être utilisées comme génératrices, il faut qu'étant adjointes à un alternateur à voltage constant, elles soient capables de concourir avec lui non seulement à la production des courants ou forces électromotrices wattés, mais aussi à celle des courants déwattés demandés par le service du réseau : il faudrait aussi pouvoir leur donner des entrefers aussi grands qu'aux alternateurs.

L'auteur montre comment on peut arriver à ces résultats en adaptant à une machine d'induction une excitatrice qu'il décrit : il indique que ces procédés s'appliquent aux moteurs.

(26)

20

Sur le compoundage des alternateurs à voltage constant. — M. LEBLANC

(C-R, 1.127, p. 716). — L'auteur s'est proposé, pour se trouver dans les meilleures conditions possibles, de faire varier l'excitation d'un alterna- teur en fonction de son débit par des moyens aussi simples et aussi effi- caces que ceux employés dans les machines k courant continu dites com- pound. Il décrit l'excitatrice menant au résultat cherché.

Sur l'arc à courants alternatifs. — A. BLONDEL (C.-R., t. 127, p. 105). —

L'auteur donne les courbes de différence de potentiel aux bornes de l'arc et d'intensité dans l'arc obtenues par procédé photographique avec son oscil- lographe : les facteurs essentiels de variations sont la nature des charbons et la nature du circuit (inductif ou non inductif).

Résonance multiple des oscillations électriques. — L. DÉCOMBE [Ann. Ch.

Ph., t. 15, 7E série, p. 156). — L'application du miroir tournant à l'étude de l'excitateur électrique montre la présence dans cet appareil d'une oscil- lation unique bien définie. Ceci confirme les deux hypothèses suivantes de la théorie de M. Poincaré :

L'excitateur et le résonateur possèdent chacun une période propre bien déterminée.

Les oscillations de l'excitateur s'amortissent beaucoup plus rapide- ment que celles du résonateur.

Télégraphie hertzienne sans fil entre la tour Eiffel et le Panthéon.— DUCRE- TET (C-R, t. 127, p. 713).

Étude comparative du champ hertzien dans l'air et dans l'eau — A. TURPAIN

(C.-R., t. 127, p. 955). — Les longueurs d'onde des oscillations électriques qui excitent un résonateur donné placé dans la position II (V. Comptes ren- dus, 6 juin 1898), sont les mêmes dans l'air et dans un diélectrique; pour les oscillations qui excitent le résonateur dans la position I, le rapport de la longueur d'onde dans l'air à la longueur d'onde dans un diélectrique est égal à la racine carréedu pouvoir inducteur spécifique du diélectrique.

Sur un curieux phénomène d'adhérence des limailles métalliques sous l'actiondu courant électrique. — T. TOMMASINA (C.-R.,1.127, p. 1014). — L'auteur cite le phénomène observé avec un grand nombre de limailles métalliques qui le conduisent à ranger les métaux par ordre d'adhérence : il consiste en ce que la limaille forme, entre les deux pôles d'un cohéreur élémentaire, une chaînette qu'on peut produire et allonger sous l'influence du courant.

Radiations. — Des rayons cathodiques, des rayons de Rôntgen et de la gran- deur et de la densité des atomes. — M. G. GUGLIELMO (Acc. Lincei. v.7, fasc. 8, 16 octobre 1898). — L'auteur interprète théoriquement les résultats des expériences de Lénard sur les pouvoirs absorbants des différents corps pour les rayons cathodiques dans leurs liens avec le poids atomique et la complexité des atomes de ces corps.

參考文獻

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27   參 見 Robert Shih 的 法 文 翻 譯,Robert Shih (translated and annotated),  Biographies des Moines Éminents (Kao Seng Tchouan) de Houei-Kaio, Leuven: Institut

22  Pan Junliang, “Les protestants français et l’Asie: l’exemple des Chinois en France,” in La nou- velle France protestante: Essor et recomposition au XXIe siècle, eds.

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