Conseil des droits de l’homme
Groupe de travail sur l’Examen périodique universel Trente-huitième session
3-14 mai 2021
Rapport national soumis conformément au paragraphe 5 de l’annexe à la résolution 16/21 du Conseil des droits de l’homme*
Singapour
* La version originale du présent document n’a pas été revue par les services d’édition.
Nations Unies A/HRC/WG.6/38/SGP/1
Assemblée générale Distr. générale 11 février 2021 Français
Original : anglais
Table des matières
Page
I. Introduction ... 3
II. Approche de Singapour en matière de droits de l’homme ... 3
III. Plus forts ensemble − Façonner l’avenir commun de Singapour ... 3
IV. Méthode ... 4
V. Construire une société inclusive ... 4
VI. Une société cohésive ... 13
VII. Une société résiliente ... 18
VIII. Conclusion ... 23 Annexe
Réponse de Singapour au questionnaire conjoint des titulaires de mandat au titre des procédures spéciales intitulé « Protéger les droits humains durant et après la COVID-19 »
I. Introduction
1. Malgré les progrès considérables accomplis depuis que l’indépendance s’est imposée à nous en 1965, Singapour continue de faire face à des défis existentiels. Nous sommes la seule ville-état sans arrière-pays ni ressources naturelles à avoir tous les attributs d’un pays souverain. L’année 2020 a été marquée par l’épreuve inédite de la pandémie de COVID-19 (la « pandémie »), qui nous a confrontés à des difficultés uniques en tant que ville mondialement connectée. À l’aune internationale, cependant, les résultats de Singapour sont bons.
II. Approche de Singapour en matière de droits de l’homme
2. Pour comprendre l’approche singapourienne en matière de droits de l’homme, il est nécessaire de comprendre le contexte dans lequel Singapour existe. Nous sommes une petite ville-État, densément peuplée et multiraciale. Sur les quelque 5,69 millions d’habitants que compte Singapour, 3,52 millions sont des citoyens singapouriens qui se répartissent, selon l’appartenance ethnique, entre 75,9 % de Chinois, 15 % de Malais, 7,5 % d’Indiens et 1,6 % de classés « Autres ». Le pays compte 0,52 million de résidents permanents. Les 1,64 million restants sont des ressortissants étrangers détenteurs d’un permis de travail ou de séjour de longue durée. Les plus de 65 ans représentent 16,8 % des citoyens. Selon une enquête du Pew Research Center réalisée en 2014, Singapour est le pays qui présente la plus grande diversité religieuse au monde. Pour nous, l’idée de nation a toujours été associée à la mission qui consiste à façonner diverses communautés en un seul peuple. La poursuite du développement et la création de perspectives pour notre population continuent de revêtir une importance existentielle. Nous travaillons en permanence au maintien de l’harmonie et de l’égalité au sein de cette population diverse.
3. L’approche de Singapour en matière de droits de l’homme repose sur deux principes.
Premièrement, les droits de l’homme n’existent pas dans le vide, mais doivent tenir compte des circonstances particulières du pays, notamment de ses contextes culturel, social, économique et historique. Deuxièmement, l’état de droit est une condition préalable essentielle à la base de la promotion et de la protection des droits de l’homme. Comme tous les pays, nous devons trouver un équilibre entre les droits des individus et ceux de la société.
Nous devons constamment résister aux appels tendant à ce que tel groupe soit privilégié par rapport à tel autre, et garder à l’esprit que les forces primordiales de la race, de la langue et de la religion sont celles qui ont failli anéantir notre société alors qu’elle était en formation1. Nos dirigeants ont donc voulu construire une société qui accueillerait tous les groupes ethniques et reconnaîtrait toutes les religions sur un pied d’égalité. Nous respectons les droits de l’homme fondamentaux inscrits dans notre Constitution et dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et nous continuerons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour pérenniser une société inclusive et cohésive.
4. Un autre défi de développement des premiers temps a été l’édification des principaux piliers qui assurent le fonctionnement de la société : la santé, le logement et l’éducation. Au fil des décennies, nous avons mis en place un système de santé solide, de qualité et abordable.
Plus de 90 % des Singapouriens sont propriétaires de leur logement, dont bon nombre bénéficient de logements sociaux subventionnés et de bonne qualité. Nous nous sommes également dotés d’un système éducatif solide et internationalement reconnu.
III. Plus forts ensemble − Façonner l’avenir commun de Singapour
5. La pandémie a soumis tous les pays à un « test de résistance » sur les plans politique, social et économique. La riposte montée par Singapour contre la pandémie a fait la preuve que nous disposons du capital social nécessaire pour sortir plus forts de cette épreuve et pour faire face aux crises futures. Singapour a pris des mesures décisives, dont la mise en place en mai 2020 d’une équipe spéciale « Émerger plus forts » (Emerging Stronger), afin de cerner les perspectives du monde postpandémique. Dans le droit fil du mouvement « Singapour
ensemble » (Singapore Together), nous élargissons et développons également les espaces communs, réels et virtuels, de mobilisation et d’interaction visant à faire progresser l’inclusion, la cohésion et la résilience sociale. Le Gouvernement a également organisé une série de Conversations « Émerger plus forts » dans lesquelles les Singapouriens partagent leurs espoirs et leurs projets d’une société post-COVID-19 plus prévenante, plus cohésive et plus résiliente.
IV. Méthode
6. L’Examen périodique universel est l’occasion pour Singapour de faire le point sur les progrès réalisés et les défis à relever, d’entendre d’autres points de vue et de donner aux citoyens et à la société civile la possibilité de concourir à l’évolution de la situation des droits de l’homme. En 2011, nous avons accepté 84 des 112 recommandations formulées à l’issue du premier cycle de l’Examen périodique universel. En 2016, nous avons accepté 125 des 236 recommandations formulées à l’issue du deuxième cycle de l’Examen périodique universel. Le Comité interministériel des droits de l’homme suit et contrôle la mise en œuvre des recommandations. Le présent rapport rend compte de la suite qui a été donnée aux recommandations acceptées dans leur totalité à l’issue du deuxième cycle de l’Examen, ainsi que des aspects notables de l’évolution qu’ont connue les politiques connexes, sans toutefois brosser un état des lieux complet, faute de place.
7. Le Gouvernement s’est assuré le concours de la société civile sur les questions qu’elle avait soulevées. Le Comité interministériel chargé des droits de l’homme a mené trois séries de consultations thématiques avec les organisations de la société civile, de sorte qu’un éventail représentatif de ces organisations soit consulté sur les questions abordées dans le présent rapport.
V. Construire une société inclusive
8. Nous cherchons à construire une nation où chaque citoyen, indépendamment de sa race, de sa religion ou de son revenu, bénéficie des progrès de la société. Nous continuons de nous consacrer à la création d’un environnement porteur dans lequel tous les Singapouriens ont des chances égales de s’épanouir et de contribuer au maximum de leur potentiel, tout en nous attachant à renforcer les mesures destinées à garantir les droits individuels. Notre approche est axée sur l’obtention de résultats positifs et suffisamment durables pour qu’en profitent les générations futures.
A. Enfance et jeunesse (recommandations 35, 36, 38, 39, 40, 41, 58, 59, 98, 149, 174, 175 et 223)
9. Nos enfants et nos jeunes sont notre avenir, et leur bien-être est de la plus haute importance. Nous avons accepté les recommandations 35, 36, 38, 39, 40, 41, 58, 59, 98, 149, 174, 175 et 223). Singapour est fermement déterminée à honorer ses obligations au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant. En 2019, nous avons présenté au Comité des droits de l’enfant notre rapport valant quatrième et cinquième rapports périodiques (CRC/C/SGP4-5). Nous prenons au sérieux les observations du Comité alors que nous continuons de sauvegarder et de promouvoir l’intérêt supérieur de nos enfants. Singapour prend des mesures pour répondre aux exigences du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Certaines des protections législatives qui ont été renforcées pour lutter contre la prostitution des enfants et la pédopornographie sont décrites ci-dessous.
10. Renforcement de la législation pour protéger les enfants et les jeunes. Les droits et les protections garanties aux enfants sont contenus dans la loi relative à l’enfance et à la jeunesse, la Charte des femmes et le Code pénal. Nous avons modifié le Code pénal en 2019 afin de renforcer la protection des enfants et des jeunes contre l’exploitation sexuelle. Y ont ainsi été introduites :
a) Des infractions criminalisant la production, la distribution, la publicité et la possession de contenus montrant des violences sur enfants ;
b) Des infractions criminalisant la communication à caractère sexuel avec une personne mineure ou la commission d’un acte à caractère sexuel en présence ou au vu d’une personne mineure ;
c) Une infraction relative aux activités sexuelles menées dans un contexte d’exploitation avec des mineurs de 16 à 18 ans ;
d) Des peines plus lourdes pour certaines infractions commises à l’encontre d’enfants de moins de 14 ans.
11. Le Parlement a adopté des modifications de la loi relative à l’enfance et à la jeunesse à l’effet de relever de moins de 16 ans à moins de 18 ans l’âge jusqu’auquel un enfant ou un jeune a besoin de protection ou de réadaptation.
12. Protection des enfants victimes. La loi de 2018 relative à réforme de la justice pénale consacre la nécessité d’un système de justice pénale qui soit sensible aux traumatismes et aux besoins des enfants victimes et témoins. La publication en connaissance de cause d’informations susceptibles d’identifier le plaignant ou la victime présumée dans des affaires de maltraitance d’enfants constitue désormais une infraction. Le témoignage de la victime présumée doit être présenté à huis clos dans les procès pénaux portant sur des cas de maltraitance d’enfants, à moins que la victime n’en décide autrement. Les victimes présumées dans les affaires de maltraitance d’enfants peuvent être autorisées à témoigner derrière un écran physique.
13. Un bon départ pour chaque enfant. Nos dépenses annuelles au titre de l’éducation de la petite enfance ont triplé entre 2012 et 2018, passant d’environ 360 millions de dollars singapouriens (273 millions de dollars des États-Unis) à 1 milliard de dollars singapouriens (759 millions de dollars É.-U.), et elles sont encore appelées à doubler pour atteindre plus de 2 milliards de dollars singapouriens (1,52 milliard de dollars É.-U.) au cours des quelques prochaines années. Nous continuons de rendre l’éducation de la petite enfance plus accessible, afin de mettre sur un pied d’égalité les enfants issus de ménages à moindres revenus. À partir de janvier 2020, les familles à faible revenu qui travaillent pourront ne payer que 3 dollars singapouriens (2,30 dollars É.-U.) par mois pour les services de garde d’enfants à plein temps ou 1 dollar singapourien (0,76 dollar É.-U.) par mois pour les services de jardin d’enfants dans les écoles maternelles subventionnées par l’État. D’ici à 2025, 80 % des enfants d’âge préscolaire pourront avoir une place dans les établissements préscolaires subventionnés par l’État, par rapport à un peu plus de la moitié aujourd’hui.
14. Enfants de familles défavorisées. En partenariat avec des professionnels multidisciplinaires et les populations locales, nous étendons notre action en faveur des enfants âgés de 0 à 6 ans issus de familles à faible revenu dans le cadre du programme KidSTART, afin de répondre en amont, de manière holistique, aux besoins des enfants en matière de santé, de vie sociale et de développement. Le programme, qui bénéficie à 1 000 enfants aujourd’hui, en encadrera 5 000 de plus d’ici à 2023 environ. En 2018, nous avons créé l’équipe spéciale UPLIFT chargée de resserrer la collaboration entre les organismes publics, les écoles, les services sociaux et les bénévoles, et de rechercher et combler les lacunes du système actuel de soutien à ces enfants.
B. Femmes (recommandations 65, 66, 67, 81, 106, 114, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 151, 208, 209 et 210)
15. Les femmes de Singapour ont fait du chemin depuis l’indépendance. Nous célébrons leurs réalisations, apprécions leurs contributions et respectons leur importance croissante dans la société. Singapour a accepté les recommandations 65, 66, 67, 81, 106, 114, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 151, 208, 209 et 210.
16. Le Comité interministériel chargé de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes surveille la mise en œuvre des obligations de Singapour au titre de la Convention. Le Comité a examiné le cinquième rapport périodique
de Singapour (CEDAW/C/SGP/5) en 2017. En 2020, Singapour a lancé les Conversations sur le développement des femmes de Singapour, une série de conversations nationales visant à recueillir les réactions de milliers de Singapouriens sur des sujets relatifs aux femmes à la maison, au travail, à l’école et dans la communauté. Elles aboutiront à un livre blanc qui sera soumis au Parlement en 2021, avec des recommandations et une feuille de route pour faire progresser la protection, les intérêts et le développement des femmes à Singapour.
17. Participation accrue des femmes. Singapour favorise activement la participation des femmes à la politique et au service public. Halimah Yacob, première femme à assurer la Présidence de Singapour, a pris ses fonctions en 2017. En 2020, 28 des 95 membres du Parlement (29 %) étaient des femmes, ce qui est supérieur à la moyenne mondiale de 24,5 % de l’Union interparlementaire. Sur les 37 hauts responsables politiques de Singapour, neuf sont des femmes. Les femmes représentent également 53 % de la fonction publique (selon les données de 2019). Le Conseil pour la diversité au sein des conseils d’administration, formé en janvier 2019, encourage une plus grande représentation des femmes au sein des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse, des organismes officiels et des organisations à but non lucratif.
18. Soutien aux femmes au sein de la société et de la famille. De nombreuses femmes continuent d’assumer de nombreuses responsabilités relevant du ménage et des soins à autrui.
Nous avons continué de renforcer les mesures visant à promouvoir le partage des responsabilités domestiques et familiales, notamment par des modalités de travail flexibles.
De 2018 à 2020, nous avons engagé plus de 200 millions de dollars singapouriens (152 millions de dollars É.-U.) sous forme de subventions financières et conçu des guides pratiques pour aider les employeurs à mettre en œuvre et à maintenir des modalités de travail flexible. Depuis 2017, les pères bénéficient de deux semaines de congé de paternité rémunéré et peuvent se voir transférer jusqu’à quatre semaines du congé de maternité de leur conjointe.
Dans le cadre du mouvement national « Des papas pour la vie » (Dads for life), nous avons lancé des initiatives telles que « Papas à l’école » (Dads@School) pour promouvoir la paternité active. Depuis 2017, les mères célibataires bénéficient des mêmes subventions pour la garde des nourrissons et des enfants et du même congé de maternité que les mères mariées.
19. La loi islamique est appliquée à certaines questions religieuses et personnelles intéressant les musulmans de Singapour. L’application de la loi islamique à Singapour tient compte de l’évolution des contextes et des normes sociétales. En mai 2019, par exemple, la fatwa (décision religieuse) relative à la propriété conjointe a été révisée afin que ce type de contrat soit considéré comme valide au regard de la religion sans qu’il soit nécessaire de documents supplémentaires pour établir le droit de survie. Cette disposition vise en particulier à préserver les veuves musulmanes de la détresse et de l’incertitude financières.
20. Protection renforcée contre la violence. Avec la Charte des femmes, la loi relative aux enfants et à la jeunesse, la loi relative à la protection contre le harcèlement et le Code pénal, Singapour dispose d’un solide arsenal législatif criminalisant la violence à l’égard des femmes. À dater de janvier 2020, l’immunité maritale a été entièrement levée dans les affaires de viol et la définition du viol a été élargie pour inclure la pénétration orale et anale par le pénis. Nous avons également alourdi les peines dont sont passibles une série d’infractions commises à l’encontre de personnes vulnérables, notamment les enfants, les aides domestiques, les personnes ayant une relation intime avec le délinquant et les personnes handicapées essentiellement incapables, en raison de leur handicap mental ou physique, de se protéger contre les violences. En 2016 a été lancée la campagne « Rompre le silence » (Break the Silence) visant à promouvoir la prise de conscience et la discussion de la violence au sein de la famille.
21. Nous reconnaissons que les lois ne peuvent à elles seules résoudre la problématique multiforme de la violence en milieu familial. Créée en février 2020, l’Équipe spéciale chargée des questions de violence au sein de la famille réunit des représentants du Gouvernement, de la justice et de partenaires tels que les hôpitaux, les centres spécialisés dans les questions de violence au sein de la famille, les refuges d’urgence et les centres de services aux familles, afin de formuler des recommandations pour lutter contre la violence au sein de la famille. Il est prévu que l’Équipe rende ses constatations et ses recommandations dans le courant de l’année.
C. Migrants (recommandations 79, 94, 130, 132, 133, 135, 136 et 137)
22. Nous sommes reconnaissants de la contribution de nos travailleurs migrants et avons pris des mesures concrètes pour améliorer leur bien-être. Singapour a accepté les recommandations 79, 94, 130, 132, 133, 135, 136 et 137.
23. Les travailleurs migrants, y compris les travailleurs étrangers et les travailleurs domestiques étrangers, représentent une part importante de la main-d’œuvre de Singapour.
Nous nous employons en permanence à revoir et à améliorer les mesures visant à garantir leur bien-être.
24. Protection législative. Les travailleurs étrangers jouissent des mêmes droits que les travailleurs locaux en vertu de la loi relative à l’emploi, de la loi relative la sécurité et la santé sur le lieu de travail, de la loi relative à l’indemnisation des accidents du travail et de la loi relative aux bureaux de placement. La loi relative à l’emploi a été modifiée en avril 2019 à l’effet d’améliorer certaines protections (concernant notamment la rémunération des heures supplémentaires, les jours de repos et les heures de travail) et les processus de résolution des conflits. Les droits des travailleurs étrangers en matière d’emploi sont également protégés par la loi relative à l’emploi de la main-d’œuvre étrangère.
25. Les travailleurs domestiques à Singapour, dont les travailleurs domestiques étrangers, sont protégés par un cadre complet de lois et de modalités d’application qui tiennent compte des particularités du travail dans le secteur domestique. La loi relative à l’emploi de la main-d’œuvre étrangère garantit les droits et le bien-être de tous les travailleurs domestiques étrangers, leur assurant notamment des périodes de repos quotidien et hebdomadaire (ou des compensations) suffisantes. Nous avons également renforcé les dispositions destinées à protéger les travailleurs domestiques étrangers contre la maltraitance. Le Code pénal a été modifié en 2019 afin de doubler la peine maximale encourue par les personnes déclarées coupables de coups et blessures, de voies de fait, d’infractions sexuelles, d’entraves illicites à la liberté de mouvement ou de séquestration à l’encontre de travailleurs domestiques étrangers. La rétention du permis de travail ou du passeport du travailleur migrant contre sa volonté est également illégale.
26. Éducation, sensibilisation et formation. Nos organisations non gouvernementales (ONG) (telles que le Migrant Workers’ Centre, le Centre for Domestic Employees et Aidha) sont des partenaires inestimables pour ce qui est de façonner le paysage du travail migrant et pour s’assurer que les intéressés comprennent leurs droits et responsabilités et sachent où trouver de l’aide. Les ONG exécutent des programmes en collaboration avec le Gouvernement. Elles s’occupent notamment du Programme d’installation des nouveaux arrivés, de la distribution de guides pratiques et du développement d’un groupe d’ambassadeurs des travailleurs migrants chargé de diffuser des informations et de partager des renseignements actualisés. Les ONG dispensent également des formations professionnelles et des cours d’initiation financière.
27. Amélioration des voies de recours. Nous avons facilité l’accès des travailleurs migrants et locaux aux voies de recours. En 2017, nous avons mis en place le Tribunal des réclamations en matière d’emploi (Employment Claims Tribunal), juridiction à guichet unique compétente pour résoudre un large éventail de litiges en matière d’emploi, et l’Alliance tripartite pour la gestion des litiges (Tripartite Alliance for Dispute Management), instance de médiation préalable à la saisine du Tribunal des réclamations. Quatre-vingt-dix pour cent des employés qui ont introduit une réclamation salariale entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2020 ont pu recouvrer l’intégralité de leur salaire à l’issue de la procédure devant l’Alliance ou le Tribunal. En 2019, deux ONG défendant les droits des travailleurs domestiques étrangers ont commencé à fournir aux travailleurs et aux employés du secteur des services gratuits de résolution des litiges n’impliquant pas de violations de la réglementation en vigueur.
28. Bien-être, santé et sécurité. En réponse à une enquête menée en 2018, neuf travailleurs étrangers sur 10 ont dit qu’ils étaient satisfaits de travailler à Singapour et qu’ils recommanderaient à leurs proches et à leurs amis de faire de même. Les employeurs sont responsables des frais médicaux de leurs travailleurs migrants et doivent veiller à ce qu’ils disposent d’un logement décent et de nourriture. Les employeurs doivent souscrire une
couverture médicale d’au moins 15 000 dollars singapouriens (11 400 dollars É.-U.) au bénéfice de leurs travailleurs étrangers semi-qualifiés et moyennement qualifiés. En 2020, les limites applicables aux frais médicaux et aux indemnisations pour décès et incapacité permanente au titre de la loi relative à l’indemnisation des accidents du travail ont été relevées pour suivre la croissance des salaires et les coûts des soins de santé. Les employeurs de travailleurs domestiques étrangers doivent souscrire une couverture accidents personnels d’au moins 60 000 dollars singapouriens (45 560 dollars É.-U.) contre le décès et l’invalidité permanente par accident.
D. Personnes handicapées (recommandations 114, 129, 224, 225, 226, 227, 229, 230 et 231)
29. Nous nous employons à construire une société inclusive qui favorise l’intégration des personnes handicapées. Singapour a accepté les recommandations 114, 129, 224, 225, 226, 227, 229, 230 et 231. Nous mettons en œuvre depuis 2007 des plans-cadres pour l’autonomisation (Enabling Masterplans) dont les mesures visent à intégrer les personnes handicapées dans la société. Nous en sommes au troisième plan-cadre (2017-2021), lancé à l’issue de consultations approfondies avec les parties prenantes − personnes handicapées, familles, aidants, services sociaux, professionnels, employeurs et praticiens. Ces plans-cadres favorisent l’inclusion sociale et économique des personnes handicapées au moyen d’initiatives portant sur l’intervention précoce, l’éducation, l’emploi, le transport, la santé, les soins aux adultes, l’accessibilité et la technologie.
30. Intégration sociale. L’accessibilité est un domaine dans lequel Singapour a fait des progrès considérables. Tous les services de bus publics sont accessibles aux fauteuils roulants et pour aider les navetteurs handicapés, tous les bus mis en service après 2018 sont équipés d’un système numérique d’affichage des informations aux passagers. Le Code de l’accessibilité de 2019 contient de nouvelles prescriptions impératives qui rendent plus accessibles des lieux comme les toilettes et les parkings. Nous avons également rendu les sports plus accessibles grâce aux gymnases et aux programmes sportifs inclusifs conçus dans le cadre du plan-cadre de 2016 en faveur des sports pour les personnes handicapées (Disability Sports Masterplan). Un Guide de l’autonomisation (Enabling Guide), portail d’informations de premier recours sur le handicap, a été mis en ligne en 2019 afin d’améliorer l’accès des personnes handicapées et des aidants aux ressources qui sont à leur disposition.
31. Intervention précoce. Un soutien précoce et ciblé est essentiel pour maximiser le potentiel des enfants âgés de 0 à 6 ans susceptibles de présenter un retard de développement.
En 2019, nous avons accru les subventions aux programmes d’intervention précoce et étendu leur bénéfice à un plus grand nombre de familles. Pour étoffer les possibilités d’intervention adaptées aux besoins des enfants, nous avons également introduit deux nouveaux programmes d’intervention précoce, l’un pour les nourrissons et les enfants de moins de 2 ans, l’autre pour les enfants qui ont réalisé certains progrès. En 2019, nous avons également mis en place un groupe de travail intersectoriel sur l’inclusivité préscolaire chargé d’étudier les moyens de mieux prendre en charge à l’école maternelle les enfants qui ont des troubles du développement modérés à sévères.
32. Enfants présentant des besoins éducatifs particuliers. Depuis 2019, la portée de la loi relative à l’enseignement obligatoire a été étendue aux enfants nés après le 1er janvier 2012 qui présentent des troubles de l’apprentissage modérés à sévères, afin de leur assurer le cadre éducatif le mieux adapté à leurs besoins particuliers. Quatre-vingts pour cent des élèves qui ont des besoins éducatifs particuliers fréquentent des écoles ordinaires financées par l’État.
Ces élèves ont les capacités cognitives et les compétences d’adaptation nécessaires pour suivre le programme national et apprendre dans un milieu scolaire traditionnel. Ils reçoivent le soutien d’éducateurs associés spécialisés dans l’aide à l’apprentissage et au comportement et d’enseignants formés aux besoins particuliers. Les 20 % restants des élèves ayant des besoins particuliers (environ 1,5 % de l’ensemble des enfants d’âge scolaire) fréquentent des établissements d’enseignement répondant à des besoins particuliers, financés par l’État, où ils reçoivent l’assistance plus intensive et spécialisée dont ils ont besoin. Ces élèves suivent des programmes personnalisés établis selon des plans éducatifs individuels. Leur réseau de
soutien est constitué d’enseignants spécialement formés épaulés par des thérapeutes, des psychologues, des travailleurs sociaux et des assistants pédagogiques.
33. L’appui aux apprenants qui ont des besoins particuliers s’étend aux instituts d’enseignement supérieur. Chaque institut dispose d’un service de soutien aux besoins éducatifs particuliers qui collabore avec les services pédagogiques et sociaux pour fournir aux étudiants concernés, dès avant l’inscription et jusqu’à l’obtention du diplôme, une assistance intégrée en matière de cursus, d’accessibilité, de financement et d’aide aux stages.
34. Promotion de l’emploi. L’agence SG Enable (spécialisée dans l’autonomisation des personnes handicapées) encourage les employeurs à adopter des pratiques favorisant l’inclusion au sein de leurs entreprises, notamment par le financement de formations, l’aménagement du lieu de travail, la conception des postes et l’acquisition de moyens technologiques d’assistance. L’État soutient également l’emploi des personnes handicapées en versant des contributions salariales aux employeurs sous le régime des crédits à l’autonomie au travail (Enabling Employment Credit). Depuis 2019, un guide pour la redéfinition des emplois (Job Redesign Guide) aide les employeurs à reconcevoir les postes pour les rendre plus accessibles aux employés handicapés et plus adaptés à leur intégration.
Les entreprises intéressées ont la possibilité de se soumettre à un test d’auto-évaluation, le Workplace Disability Inclusive Index (indice d’inclusion du handicap au travail), pour déterminer si elles sont en mesure de pratiquer un recrutement ouvert à tous. En 2019, afin d’améliorer l’employabilité des personnes handicapées, le Gouvernement a créé, en exécution du plan-cadre pour l’autonomisation, un groupe de travail sur la préparation des personnes handicapées à l’économie de demain.
35. Soutien à l’apprentissage tout au long de la vie. En 2016, dans le cadre du mouvement SkillsFuture, le Gouvernement a inauguré deux bourses d’études destinées à récompenser des personnes handicapées et des professionnels de l’emploi des personnes handicapées qui sont des modèles dans leurs domaines, et à permettre à ces lauréats d’approfondir et d’élargir leurs compétences.
36. Consultations inclusives. Dans le cadre des Conversations « Émerger plus forts », axées sur l’avènement d’une Singapour post-pandémique résiliente, le Gouvernement a organisé en novembre 2020 des sessions d’échange virtuelles réunissant 120 personnes handicapées et autres parties prenantes du secteur du handicap. Le but était de recueillir leurs points de vue sur diverses questions, qu’il s’agisse d’emploi, d’apprentissage tout au long de la vie et de sensibilisation au handicap.
E. Personnes victimes de la traite (recommandations 178, 179, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189 et 190)
37. Singapour a accepté les recommandations 178, 179, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189 et 190. Nous avons pris des mesures décisives pour lutter contre la traite des personnes et pour en soutenir et en protéger les victimes, notamment en nous acquittant des obligations découlant du Protocole des Nations Unies visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes.
38. Action nationale. Pour lutter efficacement contre la traite des personnes, il faut des lois, des mesures d’application et une mobilisation des acteurs concernés et de la population.
Grâce à de vastes consultations avec des ONG, des entreprises et des universitaires, Singapour a élaboré une Stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes pour la période 2016-2026. L’approche adoptée s’articule en quatre P.
a) Poursuite des trafiquants. La loi de 2015 relative à la prévention de la traite des êtres humains pose le cadre juridique de la lutte de Singapour contre la traite des personnes. Elle nous permet de viser les trafiquants qui agissent à l’étranger. En septembre 2020, sur les 15 personnes qui avaient été accusées en application de cette loi, 9 avaient été condamnées, 2 avaient été acquittées et 4 passaient en procès.
b) Protection des victimes. En collaboration avec les organismes de services sociaux, le Gouvernement nourrit et loge les victimes de la traite des personnes, leur prodigue
des soins de santé et des services de conseil, et met en place une intervention spécialisée adaptée aux circonstances de chacune d’entre elles.
c) Prévention de la traite. Pour prévenir la traite des personnes et en protéger les victimes, il est essentiel que le public soit conscient des crimes de traite et que les parties prenantes soient formées à les détecter et à les déjouer. Lancée en 2016, la subvention en faveur de la sensibilisation du public à la traite des personnes a encouragé diverses initiatives d’éducation du public, dont une exposition de photos, des projections de films, une conférence à l’intention des entreprises et une chanson créée par un artiste local.
d) Partenariats avec les parties prenantes. Pour lutter contre la traite des personnes à l’échelle mondiale, Singapour associe son action à celle des organisations internationales telles qu’INTERPOL et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, et coopère avec les services de police et de justice d’autres pays. Pour renforcer la coopération avec ses partenaires régionaux, Singapour a ratifié en 2016 la Convention de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants. Sur le plan national, les organisations de la société civile sont des partenaires inestimables dans la prise en charge des victimes de la traite, et l’adhésion des entreprises à un approvisionnement responsable est essentielle pour mettre fin à la demande.
39. En outre, les autorités compétentes reçoivent des formations régulières et spécialisées à Singapour comme à l’étranger. Il s’agit de les sensibiliser aux indicateurs de la traite des personnes et d’améliorer leurs ripostes à ses manifestions.
F. Personnes âgées (recommandations 105, 128, 129, 216, 217 et 221)
40. Singapour a accepté les recommandations 105, 128, 129, 216, 217 et 221. La société singapourienne vieillit rapidement. D’ici à 2030, un Singapourien sur quatre aura au moins 65 ans. Singapour rééquilibre ses stratégies sociales et économiques. Elle entend notamment renforcer ses régimes de soins de santé, ses infrastructures, ses établissements de soins et ses réseaux de soutien, afin de donner aux personnes âgées les moyens de mener une vie active et utile.
41. Régime universel d’épargne-retraite. La Caisse centrale de prévoyance est un régime d’épargne de sécurité sociale obligatoire qui permet aux Singapouriens et aux résidents permanents de mettre de côté des fonds pour leur retraite, leur logement et leurs besoins médicaux. Employeurs et employés contribuent conjointement aux comptes de prévoyance des employés. À partir de 2022, les cotisations pour les travailleurs âgés de 55 à 70 ans augmenteront progressivement.
42. Soins de qualité et abordables. En 2020, Singapour a introduit une série de mesures visant à atténuer l’incertitude liée aux soins de longue durée. Il s’agit notamment d’un régime d’assurance soins de longue durée remanié, CareShield Life, qui offre une protection financière nettement améliorée en cas d’invalidité grave. Le régime national d’épargne santé, MediSave, financé par des cotisations liées à l’emploi, fournira également des fonds supplémentaires en cas de handicap grave, en particulier après la retraite. Les plafonds des retraits d’espèces des comptes MediSave seront relevés afin de mieux aider les personnes souffrant de maladies chroniques multiples et complexes. ElderFund est un fonds qui aide les citoyens singapouriens gravement handicapés, à faible revenu et âgés d’au moins 30 ans, à bénéficier de soins de longue durée.
43. Soins plus accessibles. Singapour étoffe les dispositions qu’elle prend pour permettre aux personnes âgées de vieillir confortablement au sein de la communauté. Depuis 2015, les places de soins à domicile et de jour destinées à aider les personnes âgées à vieillir chez elles ont vu leur nombre augmenter de 70 %, et la capacité en lits des maisons de retraite pour les personnes âgées fragiles et dont le soutien familial est limité a connu une augmentation de 30 %.
44. Nous sommes soucieux d’adopter de nouveaux modèles intégrés qui améliorent les soins et l’inclusion sociale. Nous augmentons le nombre de centres de jour pour les personnes âgées, y compris les centres dits de vieillissement actif, et nous avons intégré des services de soins aux personnes âgées et de garde d’enfants dans certains complexes d’habitations. Nous
avons créé des services intégrés de soins à domicile et de jour, et nous piloterons des modèles d’ensembles résidentiels assortis de services de soins afin de faciliter l’autonomie des personnes âgées vivant seules.
45. Amélioration des infrastructures. Nous continuons d’adapter les communautés aux besoins des personnes âgées en améliorant les infrastructures. Enhancement for Active Seniors est un programme d’aménagements pour les personnes âgées actives qui facilite leur mobilité à domicile. Nous avons mis en place des carrefours plus sûrs, des sentiers couverts et des bus adaptés aux fauteuils roulants. Nous transformons également les parcs nationaux, en y ajoutant des « jardins thérapeutiques » propices au vieillissement actif.
46. Protection des adultes vulnérables. La loi de 2018 relative aux adultes vulnérables protège les adultes qui sont incapables de se protéger contre la maltraitance, la négligence et l’autonégligence en raison d’un handicap physique ou mental. Les modifications apportées en 2016 à la loi relative à l’incapacité mentale permettent à un mandataire professionnel désigné par le mandant ou par décision de justice de prendre des décisions au nom de la personnes âgée isolée. Nous avons également renforcé les protections contre les abus ou l’exploitation, en habilitant la justice à suspendre ou à révoquer les pouvoirs du mandataire dans un plus grand nombre de cas.
G. Groupe à faible revenu (recommandations 216, 220 et 224)
47. Singapour a accepté les recommandations 216, 220 et 224 conformément à sa volonté de réduire les disparités de revenus et la stratification sociale.
48. Assistance ComCare. ComCare, élément clef du filet de sécurité sociale de Singapour, est un service d’assistance sociale aux ménages à faible revenu qui leur apporte des solutions de soutien sur mesure et une aide adaptée à leurs besoins, en espèces, en nature ou mixte. Ces régimes d’assistance sont financés par les intérêts du fonds de dotation ComCare créé en 2005 pour financer durablement l’assistance sociale aux Singapouriens à faible revenu. Le fonds s’élève actuellement à 1,9 milliard de dollars singapouriens (1,4 milliard de dollars É.-U.) et reçoit périodiquement des contributions complémentaires de l’État. Au cours de l’exercice 2019, environ 151 millions de dollars singapouriens (114 millions de dollars É.-U.) ont été déboursés au titre des différents régimes ComCare.
49. Amélioration de l’emploi. Le Modèle de rémunération progressive est une grille de progression des salaires et des compétences qui définit au bénéfice des travailleurs à bas salaire des filières professionnelles d’amélioration des rémunérations par le développement des compétences. Le Modèle a été instauré avec succès dans certains secteurs et sera étendu à d’autres.
50. Le régime de revenu complémentaire de Workfare vient compléter, dans des proportions pouvant aller jusqu’à 30 % par an, les salaires et les contributions à la Caisse centrale de prévoyance des travailleurs à bas salaire. Le revenu complémentaire s’adresse principalement aux travailleurs singapouriens dont le revenu est inférieur au vingtième percentile. Nous avons amélioré le régime en 2020 afin d’en faire bénéficier un plus grand nombre de travailleurs à bas salaire et d’en accroître les paiements. Depuis 2007, plus de 6,8 milliards de dollars singapouriens (5,2 milliards de dollars É.-U.) ont été versés à 890 000 travailleurs à bas salaire.
51. Les dispositifs de développement des compétences de SkillsFuture et de Workfare soutiennent la formation des travailleurs à bas salaire et incitent les employeurs à envoyer leurs travailleurs en formation. Ces dispositifs prévoient également des allocations de formation pour les indépendants et des primes récompensant les individus engagés dans des formations soutenues.
52. Les personnes âgées à faible revenu bénéficient à la retraite du Silver Support Scheme.
De 2016 à 2020, 1,6 milliard de dollars singapouriens (1,2 milliard de dollars É.-U.) ont ainsi été versés à titre de revenu complémentaire trimestriel à plus de 200 000 personnes âgées.
Depuis janvier 2021, le régime couvre un citoyen âgé sur trois, et ses versements ont augmenté.
53. Grâce à ces interventions, la dernière décennie a vu la rémunération des travailleurs à faible salaire augmenter plus rapidement que les salaires médians.
H. Éducation (recommandations 118, 121, 123, 215 et 222)
54. Singapour a accepté les recommandations 118, 121, 123, 215 et 222. L’éducation de nos enfants et de nos jeunes est une priorité nationale, tout comme l’éducation permanente des adultes singapouriens. Certaines de nos initiatives sont décrites dans les sections ci-dessus consacrées aux enfants et aux personnes handicapées.
55. Une éducation de qualité et abordable accessible à tous. Nous considérons l’éducation comme un important facteur de nivellement social à Singapour. Elle est fortement subventionnée pour les Singapouriens. En outre, des programmes d’aide financière régulièrement mis à jour fournissent une assistance ciblée aux étudiants issus de familles à faible revenu. Cette assistance comprend la prise en charge complète des frais de scolarité et autres frais scolaires habituels, une aide au transport pour les niveaux primaire à préuniversitaire, ainsi que la gratuité des manuels et des uniformes et une aide aux repas scolaires pour les élèves des écoles primaires et secondaires. Des bourses sont prévues pour les étudiants des niveaux postsecondaire et préuniversitaire issus de familles à revenu faible ou moyen.
56. Dispositif de soutien. Le programme UPLIFT renforce le dispositif de soutien visant à conférer une autonomie accrue aux élèves défavorisés. Chaque école primaire dispose d’un centre d’accueil qui assure la prise en charge des élèves après l’école, y compris les enfants vulnérables ou défavorisés. La majorité des écoles secondaires s’associent à des organisations locales pour proposer des d’activités après l’école. Nous avons également renforcé les initiatives de sensibilisation et de soutien visant les familles de ces élèves, en collaboration avec des organismes locaux.
57. Accompagnement de l’apprentissage tout au long de la vie. Singapour continue d’aider de multiples façons les individus qui souhaitent poursuivre leur apprentissage ou perfectionner leurs compétences. Chaque Singapourien de 25 ans ou plus reçoit un crédit SkillsFuture qui peut être utilisé à des fins de formation. Les travailleurs d’un certain âge bénéficient d’un appui financier accru pour suivre des programmes de formation destinés à améliorer leur employabilité. L’apprentissage en classe et la formation structurée sur le lieu de travail sont combinés dans le cadre de programmes de travail-étude au niveau préuniversitaire de base ou spécialisé et au niveau universitaire. Des ateliers sont organisés localement pour aider les personnes qui cherchent à se former. Il existe également des centres spécialisés de soutien à la recherche d’emploi ou de formation.
I. Soins de santé (recommandations 215, 218 et 219)
58. Singapour a accepté les recommandations 215, 218 et 219. Nous avons réalisé la couverture universelle des soins de santé pour tous les citoyens, selon les principes de la responsabilité individuelle et des soins de santé à la portée de tous. La couverture mise en place comprend l’assurance maladie universelle, les soins de santé subventionnés et l’épargne individuelle au moyen d’un compte MediSave. En outre, les Singapouriens qui sont dans le besoin peuvent faire appel pour assurer leurs dépenses médicales au fonds de dotation de l’État MediFund.
59. Assurance maladie universelle. Depuis 2015, l’assurance maladie de base du régime MediShield Life couvre tous les citoyens et résidents permanents de Singapour à vie pour toutes les grosses factures hospitalières, indépendamment des maladies préexistantes. Les primes dues au titre de l’assurance MediShield Life sont subventionnées par l’État. En 2020, nous avons introduit CareShield Life. Ce régime d’assurance ouvert à la souscription de tous les Singapouriens âgés de 40 ans ou moins assure une couverture à vie des soins de longue durée.
60. Protections réglementaires élargies. La loi de 2020 relative aux services de soins de santé renforce les garanties de sécurité et de bien-être des patients, et élargit le cadre
réglementaire de sorte que puisse être autorisés les services de soins de santé fournis par un large éventail de professions, y compris les professionnels paramédicaux, les personnes fournissant des soins infirmiers ou de réadaptation, les praticiens de la médecine traditionnelle et les praticiens de la médecine complémentaire et alternative.
61. Croissance et amélioration des installations. Soucieuse de rendre les services de soins de santé plus accessibles, Singapour continue d’augmenter la capacité de ses hôpitaux et établissements de soins de longue durée. De 2015 à 2020, nous nous sommes dotés de six nouveaux hôpitaux, ainsi que de deux centres nationaux spécialisés dans les maladies infectieuses et la santé bucco-dentaire. Nous construirons cinq nouveaux hôpitaux d’ici à 2030. Nous continuons de développer notre réseau de polycliniques afin d’améliorer l’accès des résidents à des soins médicaux holistiques de proximité. Le dispositif des réseaux de soins primaires, lancé en 2018, aide les cliniques privées de médecine générale à s’organiser en réseaux pour fournir des soins chroniques plus holistiques.
J. Logement (recommandation 215)
62. Singapour a accepté la recommandation 215, considérant que l’accession à la propriété est essentielle pour donner au citoyen un intérêt tangible dans le pays.
63. Amélioration des subventions. Au cours des trois dernières années, le Gouvernement a augmenté les subventions pour aider les Singapouriens à surmonter les difficultés d’acquisition d’un logement subventionné. Les primo-accédants reçoivent jusqu’à 80 000 dollars singapouriens (60 760 dollars É.-U.) au titre de l’aide améliorée au logement de la Caisse centrale de prévoyance, en plus d’autres subventions telles que l’aide au logement de la Caisse centrale de prévoyance et l’aide au logement de proximité (qui encourage les familles élargies à rester groupées). Les familles à faible revenu font l’objet d’une attention particulière. Des mesures ont été prises pour les aider à s’installer dans des appartements plus grands. Une aide à l’accession, d’une valeur de 15 000 dollars singapouriens (11 400 dollars É.-U.), est mise à la disposition des familles à faible revenu pour faciliter leur transition de la location d’un appartement public et l’acquisition d’un appartement de deux ou trois pièces.
VI. Une société cohésive
A. Renforcement de l’harmonie sociale (recommandations 109, 112, 115, 116 et 117)
64. Singapour a accepté les recommandations 109, 112, 115, 116 et 117 tendant au renforcement de la cohésion et de l’harmonie au sein d’une société plurielle. Le défi consiste à exploiter la diversité des origines ethniques, des cultures, des patrimoines et des croyances en présence pour créer un ensemble collectif plus grand que la somme de ses parties.
B. Protection de la diversité raciale et religieuse (recommandations 5, 6, 7, 8, 10, 111, 113, 119, 120, 152, 153, 198, 199 et 203)
65. Singapour s’efforce continuellement d’élargir l’espace commun entre les différents groupes raciaux et religieux afin de promouvoir une coexistence et une intégration harmonieuses, dans le respect de l’état de droit. Le développement de cet espace commun commence très tôt, dès l’école. À l’école, les enfants de diverses origines raciales et religieuses apprennent à se connaître et à se rapprocher les uns des autres en apprenant et en jouant ensemble. Grâce aux matières du programme scolaire général, telles que l’histoire, les études sociales et l’éducation civique, ainsi que par l’apprentissage d’une troisième langue facultative, les élèves se familiarisent avec la diversité raciale et culturelle, les valeurs communes, les enjeux de la vie dans une société multiculturelle, les sensibilités ethniques et religieuses, et l’importance de l’harmonie raciale. Les élèves participent également à des activités périscolaires avec des camarades issus de milieux socioéconomiques et ethniques
différents, commémorent la Journée de l’harmonie raciale qui souligne l’importance de la cohésion sociale à l’occasion de l’anniversaire des émeutes raciales de 1964, et participent aux célébrations des festivals culturels organisés à l’école. Chaque année, dans le cadre de l’activité « Ruban orange », le Ministère de l’éducation s’associe avec l’ONG locale OnePeople.sg pour encourager les élèves de quatrième année primaire à trouver différentes manières de promouvoir l’harmonie.
66. Nous avons ratifié la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale en 2017, après quoi nous avons soumis notre premier rapport d’État partie. Notre rapport (CERD/C/SGP/1) détaille l’approche globale que Singapour a fait sienne pour lutter contre la discrimination raciale, et qui met aussi pleinement en œuvre nos obligations au titre de la Convention.
67. Élections présidentielles réservées. Afin d’améliorer la représentation raciale au sein du pouvoir politique, Singapour a modifié sa Constitution en 2016 à l’effet d’y introduire une procédure d’élections présidentielles réservées. Si une communauté ethnique donnée (Chinois, Malais, Indiens ou autres communautés minoritaires) n’a obtenu aucun des cinq derniers mandats présidentiels, la prochaine élection présidentielle sera réservée à un candidat de cette communauté. Le scrutin de 2017, premier tenu selon ce principe, était réservé aux candidats issus de la communauté malaise. Il a été remporté par Mme Halimah Yacob, première femme à assurer la présidence de Singapour.
68. Lois et règlements efficaces pour dissuader les actes susceptibles d’attiser les conflits raciaux et religieux. La loi relative à la préservation de l’harmonie religieuse a été modifiée en 2019 pour mieux lutter contre l’utilisation croissante des médias sociaux comme moyens de propagation de la haine, et pour faire face aux influences étrangères qui pourraient s’exercer par le biais d’organismes religieux. La modification a introduit l’initiative dite de réparation communautaire, une disposition volontaire par laquelle un individu qui aurait heurté la sensibilité d’une communauté religieuse a la possibilité de prendre des mesures correctives pour rétablir les liens avec la communauté lésée. Si l’individu accomplit les actions correctives, son dossier ne sera pas transmis pour poursuites pénales.
69. Initiatives sociales. D’autres initiatives viennent compléter la loi relative à la préservation de l’harmonie religieuse, énonçant et encourageant des normes et comportements sociaux positifs. Ces initiatives renforcent la confiance, le respect, la compréhension et l’empathie entre les communautés et empêchent les croyances et pratiques ségrégationnistes et extrémistes de prendre racine.
70. Engagement à préserver l’harmonie religieuse. Cet engagement a vu le jour à la suite de discussions menées entre chefs religieux locaux, avec le soutien du Gouvernement, sur la base de la Déclaration de 2003 sur l’harmonie religieuse. Il met en exergue les nombreuses interactions positives qui existent entre les Singapouriens de toutes religions et représente la position sans équivoque des Singapouriens contre les idéologies et les pratiques extrémistes et ségrégationnistes. En janvier 2021, plus de 680 organisations religieuses et 73 groupes communautaires tels que l’Organisation interreligieuse (créée en 1949 pour favoriser l’harmonie religieuse) avaient souscrit à l’Engagement.
71. Lancée en 2017, l’initiative BRIDGE pour l’élargissement des interactions raciales et religieuses par le dialogue et l’éducation, encourage les discussions franches sur des sujets sensibles, catalyse les mouvements partant de la base et développe les capacités des partenaires et des animateurs de s’engager dans des conversations difficiles sur la race et la religion. Il y a eu 125 activités BRIDGE en 2019, auxquelles ont participé plus de 71 600 personnes. Les dialogues interconfessionnels Common Senses for Common Spaces, qui figuraient parmi ces activités, sont des espaces sûrs où les citoyens peuvent se familiariser avec leurs fois respectives.
72. En 2020, la pandémie a vu les partenaires communautaires se tourner vers la mobilisation numérique du public. Des programmes clefs tels que les dialogues Regardless of Race de l’organisation OnePeople.sg et la conférence HarmonyWorks se sont mis en ligne pour maintenir le contact avec le public et inciter les participants, en particulier les jeunes, à s’investir dans la promotion de l’harmonie raciale et religieuse. Ces activités bénéficient du soutien que leur apporte le Gouvernement par le truchement du Fonds en faveur de l’harmonie qui finance des projets en faveur de l’harmonie raciale et religieuse.
73. Le Ministère de la culture, des affaires communautaires et de la jeunesse a également lancé en novembre 2020 le « hackathon » Mission: Unite Youth, joute de programmation dans laquelle plus de 200 participants ont travaillé en équipes à la réalisation de projets sur le thème de la cohésion sociale. Parmi les projets gagnants figurait un jeu mobile par lequel, en jouant le rôle de personnages de race, de religion ou de sexe différents, les joueurs sont amenés à comprendre le vécu d’autrui, un site généré par ses utilisateurs qui rapproche les différentes communautés à la faveur de parcours patrimoniaux et culinaires, et une plateforme en ligne qui encourage et soutient des échanges francs et constructifs sur des questions de race et de religion.
74. Avec le soutien du Ministère de la culture, des affaires communautaires et de la jeunesse, l’école d’études internationales S. Rajaratnam a organisé en juin 2019 la première Conférence internationale sur les sociétés cohésives, réunissant plus de 1 100 participants venus de 40 pays. Cent animateurs de groupes de jeunes de Singapour, des pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et d’ailleurs ont pris part au volet de la conférence consacré aux jeunes leaders. Les participants à la Conférence ont partagé leurs expériences, se sont livrés à des débats d’idées et ont amené toutes les communautés à se mobiliser pour prendre des engagements et mener des actions concertées en faveur de la cohésion sociale et l’harmonie interconfessionnelle. Singapour prévoit d’organiser la deuxième édition en 2022-2023.
75. Ces initiatives ont porté leurs fruits. Selon un sondage réalisé en 2019 par l’Institute of Policy Studies et l’organisation OnePeople.sg, 70 % des Singapouriens estimaient que des personnes issues de milieux religieux différents pouvaient s’entendre lorsqu’elles vivaient ensemble. Selon le même sondage, 97 % des personnes interrogées estimaient que l’harmonie raciale et religieuse était d’un niveau « modéré » à « très élevé » à Singapour. Il en est également ressorti que la confiance interraciale et interreligieuse en temps de crise s’était améliorée entre 2013 et 2018.
C. Lutte contre le terrorisme (recommandations 140 et 236)
76. Nous avons accepté les recommandations 140 et 236. En 2016, Singapour a lancé le mouvement SGSecure qui vise à sensibiliser, former et mobiliser la population pour qu’elle sache comment prévenir une attaque terroriste ou y faire face. Tous sont encouragés à rester vigilants (Stay Alert) face à la menace toujours présente du terrorisme, à rester unis (Stay United) en temps de paix comme en temps de crise, et à rester forts (Stay Strong) après une attaque.
77. Nous nous sommes adressés aux quartiers, aux écoles, aux lieux de travail et aux organisations religieuses et communautaires pour sensibiliser la population, et nous avons doté des individus et des organisations de moyens tels que des cours de premiers secours improvisés, des cours de premiers secours psychologiques et des exercices réguliers de bouclage. Les entreprises sont encouragées à se doter de plans de gestion des risques. Janvier 2020 a vu le lancement du programme de préparation des organisations religieuses aux situations de crise. Il s’agit d’aider ces organisations à concevoir des plans de sécurité et de gestion des crises.
78. L’Inter-Agency Aftercare Group, groupe initialement créé pour fournir une série de services de soins aux familles de personnes détenues dans le cadre d’affaires de terrorisme, a depuis organisé à l’intention des étudiants des forums et des symposiums réguliers visant à contrer la radicalisation. En 2019, le groupe a organisé un forum qui a réuni 200 étudiants autour du thème de la jeunesse unie face au danger de la radicalisation à l’ère numérique.
79. Le Groupe de réhabilitation religieuse, composé d’universitaires et d’enseignants musulmans, produit des vidéos en ligne pour expliquer en quoi l’idéologie d’EIIL va à l’encontre des enseignements de l’islam. Il dispose également d’une application mobile qui intègre une fonction de chat individuel permettant aux utilisateurs d’engager la conversation avec des conseillers pour discuter de questions religieuses et consulter le Groupe sur l’actualité et les derniers messages. Le Groupe organise également de courtes conférences avant les sermons du vendredi et mène un Programme de sensibilisation de la jeunesse qui