REVUE
DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE
ET DE LEURS APPLICATIONS INDUSTRIELLES
SOMMAIRE DU N° 8
Ch. Coffignier : L'Industrie des Vernis.
P. Cavalier : Le Cuir au chrome.
Revues mensuelles : Physique. — Chimie. — Electrochimie. — Bibliogra- phie.
L'IEDÏÏSTME DES YEMIS
par CH. COFFIGNIER
Les vernis sont des dissolutions, dans des véhicules approprié, de gommes-résines et de résines que l'industrie nomme d'une façon générales gommes, nom que nous adopterons dans tout le cours de cet article.
Bien que les solvants employés soient fort nombreux, on peut réu- nir tous les vernis dans les trois classes suivantes :
1° Vernis à l'alcool ;
2° » à l'essence de térébenthine ; 3° » gras.
Nous laisserons complètement de côté les deux premières classes (1) et nous n'examinerons que la troisième qui constitue à elle seule une industrie importante et complexe. Dans les vernis gras, les gommes sont en dissolution dans un mélange d'huile de lin et d'es- sence de térébenthine. Pendant près de 700 ans la préparation des vernis gras est uniquement restée dans le domaine privé ne consti-
(1) Laur. NAUDIN. Action des halogènes sur l'essence de térébenthine. (Bull.
Soc. chim., 2e série, t. 27, p. 110).
BEVUE DE PHYS. ET DE CHIM. 22
338 CU. COFFIGNIER
tuant pas une industrie à proprement parler les produits étant fa- briqués en petite quantité et par ceux qui les employaient. C'est en Angleterre que cette industrie a pris naissance à la fin du siècle dernier, et cette nation est restée seule productrice pendant un demi- siècle environ.
Rien ne paraît plus simple, à priori, que la fabrication d'un vernis gras, fabrication qui peut en effet se résumer ainsi :
1° Cuisson des gommes, opération nécessaire pour rendre celles- ci solubles ;
2° Adjonction d'huile de lin aux gommes cuites ;
3° Adjonction d'essence de térébenthine au mélange précédent.
Les gommes utilisées pour la fabrication des vernis gras sont fort nombreuses et la description se trouve dans une foule de mémoires ou de traités (1).
Ce qui intéresse d'une façon particulière le fabricant, c'est la façon dont elles se comportent vis-à-vis des solvants. Le Dr Sacc a publié sur cette question le résultat de toute une série d'expériences (2).
En reprenant cette question, A. Vogel a montré que l'alcool amy- lique était un excellent dissolvant de la gomme copal (3). Bien avant ces deux auteurs, Napier avait utilisé la solubilité de la gomme copal dans l'huile essentielle de cajeput pour la différencier du succin qui est complètement insoluble (4).
Mais, et c'est ce qu'il convient de reprocher à beaucoup d'auteurs, ils oublient toujours d'indiquer sur quel genre de copal ont porté leurs investigations. On désigne en effet, sous le nom générique de copals, une. quantité considérable de gommes ayant des propriétés très différentes et donnant en fabrication des résultats encore plus différents.
La première des conditions pour un fabricant est de bien connaître les gommes qu'il emploie et de prévoir les résultats qu'il obtiendra, soit en employant une variété seule, soit en utilisant différentes va- riétés en mélange. La difficulté opératoire commence à la cuisson qui doit être poussée plus ou moins loin selon la nature des gommes employées : une cuisson trop faible ou une cuisson trop poussée con- duisent, l'une et l'autre, à des résultats défectueux.
(1) Fabrication des vernis, par Laur. NAUDIN (Encyclopédie Léauté).
(2) Annales de Physique et de Chimie, 1809, 4e série, t. XVI, p. 421.
(3) Moniteur scientifique, octobre 1881.
(4) Moniteur scientifique, octobre 1863.
L'INDUSTRIE DES VERNIS 339 C'est l'opération capitale, celle qui nécessite une grande pratique et une habileté difficile à acquérir; c'est en même temps qu'une opé- ration utile, une opération déplorable : elle fait perdre à la gomme une partie de ses propriétés et donne au produit final une coloration qui le déprécie; mais elle est indispensable, et toutes les tentatives faites depuis cent ans pour la supprimer sont restées sans sanction pratique.
Il est néanmoins fort intéressant de rappeler ce qui a été essayé dans celte voie. C'est notre illustre et regretté Maître Schiitzenber- ger qui, le premier, essaye d'affranchir l'industrie des vernis, de l'opération de la cuisson (1). Sa découverte était la suivante : les gommes insolubles dans les conditions ordinaires sont solubles dans l'essence au-dessus de son point d'ébullition. L'opération se faisait en vase clos, à 300 degrés, et durait 2 heures. Les gommes et l'es- sence étaient mises en présence poids pour poids. La solution ter- minée pouvait être allongée d'huile, ou le vernis fabriqué de suite, en dissolvantla gomme en vase clos par un mélange d'huile d'essence.
En 1866, Violette, reprenant l'idée de Schiilzenberger, opérait dans des conditions à peu près analogues à 400°, avec une pression d'en- viron 20 atmosphères.
Ce son tles deux tentatives les plus sérieuses faites pour modifier l'in- dustrie des vernis. Mais elles sont restées sans résultat pratique : les résultats obtenus étaient parfois bons, mais souvent mauvais, et l'im- possibilité de suite a fait tomber dans l'oubli l'idée si originale de Schûtzenberger.
La cuisson des gommes est donc restée une opération indispen- sable; elle se pratique dans des malras, généralement en cuivre, et les fumées qui se dégagent ne sont habituellement pas recueillies.
L'opération terminée, on ajoute, le matras étant encore sur le feu, l'huile de lin préalablement cuite, ou simplement chauffée : c'est là un des points qui caractérise nettement le procédé anglais du procédé français. Dans le procédé anglais, on ajoute l'huile de lin chaude sans siccatifs, quitte à rendre le vernis siccatif quand il est terminé;
dans le procédé français, au contraire, l'huile de lin ajoutée est préa- lablement cuite de sorte que, après adjonction d'essence, le vernis est complètement terminé
(1) Brevet 16412, 1856. — SCHÛTZENBERGER, à Mulhouse. Nouveau procédé de dis- solution dans l'huile de lin et l'essence de térébenthine des résines pour fabriquer les vernis.
340 Cil. COFFIGNIER
La cuisson de l'huile se fait dans des chaudières, en présence d'oxydes de plomb, le plus souvent de litharge, et dans des condi- tions de température qui sont réglées selon les cas et qu'il est tou- jours facile de respecter par l'usage du thermomètre. Cette impor- tante question de la cuisson des huiles mérite de longs déloppements que le lecteur pourra trouver, dans le livre de M. Livache Vernis et huiles siccatives, joùla question est d'autant mieux traitée que M. Li-
vache a contribué largement par ses travaux à éclairer l'histoire chi- mique des huiles siccatives (1).
Quel que soit le procédé adopté, l'huile ayant été incorporée à la résine fondue, il ne reste plus qu'à retirer le malras du feu et ajou- ter l'essence de térébenthine par petites portions.
Nous n'entrerons pas plus à fond dans la technique de ces diffé- rentes opérations qui se pratiquent avec plus ou moins de soin et d'habileté, puisque les vernis obtenus avec des gommes semblables ont des qualités essentiellement différentes selon qu'ils proviennent de fabriques distinctes.
Nous avons vu plus haut que la cuisson des gommes était la cause principale de la coloration des vernis ; la coloration est d'autant plus intense, que la gomme mise en œuvre est de plus mauvaise qua- lité, non seulement parce que la gomme est foncée naturellement, mais aussi en raison des impuretés qu'elle contient.
On a proposé de décolorer les vernis par l'emploi de l'oxygène (2).
Le vernis préalablement clarifié par un repos prolongé était intro- duit dans un vase cylindrique capable de tourner autour d'un de ses axes. L'air étant enlevé on le remplaçait par de l'oxygène et l'agi la- tion était obtenue par la mise en roule du tambour. L'opération était répétée jusqu'à coloration obtenue ou refus d'absorption.
Le même principe a été appliqué plus tard pour le blanchiment des huiles ou des gommes, en substituantl'ozone à l'oxygène (3). Les auteurs ajoutent qu'ils augmentent ainsi la siccativité de l'huile.
Nous n'avons pas connaissance que ces procédés aient pris une grande place dans l'industrie des vernis, d'une façon générale tout au moins, car il est évident que certains fabricants ont tiré des indi- cations précieuses du brevet de Freeman.
Plus récemment, M. Livache, dans un autre ordre d'idées, est
(1) Vernis et huiles siccatives, par A. Livache, pages 156 à 251.
(2) Freeman 1864. Brevet n° 65092.
(3) Schrader et Dumeke 1879. Brevet n° 128S80.
L'INDUSTRIE DES VERNIS
341
arrivé à un résultat intéressant en diminuant la coloration de l'huile siccative et par suite celle des vernis préparés à l'huile cuite. Son procédé consiste à rendre l'huile siccative à froid par agitation avec le plomb divisé. On trouvera la description du procédé dans l'ouvrage déjà cité de M. Livache (1).Les appareils servant à la cuisson des gommes ont été successive- ment modifiés dans leur forme et dans la nature des métaux les composant, mais, en réalité, peu de perfeclionnements ont été apportés.
Il convient de signaler une disposition ingénieuse mais difficile à mettre en pratique en raison de sa complication (2). Voici com- ment s'exprime l'auteur : « Appareils et procédés pour pro- duire en plus ou moins grande quantité des gaz à une température déterminée, modifiable au gré de l'opérateur, et de chauffer, au moyen de ces gaz, des vases ou matras dans lesquels se font soit l'o- pération de la fusion des gommes, soit toutes autres opérations de chauffage ou de cuisson, relative à la fabrication des huiles, vernis, siccatifs. »
Le dessin joint au brevet montre une installation des plus com- pliquées; mais il est certain que c'est peut-être là un moyen d'obte- nir une cuisson bien régulière, tout en évitant bien des chances d'incendie et en permettant de tirer parti des produits recueillis par la condensation des fumées.
Nous ne nous arrêterons pas à signaler le nombre considérable de formules de vernis qui ont été indiquées depuis 50 ans, soit dans les revues scientifiques, soit dans les traités spéciaux, soit enfin dans les brevets. D'une façon générale, toutes ces formules présentent un intérêt médiocre, le plus souvent-elles ne correspondent en rien avec ce qui se fait habituellement dans la pratique. Il est d'ailleurs cer- tain qu'une formule signifie peu et qu'il y a plus à compter avec le mode opératoire.
La consommation des vernis ayant pris une importance de pre- mier ordre et le nombre des fabricants ayant considérablement aug- menté, il s'en est suivi tout naturellement une baisse sur les prix de venle. Comme le prix des gommes et en général de toutes les ma- tières premières a, au contraire, toujours augmenté, une série très
(1) Livache. Vernis et huiles siccatives, page 223.
(2) Lefèvre. Brevet W 109390. 1895.
342 CH. COFFIGNIER
intéressante de recherches a été faite dans le but d'obtenir des ver- nis durs avec des résines tendres.
Les copals, gommes employées le plus couramment, se divisent en effet en copals durs, demi-durs et tendres. Les premiers, parmi les- quels se trouve le copal dit Zanzibar, sont très recherchés pour la fabrication des vernis de qualité ; mais ils sont d'un prix élevé, et il n'est pas rare de payer 8 à 9 francs le kgr. les belles qualités de Zan- zibar.
De tous temps on a fabriqué les vernis communs, en remplaçant les gommes par la colophane. On sait que la gomme qui s'écoule des pins fournit par distillation l'essence de térébenthine en laissant comme résidu une résine tendre, la colophane ou arcanson. Comme cette résine ne coûte guère que 15 à20 francs les 100 kgr., elle per- met d'obtenir des vernis à très bas prix ; mais les vernis ainsi obte- nus ne présentent aucune solidité; on enlève très facilement la pelli- cule qu'ils laissent après dessiccation par un simple frottement de la main : on dit qu'ils farinent.
Le Dr E. Schaal a étudié d'une façon très complète les combinai- sons produites par les acides provenant de la distillation des résines avec les alcools, phénols, etc. (1). Lesélhers ainsi formés sont inso- lubles dans la soude, tandis que la plupart des résines d'où ils déri- vent sont au contraire solubles. Ces éthers sont des produits parfois beaucoup plus durs que la résine qui leur a donné na issance.
Tel est le principe général du procédé. Suit dans le brevet tout un détail de modes opératoires.
L'auteur a pris deux certificats d'addition, le premier en 1886 et le second en 1890. Dans ce dernier il recommande une méthode d'éthérification dans un vide partiel pour enlever la vapeur d'eau au fur et à mesure de sa production. Le procédé Schaal, appliqué à la colophane, se pratique de la façon suivante.
On chauffe aux environs de 200° la colophane additionnée de 8 à 10 % de glycérine. Quand le mélange est bien homogène, on ajoute environ 3 % de chaux en poudre. Par un brassage continu, on obtient un mélange bien intime qui constitue une résine dure. On peut opérer dans un vide partiel, à 300°, le traitement par la glycé- rine.
Un autre procédé est basé sur les combinaisons salines que peu-
(1) Schaal. Brevet n° 164486, 1884.
L'INDUSTRIE DES VERNIS 343 vent former les acides des résines. Deux brevets, pour ainsi dire textuellement semblables, ont été pris pour la revendication de cette méthode (1). Nous ne parlerons donc que du premier brevet.
La transformation des acides en sels a lieu en ajoutant aux résines fondues de la chaux vive, de la chaux éteinte ou du carbonate de chaux. La résine fondue, on ajoute la chaux petit à petit, en agitant et on laisse refroidir.
On peut préparer avec cette résine durcie un vernis gras par la méthode ordinaire : dans le brevet Banner, il est dit que l'addition de soufre peut être utile; mais le brevet Zimmer indique également une formule d'emploi de ce métalloïde dans le but d'obtenir une matière propre à remplacer le caoutchouc.
Actuellement, l'industrie des vernis utilise tout au moins une partie des travaux que nous venons de citer; mais on peut affirmer que chaque fabricant opère avec des méthodes qui lui sont propres et qu'il s'empresse de ne pas publier.
Les conditions que doivent remplir les divers vernis sont si com- plexes, les défauts que l'on peut rencontrer dans un produit fabriqué sont si nombreux, qu'il est toujours fort difficile d'arriver à un résultat parfait.
Comme nous l'avons déjà dit, l'attention du fabricant se porte s.ur le choix des gommes; mais elle doit se porter aussi sur le choix des huiles.
Les huiles de lin de Bombay, par exemple, fournissent des vernis inférieurs à ceux que l'on obtient en travaillant avec l'huile de lin de pays. Ces huiles ne doivent entrer en fabrication qu'après un vieil- lissement de plusieurs mois au moins; il est également indispen- sable de laisser vieillir les vernis le plus longtemps possible avant de les mettre en vente. C'est un fait parfaitement connu et admis que l'âge d'un vernis est un facteur important. On a souvent dit que les vernis anglais devaient leur réputation en grande partie à leur âge.
Là n'est pas la seule raison évidemment, mais nous savons que cer- taine maison française, qui a monlé l'industrie des vernis sur le pied d'une grande industrie, n'hésite pas à laisser vieillir ses huiles et ses vernis pendant 1 an ou 2 ans, avant d'entrer les unes en fabri- cation ou de mettre en vente les autres. C'est évidemment là un gros
(t) Zimmer. Brevet 162098. 1884. Certificat d'addition. Avril 1885. — Banner.
Brevet 188227. 1888.
344 en. COFFIGNIER
sacrifice d'argent, si l'on songe aux stocks considérables qu'il faut entretenir pour avoir toujours en magasins des vernis vieux répon- dant à tous les usages.
Pour terminer, nous essaierons de donner une classification des vernis gras. On peut les réunir en quatre grandes classes :
1° Vernis pour la carrosserie. — Ce sont des vernis très solides, qui se préparent en différentes qualités, mais qui tous doivent supporter des lavages fréquents et résister à toutes les intempéries.
Parmi eux nous en citerons deux spéciaux : le vernis dit flatting, qui doit supporter un polissage après dessiccation, et le vernis noir dit Japon à caisses, subissant la même opération et devant laisser après un fond d'un beau noir sur lequel on applique un vernis incolore. La préparation de ce vernis est délicate. Non seulement il faut obtenir un noir profond, mais il faut éviter, ce à quoi n'arrivent pas tous les fabricants, que l'application du vernis incolore ne fasse pas verdir le fond noir.
2° Vernis pour bâtiment. — Comme les précédents, ils comportent plusieurs qualités; ils sont de fabrications essentiellement différentes, selon qu'ils sont destinés à être employés pour les travaux extérieurs ou pour les travaux intérieurs.
3° Vernis au four. — Les vernis au four sèchent lentement à l'air libre. Leur dessiccation doit se faire à l'étuve, à une température plus ou moins élevée. C'est ainsi que le vernis des Polishing sèche à l'étuve à 60°, tandis que le vernis noir employé pour les cadres de bicyclettes est séché à une température comprise entre 200 et 250°.
A" Vernis industriels. — Il y a une telle quantité d'industries employant les vernis que le nombre des vernis industriels est lui- même très grand. Chaque type doit correspondre aux besoins de l'industrie pour laquelle il est destiné : le vernis pour boîtes de sar- dines, par exemple, doit prendre une teinte dorée au four, le vernis pour fouets doit-être brillant et flexible, celui pour bicyclettes doit être très dur, résister à tous les chocs sans s'écailler.
On comprend aisément que l'examen de tous les vernis industriels pourrait nous conduire fort loin.
On comprend aussi que l'industrie des vernis est une industrie complexe; mais c'est une industrie essentiellement chimique, qui a beaucoup à attendre des chimistes.
Comme l'histoire chimique des gommes est à peine commencée;
comme les méthodes analytiques, soit pour les gommes, soit pour les
LE CUIR AU CHROME
345 vernis, conduisent à des résultats peu précis, le chimiste industriel est encore peu armé. Il se trouve en effet devant un problème diffi- cile en présence des travaux peu précis, nombreux sans doute, mais de valeurs si inégales, qu'il lui est bien difficile , de se tracer une voie.
LE CUIR ATT CHROME
par P. CAVALIER.
Depuis plusieurs années, l'industrie de la Tannerie subit en France et dans le monde entier une transformation rapide.
Malheureusement le résultat de cette transformation n'est encore qu'une crise industrielle et commerciale intense.
Des causes très diverses ont créé cette situation, et il se passera probablement encore plusieurs années avant qu'un nouvel équilibre se soit établi entre la production et la consommation, entre le prix de la matière première et le prix de vente du produit fabriqué.
L'introduction de la science dans une industriejusqu'alors réservée aux seuls praticiens est certainement une des causes de la crise dont se plaignent la majeure partie des tanneurs.
Après avoir révolutionné et conquis en cinquante ans la métallur- gie, les industries agricoles, les sciences physiques, chimiques et mécaniques se créent actuellement un riche domaine en tannerie.
L'industrie des cuirs et peaux est en effet la troisième de France ; elle occupe directement 400.000 ouvriers et autant dans les industries annexes.
L'exportation annuelle des produits fabriqués dépasse 240 mil- lions.
En général la période transitoire est loin d'être terminée. Les industriels sont sollicités par nombre de matières tannantes nou- velles, d'appareils spéciaux, de procédés bons et mauvais. Le plus souvent ils perdent temps et argent en travaux infructueux et n'ar- rivent que rarement à conserver les qualités de leurs anciens pro- duits en transformant leurs procédés de fabrication.
Depuis trente ans, chaque année a vu naître un nouveau procédé
-de tannage ou une nouvelle matière tannante.
346
P. CAVALIERL'exploitation de toute colonie a fourni à l'industrie des cuirs de nouveaux tanins; les inventeurs ont cherché et trouvé le moyen de diminuer le temps de la fabrication.
L'emploi raisonné de machines-outils a permis de diminuer beau- coup les frais de main-d'œuvre.
Mais quels que soient les procédés, les matières proposées, la base de la fabrication du cuir tanné était toujours l'union physique ou la combinaison chimique de la matière azotée de la peau avec un tanin quelconque, produit végétal hydrocarboné de composition analogue au tanin de l'écorce de chêne ou acide quercitannique.
Depuis une dizaine d'années un procédé complètement différent a permis de fabriquer un produit de qualités semblables à celle du cuir, sans emploi de tanins.
La période d'essai est terminée et le tannage au chrome est indus- triel.
Il nous a paru intéressant d'en entretenir les lecteurs de la Revue.
Le cuir au chrome diffère complètement comme composition des cuirs tannés connus jusqu'à présent ; mais, dans beaucoup de cas, il peut faire concurrence aux meilleurs cuirs tannés.
L'expression cuir tanné au chrome peut paraître impropre puisqu'il ne contient aucun tanin, mais elle est déjà passée dans les expres- sions usuelles.
Des diverses sortes de cuirs.
Les divers procédés employés par la tannerie ont pour but de trans- former la peau brute des animaux en cuirs.
La peau est composée de deux couches :
1° L'une mince, cellulaire, recouverte de poils, appelée épiderme, c'est le côté grain ou fleur;
2° L'autre plus épaisse, fibreuse, appelée derme ou cliorion, com- posée de tissu conjonctif entremêlé de faisceaux de fibres élastiques entrecoisées, mais de direction généralement parallèle à la surface.
L'accollement des fibres est produit par une matière albuminoïde que Riemer nomme coriïne.
Le tissu sous-cutané est formé de gros vaisseaux fibreux contigus à la chair des animaux : c'est le côté chair en tannerie.
Les poils recouvrent l'épiderme.
Ayant tout tannage, la peau brute subit le travail de rivière ayant
LE CUIR AU C11R0ME 347 pour but de la débarrasser des poils et des parties sous-cutanées ou chair.
Ce traitement comprend principalement :
l°Neltoyage àl'eau courante et souvent dessalage.
2° Gonflement des tissus dans un lait de chaux, ou tout autre épi- lant tel que le sulfure et polysulfure d'arsenic, de sodium, de cal- cium, afin de pouvoir enlever les poils.
3° Ébourrage, c'est-à-dire enlèvement des poils en grattant la peau avec un couteau rond.
4° Ëcharnage ou enlèvement du tissu sous-cutané au moyen du couteau tranchant.
5° Enlèvement de la chaux et des sels divers contenus dans la peau par l'eau et un moyen mécanique quelconque.
Les peaux séparées ainsi des tissus pileux et sous-cutanés, débar- rassées en majeure partie de leur matière albuminoïde, constituent la matière des divers procédés de tannage,. Elles prennent le nom de cuirets ou peaux en tripe.
La peau en tripe est molle, blanche, translucide et se putréfie faci- lement. Elle est insoluble dans l'eau froide, et, sous l'action de l'eau bouillante elle s'hydrate pour donner 95 % de gélatine.
Elle se dissout dans les alcalis à froid. Les acides gonflent la peau et la transforment en une gelée transparente dans laquelle les fibres conservent leur texture primitive.
La peau en tripe contient environ 75 % d'eau.
Par la dessication les fibres de la peau s'agglutinent les unes aux autres ; on obtient ainsi le parchemin : produit dur, corné, très résis- tant, ayant les mêmes propriétés que la peau en tripe.
D'après Mintz, la composition élémentaire de la peau sèche est la suivante :
Carbone r ... 51.43
Hydrogène 6.64
Azote 18.16
Oxygène ..' 23.06
Matières minérales 0.71
L'analyse immédiate donne :
Tissu cellulaire résistant à l'eau bouillante comprenant la ma-
jeure partie de l'épiderme 3.08
Matière grasse 1.05
Matière animale transformable en gélatine 95.39
D'une façon générale le tannage aura pour but de transformer la
348
P. CAVALIERpeau en cuir, produit à peu près imputrescible, peu perméable, inso- luble dans l'eau bouillante, résistant et assez souple pour qu'il puisse s'adapter à tout genre de travail.
Pour arriver à ce résultat on isolera les fibres qui constituent la peau soit en les combinant en partie à un produit quelconque, soit en les entourant, les séparant par cette substance étrangère de façon qu'après dessication les fibres non agglutinées glissent les unes sur les autres. Le résultat de la combinaison de la peau et de la substance étrangère devra être inaltérable par l'eau.
Les fibres du tissu conjonctif formant des combinaisons plus ou moins stables avec l'acide tannique, quelques oxydes métalliques, les matières grasses oxydées, les savons gras insolubles, l'acide pinique, la transformation de la peau en cuir pourra se faire avec trois groupes de substances :
1° Les tanins végétaux ; 2° Les matières grasses;
3° Les oxydes et les sels métalliques, en particulier les oxydes d'alu- minium et de chrome.
Cuir tanné. — Le tannage véritable ou tannage autan emploie tous les tanins végétaux, corps astringents, légèrement acides, précipi- tant l'albumine et la gélatine de leurs solutions.
Dans le cours des opérations du tannage, le tanin se fixe sur les fibres de la peau par une affinité capillaire analogue à la fixation des mordants de teinture sur les étoffes; il agit en même temps comme mordant, pour fixer d'autres produits extractifs colorants et résineux existant dans les végétaux ou leurs extraits.
Ces produits divers entourent les fibres et évitent ainsi l'accole- ment.
La peau absorbe entre 46 et 69 % de son poids sec en matières végétales.
Le cuir tanné brut sec a en moyenne la composition suivante :
Eau ... ... . . . 12. S
Peau. 45
Tanin ■ , 35.5
Matières solubles 6
Cendres . 1
Un bon cuir tanné ne gonflé pas dans l'eau bouillante, il reste opaque et ne fournit pas une décoction prenant en gelée; l'acide acétique à 12 % est sans action.
LE CUIR AU CUROME 349 Cuir cliamoisé. — L'emploi des matières grasses ou chamoisage rappelle un peu la production du rouge turc avec les couleurs d'ali- zarine.
Les peaux bien gonflées sont alternativement foulées avec des huiles de baleine, de poisson et exposées à l'air.
Une partie de l'huile modifiée se combine alors aux fibres.
L'excès d'huile est expulsé en foulant le cuir avec une lessive de potasse, la matière albuminoïde coriïne est dissoute. Après lavage et séchage, il reste dans la peau une minime, quantité d'huiles ou d'acides gras oxydés et d'oxyde alcalin.
Un buffle cliamoisé contient :
Peau '. 74 %
Eau 20 %
Cendres 4 %
(en majeure partie carbonate de calcium et de potassium).
I^es fibres sont bien détachées, le cuir est très souple, résistant, de densité très faible, perméable.
Il peut être lavé à l'eau.
La matière fibreuse est devenue inattaquable par les acides, ouïes alcalis faibles, et ne subit aucune modification par l'eau bouillante.
Cuir mégis et hongroyé. — Jusqu'à présent le seul tannage à minéral industriel était le tannage à l'alun pour produire les cuirs mégissés (peaux fines pour gants et chaussures).
Les peaux en tripe sont tannées dans un mélange d'alun et de sel d'alun.
Par la dessication les fibres s'agglutinent bien encore et la peau mégissée brute est dense, cornée. En étirant, étendant la peau, elle devient souple et présente, en partie seulement, les propriétés du cuir.
En effet, le cuir mégis perd à la longue son tannage par le lavage, une longue ébullition donne une décoction prenant en gelée.
L'acide acétique à 12 % gonfle le cuir mégi et le rend transpa- rent. Sa composition est là-suivante :
Eau...:.*.. :. 21. %
Peau 52
Cendres 12:
Charge, farine, etc 15
Pour la ganterie, le mégissage et le chamoisage sont combinés.
350 P; CAVALIER
Le bain tannant contient, en outre, du jaune d'œuf dont l'huile as- souplit le cuir.
La mise en suif des gros cuirs passés à l'alun donnent les cuirs hongroyés de composition très variable, et contenant environ
Ce cuir est peu perméable par suite de la présence du suif.
Ce dernier corps peut être enlevé par un solution faible de soude et le cuir hongroyé peut se transformer en gélatine, plus diffici- lement toutefois que le cuir mégi.
Cuir au chrome. — Le cuir au chrome est obtenu en déposant l'hydrate de chrome entre les fibres de la peau. Il ressemble donc au cuir mégi, mais il y a une véritable combinaison de l'oxyde métallique avec la peau, beaucoup plus intime que dans le mégissage, puisque cette combinaison n'est pas détruite par l'eau bouillante et les alcalis faibles.
Le cuir au chrome est absolument insoluble dans l'eau, très résis- tant, imputrescible, très souple, très élastique.
Il possède donc toutes les qualités du cuir tanné tout en ayant une composition toute différente :
Eau 22 %
Peau 67
Cendres 6
Les premières recherches méthodiques sur les tannages minéraux ont été faites par Knapp, surnommé aujourd'hui le père du tannage au chrome.
Mais Knapp a été précédé par plusieurs inventeurs dont les résul- tats furent nuls.
En 1799, Sam Aston parle de tanner les peaux dans une dissolution d'ocre, de minerai de fer, de zinc, de cuivre dans le vitriol.
En 1842, Jules Bordier mentionne l'action tannante du sulfate de fer basique.
Pour la première fois en 1853, Cavellins emploie le chrome. Il plonge la peau d'abord dans une solution de bichromate de potas- sium et d'alun, ensuite dans de l'acide sulfurique faible.
Eau.
Peau Suif.
25 %
Cendres
32 25 11
LE CUIR AU CIIROME 351 Un brevet anglais (1855) de Belford, revendique un tannage à l'oxyde ferrique.
De 1858 à 1863, Knapp poursuivit une série d'études très sérieuses sur la fabrication du cuir mégi et le remplacement des sels d'alumi- nium par d'autres sels d'oxyde R203.
Knapp donne les différentes quantités de sels d'aluminium absor- bés par la peau.
Alun 8. S
Sulfate d'aluminium 27.9
Chlorure — 27.3
Acétate — ; ,23.3
Cette quantité est proportionnelle à la concentration des solutions, mais en général, il n'y a pas dédoublement du sel d'aluminiun en hydrate et sel acide.
En 1858, Knapp essaie l'emploi de sels de fer et de chrome.
La peau en tripe se colore en brun rouge dans un sel de peroxyde de fer, en gris bleu dans un sel de chrome. Par la dessication on ob- tient un cuir crevassé très cassant.
En neutralisant les solutions de sels précédents par de la soude caustique ou carbonatée jusqu'à commencement de précipité persis- tant, l'oxyde hydraté se portera sur les peaux; la faible acidité de la liqueur et la présence de sel marin empêchent la peau de se cre- vasser.
Ce cuir tanné au fer perdant son tannage à l'eau, Knapp insolubilisa les hydrates et les sels métalliques fixés par la peau par double décomposition avec un savon soluble.
Les peaux sont passées dans un bain à peu près neutre à o % de sel de chrome, de peroxyde de fer, d'aluminium, puis dans un deuxième bain à 3 ou 5
%
de savon de soude.On pétrit mieux la peau dans le savon obtenu en précipitant une solution de savon par une solution d'alun de fer ou de chrome. En employant un mélange des savons de chrome et de fer on a la cou- leur de cuir tanné.
Du tannage purement minéral, Knapp, en voulant fabriquer un cuir pareil au cuir tanné, avait abouti à un procédé mixte de cha- moiserie et mégisserie.
Le cuir Knapp, aux savons insolubles, est peu solide, souvent cas- sant, mais résiste à l'eau.
352 P. CAVALIER
Les divers principes émis par Knapp [furent souvent brevetés depuis, notamment par Bertram Hunt en 1884.
Knapp n'a pas poursuivi ses études sur le tannage au chrome et n'avait pas remarqué une différence fondamentale d'action entre le sel de chrome et ceux d'aluminium et de fer.
La peau, plongée dans un sel d'aluminium et de fer, est mégie, elle perd son tannage par l'eau bouillante, tandis que la peau plon- gée dans un sel de chrome, lavée, séchée, est inattaquable par l'eau bouillante.
En 1878, an premier brevet pris par Heinzerling eut un com- mencement d'exploitation. Il revendique une foule de corps.
D'après la description peu simple, il semble qu'on doive em- ployer :
Un premier bain contenant o à 10 % d'alun, et du zinc en poudre ayant pour but de déposer de l'hydrate d'alumine sur la
peau.
Un deuxième bain contenant 1/2 à 5 % de sels de chromate(?) 10 % d'alun ou de sulfate d'alumine.
Un troisième bain contenant 1/2 à 2 % de chlorure de baryum et 1/4 d'acétate de plomb.
Ensuite, les cuirs sont graissés et fortement nourris par la stéarine, la paraffine, la naphtaline.
11 est probable que le sel de chroma te en question est un sel de chrome et non un chromate alcalin.
Ce dernier corps ferait double décomposition avec le sulfate d'alu- mine et le bain n'aurait aucune action.
Le procédé de Kœnitzer (1881) est bien un tannage au chrome rap- pelant les procédés actuellement en vigueur.
100 kilogrammes de peau en tripe séjournent pendant huit heures dans un bain contenant :
Acide sulfurique JO kilogr.
Bichromate rte potassium 0,500
Alun '. 2,500
Eau 300
Les peaux sont retirées, et on ajoute à la solution :
Sel marin 3 kilogr. ) dissous dans 2 litres
Sel d'étain 0,2o0 \ d'eau
Après vingt heures de séjour les peaux sont retirées pourj ajouter à la solution : '
LE CUIR AU CI1R0ME 353
Acide, sulfurique Bichromate de potassium Alun
Salpêtre . . .
0,500 2,500 0,033 8 kilogr.
dissous dans 6 litres d'eau chaude.
On laisse agir pendant quarante heures.
Après lavage on donne un dernier bain avec une solution faible d'acétate de plomb et de glycérine.
La grande proportion d'acide sulfurique doit sûrement abîmer con- sidérablement les produits.
Dans le premier bain il se forme de l'acide chromique se fixant sur les peaux. Cet acide est réduit ensuite par le sel d'étain ou le chlo- rure stanneux à l'état d'oxyde de chrome.
En 1882, Ordivay veut appliquer aux peaux l'insolubilisation de la gélatine par le bichromate en présence de la lumière.
Il plonge plusieurs fois et pendant plusieurs jours les peaux dans une solution modérée de bichromate de potasse, expose au jour après égoultage, lave et sèche.
Il obtient ainsi une substance souple et peu perméable.
Comme Ordivay conseille pour ce travail de transformer la peau en gélatine, il est possible qu'il opéra sur des peaux très abîmées, attaquées par les dépilants. Le bichromate insolubilise la gélatine produite et colle les fibres.
Le procédé Schultza été souvent modifié, copié, parce qu'il est bon et employé.
D'après les termes du brevet (janvier 1884), l'invention se rapporte à un procédé pour tanner les peaux en tripe en les soumettent à l'ac- tion de combinaisons de sels métalliques tels que le bichromate de potassium et à les passer ensuite dans une solution en mouve- ment avec de l'hyposulfite de sodium ou du thiosulfate de sodium
Pour exécuter ce procédé, on dépoile et.prépare les peaux de la même manière que dans le tannage proprement dit.
Les peaux non salées sont exposées à l'action d'une solution de chromate de potassium en présence d'un acide, l'acide chlorydrique, par exemple.
Les peaux salées peuvent être traitées dans le bain de chromate, sans addition d'acide.
On laisse les peaux plus ou moins longtemps, selon leur épaisseur et la force de la solution, en général de 15 à 60 minutes.
Suivant les peaux, on emploie une solution faible contenant 5 %
REVUE DE PHYS. ET DE CHIM. 23
NaSaO:1.
354 1'. CAVALIER
du poids des peaux en chromate, ou une solution forte contenant 101.
Les peaux sont préparées à point lorsque des morceaux détachés des parties épaisses montrent que la solution les a complètement pénétrées.
On retire les peaux, laisse égoutter et on les met dans la seconde solution composée d'hyposulfite de sodium dissous dans l'eau et additionnée d'acide, tel que l'acide chlorhydrique.
La solution de sel de sodium peut être faible ou forte, l'addition d'acide peut se faire par fraction.
L'action a lieu tant que la coupe de la peau n'est pas uniformé- ment verdâtre ou bleuâtre.
Une peau de mouton a été tannée en 15 minutes dans la première solution et en 20 minutes dans la seconde.
Les peaux plus épaisses demandent un temps plus long.
Les peaux après traitement au sulfite peuvent être remises dans la solution de bichromate pour prendre une teinte brune et être teintes ensuite en noir.
Le cuir est teint, nourri, savonné à la façon ordinaire.
Il est inattaquable par l'eau bouillante.
A une température de 26° l'emploi des solutions facilite les opéra- tions.
Le brevet décrit bien les opérations sans fixer nettement les quan- tités de sels à employer, environ [de 5 à 10 % du poids de la peau.
Il est simple et indique pour la première fois l'emploi des sul- fites.
Par contre, le brevet anglais Wilson Sivan est très vague.
Les peaux séjournent dans une solution h l % d'alun de chrome ou de chromate de potassium.
Le sel de chrome est décomposé ensuite par l'action de l'acide oxa- lique. Le résultat nous semble douteux; l'alun de chrome et l'acide oxalique ne réagissent pas. Si on emploie le bichromate de potas- sium, il se dissout dans le second bain et la réduction par l'acide oxalique a lieu dans la solution et non sur la peau.
En 1886, William Zahn de Nerwark (Amérique) remplace dans le procédé Schultz l'hyposulfitre de sodium par l'hydrogène sulfuré.
Il soulève les difficultés que présentent les cuirs au chrome pour être corroyés.
LE CUIR AU CUROME
355 Alexander et Havas ont breveté en 1886 les expériences de Knapp.
Les indications sont très vagues.
Les
Guirsou peaux sont immergés dans une forte
solutionbasi- que de sels d'aluminium, d'oxyde chromique et demeurent dans cette
solutionjusqu'au moment où
lesfibres de la peau ont absorbé une quantité suffisante de l'élément actif de ces matières.
Les cuirs et peaux sont ensuité traités par l'eau.
Il s'est déposé sur les fibres de la peau de l'hydrate d'alumine ou d'autres oxydes, et les autres sels sont enlevés par l'eau.
La solution tannante se prépare ainsi : à une solution d'alun ou d'un autre sel de peroxyde on ajoute une solution alcaline diluée jusqu'à ce qu'on ait atteint la complète saturation et que commence la précipitation d'oxydes insolubles, on dilue ensuite à force conve- nable.
Aucune autre indication de quantité n'est donnée.
Valter et Koeglue sont pas plus précis (1888).
Ils traitent les peaux par l'alun, la farine, le sel, le jaune d' œuf et préparent donc ainsi un cuir mégi.
Ce cuir est ensuite traité par une solution de sulfate de chrome neutralisé autant que possible par la soude.
Cette complication de deux procédés absolument différents n'est pas utile.
Victor Rivière (1888) et Léon Rappe (1889) traitent les peaux déjà tannées au tanin dans un bain de sel quelconque de chrome aussi neutre que possible pendant 5 à 15 heures.
Il paraîtrait que les
peauxtannées ainsi traitées prennent plus faci- lemènt la teinture en noir.
En tout cas il est bien inutile de tanner d'abord au tanin végétal, puis au chrome.
Dans le môme ordre d'idées, Enik Ollestard en 1889 tanne les peaux en les foulant dans une seule solution ]à 24|26° centigrades contenant à la fois de :
Extrait tanniquc 20
Alun..,...,.., ... 10
Sulfate de cuivre 25
Acide sulfurique. 8
Bichromate . 1
dans 3.000 litres d'eau pour 10 cuirs.
Tout procédé voulant combiner les deux actions tannantes des ta-
nins végétaux et des oxydes métalliques est irrationnel.
356 P. CAVALIER
. Les deux réactions sont tout à fait différentes, et ces procédés n'ont pas reçu la sanction de la pratique.
Endemann (1892) applique le procédé Schultz, mais change le réducteur. Il a le mérite de donner des proportions nettes. Il sature d'abord les peaux d'acide chromique en les mettant dans un bain de :
Litres d'eau 50
Bichromate de potassium 5 kilogr.
Sel marin 2 —
Acide chlorydrique commercial 2,5 —
pour 100 kilos de peau en tripe.
L'action est terminée quand une coupe de la peau présente une tranche uniformément jaune.
L'acide chromique fixé par la peau est ensuite transformé en oxyde de chrome par l'action du chlorure cuivreux.
Le bain réducteur est composé de :
Sulfate de cuivre 5,5
Sel marin 30
Alun , 6
Eau •:, 110
additionné de limaille de cuivre jusqu'à ce qu'il soit incolore.
Le procédé Martin Dennis breveté en Angleterre (1893) est très employé aux Etats-Unis depuis que de grandes maisons de produits chimiques vendent le jus de chrome Dennis.
Il n'indique pourtant qu'une nouvelle description un peu plus précise des expériences de Knapp, des brevets Alexander Walter et Kœgl, etc.
Martin Dennis dit :
Dans mon procédé j'apporte à la gélatine peau de l'oxyde chro- mique à l'état d'une combinaison soluble, dans laquelle il est retenu si lâchement, qu'il se livre sans difficulté à la gélatine, dont la fixation a lieu alors rapidement et complètement.
Il décrit ensuite le produit qu'il emploie.
Il fait d'abord une solution de chlorure de chrome ordinaire en dissolvant du vert de chrome ou de l'hydrate d'oxyde chromique dans l'acide chlorydrique dilué et à froid, en employant environ 600 gr. d'acide pour 1 kilogramme d'oxyde vert du commerce.
A cette solution il ajoute lentement et avec précaution une solu- tion de base forte, carbonate de sodium ou soude caustique, jusqu'au
moment où le dégagement d'acide carbonique cesse ou que l'oxyde
LE CUIR AU CHROME 357 de chrome se précipite. Il faut environ 250 grammes de carbonate de soude cristallisé.
Les peaux sont agitées dans cette solution diluée et additionnée de sel marin.
Deux faits nouveaux sont mentionnés dans ce brevet, la prépa- ration du chlorure de chrome à froid, et l'addition de sel marin.
Le procédé Heinzerling de 1894 est peu compréhensible.
Il laisse les grosses peaux 5 à 6 semaines dans un bain de chro- mate de chrome (sel peu connu) de 1 à la % de force, de façon à leur donner beaucoup de poids.
Charles Kness à Oshawe et Ow. Alexander à Toronto fixent les proportions des sels à employer dans le procédé Schultze, mais ajoutent 5 % d'huile de pied de bœuf, remplacent l'acide chlory- drique par l'acide sulfurique afin de modifier le brevet précédent.
Le premier bain est composé de :
Bichromate de potassium S kilogr.
Acide sulfurique 5 —
Huile de pied de bœuf 2,5 —
Eau 6 —
Le second bain de :
Hyposulfite de sodium 10 kilogr.
Acide sulfurique 7 —
Huile de pied de bœuf 5 —
Eau.... '.. Q. S.
Les proportions d'acide sont certainement trop fortes.
Le brevet de Norris en date du 27 avril 1897 est présenté comme un perfectionnement au brevet Schultze.
Dans le dernier procédé la réduction de l'acide chromique dans l'intérieur de la peau a lieu par suite de l'action de l'acide chlorhy- drique sur l'hyposulfite de sodium.
Cette réaction produit de l'acide sulfureux et du soufre.
Par l'emploi de l'hyposulfite il se dépose donc du soufre dans le cuir qui, après quelque temps, se couvre d'une fleurée blanche.
Norris compose son bain réducteur ainsi :
Hyposulfite de sodium 125
Acide chlorhydrique ordinaire 50
Eau 2460
Zinc en grenaille 60
ou bien emploie le bain réducteur dans un appareil doublé de zinc.
La solution étant acide, il se dégage de l'hydrogène naissant trans-
338
P. CAVALIERformant l'acide sulfureux ou hyposulfureux en acide hydrosulfureux, réducteur très puissant.
Il paraîtrait que le dépôt de soufre est moins abondant.
Il est complètement supprimé, en employant le bisulfite de soude commercial, l'acide chlorhydrique et le zinc.
En 1897, le consul de France à San-Francisco indique le traitement employé en Californie pour tanner au chrome les peaux pour gants et chaussures.
Pour 100 kilos de peaux en tripe, on donne les deux bains sui- vants dans des appareils laveurs en mouvement :
1° Bichromate de potasse 9 kilogr.
Acide chlorhydrique commercial 5 —
Sel marin S. 3 —
Litres d'eau chaude 320
2° Hyposulfite de sodium 21 —
Acide chlorhydrique commercial 4 —
Sel marin 11 —
Eau chaude 320
Nous n'avons pu énumérer tous les brevets, additions, procédés, modifications que le cuir au chrome a fait naître ; il n'est pas une tannerie ou une mégisserie importante qui ne possède ses procédés plus ou moins secrets.
Le tannage au chrome consiste uniquement à permettre aux fibres de la peau de se combiner à une petite quantité d'oxyde de chrome, de façon à ce qu'elle prenne les qualités d'un bon cuir tanné et résiste au lavage à l'eau bouillante.
Les produits chimiques employés dans ces opérations agissant vigoureusement sur le cuir, il y a eu d'abord plus de mécompte que de réussite. Le chimiste a dû prêter son aide au tanneur dont l'expé- rience Se trouvait souvent en défaut.
Chaque usine a fini par trouver son procédé s'adaptant aux cuirs mis en œuvre et aux produits à obtenir.
Mais tous les procédés dérivent du procédé Schultze à deux bains ou du procédé Martin Dennis à un bain.
Nous décrirons les deux procédés en détail.
(A suivre.)
PHYSIQUE
REVUES MENSUELLES
PHYSIQUE
Mécanique. Pesanteur. — Sur l'équation du mouvement des automobiles.
— A. PETOT (C.-R., 128, 1536;. — Dans une réponse à M. Blondel, l'au- teur fait voir qu'en réalité, dans la formule générale donnée n'entre aucune correction relative à l'inQuence de l'inertie d'une roue sur l'utili- sation de l'adhérence de cette roue. Il insiste aussi sur le phénomène du patinage. Il indique l'un des résultats obtenus : les couples qui, sous l'ac- tion d'une cause déterminée, font déraper ou basculer les véhicules, vont d'ordinaire en augmentant jusqu'à l'instant où les roues commencent à patiner. Ils décroissent ensuite, si du moins il n'intervient aucune cause nouvelle agissant dans le même sens que la première. On voit alors com- bien il est nécessaire de préciser nettement le rôle de l'adhérence dans les cas exceptionnels où les accidents peuvent se produire. Si, en effet, quand des circonstances dangereuses se présentent, la stabilité est encore assurée à l'instant où le patinage se produit, elle le sera définitivement. Peut-être donc pourra-t-on éviter un certain nombre d'accidents en faisant jouer au patinage un rôle de sauvegarde.
Physique du globe. — Résultats des observations séismiques faites en Grèce de 1893 à 1898. — D. EGINITIS {C.-R., 128, 1570). — Il résulte des obser- vations faites en Grèce que le nombre des séismes a été dans la période de
1893 à 1897 de 3187. La statistique montre que les tremblements de terre ont été plus fréquents pendant les deux premières années et qu'ils sont plus considérables au printemps, le minimum se trouvant en automne; le nombre des séismes serait également plus grand la nuit que le jour. Cette statistique ne montre aucune relation entre la fréquence des séismes et la position de la lune dans son orbite.
Sur les particularités de l'éruption du Vésuve. — M. MATTEUCCI (C.-R.,
129, 65). — Parmi ces particularités se trouve la formation d'un soulève- ment endogène de la coupole qui ne peut être expliqué que par la pres- sion de la lave : celle-ci, en effet, ne réussissant plus à sortir par le som- met de la coupole, a commencépar la soulever en masse, avant de retrouver une issue de côté.
Ecarts barométriques sur le méridien du soleil aux jours successifs de la révolution synodiquc. — A. POINCARÉ (C.-R., 129, 128). — Le travail pré-
360 REVUES MENSUELLES
sente une série de moyennes établies pendant l'année par jour synodique et par jour tropique.
Sur les ascensions dans l'atmosphère d'enregistreurs météorologiques portés par des cerfs-volants. — L. TEISSERENC DE BORT (SOC. Phys., 16 juin). — Les ascensions montrent : 1° que par temps clair et fortes pressions, la vitesse du vent décroît généralement à mesure qu'on s'élève au-dessus du sol jusqu'à une altitude qui varie entre 1500 et 3000 mètres; 2° au con- traire, par temps couvert et basses pressions, le vent augmente sensible- ment avec la hauteur, particulièrement au voisinage de la couche de nuages inférieurs.
Dénudation et déposition. — G. JOHNSTONE STONEY (PMI. Mag., vol 47.
p. 372). — L'auteur base sur un calcul approximatif d'élasticité l'hypothèse suivante, quelque peu paradoxale au premier abord : le dépôt à la surface du globe, sur une région suffisamment étendue, d'une couche de sédiment doit produire un enfoncement supérieur à l'épaisseur de cette couche, par suite de la pression exercée sur les couches sous-jacentes jusqu'au centre du globe. De sorte qu'en définitive les régions sur lesquelles se font les dépôts marins s'abaissent, et au contraire les régions dénudées par les eaux se soulèvent.
Si cette hypothèse n'est pas entièrement vérifiée, le mécanisme indiqué doit au moins jouer un rôle dans les phénomènes géologiques. [Langevin.)
Sur la transmission de la lumière à travers une atmosphère contenant des petites particules en suspension, et sur l'origine du bleu du ciel. — LORD RAYLEÏGH (Phil. Mag., vol. 47, p. 375). — L'explication qu'a donnée l'auteur, dans un Mémoire bien connu, de la couleur bleue du ciel fait intervenir les particules en suspension dans l'atmosphère; les radiations incidentes sont dispersées par ces particules en quantité d'autant plus grande que la longueur d'onde est plus courte, et la couleur bleue doit dominer dans la lumière dispersée. Ici l'auteur cherche jusqu'à quel point les molécules gazeuses de l'air seraient suffisantes à produire une semblable dispersion, sans intervention de poussières ou de globules d'eau. Les hypothèses les plus vraisemblables relativement à la dimension de ces molécules conduit à ce résultat que le ciel paraîtrait encore bleu même en l'absence de toute matière en suspension, la portion de lumièré diffusée
étant alors environ le tiers de ce qu'elle est en réalité. (Langevin.) Considérations sur la constitution physique de la lune. — LOEWY et Pui-
SEUX (C.-R., 129, S).
Actions moléculaires. — Action de quelques gaz sur le caoutchouc. —
D'ARSONVAL (C.-R., 128, 1545). — Sous des pressions variant de 1 à 80 atmosphères, le caoutchouc absorbe de grandes quantités d'acide carbo- nique, de façon à augmenter dix à douze fois de volume. D'expériences faites sur l'air contenu dans les bandsges pneumatiques, il résulte que l'oxygène est également fortement absorbé par le caoutchouc.
PHYSIQUE 361 Remarques sur l'emploi des cryohydrales. — A. PONSOT (C.-R., 129, 99). — Voir Revue de Chimie générale.
Vibrations longitudinales dans les cylindres pleins et creux. — G. CHREE
(Phil. Mag., vol. 47, p. 333). — L'auteur développe une méthode nouvelle permettant d'obtenir la seconde approximation déjà connue de la formule qui donne la période des vibrations longitudinales d'un cylindre isotrope
ou non et de base quelconque. (Langevin.)
Sur les variations temporaires et résiduelles des aciers. vu nickel réversibles
— Ch. Ed. GUILLAUME (C.-R., 129, 15b). — L'auteur a déterminé les chan- gements d'une lame forgée ayant subi la série rationnelle des recuits et de lames étirées. On peut observer, dans la même lame, trois variations dis- tinctes, d'amplitudes et de durées différentes, dont les deux premières sont semblables à celles que l'on constate dans les barres forgées, mais dont la troisième est propre aux barres étirées.
La propriété caractéristique de cette dernière variation est d'être annulée à toute température par un recuit à une température supérieure, tandis qu'il n'en est pas de même des changements propres aux aciers au nickel, de la catégorie peu dilatable.
Chaleur. —■ Sur la température du maximum de densité des solutions aqueuses des chlorures alcalins. — L. C. DE COPPET (C.-fl., 128, 1559). — Les expériences ont porté sur des solutions de sels chimiquement purs :
chlorures de potassium, sodium, lithium et rubidium. La méthode em- ployée est celle décrite dans les Annales de Physique et de Chimie (7e série, t. 3, 1894) : l'état des thermomètres a été relevé à l'aide de la photographie.
L'abaissement moléculaire de la température du maximum décroit avec la concentratiou pour KC1, croît avec LiCl et paraît nul avec NaCl et RbCl.
L'abaissement moléculaire produit par LiCl est moitié moins grand que celui produit parles autres chlorures alcalins.
Absorption de l'eau par le verre chauffé. — GARL BARUS (Phil. Mag., vol. 47, p. 461). — Dans un précédent Mémoire (Voir Rev. Ph. Ch., mars 1899, p. 114), l'auteur a signalé ce fait que l'eau comprimée entre 185° et 210° dans un tube capillaire de verre subit une contraction consi- dérable en même temps que se forme un silicate hydraté qui emplit le tube et se solidifie par refroidissement. Depuis le phénomène a été étudié dans ses détails : pendant le refroidissement la masse gélatineuse se con- tracte beaucoup en laissant dans sa masse de petites cavités qui montrent le silicate gélatineux même à température élevée. Après solidification, la concentration continue de telle manière que le tube capillaire se brise infailliblement.
On peut obtenir une image du phénomène en admettant 2 phases pos- sibles du verre hydraté au contact du verre ordinaire : l'une riche en eau, stable au-dessous de 185°, l'autre plus riche en silicate et stable à tempé- rature plus élevée. Le moment de grande compressibilité apparente
3m
REVUES MENSUELLESde l'eau placée dans le tube correspond à la transformation de la première
phase dans la seconde. (Langevin.)
Sur le théorème de Maxwell. — P. SAUREL (Phys. Chem., vol. III, n° 4, 214). — L'objet de cette note est de donner une démonstration du théo- rème suivant : la somme des aires comprises entre les isothermes réelles et théoriques est égale à 0 pourvu que les aires au-dessus de l'isotherme réelle soient considérées comme positives et celles au-dessous comme négatives.
Essai sur une forme nouvelle de la relation f (pvt) = 0 relative aux fluides.
— E. H. AMAGAT (Jàurn. Ph., VIII, 3, 353.) — Voir Rev. Ph. Ch., 3E année, p. 162.
Acoustique. — Contribution à la théorie des instruments i de musique à embouchure. — F. LAHROQUE (C.-R., 129, 95). — L'auteur étudie succes- sivement les diverses causes de la production du son, la pression des lèvres sur l'anche, leur tension dans l'embouchure, l'influence de la forme du tuyau et de l'ôvasement connu sous le nom de pavillon.
Mesure des intensités des ondes sonores. Vibration des plaques téléphoniques.
— J. CAURO (Soc. Phys., 7 juillet). — La comparaison des amplitudes des ondes sonores se fait par l'observation directe au moyen du microscope, en employant la méthode stroboscopique : l'onde neuve agit sur une mem- brane qui suit fidèlement son mouvement.
Pour les ■ plaques téléphoniques l'auteur a combiné la stroboscopie aux anneaux colorés et a constaté que le phénomène de vibration était trop petit pour qu'on puisse étudier comment il dépend des divers éléments : intensité du courant, hauteur du son, etc..
Optique. — Appareil pour l'étude de la répartition lundneuse des lampes à arc. — F. LAPORTE (Bull. Soc. Electr., t. 16, n° 159, p. 288). — L'appareil décrit est celui qui est employé dans -les essais du laboratoire central d'électricité. Après avoir rappelé les diverses méthodes employées pour déterminer le flux lumineux, l'auteur indique le principe de la mesure : le photomètre et la lampe à arc restent fixes et l'on fait varier la direction du rayon étudié en déplaçant un miroir, mais sans modifier ses distances à l'arc et au photomètre et sans changer son inclinaison. Suivent une des- cription détaillée et un exemple numérique.
Sur l'opacité. — OLIZER LODGE (Phil. Mag., vol. 47, p. 385). — Ce travail reproduit l'adresse présidentielle à la Société de Physique de Londres, où le professeur Lodge passe en revue un certain nombre de questions rela- tives à la propagation et à l'absorption des ondes électromagnétiques, soit le long des fils, soit dans les milieux diélectriques doués de conductibilité.
Ce sont principalement les résultats de M. Heaviside relativement à la propagation sans déformation d'un train d'ondes le long d'un conducteur téléphonique, et à la transparence des couches métalliques minces, les