GE.08-16834 (F) 091208 111208
A
Assemblée générale
Distr.
GÉNÉRALE
A/HRC/WG.6/4/BGD/1 19 novembre 2008 FRANÇAIS
Original: ANGLAIS
CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME
Groupe de travail sur l’Examen périodique universel Quatrième session
Genève, 2-13 février 2009
RAPPORT NATIONAL PRÉSENTÉ CONFORMÉMENT AU PARAGRAPHE 15 a) DE L’ANNEXE À LA RÉSOLUTION 5/1 DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME
*Bangladesh
* Le présent document n’a pas été revu par les services d’édition avant d’être envoyé aux services de traduction.
I. LE CONTEXTE NATIONAL
1. Le Bangladesh est une démocratie pluraliste, appliquant le multipartisme dans le cadre d’un État unitaire et dotée d’un parlement à une chambre composée de 300 membres élus au suffrage universel. Outre ces 300 parlementaires, 45 sièges sont réservés à des femmes élues à la
proportionnelle parmi les membres des partis représentés au Parlement. Depuis 1991, toutes les élections législatives se sont déroulées sous l’égide d’un gouvernement non partisan qui expédie les affaires courantes, ce qui permet une passation pacifique des pouvoirs à l’issue d’élections libres, honnêtes et crédibles.
2. L’idée d’un gouvernement neutre expédiant les affaires courantes répondait à la nécessité de trouver un moyen pacifique de changer de gouvernement à la faveur d’élections impartiales.
À l’expiration du mandat d’un gouvernement dans le cadre d’un régime parlementaire, le pouvoir est transmis à un gouvernement non partisan chargé d’expédier les affaires courantes, composé d’un conseiller principal
1et d’un nombre bien défini de conseillers
2. Le dernier gouvernement de ce type a pris ses fonctions le 12 janvier 2007, lorsque le Président a déclaré l’état d’urgence à la suite de troubles politiques.
3. Dès son entrée en fonctions, ce gouvernement a pris toute une série d’initiatives de réforme institutionnelle comportant, entre autres, la séparation des pouvoirs judiciaire et exécutif; la reconstitution de la Commission de lutte contre la corruption et de la Commission électorale, en garantissant leur indépendance fonctionnelle à l’égard du Gouvernement; la création de la
Commission nationale des droits de l’homme et la dépolitisation de l’administration et de la police.
Ces initiatives de réforme qui ont un effet direct sur le plan de la bonne gouvernance, des droits de l’homme et du développement, étaient en gestation depuis des années. Elles ont été traduites en mesures concrètes sous ce nouveau gouvernement. Un nouveau modèle de gouvernance est apparu au Bangladesh qui vise à renforcer le système démocratique du pays en débarrassant celui-ci des fléaux de la corruption, de la discrimination et de l’exploitation. Plus important encore, dans ces initiatives de réforme, la société civile et les ONG ont été, comme jamais dans le passé, des partenaires actifs du Gouvernement.
4. En concrétisant son attachement aux valeurs du pluralisme, de la démocratie, de la bonne gouvernance, des droits de l’homme, de la justice dans les rapports entre hommes et femmes et de l’émancipation de ces dernières, le Bangladesh a suscité une importante transformation sociétale au cours des dernières décennies. Ces efforts ont fait du Bangladesh une réussite exemplaire en matière de lutte contre la pauvreté. La mise en œuvre de politiques pragmatiques et de réformes stratégiques touchant la croissance économique, la maîtrise de la croissance de la population, l’émancipation des femmes, l’autosuffisance alimentaire, la diminution de la dépendance à l’égard de l’aide, la
promotion des ONG, les processus électoraux démocratiques et, avant tout, le dynamisme de la société civile a permis au Bangladesh de se placer parmi les pays à niveau de développement humain intermédiaire.
5. Dans le cadre de l’action résolue qu’il mène pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Bangladesh a réussi à conserver un taux notablement élevé de
scolarisation dans le primaire et le secondaire et à éliminer les inégalités entre les sexes en matière d’emploi. Les programmes d’immunisation des enfants touchaient 87,2 % de la population en 2006.
Les taux de mortalité des nourrissons et des enfants de moins de 5 ans sont en nette diminution et la
courbe de l’espérance de vie moyenne est ascendante. Le Bangladesh est également sur la bonne
voie pour ce qui est d’atteindre les autres OMD.
6. Nonobstant les progrès encourageants en matière de développement humain, la pauvreté demeure un motif sérieux de préoccupation pour le pays. Près de 40 % de la population du Bangladesh est pauvre
3. Ce taux, ajouté au fait que le Bangladesh est frappé par des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes induites, dans une large mesure, par le changement climatique résultant des émissions de gaz à effet de serre, a rendu particulièrement difficile le lancement d’initiatives sur les droits de l’homme et le développement. La population pauvre n’est
généralement pas en mesure de contester les inégalités et de jouir pleinement de ses droits à cause de son faible pouvoir économique. La situation économique étant l’une des principales causes de la violation ou de la non-réalisation de bon nombre de droits de l’homme et de libertés fondamentales, le Bangladesh a adopté des approches globales et polyvalentes visant à atténuer la pauvreté, d’une part, et à garantir l’exercice des droits de l’homme par ses citoyens, de l’autre.
II. MÉTHODOLOGIE
7. Le présent rapport en vue de l’Examen périodique universel a été établi en consultation avec un des groupes de la société civile, des ONG
4, des ministères et d’autres organismes
gouvernementaux. Outre l’exploitation des contributions écrites des acteurs concernés et des entretiens avec les principaux détenteurs d’informations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pouvoirs publics, un certain nombre de documents relatifs aux droits de l’homme ont été passés en revue lorsque cela était nécessaire pour compléter la documentation fournie et évaluer en
connaissance de cause la situation des droits de l’homme.
III. CADRE JURIDIQUE ET JUDICIAIRE
8. La Constitution du Bangladesh est la loi suprême du pays. Les autorités ou organes officiels relevant de l’exécutif ne peuvent pas produire du droit mais ils peuvent établir des règlements dans les limites fixées par le législateur. Baptisés statuts et règlements, ces textes de type subalterne peuvent être invoqués devant les tribunaux pour autant qu’ils ne sont pas jugés constitutifs d’un excès de pouvoir au regard de la loi dont ils découlent.
9. L’état de droit est une caractéristique fondamentale du système juridique du Bangladesh.
Ce système repose certes sur la common law britannique mais la plupart des lois sont l’œuvre du législateur et sont interprétées par les juridictions supérieures. La Cour suprême du Bangladesh, composée d’une section de la Haute Cour et d’une section d’appel, est compétente aussi bien pour interpréter les lois adoptées par le Parlement que pour déclarer nulles et non avenues celles qu’elle juge attentatoires à des droits fondamentaux garantis constitutionnellement. La Section de la Haute Cour est habilitée à entendre les recours et révisions de jugements de cours inférieures et à donner des instructions et directives par voie d’ordonnance exécutoire des droits prévus dans la
Constitution. Elle est aussi habilitée à accorder d’autres réparations par voie d’ordonnance.
La Section d’appel est habilitée à entendre les recours formés contre les décisions de la Section de la Haute Cour ou de tout autre organisme officiel.
10. Les réclamations concernant des sommes d’argent, des biens, des indemnisations, etc.,
doivent être déposées auprès d’un tribunal civil présidé par un juge auxiliaire ou un juge de district
adjoint, selon l’importance du montant réclamé. Les plaintes visant la commission d’infractions
pénales doivent être déposées auprès du commissariat de police local ou d’une cour pénale présidée
par un juge de première instance. Il existe en outre des cours prud’homales de première instance et
d’appel chargées de régler les différends faisant intervenir le droit du travail.
11. Il existe aussi des juges spécialisés dans les affaires de corruption visant des agents de l’État.
Des tribunaux spéciaux ont été créés pour juger les auteurs d’infractions commises contre des femmes et des enfants, notamment les agressions à l’acide. Les différends d’ordre électoral sont tranchés par des tribunaux électoraux composés de magistrats. Les affaires familiales sont examinées par des juges auxiliaires dans des tribunaux des affaires familiales. Les cours
villageoises dans les zones rurales et les comités de conciliation municipaux dans les zones urbaines sont habilités à statuer sur des affaires civiles et pénales mineures. Les infractions commises par des membres des forces armées sont du ressort des tribunaux militaires.
12. L’Attorney général est le principal conseil juridique du Gouvernement, avec le concours d’une équipe d’attorneys généraux auxiliaires, adjoints et assistants. Ils représentent l’État devant la Cour suprême. Le Défenseur du Gouvernement, avec le concours de défenseurs auxiliaires et adjoints, représente l’État devant les tribunaux civils inférieurs et de district et conduit les procès au civil. Le Procureur général et les procureurs assistants représentent l’État en matière pénale devant les cours pénales et autres cours ou tribunaux de même rang du district. Les officiers de police engagent des poursuites au nom de l’État devant les tribunaux d’instance. C’est aux services de police, sous le contrôle direct du Ministère de l’intérieur, d’assurer le maintien de l’ordre public.
IV. CADRE NORMATIF DE PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME
13. Les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution du Bangladesh correspondent aux droits inscrits dans le droit international relatif aux droits de l’homme. Parmi les droits énumérés dans la Constitution, les droits à l’égalité devant la loi
5et à l’égale protection de la loi revêtent une
importance particulière
6. Par ailleurs, la discrimination fondée sur la race, la religion, la caste ou le sexe est interdite et nul ne peut être lésé dans sa liberté, son intégrité physique, sa réputation ou ses biens. La Constitution garantit aussi l’égalité des chances en matière d’emploi public.
14. La Constitution établit aussi les principes fondamentaux de la politique de l’État, qui imposent à ce dernier d’assurer, entre autres, la participation des femmes à la vie du pays, l’école gratuite et obligatoire, la santé publique, l’égalité des chances, le travail en tant que droit et devoir, le développement rural, la promotion des institutions relevant des autorités locales et le respect du droit international. La Cour suprême a confirmé à maintes reprises ces principes fondamentaux de protection des droits économiques et sociaux des citoyens.
15. Le sérieux avec lequel le Bangladesh aborde la question de la promotion et de la protection des droits de l’homme s’exprime clairement par son adhésion à pratiquement tous les grands instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ou leur ratification. Il s’agit notamment des instruments suivants:
a) Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965;
b) Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid de 1973;
c) Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes de 1979 et Protocole facultatif de 2000;
d) Convention relative à l’esclavage de 1926 et Protocole amendant la Convention relative
à l’esclavage de 1953;
e) Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage de 1956;
f) Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui de 1949;
g) Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 et ses deux Protocoles facultatifs de 2001;
h) Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966;
i) Convention sur la prévention et la répression du crime des génocides de 1948;
j) Convention sur les droits politiques des femmes de 1952;
k) Convention sur le consentement au mariage, l’âge minimum du mariage et l’enregistrement des mariages de 1962;
l) Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 1984;
m) Convention relative aux droits des personnes handicapées de 2006 et son Protocole facultatif; et
n) Convention contre la corruption de 2003.
16. Le Bangladesh est également partie à un certain nombre de conventions de base de l’OIT qui ont trait aux droits de l’homme, notamment:
a) Convention sur le travail forcé (n
o29) de 1930;
b) Convention sur le droit d’association (agriculture) (n
o11) de 1921;
c) Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (n
o87) de 1948; et d) Convention relative au droit d’organisation et de négociation collective (n
o98) de 1949.
17. Conformément à l’engagement volontaire qu’il a pris avant son élection au Conseil des droits de l’homme en 2006, le Bangladesh s’est efforcé d’atteindre, dans toute la mesure possible, les objectifs stipulés par cet organe. Certaines des réalisations concrètes dans ce domaine ont consisté à:
a) Garantir l’indépendance de la Commission de lutte contre la corruption;
b) Créer la Commission nationale des droits de l’homme;
c) Séparer le pouvoir judiciaire du pouvoir exécutif;
d) Poursuivre, dans le cadre de politiques programmatiques de développement national,
les efforts visant à pourvoir aux besoins de base de la population, s’agissant en particulier de
l’alimentation, de l’habillement, du logement, de l’éducation et des soins de santé primaires.
V. SITUATION DES DROITS DE L’HOMME SUR LE TERRAIN A. Droits civils et politiques
18. La Constitution du Bangladesh fait office de rempart contre les atteintes aux droits civil et politique. Elle prévoit les droits fondamentaux qui garantissent, notamment, l’égalité devant la loi et l’égale protection par la loi, et la protection de la vie et de la liberté, et elle interdit les traitements discriminatoires et le travail forcé. La Constitution garantit également des droits en cas
d’arrestation, de détention, de procès et de sanction. Des libertés précises de parole et d’expression, de circulation, d’association et de réunion, de profession et d’occupation, de religion, de propriété, de sécurité du domicile et de respect de la vie privée sont également garanties. Collectivement, ces droits ouvrent la voie à l’édification d’une société juste, libre et égalitaire.
19. Le Bangladesh peut se targuer de posséder des médias libres, une société civile dynamique et un pouvoir judiciaire indépendant qui joue depuis de nombreuses années un rôle capital de
protection des droits fondamentaux des citoyens. Les médias tant écrits qu’audiovisuels peuvent exprimer librement leurs points de vue. La promulgation, en septembre 2008, de la loi sur le droit à l’information n’a fait que renforcer l’engagement de l’État à promouvoir la liberté et l’accès à l’information.
20. Intervenant dans diverses activités portant notamment sur le microcrédit, les soins de santé, l’éducation non formelle, l’émancipation des femmes et le plaidoyer en faveur des droits de l’homme et de la bonne gouvernance, les ONG et les organisations communautaires apportent une contribution importante à la promotion et la protection des droits civils et politiques. Des actions en justice dans l’intérêt du public sont engagées pour remédier aux défauts de gouvernance, contester les détentions arbitraires et défendre les droits légitimes des citoyens.
B. Droits économiques, sociaux et culturels
21. Soucieux de créer un environnement favorable à la croissance économique et au progrès social, les pouvoirs publics mettent l’accent sur les soins de santé, l’éducation, les services de base, les investissements publics, la création d’emplois, les réformes économiques, le développement de l’agriculture et les infrastructures rurales et urbaines. Le Gouvernement a engagé un certain nombre de réformes propres à faciliter un développement industriel animé par le secteur privé en tant que principal moteur de la croissance économique. La politique industrielle accorde une grande
importance aux possibilités offertes aux femmes entrepreneurs ou salariées. Des salaires minimum sectoriels sont établis pour les travailleurs du secteur privé et un salaire minimum national a été établi pour les travailleurs sans qualifications en 2007.
22. L’accent est mis sur la création d’un filet de protection sociale des groupes vulnérables grâce
à des activités rémunératrices et des régimes de pension. Les principes fondamentaux de la politique
de l’État inscrits dans la Constitution définissent les priorités économiques, sociales et politiques
des pouvoirs publics. Le fait que les tribunaux au Bangladesh interprètent les dispositions de la
Constitution et les lois conformément à ces principes rend ces derniers encore plus importants pour
la promotion et la protection d’un ordre social juste et équitable, fondé sur la liberté économique,
sociale et culturelle des individus.
C. Droits de différents groupes vulnérables 1. Droits et émancipation des femmes
23. Conformément à ses obligations constitutionnelles
7et aux dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le Gouvernement s’est constamment employé à améliorer la condition de la femme dans les sphères tant privée que publique.
24. Fortement encouragées et soutenues par les pouvoirs publics, les femmes assument de plus en plus des rôles dirigeants aux échelons tant national que local. Elles peuvent se porter candidates aux 300 sièges ordinaires du Parlement. Outre 45 sièges parlementaires réservés aux femmes, un tiers des sièges de tous les organes locaux leur sont également réservés, y compris dans les conseils municipaux. Les femmes peuvent également se porter candidates comme les hommes aux examens de recrutement dans la magistrature et la fonction publique. Elles bénéficient également d’un quota de 10 % des postes dans l’administration. Des femmes occupent aujourd’hui des postes de haut rang dans les organes exécutifs, législatifs et judiciaires et servent dans la police et les organismes
chargés de la sécurité nationale.
25. La présence des femmes sur le marché du travail s’est nettement accrue en raison de l’évolution des schémas de subsistance dans les zones rurales, de l’expansion économique et des migrations des campagnes vers les villes. La main-d’œuvre dans le secteur du prêt-à-porter est quasi exclusivement féminine. Les femmes migrantes assurent une part notable des envois de fonds d’expatriés. Les femmes constituent aussi le plus important groupe de bénéficiaires de programmes de microcrédit tant publics que non gouvernementaux.
26. Le Bangladesh dispose d’un ministère et d’un directoire consacrés aux affaires féminines. Un Comité interministériel sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes coordonne la mise en œuvre de cet instrument et des plans d’action concernant les femmes. Il est désormais obligatoire d’indiquer le nom de la mère aux côtés de celui du père sur tous les documents/certificats et passeports. Des lois spéciales ont été promulguées pour lutter contre les violences subies par les femmes.
2. Droits des enfants
27. Le Bangladesh, qui a été l’un des premiers signataires de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, s’est engagé à réaliser les objectifs de cet instrument et le plan d’action mondiale lié expressément aux OMD approuvés à la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les enfants, en 1992.
28. Des progrès louables ont été réalisés dans les domaines de l’enseignement primaire et secondaire et de l’éducation non formelle, de l’immunisation, de la nutrition, des soins de santé primaires et de l’eau et de l’assainissement. L’accent est mis sur la réduction des écarts entre garçons et filles dans tous les aspects du développement de l’enfant. Un ministère se consacre spécialement à la coordination d’interventions ciblées en faveur des droits et de la protection de l’enfance, notamment pour assurer la formation professionnelle des jeunes et leur fournir du crédit.
Le Conseil national de l’enfance est la plus haute instance d’élaboration des politiques pour le suivi de l’application des lois relatives aux enfants et à leurs droits. Le Comité interministériel de la Convention relative aux droits de l’enfant coordonne l’application de cet instrument et des plans d’action relatifs à l’enfance. La Bangladesh Shishu Academy (Académie des enfants du
Bangladesh) conçoit et exécute des projets axés sur le développement culturel et psychosocial des
enfants.
3. Droits des groupes minoritaires
29. Le Bangladesh accueille divers groupes religieux et ethniques minoritaires qui vivent en complète harmonie depuis des générations. Musulmans, hindous, chrétiens et bouddhistes sont unis par des liens de respect mutuel et libres de pratiquer leur religion et leur culture. Des fêtes de toutes les religions sont proclamées jours fériés. Des crédits spéciaux sont consacrés au développement et à l’entretien d’institutions religieuses des différentes confessions. Des dotations spéciales sont également accordées à ces communautés pour célébrer ces fêtes. Le Gouvernement a créé des fonds de protection des communautés religieuses minoritaires, y compris des subventions pour la
construction et l’entretien de lieux de culte.
30. Le pays abrite de nombreuses communautés tribales dans des régions tant de plaines que de collines. La région des Chittagong Hill Tracts, qui abrite plusieurs groupes ethniques, est la plus diverse sur les plans linguistique et culturel.
31. Afin de garantir les droits des groupes minoritaires, par l’origine ethnique en particulier, 5 % des sièges dans toutes les institutions de niveau universitaire sont réservés aux minorités ethniques.
Celles-ci bénéficient également de quotas en matière de recrutement dans l’administration. Des ministères ont été spécialement créés pour traiter les affaires des communautés ethniques des Chittagong Hill Tracts et de différents groupes religieux.
VI. PRINCIPALES INSTITUTIONS DE PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME
A. La Cour suprême
32. La Cour suprême se situe au sommet de la hiérarchie des autorités judiciaires du Bangladesh.
Elle est habilitée à examiner les textes promulgués par le législateur et les actes de l’exécutif afin de déterminer s’ils sont compatibles avec les dispositions de la Constitution. Elle est compétente pour recevoir des requêtes et donner des instructions afin que justice soit rendue aux citoyens dont les droits ont été violés.
33. La Constitution confère
8à la Section de la Haute Cour de la Cour suprême le droit de prendre des ordonnances visant à faire appliquer les droits fondamentaux prévus dans la Constitution
9. Toute personne a le droit de saisir la Section de la Haute Cour pour obtenir la mise en œuvre de droits fondamentaux
10. Une personne qui s’estime lésée dispose de cinq types différents de requêtes afin d’obtenir réparation auprès de la Section de la Haute Cour: interdiction et certiorari (pour empêcher des fonctionnaires de commettre un abus de pouvoir), mandamus (pour obliger des fonctionnaires à faire ce qu’ils sont légalement tenus d’accomplir), habeas corpus (pour faire en sorte que nul ne soit détenu ni emprisonné illégalement) et ordonnance de prérogative (pour faire en sorte que nul n’occupe une fonction publique de manière illicite)
11.
34. La Section de la Haute Cour est également habilitée, en vertu de l’article 561-A du Code de procédure pénale, à prendre toute ordonnance qu’elle juge nécessaire pour empêcher un
détournement de procédures par quelque tribunal que ce soit ou à des fins de justice.
Cette compétence intrinsèque de la Section de la Haute Cour, qui demeure entière même en cas de
proclamation de la loi martiale, constitue un outil d’une importance capitale pour la protection des
droits fondamentaux de la personne humaine.
B. Commission nationale des droits de l’homme
35. Une Commission nationale des droits de l’homme, composée de trois membres, a été créée le 1
erseptembre 2008. Elle est saisie des allégations de violation des droits de l’homme soumises par des particuliers ou des groupes et enquête sur ces allégations. Lorsque celles-ci sont avérées, la Commission est habilitée à régler le problème elle-même ou à le renvoyer à un tribunal ou à toute autre autorité compétente, selon le cas. Elle surveille aussi la situation générale des droits de l’homme dans le pays.
VII. AUTRES MÉCANISMES INSTITUTIONNELS A. La Commission du droit
36. Une Commission du droit, créée en application d’une loi promulguée à cet effet en 1996, est habilitée à prendre les mesures voulues pour identifier les cas de retard dans le traitement des affaires par les tribunaux et à recommander des modifications à apporter aux lois et autres textes et/ou l’abrogation de lois, notamment celles qui ont des conséquences directes pour les femmes, les enfants et d’autres groupes défavorisés.
B. L’Organisation nationale d’assistance judiciaire
37. Conscient des difficultés intrinsèques qui entravent l’accès des personnes marginalisées et pauvres à la justice, le Gouvernement a promulgué en 2000 la loi sur l’assistance judiciaire, en vertu de laquelle une Organisation nationale d’assistance judiciaire a été créée pour fournir des services dans ce domaine aux personnes pauvres et autrement défavorisées.
C. Bureau de l’Attorney général
38. En application de l’ordonnance de 2008 sur les services du parquet, un service permanent du ministère public a été créé. L’objet de cette ordonnance est de permettre la nomination, la
formation, le maintien et l’administration d’un corps d’agents du ministère public apte à assurer une représentation efficace de l’État dans les procédures engagées auprès de la Cour suprême, des cours de district et des tribunaux d’upazilla (de sous-district).
D. Commission de lutte contre la corruption
39. Une Commission de lutte contre la corruption a été créée en 2004 en vertu d’une loi votée par le Parlement. L’objet de cette loi était de mettre en place un organisme indépendant de lutte contre la corruption doté du pouvoir légal de mener des enquêtes et des investigations, de constituer et d’examiner les affaires, d’examiner les moyens juridiques d’empêcher la corruption, d’exiger les déclarations de situation financière et de saisir les biens excédentaires par rapport aux sources connues de revenus. Le 22 février 2007, le règlement intérieur de cette commission a été reformulé pour conférer à cette dernière davantage d’indépendance et de pouvoir.
E. Commission de réforme des réglementations
40. Le Gouvernement a créé la Commission de réforme des réglementations afin d’accroître l’efficacité des services publics en recommandant des mesures aux organismes publics.
Cette commission comprend également des représentants du secteur privé et de la société civile.
En application de l’une de ses recommandations, tous les organismes publics se sont dotés de
chartes des citoyens.
F. Bureau de l’Ombudsman
41. Aux termes de la Constitution du Bangladesh
12, le bureau de l’Ombudsman exerce les
pouvoirs et fonctions qui lui sont conférés par une loi votée par le Parlement. Il s’agit notamment du pouvoir d’enquêter sur tout acte d’un ministère, d’un fonctionnaire ou d’une autorité publique légale. La loi sur l’Ombudsman, publiée en 1980, stipule que le Parlement désigne les agents du Bureau de l’Ombudsman.
G. L’Ombudsman fiscal
42. Le Parlement a voté en 2005 une loi portant nomination d’un ombudsman fiscal. Le bureau de l’ombudsman fiscal est chargé de recevoir les plaintes des contribuables, de demander des comptes à l’administration fiscale et de proposer des mesures propres à remédier aux irrégularités.
H. Arrangements institutionnels concernant la violence contre les femmes et les enfants
43. Le Gouvernement a créé dans six divisions des centres de crise à services multiples relevant des centres hospitalo-universitaires afin de fournir, en collaboration avec certaines ONG, les services nécessaires aux victimes de violences. Les femmes et les enfants victimes de violences et de trafic bénéficient de soins médicaux d’urgence, de l’aide de la police, d’une assistance judiciaire, de conseils psychosociaux et de lieux d’hébergement (foyers de garde sûrs) par l’intermédiaire de ces centres de crise. Des équipes spéciales chargées des femmes ont été constituées au quartier général de la police et dans certains commissariats.
44. Six laboratoires de profilage ADN ont été créés pour faciliter la tâche des centres de crise.
Les activités de ces laboratoires aident à mener à bien les enquêtes dans les affaires de viol, de meurtre, de recherche en paternité, d’héritage, d’immigration et d’identification de personnes disparues et/ou de corps mutilés.
45. Le Bangladesh a fait des progrès considérables pour le règlement du problème de la traite des femmes et des enfants, dans une large mesure, grâce à une campagne de sensibilisation, à la
démarginalisation des femmes et à la vigilance accrue des organismes compétents.
46. Le Gouvernement a mis sur pied, au sein du Ministère des affaires féminines et de l’enfance, une équipe centrale chargée des questions relatives à la violence contre les femmes, sous l’égide d’un comité interministériel de coordination de 15 membres. Des équipes similaires existent au Département des affaires féminines et à l’Organisation nationale des femmes
13. Un sous-comité du suivi est par ailleurs chargé de veiller à ce que les infractions graves et à grand retentissement soient traitées dans les meilleurs délais.
I. Les médias
47. Au Bangladesh, les médias sont farouchement indépendants. Ils tirent la sonnette d’alarme sur les questions relatives aux droits de l’homme, au développement, à la gouvernance et autres
questions du domaine public revêtant une importance nationale, afin de susciter le dialogue et le consensus sur ces questions. Le pays compte 544 quotidiens, 357 hebdomadaires, 62 billets
hebdomadaires et 93 mensuels, publiés à plus de 2 millions d’exemplaires. On a également assisté à
une multiplication phénoménale des chaînes de télévision et de radio privées par satellite. La presse
tant écrite qu’électronique réagit vigoureusement aux affaires de corruption de fonctionnaires,
d’irrégularités commises par les pouvoirs publics et de violences sociales. Ces médias, ainsi que les
chaînes de télévision et de radio publiques, diffusent des programmes spéciaux sur les questions
d’égalité entre les sexes, les libertés civiques et la non-discrimination. Le Gouvernement s’est doté d’une politique visant à étendre à tout le pays les services de radio communautaire en vue de favoriser le développement communautaire, d’alerter la population locale en cas de catastrophe naturelle imminente et de l’aider à en atténuer les risques.
J. La société civile
48. Composée de diverses catégories de public, la société civile du Bangladesh est réputée pour son dynamisme et sa contribution à l’instauration d’un véritable système démocratique.
Les mouvements de citoyens, notamment ceux qui engagent des actions de défense de l’intérêt, jouent un rôle capital à cet égard en demandant constamment des comptes aux pouvoirs publics sur leurs actions ou omissions et en s’opposant aux empiétements sur les droits fondamentaux des citoyens. Ces initiatives sont renforcées par les programmes et activités multiples et divers des ONG et des organisations communautaires. Tirant parti de leur connaissance des problèmes locaux et de leurs rapports avec les bénéficiaires au niveau local, les ONG jouent un rôle vital au service des droits de l’homme et du développement. Leurs activités couvrent un éventail qui va du microcrédit et des activités rémunératrices jusqu’à la promotion de la responsabilité et de la transparence dans les affaires publiques et à la participation à la gestion du développement, en passant par l’accès à la justice et la conservation de l’environnement.
49. Il est largement admis que les politiques du Gouvernement et son soutien matériel ont grandement contribué à la croissance du secteur des ONG, qui compte aujourd’hui près de 14 000 organisations enregistrées. Certaines d’entre elles, la Grameen Bank et le BRAC par exemple, sont reconnues et saluées au niveau international pour leurs efforts de lutte contre la pauvreté et pour le développement humain. Les succès enregistrés dans les domaines des droits de l’homme, de la bonne gouvernance et du développement sont en fait dans une large mesure le résultat d’activités complémentaires menées à bien par les pouvoirs publics et les ONG aux niveaux tant national que local.
VIII. BONNES PRATIQUES
A. Séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire
50. L’existence d’un pouvoir judiciaire indépendant est une condition sine qua none de la gouvernance démocratique et de la protection des droits de l’homme. La Cour suprême
du Bangladesh a toujours fonctionné de manière totalement indépendante. Bien que la Constitution exige leur indépendance (art. 22), les juridictions inférieures, sont longtemps restées sous le
contrôle de l’exécutif, ce qui nuit gravement à leur impartialité et leur intégrité. Dans la plupart des cas, les magistrats devaient jouer un double rôle, celui d’agent de l’État et celui d’officier judiciaire.
51. Une requête a été déposée en 1999 contestant la validité de la nomination des membres
du corps judiciaire et de sa réglementation par l’ordonnance (de réorganisation) de la fonction
publique du Bangladesh de 1980 (modifiée en 1986) et qualifiant cette situation de contraire à
la Constitution. La Section de la Haute Cour de la Cour suprême a estimé que cette situation était
effectivement contraire à la Constitution et elle a ordonné au Gouvernement d’établir un règlement
conforme à l’article 115 de la Constitution afin de créer une commission distincte pour le service
judiciaire.
52. Le Président a promulgué l’ordonnance portant Code de procédure pénale (modification) le 11 février 2007, parachevant ainsi le processus de séparation officielle de la magistrature de l’exécutif. Cette séparation tant attendue entre les pouvoirs exécutif et judiciaire a pris effet le 1
ernovembre 2007.
B. La campagne anticorruption
53. La reconstitution de la Commission anticorruption et sa transformation en organe
fonctionnellement indépendant ont fait partie des priorités du Gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes, cet organe occupant une place centrale dans sa campagne de lutte contre
la corruption. La loi de 2004 relative à la Commission anticorruption a été révisée et le règlement anticorruption de 2007 a été adopté pour accroître l’efficacité de cet organe. Des tribunaux spéciaux ont été créés pour accélérer le traitement des affaires de corruption. Un Conseil national de
coordination aide la Commission à procéder aux enquêtes et à l’arrestation des personnes accusées de corruption. Les campagnes destinées à faire connaître au public la Commission et ses activités ont pris une ampleur considérable grâce au partage de l’information et aux interactions régulières de la Commission avec les médias et le public.
C. Modernisation de la Commission électorale
54. La Commission électorale est un organe constitutionnel chargé de superviser l’établissement des listes électorales et les activités connexes relatives à la conduite des élections nationales. La Commission électorale a été reconstituée en 2007 à la suite d’allégations de parti pris et
d’inefficacité visant les anciens commissaires aux élections. La Commission électorale a achevé en 2008 l’inscription sur les listes électorales de 80 millions d’électeurs, photographies et données biométriques à l’appui, ce qui constitue une réalisation unique à tous égards vu le nombre
impressionnant d’inscrits. La Commission électorale a également fait des progrès notables en ce qui concerne l’amélioration du cadre électoral, en consultation avec toutes les parties prenantes. Elle a aussi publié une «feuille de route» électorale mettant l’accent, entre autres, sur la réforme des partis politiques, le découpage des circonscriptions sur la base du dernier recensement, les dates limites pour les élections locales et parlementaires et l’utilisation d’urnes transparentes.
55. Les élections des autorités locales dans quatre agglomérations et neuf municipalités,
organisées le 4 août 2008, étaient les premières organisées par la Commission électorale actuelle.
Ces élections ont été qualifiées par tous les observateurs de libres, honnêtes et crédibles. Aucune plainte des protagonistes n’est à signaler. Cette élection a connu le plus fort taux de participation de l’histoire des élections au Bangladesh, taux de participation allant de 75 à 92 %. C’était également la première fois dans l’histoire du Bangladesh que tous les groupes vulnérables, y compris les communautés minoritaires et les femmes, ont participé en grand nombre aux élections, dans un contexte exempt de violence et d’intimidation.
D. Réformes des autorités locales
56. La Constitution du Bangladesh
1prévoit la mise en place d’autorités locales représentatives à tous les niveaux de l’administration, et préconise une représentation des paysans, des travailleurs et des femmes. Un comité d’experts constitué en juin 2007 a recommandé, en consultation avec les parties prenantes locales, notamment les professionnels, les partis politiques et les organisations de la société civile, plusieurs mesures propres à renforcer l’autonomie, la capacité financière et la démocratisation accrue de ces autorités locales, ainsi que la création d’une commission permanente des autorités locales. Cette commission est en cours de création.
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