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PHYSIQUE CHIMIE

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(1)

REVUE

DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE

ET DE LEURS APPLICATIONS INDUSTRIELLES

SOMMAIRE DU N° 6

Ch. Quillard : Revue de Céramique.

L. Jumau : Les accumulateurs d'automobiles électriques.

A. -G. Cinille : Les moulages d'aciers et leurs applications.

Revues mensuelles : Physique. — Chimie. — Électrochimie. — Bibliogra- phie.

EEYÏÏE LE CÉRAMIQUE

(1)

par Cu. QUILLARD.

III

On peut dire que la partie essentielle de l'œuvre du céramiste consiste à réaliser un accord delà pâte et de la couverte; c'est-à-dire qu'il faut que la cuisson des deux éléments s'effectue précisément à la même température, et que les coefficients de dilatation de l'un et de l'autre soient identiques.

Le point de cuisson de la pâte est la température où les réactions entre les divers éléments qui la constituent peuvent s'effectuer et où la structure physique qui la caractérise est réalisée — par exemple degré de vitrification plus ou moins avancé dans la porcelaine : au-dessous d'une certaine température elle manque de translucidité, au-dessus elle se déforme. Le point de cuisson de la couverte est la température où celle-ci atteint un degré de fluidité suffisant pour que la surface en soit parfaitement unie, qu'elle glace bien (condition qui a pour la plupart des poteries une importance primordiale), mais

(1) Voir Rev. Ph. Ch., 3e année, p. 206.

REVUE DE PHYS. ET DE CHIM. 16

(2)

242 CH. QUILLARD

sans que cette fluidité soit trop grande et telle que la couverte coule, s'accumulant à la partie inférieure ou dans les creux des objets. C'est parfois entre des limites très étroites de température seulement que l'on obtient l'effet désiré, par exemple, dans le cas des porcelaines tendres françaises (vieux Sèvres) et il semble que la qualité d'une poterie soit d'autant plus belle que ces limites sont plus resserrées.

L'égalité des coefficients de dilatation de la pâte et de la couverte est non moins nécessaire que l'identité de leur point de cuisson.

Lorsque la couverte aun coefficient de dilatation supérieur à celui de la pâte au moment du refroidissement, la couverte se contractant davantage que la pâte auquel elle adhère, une tension se produit, qui la fait se rompre si elle dépasse la limite de son élasticité. Une poterie dont la couverte a subi cet accident est dite tressaillée; les objets de fabrication courante qui présentent ce défaut sont extrême- ment fréquents, et ses inconvénients en sont grands. Si le coefficient de dilatation de la couverte est inférieur à celui de la pâte, la pâte comprime la couverte et celle-ci peut se détacher par endroits pro- duisant l'accident appelé écaillage, en pratique plus rare, mais plus grave encore que le précédent.

Bien entendu, en dehors des conditions physiques que nous résu- mons ainsi, la pâte et la couverte doivent avoir une nature chimique telle que, à la température de cuisson, la surface de la pâte et la partie de la couverte qui est en contact avec elle constituent une masse parfaitement homogène, par suite de combinaison ou de dis- solution, sans quoi l'adhérence rie saurait exister après refroidis- sement.

A l'empirisme qui seul a longtemps guidé les céramistes, des tra- vaux effectués dans ces dernières années tendent à substituer une connaissance rationnelle des données physiques et chimiques du problème. Nous tenterons de résumer les principaux points acquis ou plutôt d'indiquer le sens de ces recherches, car la complexité des faits est telle qu'elle se traduirait difficilement par l'énoncé d'un petit nombre de propositions.

L'initiative dé certaines de ces recherches, parmi les plus récentes, est due à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale; on en trouvera le compte rendu détaillé dans son bulletin, année 1898.

Nous dirons quelques mots des recherches de M. Coupeau sur les dilatations venant compléter celles de M. Damour sur le même sujet.

(3)

L'appareil employé pour ces travaux, faits à Sèvres sous la direc- tion de M. Vogt, est formé essentiellement de deux baguettes de nature différente entre lesquelles est fixé un miroir; la dilatation des baguettes étant différente, quand on chauffe le système, le miroir s'incline; la déviation d'un rayon lumineux réfléchi par le miroir permet de mesurer avec une grande précision la dilatation d'une des baguettes en prenant la dilatation de l'autre pour unité. Cet appareil a permis l'étude de la dilatation d'une série de pâtes, de couvertes et des éléments constitutifs des unes et des autres. C'est surtout en ce qui concerne les différentes variétés de silice que des déductions importantes ont été tirées de ces essais, donnant dans une certaine mesure une forme scientifique à des faits bien connus des praticiens, relatifs au rôle des dégraissants auxquels ils ont recours.

Chacune des quatre variétés de silice dont on admet l'existence d'après M. Le Châtelier, présente une courbe de dilatation bien dis- tincte.

Le quartz se dilate d'une manière croissant régulièrement et très rapidement jusque vers 570° avec une augmentation brusque à cette température, et ensuite, jusqu'au delà de 1100°, une dilatation néga- tive; la contraction d'ailleurs très faible, est régulière et continue.

La tridymite se dilate beaucoup plus que le quartz aux basses tem- pératures, mais sa dilatation diminue ensuite pour être nulle, vers 800°, puis négative au delà de cette température.

La silice, à l'état amorphe et stable, résultant de la calcination à une très haute température (1600°) de n'importe quelle variété, pré- sente une dilatation plus faible que dans les cas précédents et variant régulièrement avec la température ; la présence de faibles quantités d'alcalis aide à la transformation de la silice en cet état stable.

Une dernière forme de silice résultant de la calcination au-dessus de 1000° des diverses variétés de calcédoine (silex, par exemple), présente un point remarquable dans sa dilatation à 200°; à cette tem- pérature la dilatation brusque correspond à une augmentation de dimensions de 1 % , au delà la dilatation s'accroît, mais très lente- ment.

On conçoit que la présence dans une couverte d'une silice à dilata- tion irrégulière rend impossible son accord avec toute pâte. Nous ne pouvons entrer ici dans plus de détails et établir la discussion des limites dans lesquelles il convient d'employer telle ou telle variété de silice ; qu'il nous suffise de retenir qu'on peut utiliser la connaissance

(4)

244 CU. QUILLARD

des courbes

de

dilatation

de

ces substances pour réaliser des mé- langes à dilatation sensiblement rectiligne en faisant varier leur composition, leur finesse et

la

température à laquelle on cuit préala- blement

la

silice employée.

Dans

le

même ordre

d

'idées nous signalerons les recherches

de

M. Grenet (1) [Bull. Soc. encouragement), sur

la

dilatation des verres (les couvertes leur sont tout à fait comparables), effectuées comme celles

de

M. Damour (2), par

la

méthode

de

Fizeau, modifiée par M. Le Chàtelier, basée sur

le

phénomène des anneaux colorés et don- nant une grande précision. M. Grenet montre que

la

loi

de

Schott exprimant

la

dilatation des silicates sous une forme simple est insuf- fisante, les phénomènes étant en réalité très complexes. C'est ainsi que

l

'addition

d

'un certain nombre

de

corps, acide borique, chaux, oxyde

de

manganèse, alumine, oxyde

de

plomb en petite quantité abaisse

la

dilatation;

l

'addition

de

ces substances en quantité plus grande

l

'augmente. Cependant

il

ressort nettement

de

ce travail

qVe

les silicates doubles ont une dilatation moindre que

la

moyenne des dilatations des silicates simples correspondants. Bien entendu les déterminations

de

dilatation des pâtes

et

des couvertes ne semblent pas à

la

veille

d

'être

d

'un usage courant dans l'industrie céramique;

elles exigent des manipulations

d

'un tout autre ordre que celles aux- quelles peuvent se livrer

la

plupart des hommes techniques qu'on trouve actuellement dans les fabriques

de

faïences ou

de

porcelaines.

Des données précises sur

la

composition chimique des couvertes ont été publiées dans un important travail

de

M. Séger (3) dont l'exposé nous entraînerait trop loin; nous renvoyons à ce sujet à une analyse complète qui en a été faite par M. Granger (4). Une étude plus récente

a

été entreprise par M. Saglio (5) en vue

de

délerminer le parti qu'on pouvait tirer

d

'une matière première particulière, la pandermile (borate

de

chaux naturel), dans la composition des émaux.

L'emploi

de

ce borate

de

chaux naturel présente un intérêt écono- mique évident, puisqu

'il

permet

d

'éviter les frais

de

transformation que subit habituellement

l

'acide borique employé; des applications sont déjà faites en Angleterre. Le travail

de

M. Saglio, entrepris à

la

demande

d

'une société qui exploite des gisements de pandermite,

(1) Moniteur Quesneville, octobre 1898.

(2) Bulletin Soc. encouragement, février 1897.

(3) Thonindustrie Zeilung, 1882, p. 227.

(4) Moniteur Quesneville, juin 1S98.

(5) Bulletin, Soc . .encouragement .

(5)

présente un grand intérêt comme exemple d'une étude méthodique des propriétés physiques et chimiques d'une substance céramique.

Celle-ci présente un inconvénient assez grand d'ailleurs du fait de son altérabilité ; l'auteur a constaté que l'addition de silice, de kaolin donne de l'insolubilité el abaisse la dilatation; mais c'est surtout l'addition de phosphate qui présente un intérêt pratique : il aug- mente la dilatation, donne de la viscosité à l'émail en fusion et donne en même temps de l'insolubilité.

Avec cette matière on peut résoudre un problème intéressant, la suppression du plomb, qui est toxique, et de l'élain, qui est de plus en plus coûteux.

Toutes les données ci- dessus s'appliquant à régler l'accord des pâtes et des couvertes, trouvent également place dans la détermina- tion si délicate des compositions d'émaux pour les métaux ; malgré la perfection relative avec laquelle cette industrie est pratiquée en France, on rencontre trop souvent des tôles émaillées où l'écaillage est courant, ce qui constitue un réel danger lorsque cette substance est appliquée aux objets à usages domestiques.

IV

L'industrie céramique n'a pas manqué de suivre dans ses diverses parties le développement machiniste qui a transformé la plupart des industries à notre époque. Toutes les opérations de la préparation des pâtes — exigeant une grande puissance mécanique, — comme de leur façonnage parfois très délicat, peuvent aujourd'hui s'effectuer automatiquement. Nous ne pouvons de ce vaste sujet dire que quelques mots relatifs au façonnage mécanique des faïences et des porcelaines.

A mesure qu'augmentent la finesse de la pâte et la température de sa cuisson, croissent les difficultés de son façonnage. Rappelons sim- plement, pour montrer les conditions que doivent remplir les appa- reils destinés à façonner automatiquement les poteries, que l'obten- tion des dimensions exactes, d'épaisseurs bien régulières est loin d'être le seul résultat à atteindre. En effet, après cuisson, divers défauts peuvent apparaître, révélant des compressions irrégulières, des emprisonnements de bulles d'air, etc.

Les machines servant à la fabrication des objets courants, assiettes, tasses, bols, soupières, etc., appliquent deux procédés de façonnage combinés, le moulage et le tournage. On les. ramène à deux types,

(6)

246 CH. QUILLARD

le premier ou bascule, donne d'emblée par abaissement du levier por- tant le calibre E (fig. 1) le calibrage de la pièce, la pâte introduite

dans le moule en plâlre étant com- primée entre ce moule et le calibre.

Ce procédé n'est applicable qu'aux pâtes très plastiques et d'un tra- vail facile. Pour les pâtes délicates, comme la porcelaine, on a recours à un genre de machine (fig. 2) dans lequel le calibre est abaissé peu à peu, en sorte que les parois sont calibrées graduellement ; le fond cependant est calibré d'emblée.

Ces machines exécutent le travail moins rapidement, le calibre devant être descendu lentement et avec précaution.

Fig. 1.

Fig. 3.

Fig. 2. Fig. 4.

Les figures 3 et 4 représentent un nouveau type de machine qui permet d'obtenir aussi rapidement qu'avec les machines à bascule un calibrage graduel et régulier. Dans la position représentée (fig. 3)

(7)

la bascule étant abaissée, il s'en faut de quelques millimètres que le calibre ait sa position définitive; il la prend après un mouvement dans le sens de la flèche, obtenu en agissant par le levier P sur une double came (fig. 4). Les deux positions sont obtenues automatique- ment sans faire appel à l'attention de l'ouvrier. Cette machine est due à M. P. Faure, l'habile constructeur de Limoges, à qui l'industrie céramique doit nombre de machines ingénieuses, notamment celles qui servent à calibrer automatiquement les grands plats ovales.

V

La complexité qui semble caractériser toutes les questions se rap- portant aux arts céramiques se retrouve en particulier dans les con- ditions auxquelles doivent satisfaire les fours. Il s'agit en effet d'avoir non seulement -une température donnée très exactement, mais encore de réaliser sa répartition égale dans tout le laboratoire et d'obtenir une atmosphère de composition déterminée, oxydante ou réductrice. Les difficultés croissent avec la température à obtenir, comme aussi l'importance de la bonne utilisation du combustible.

Nous devons renvoyer le lecteur à l'ouvrage déjà cité pour ce qui a trait à l'état actuel de cette question (1). Notons seulement le peu de développement de l'emploi du chauffage par le gaz pour les fours à poteries, malgré son économie et la facilité qu'il offre quant au réglage du feu. L'importance des dépenses d'installation, l'énormité des risques à courir en cas d'insuccès font évidemment hésiter beau- coup d'industriels. Des installations importantes fonctionnent cepen^

dant pour la cuisson des grès (Rambervillers) sans compter celles déjà anciennes des briqueteries. Il existe de même des installations de moufles chauffées au gaz pour la cuisson de la porcelaine décorée.

La conduite de ces appareils est d'ailleurs fort délicate.

On comprend moins le peu de faveur dont ont joui jusqu'ici auprès des céramistes les méthodes rationnelles de détermination des tempé- ratures ; non seulement les méthodes précises (dont certaines comme le couple thermo-électrique de M. Le Châtelier sont cependant d'une manipulation relativement simple), mais encore le procédé des montres fusibles sont jusqu'ici fort peu employées. Les montres fusibles ont cependant été utilisées avec le plus grand succès à Sèvres, par MM. Lauth et Vogt dès 1885.

(1) E. S. AUSCHER . Les céramiques cuisant à haute température.

(8)

248 CH. OUILLAHD

VI

Une évolution fort importante se manifeste de nos jours dans la décoration des poteries; nous croyons en faire saisir le sens, d'une façon peut-être un p.eu trop schématique cependant, par ce qui suit.

Dans le principe, toute poterie se compose d'une pâte sur laquelle est une couverte y adhérant d'une façon parfaite et que tous les céra- mistes cherchent à faire aussi brillante que possible, et transparente, sauf quand la pâte d'un aspect désagréable doit être cachée; cette couverte généralement Hanche ou de couleur claire supporte, re- couvre ou contient des décorations en couleurs vitrifiables plus ou moins brillantes, plus ou moins variées, mais qui valent surtout par leur composition au sens artistique du mot. Si nous en exceptons cer- taines poteries d'Extrême-Orient, on peut dire que les richesses des collections, depuis les œuvres des Luca Délia Robbia et les faïences persanes, jusqu'aux vieux Sèvres et aux pièces actuelles en pâte nouvelle décorées sous couverte satisfont à cette défini- tion.

Les productions céramiques de ces dernières années, recherchées des collectionneurs, ont des caractères bien différents dans beaucoup de cas. La couverte brillante et régulièrement répandue à la surface est remplacée par des couches irrégulières en étendue comme en épaisseur, d'émaux, de lustres métalliques dont les nuances éton- nent l'œil par leur diversité, comme par l'imprévu de leur disposi- tion. Il n'entre pas dans notre programme de chercher à savoir ce

que vaut au point de vue de l'art cette tendance à substituer à la volonté du décorateur, à la pensée de l'artiste, l'incertitude de l'ac- tion d'une flamme dont on n'est maître que dans certaines limites, ou l'imprévu d'une réaction plus ou moins bien connue. Constatons seu- lement qu'elle donne lieu à des recherches très intéressantes et très fécondes au point de vue de l'action du feu sur les oxydes métalliques et au point de vue de l'application d'oxydes auxquels on avait depuis longtemps d'ailleurs eu recours, mais seulement d'une manière res- treinte et sans grand succès. Ces travaux sont d'ailleurs comme la suite naturelle de ceux d'Ébelmen, Feil, MM. Lauth et Dutailly, etc., pour- la reproduction des rouges de cuivre. De même, les belles recherches d'Ébelmen pour la reproduction des minéraux ont été appliquées dans la production de cristallisations au sein des cou-

(9)

vertes entreprises avec succès à Sèvres, par MM. Lauth et Dutailly (1885).

Le défaut de place nous oblige à citer seulement parmi les progrès réalisés dans cet ordre d'idées les bleus de tungstène de M. Gran- ger (1) obtenus au sein de la couverte; celle-ci contient un tungstate acide de la forme M20(Tu03; au feu réducteur vers 1250, il se forme un oxyde de tungstène d'une belle couleur bleue. Le tungstate de baryte est trop dur, le tungstate de sodium trop fusible ; l'auteur emploie un tungstate mixte.

Une mention spéciale doit être faite. enfin des émaux de M. Bigot cuisant à des températures allant de 1250 à 1400°, remarquables par la variété et l'harmonie des teintes obtenues; ses efforts ont reçu la sanction d'une récompense de la Société d'encouragement et d'une production industrielle courante. M. Bigot publie qu'il obtient avec des rendements de 95 %, et même de 99 % pour des objets de petites dimensions, des émaux où dominent les rouges et les verts de cuivres, les irisations dues à des cristallisations, alors que beaucoup de céramistes n'obtiennent ces curieux effets qu'avec un déchet con- sidérable.

LES ACCUMULATEURS L'AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES

par L. JUMAU

Une des questions le plus à l'ordre du jour est certainement celle de' l'Automobilisme électrique : aussi croyons-nous intéresser nos lecteurs en leur parlant d'une des parties les plus essentielles de l'Automobile électrique, les accumulateurs.

L'énergie nécessaire à la traction des automobiles peut être em- pruntée soit à des piles, soit à des accumulateurs. Actuellement, c'est à ces derniers seulement qu'on s'adresse, les piles n'ayant qu'une faible puissance spécifique et le prix de l'énergie qu'elles fournissent étant très élevé, en même temps que leur rechargement serait souvent impraticable. La voiture électrique d'aujourd'hui peut donc être appelée, ainsi que l'a proposé M. Hospitalier, une Accumo- iiîe.

(1) A. GHANGER. Production d'un bleu de tungstène par rédaction des lungs- tates au feu de cuisson de porcelaine. (C. R., juillet 1898.)

(10)

250 L. JUMAU

Les nombreux progrès faits pendant ces quinze dernières années rendent possible et même pratique actuellement l'accumobile qui depuis si longtemps était restée dans le domaine des utopies. Ces progrès sont d'ordre mécanique et d'ordre électrique. Parmi ces der- niers, nous laisserons de côté les moteurs électriques pour ne parler que des accumulateurs.

C'est surtout dans l'industrie des accumulateurs que les progrès ont été considérables.

Si on se reporte à 1881, on trouve que le meilleur accumulateur de l'époque, le type Faure, pouvait donner une capacité spécifique de 39 ampères-heure à l'intensité spécifique de 0,35 ampère par kilo- gramme de poids total ; ce qui donne environ 7,5 watts-heure : kg. et 0,65 watt : kg. pour l'énergie et la puissance spéci- fiques.

En 1883, le type Faure-Sellon-Volckmar donnait 12 watts-heure : kg. au régime de 0,6 watt : kg. et 8,5 watts-heure : kg. au régime de 2 watts : kg.

Ces chiffres augmentèrent de plus en plus, et actuellement on peut obtenir :

30 watts-heure : kg. de poids total, au régime de 1,5 watt : kg. do poids total.

25 — • — ' — ' ■ ' — - 5,0 — — —

20 — . — — — . 10,0 — — —

chiffres donnés par l'accumulateur Fulmen, type 1897.

En même temps, la puissance spécifique peut atteindre momenta- nément de 20 à 25 watts : kg.

On peut se demander jusqu'à quel point on peut prétendre dans cette voie ascendante de l'énergie spécifique. Nous allons essayer de le déterminer approximativement par un calcul très simple.

On sait que, théoriquement, 1 ampère-heure engage 3gr, 86 Pb et 4gr,46. PbO2, soit un poids total de 8gr,32 de matière active. En pra- tique, l'utilisation complète de la matière active ne peut pas être atteinte, les actions électroly tiques se faisant incomplètement, et d'au- tant plus que la matière active travaille sous une plus forte épais- seur; de plus lorsque la proporLion de sulfate de plomb, et surtout d'oxyde de plomb devient grande, la force électromotrice diminue en même temps qu'augmente la résistance intérieure.

En se plaçant dans les meilleures conditions possibles, on obtient un coefficient d'utilisation de 0,5 à 0,6 et ceci, bien entendu, dans le cas de régimes faibles et de faibles épaisseurs de matière active. C'est

(11)

donc sur un minimum de 15 grammes de matière active qu'il faut compter pour avoir 1 amp.-h.

Pour avoir le poids de plaques, il faut maintenant faire intervenir le poids du quadrillage. Dans les plaques les plus légères, si on sup- pose le quadrillage en plomb, on trouve que le poids de matière active ne peut guère dépasser 65 % du poids total de la plaque.

Le poids minimum de plaques par ampère-heure sera alors

15 1000

p-— = 23 gr. d où capacité spécifique maxima de —— =43 amp.-h.

kilog. de plaques.

En adoptant 1,5 comme coefficient d'accessoire (liquide, bac, con- nexions, etc.), ce qui est un minimum pour les plaques légères, le poids total d'accumulateur devient 23xl,5 = 35gr. environ par amp.-h., ce qui ramène la capacité spécifique et l'énergie spécifique, respectivement à 28 amp.-h. : kg. de poids total et 54 w.-h. : kg. de poids total.

Ces chiffres n'ont pas encore été atteints, et il paraît très difficile de les obtenir industriellement avec l'accumulateur au plomb, par suite de l'intervention de la question économique. La durée des plaques est en effet un facteur d'une importance capitale, et il n'a pas suffi, pour rendre pratique l'accumobile, d'augmenter l'énergie spé- cifique des accumulateurs, il a fallu également diminuer les frais d'entretien de ceux-ci par une augmentation de la durée des plaques afin d'avoir à ce point de vue des qualités au moins équiva- lentes aux autres systèmes : hippomobiles et automobiles à vapeur et à pétrole, et de bénéficier alors des avantages incontestables de la traction électrique : sécurité, propreté, absence de bruit, de trépida- tions, de chaleur, d'odeur, simplicité de manœuvre, etc.

Si nous prenons les résultats actuellement fournis par les accumu- lateurs, nous pouvons nous rendre facilement compte des prétentions des accumobiles.

Pour 1 tonne de poids total, il faut compter 30 à 40 % de batterie, prenons 350 kilog. L'énergie spécifique sera, en comptant 25 w-h. : kg. 350x25 = 8.750 w.-h.

Le concours de fiacres organisé par l'automobile Club Français, et qui a eu lieu du 1

er

au 11 juin 1898, a montré, ainsi qu'il résulte du tableau suivant (1) :

(1) Industrie électrique, n° 137.

(12)

252

L. JUMAU

von

'URES

H H M

ÉLÉMENTS

OER

A

O

GER

H 'd

1 ° ri

£ * S

-H en Q

P

<!

o

P <

•H -a -a zz2

5 3

S ^ ^- <

H

~ HP

Q

Consommation d'énergie électrique à l'usine, aux bornes des batte- ries en charge, en kw.-h., pour

un parcours de 60 km 10,57 11,31 11,15 13,26 12,16 8,78

1.640 1.590 1.770 1.802 1.660 1.090

Consommation on w.-h. par tonne-

107 118 105 123 121 134

Consommation en palier en w.-h.

79,9 77,3 75,3 73,8 83,2 89,5

Vitesse correspondante, en km. : h. 15,43 11,8 19,9 16,8 15,15 13,8 Rapport entre l'énergie à la charge

et l'énergie électrique à la dé-

1,33 1,52 1,32 1,63 1,45 1,50

que la consommation moyenne pour un parcours dans Paris est d'environ 118 w.-h. par tonne km. Le parcours maximum sur lequel

' , 8750 ' .

on pourra compter sera donc =

to

km. environ a une vitesse 118

de 15 km. : h., ce qui correspond à 5 heures de marche.

Ce faible parcours et l'absence d'usines de charge limitent actuel- lement les applications des accumobiles à l'intérieur des villes pour le service des fiacres, des voilures de maître et des voitures de remise.

Nous allons maintenant passer en revue les différents types d'accu- mulateurs construits spécialement en vue de l'automobilisme. Les qualités générales de ceux-ci doivent être : une grande énergie spé- cifique et une grande puissance spécifique ; une grande élasticité de régimes, ceux-ci pouvant atteindre aux démarrages une valeur cinq fois supérieure à l'intensité normale ; une grande solidité mécanique, les trépidations étant très importantes ; et enfin une longue durée des plaques, afin de réduire au minimum les frais d'entretien.

Accumulateurs Fulmen.

Les accumulateurs Fulmen, dont étaient

munies toutes les voitures ayant pris part au concours de fiacres, se

(13)

distinguent principalement par leur grande puissance et leur grande énergie spécifiques.

Les plaques sont constituées par deux quadrillages en plomb an- timonieux appliqués l'un contre l'autre et présentant des alvéoles rec- tangulaires dans lesquelles est logée lamatière'active. Les dimensions de ces plaques, sont : hauteur 18

cm

,5, largeur 9

om

,5, épaisseur 0°

m

,4.

Le nombre d'alvéoles est de 24.

M. Hospitalier a effectué sur ces accumulateurs des essais à l'École de physique et de chimie. Il a trouvé, pour les poids respectifs de matière active et de quadrillage les poids suivants :

Plaque -|- Plaque —

Quadrillage 135 grammes 135 grammes

Matière active 340 — 255 —

Poids total 475 grammes 390 grammes

Le tableau suivant indique les principaux éléments de fonctionne- ment des principaux types de cette maison :

ELEMENTS

Nombre de plaques

Plaques

hauteur en cm . . largeur en cm . . épaisseur en cm.

( hauteur en cm Elément. . ] largeur en cm ( longueur en cm f do plaques d'un élé- Poids < ment en kg

( total d'un élément Capacité en amp.-h. (décharge en

5 h.)

Energie en w.-h. (décharge en 5 h.).

TYPES

B9 B„ B,3 B,7 B2J

9 11 13 15 17 21

18,5 18,5 18,5 18,5 18.5 18,5 9,5 9,5 9,5 9,5 9,5 9,5 0,4 0,4' 0,4 0,4 0,4 0,4

30 30 30 30 30 30

11 IL 11 11 11 11

8 9,5 11 13,5 15 18

3,7 4,5 5,6 6,4 7,3 9 5,3 6,5 8,0 9,2 10,4 12,8

70 85 105 122 140 175 133 160 200 230 266 333

Les constantes spécifiques au régime de 5 heures, sont les sui- vantes :

Capacité spécifique, en amp.-h. par kg. d'élément 13,5

Intensité — en amp. 2,7

Energie — en watt-h. 25

Puissance — en watts — — 5,1

Accumulateurs de la Société pour le travail électrique des

(14)

254

L. JUMAU

métaux.

Cette Société a cherché surtout à satisfaire aux conditions économiques et à avoir desplaques qui,touten possédant une énergie spécifique suffisante, ont une durée très grande.

Comme toutes celles que construit la Société, les plaques négatives sont à pastilles provenant de la réduction du chlorure de plomb fondu. On a déterminé les dimensions relatives du support et de la matière active de façon à obtenir une grande capacité spéci- fique.

Les positives sont du type Planté et constituées par des petites bandes de plomb gaufré superposées et réunies entre elles par des procédés spéciaux. Le profil des bandes est tel que la surface active est considérable, la circulation de l'électrolyte se fait aisément, et il n'y a pas de déformation au cours de la peroxydation progressive du plomb.

Le rendement de ces éléments est très élevé.

L'énergie spécifique donnée par ces plaques est la suivante :

28 w.-h. : kg. d'électrodes au régime de 2 w. : kg. d'éloctrodes

26,5 — . — 3 w.

25 4 w.

22,5 — 6 w.

20,5 8 w.

19 10 w.

Le type le plus communément employé se compose de 13 plaques, dont 6 positives et 7 négatives. Les plaques ont une largeur de 11 centimètres et une hauteur de 21 centimètres. L'encombrement de l'élément est : longueur 17 centimètres — largeur 12

cm

,5

hau- teur 28 centimètres.

Le poids total de plaques est de 12

k

e„ dont 8

kK

,4 de positives.

Le poids total de l'élément est de 17

k

», y compris les connexions.

Des précautions spéciales sont prises dans le montage : un tasseau en ébonite de forme appropriée supporte les plaques qui sont séparées par des plaques ondulées et perforées, également en ébonite.

Les queues de plaques de même polarité sont soudées à une bar- rette en plomb qui porte deux tiges traversant le couvercle du bac, et sur lesquelles on vient souder les connexions. A cet effet, les con- nexions qui sont constituées d'un câble en cuivre étamé sous plomb, portent à chaque extrémité une tête en plomb percée d'un œil.

Les constantes suivantes se rapportent à l'élément à 13 plaques, et

à une durée de décharge de 3

h

30 :

(15)

Intensité normale, en ampères 38

— spécifique, en amp. : kg. de plaques 3,2

— — on amp. : kg. d'élément . . ; 2,2 Capacité au régime précédent, en amp. -h 132

—■ spécifique, en amp.-h. : kg. de plaques 11

— — en amp.-h. : kg. d'élément 7,7

Puissance normale, en watts 70

— spécifique, en w. : kg. de plaques 5,8

— — . en w. : kg. d'élément 4,1

Énergie au régime précédent, en watts-heure 250

— spécifique, en w.-h. : kg. de plaques 20,8

— — en w.-h. : kg. d'élément 14,7

Pour les cas où on exige une énergie spécifique plus élevée, la Société a établi un type dont lespositives sont à pastilles et qui donne des valeurs supérieures à celles du type précédent d'au moins 30 % pour les régimes de décharge de 5 heures, et au-dessous.

Accumulateurs Pulvis. — L'accumulateur Pulvis est basé sur l'emploi de la poudre de plomb, sans oxyde. Cette poudre de plomb est obtenue mécaniquement en amenant du plomb fondu dans un ajutage métallique au travers duquel il s'écoule en un jet très fin. Il est alors violemment brisé à sa sortie par unjet d'air comprimé et chaud qui le pulvérise. Cette poudre de plomb est mélangée à de la pierre ponce soumise préalablement à une préparation spéciale. De ce mélange on fait une pâte avec de l'eau pure et on en garnit les plaques, à l'aide d'une machine spéciale qui comprime très fortement la matière.

Les supports en plomb sont à âme centrale et constitués de plu- sieurs rubans réunis à la soudure autogène et laissant entre eux un intervalle suffisant pour la dilatation. Ces rubans sont obtenus par refoulement à la presse hydraulique à une pression considérable (2400 kilog. : cm

2

) au travers d'une filière.

Dans le type spécial pour automobiles, les positives ont une épais- seur de 9 millimètres environ et portent horizontalement un grand nombre de rainures très rapprochées que l'on empâte ensuite. Les négatives sont un peu plus minces, et les nervures horizontales, espacées de 4 à 5 millimètres, ont un profil en queue d'aronde, les espaces sont également garnis de matière active.

Les bacs employés sont en ambroïne, ainsi que les deux tasseaux qui supportent les plaques et ménagent au fond un intervalle suffisant pour empêcher les courts-circuits par chute de matière active.

Les queues de connexions sont réunies par soudure à une barrette

cylindrique en plomb munie d'une âme en cuivre.

(16)

256 L. JOMAU

Entre les plaques sont placées desséparationsperforéeset ondulées en ébonite.

Le type le plus courant se compose de 7 plaques, dont 3 positives et 4 négatives. Les plaques ont une largeur de 19 centimètres et une hauteur de 15 centimètres. L'encombrement de l'élément est: lon- gueur 10 centimètres, largeur^l centimètres, hauteur 25 centimètres.

Le poids total de plaques est de l-P^TO, dont 7^6 de positives et 4^,1 de négatives. L'élément complet, avec son liquide, pèse lCkilog.

Les constantes suivantes se rapportent à cet élément, pour une durée de décharge de 5 heures :

Intensité normale, en ampères 3(1

— spécifique, en amp. : kg. de plaques 2,5

— — en amp. : kg. d'élément 1,9

Capacité au régime précédent, en amp.-h 150

— spécifique, en amp.-h. : -kg. de plaques 12,8

— — en amp.-h. : kg. d'élément 9,3

Puissance normale, en watts 58,5

—■ spécifique, en w. : kg. de plaques 5,0

— — en w. : kg. d'élément 3,6

Énergie correspondante, en watts-heure 292

—■ spécifique, en w.-h. : kg. de plaques 25

— ■ — en w.-h. : kg. d'élément 18

Accumulateurs Pisca. — Les plaques de ces accumulateurs sont constituées par un quadrillage que l'on empâte de matière active.

Étant donné que, d'une part, une réduction d'épaisseur des plaques augmente considérablement la capacité spécifique, et que d'autre part cette réduction diminue beaucoup la durée des plaques, il y avait un moyen terme à trouver pour les plaques d'automobiles dont la durée doit être grande et la capacité spécifique assez élevée.

Dans la série Ct spécialement étudiée pour cet usage, les plaques Pisca ont 3 à 4 millimètres d'épaisseur, les positives étant un peu plus épaisses que les négatives. •

Les bacs employés sont en caoutchouc demi-durci ; ils sont munis de rainures qui servent de séparateurs aux plaques et consolident l'ensemble. Les couvercles sont à double cloisonnement et empêchent complètement les projections d'acide.

La série Ct comprend des éléments à 9, 11, 13, 15 et 17 plaques.

Nous prendrons ici comme base, l'élément à 11 plaques qui renferme 5 positives et 6 négatives.

Les plaques ont une largeur de 20 centimètres et une hauteur de 20 centimètres. L'encombrement de l'élément est : longueur 22 centi- mètres, largeur 11 centimètres, hauteur 33,5 centimètres.

(17)

Le poids total de plaques est de 13ks,7. L'élément complet, acide compris, pèse 18 kilog.

La capacité de cet élément varie comme suit, avec les différents régimes de décharge :

Intensité du courant Durée Capacité utilisable de décharge, de la décharge,

en amp.-h. en amp, en heures

107,5 71,6 1,5

116 38,6 . 3

138 - 23 ... 6

Les constantes de cet élément sont, pour le régime de 3 heures :

Intensité normale, en ampères 38,6

spécifique, en amp. : kg. de plaques 2,8

en amp. : kg. d'élément 2,1

Capacité correspondante, en ampères-heure 116

spécifique, en amp.-h. : kg. de plaques ' 8,5

en amp.-h. : kg. d'élément 6,o

Puissance normale, en watts 73,3

spécifique, en w. : kg. de plaques . . : 5,3

en w. : kg. d'élément 4,1

Energie correspondante, en watts-heure 220

spécifique, en w.-h. .: kg. de plaques 16

en w.-h. : d'élément: 12,2

Accumulateurs Valls. — La maison Valls et Ci0 construit, en vue de l'automobilisme, trois types différents dits : normal, léger et très léger.

Les plaques négatives de ces trois types sont constituées par des quadrillages en plomb doux, à alvéoles très petites, dans lesquels est solidement encastrée' la. matière active ; il y a une. très grande surface de contact entre la matière active et son support.

Les plaques positives des trois types sont en plomb doux, de façon à compenser les pertes de capacité dues à la chuté de la matière active, par la formation graduelle du support. •

Pour, les types léger et très léger, la forme est la -même que pour les négatives. Les positives du type normal ont une forme sem- blable à celles du poste fixe ; elles sont constituées par une âme cen- trale sur laquelle sont disposées des rainures horizontales inclinées et des rainures verticales. Ces rainures sont disposées en quinconce de chaque côté de l'âme de façon à augmenter la rigidité de la plaque.

Déplus, celle-ci est encore consolidée par des nervures horizontales et verticales. Pour atténuer la déformation, la plaque est perforée de trous circulaires disposés symétriquement.

Afin d'empêcher la chute de matière active, on a recouvert chaque plaque d'une plaque mince d'ébonite perforée. Les séparateurs de

REVUE DE PHYS. ET DE CHIM. 17

(18)

258

L. JUMAU

plaques sont constitués par une feuille d'ébonite perforée et ondulée.

Les bacs sont en ébonite et des couvercles de même matière empêchent les projections de liquide.

Les données principales de ces trois types sont les suivantes :

Type normal Type léger Typo très léger Nombre de plaques total

— — positives

Largeur des plaques, en cm Hauteur des plaques, en cm

, L( longueur en cm. . Encombrement lar|eur en cm...

de 1 élément.. hau&teur en cm...

23 19 13

11 9 6

14,5 14,5 14,5

14,5 14,5 14,5

16 16 16

14,5 10,5 7,5

22 22 22

0,650 0,400 0,400

0,400 0,400 0,400

11,95 7,6 5,2

15,95 11,4 8,0

5 6 5,5

25 20 15,6

2,1 2,6 3,0

1,6 1,75 1,9 .

125 120 85

10,4 15,8 16,3

8 10,5 10,6

48 38 29,6

4 5 5,7

3 3,3 3,6

240 228 163

20 30 . 31,3

15 20,0 20,4

d'une plaque posi- tive, en kg d'une plaque néga-

p . , } tive, en kg

■^olûs » total de plaques, en total de l'élément, kg

en kg Durée de la décharge, en heures Intensité correspondante, en ampères.

— spécifique, en amp. : kg. de plaques

Intensité spécifique, en amp. : kg.

d'élément

Capacité correspondante, en ampères- heure

Capacité spécifique, en amp.-h. : kg.

de plaques

Capacité spécifique, en amp.-h. : kg.

d'élément

Puissance correspondante, en watts.

— spécifique, en w. : kg. de plaques

Puissance spécifique, en w. : kg.

d'élément

Energie correspondante, en watts- heure

Energie spécifique, en w.-h. : kg. de plaques

Energie spécifique, en w.-h. : kg.

d'élément

Accumulateurs Blot.

Les plaques positives et négatives de cet accumulateur sont du type Planté à grande surface. La surface active est considérable, et comme l'épaisseur de la matière active atteint seulement quelques centièmes de millimètres, l'utilisation de celle-ci est très grande.

Les plaques sont constituées par un cadre en plomb antimonié auquel

sont soudées les navettes : celles-ci comportent une âme en plomb

non formable, autour de laquelle sont enroulés les deux rubans de

plomb pur gaufré, l'un droit et l'autre ondulé.

(19)

Pour permettre l'allongement des navettes, on a prévu un inter- valle suffisant entre l'extrémité inférieure de celles-ci et le cadre.

La maison Blot construit des types spéciaux qui peuvent donner une capacité spécifique de 12 ampères-heure par kilogramme de plaques au régime de décharge de 4 heures.

Conclusions. •

En résumé, les chiffres précédents nous montrent que les constructeurs d'accumulateurs ayant égard à la durée des plaques ne dépassent pas en moyenne 15 watts-heure par kg. d'accu- mulateurs pour leurs types industriels d'automobiles.

En comptant un poids d'accumulateurs égal au tiers du poids total, le parcours que pourra effectuer la batterie sans recharge sera de 40 à 50 kilomètres.

.11 y a donc à prévoir, dans l'état actuel des choses, soit un chan- gement de batterie, soit une recharge dans la journée.

Pour les conditions économiques et les frais d'entretien des batte- ries, nous posséderons bientôt des données officielles, l'Automobile- Club de France ayantorganisé pour le mois d'avril un concours inter- national d'accumulateurs.

Ce concours porte sur : 1° La durée des éléments;

2° Le rendement industriel de la batterie, mesuré par le rapport entre l'énergie débitée pendant la décharge et l'énergie fournie à la charge ;

3° La fréquence, l'importance et la facilité des opérations d'en- tretien ;

4° Le poids des accumulateurs comparé à leur débit et à leur capa- cité.

Les conditions sont aussi semblables que possible à celles que les accumulateurs ont à subir en service sur les voitures automobiles.

C'est ainsi que les batteries seront soumises à des trépidations et que l'intensité de décharge sera très variable avec des valeurs correspon- dant aux démarrages et aux fortes rampes.

Ce concours, qui doit durer six mois, nous fixera complètement

sur l'état actuel des accumulateurs électriques, et montrera, par

suite, dans quelles limites l'accumobile, dès maintenant pratique, est

économique.

(20)

260

A. -G. CINILLE

LES MOïïLAaES D'ACIERS ET LEURS APPLICATIONS

par A.-G. CINILLE

Jusqu'à une époque relativement récente, les différentes pièces d'un poids faible employées couramment dans la mécanique ou la construction étaient obtenues en fonte, acier coulé au creuset ou en fonte malléable.

Les pièces coulées dans ces conditions présentaient l'inconvénient d'être trop coûteuses ou de ne pas donner la résistance et les avan- tages que nécessitait leur emploi.

Depuis l'invention des petits convertisseurs, qui ont permis d'ob- tenir des moulages d'acier de dimensions plus ou moins grandes, la question a fait de réels progrès.

Je ne citerai pas les différents systèmes de convertisseurs qui ont .été employés ou sont encore employés actuellement, et qui ont

donné des résultats réellement remarquables.

Je ne veux dire que quelques mots que du dernier perfectionne- ment réalisé, qui a permis de surmonter les plus grandes difficultés.

Le procédé est celui de M. Tropenas.

M. Tropenas, qui a actuellement un très grand nombre d'usines, marchant tant en France qu'à l'étranger avec son procédé, a donné le moyen d'obtenir des aciers coulés exempts de soufflures, leur dureté variant depuis celle de l'acier à outil jusqu'à celle de l'acier

extra-doux contenant 99,5

%

de fer pur.

Le procédé Tropenas, qui marche d'une façon excellente et cou- rante avec des convertisseurs de une et deux tonnes, est caractérisé par les points particuliers suivants.

L'air est admis par deux séries de tuyères placées sur le côté de l'appareil et soufflant à la surface du bain. Les tuyères supérieures brûlent l'oxyde de carbone produit qui donne lieu, par sa transfor- mation en acide carbonique, à un dégagement de chaleur très grand augmentant considérablement la température du bain ; dans tous les autres procédés, au contraire, l'oxyde de carbone est déversé, en pure perte, dans l'atmosphère.

L'oxydation du bain ne se produisant qu'à la surface, la scorie et le métal ne sont jamais mélangés.

La haute température réalisée dans l'appareil permet de faire les

(21)

coulées par petites quantités à la fois, ce qui rend le métal très propre à la fabrication des moulages de petites dimensions; ce métal, ' étant plus chaud et, par conséquent, plus fluide, laisse mieux échapper le gaz qu'il contient et se moule donc beaucoup plus faci- lement.

Les différents avantages obtenus au convertisseur Tropenas ont considérablement étendu le cycle des applications de l'acier coulé par ce procédé, et ont permis d'employer ce métal dans la méca- nique, l'automobilisme, la construction et l'électricité.

Le métal ordinaire simplement recuit obtenu par ce procédé, donne les résultats courants suivants : une résistance à la traction de 45 à 55 kilogrammes par millimètre carré avec une limite d'élas- ticité de 30 kilogrammes et un allongement de 20 à 30 % ; — les éprouvettes au pliage donnent à froid un pliage de l'éprouvette à bloc sans aucune gerçure ni crique.

Ces résultats ont permis de faire adopter ce métal par la marine, les chemins de fer, les agences du Lloyd et du Veritas, qui deman- dent généralement une résistance de 45 kilogrammes avec un allon- gement de 10 % .

L'acier coulé obtenu se soude et se forge comme le fer et prend une trempe plus ou moins forte suivant sa dureté.

Dans la mécanique et l'automobilisme, les roues, pignons, poulies, excentriques, glissières, pistons, arbres, manivelles, bâtis, pièces de raccords, etc., qui se faisaient d'ordinaire en fonte mal- léable, fer forgé ou fonte ordinaire, se font maintenant en acier coulé.

Le grand allongement donné par l'acier coulé a permis de rem- placer presque complètement le fer forgé dans les constructions maritimes pour les pièces de mâtures, telles que chouquets de mâts, poulies, mariannettes, taquets, chemins de fer, guides, chapes, cercles, étambots, etc.

Un essai d'hélice obtenue en acier coulé a donné d'excellents résultats. La résistance de la pièce a doublé en la comparant à la même pièce qui se faisait en fonte ; le poids a par suite diminué, ce qui a permis d'augmenter la vitesse du navire.

Les avantages réalisés par l'emploi de l'acier coulé dans les cons- tructions maritimes soût extrêmement remarquables.

Le prix de revient des pièces, comparativement au fer forgé, est

diminué dans une notable proportion; de plus, l'acier coulé permet

(22)

262 A. -G. CINILLE

de donner aux pièces des contours très nets, réalisant ainsi une économie d'usinage, tout en donnant des formes élégantes.

Maintenant la grande sécurité due à la résistance et à l'allonge- ment du métal est évidente à un tel point qu'un seul fait en donnera un exemple concluant.

Un navire ayant ses pièces de mâtures construites dernièrement en acier coulé et en fer forgé a donné lieu, après un accident survenu en cours de route, à des remarques assez curieuses. Les pièces en fer forgé se sont rompues sous le choc, tandis que celles en acier coulé se sont tordues sans rupture et ont pu, après dressage à chaud, servir de nouveau.

Une autre application importante des aciers coulés est leur emploi dans la construction des dynamos et moteurs électriques.

Autrefois on utilisait, pour cette construction, soit la fonte ordi- naire, soit le fer forgé.

La fonte offrait l'inconvénient d'avoir une perméabilité magnétique relativement faible, ce qui forçait les constructeurs à augmenter considérablement le poids de leurs dynamos et le prix du cuivre sur les inducteurs.

Le fer forgé est beaucoup moins lourd, mais son prix de revient est plus élevé. On avait presque pris l'habitude de construire en fonte ordinaire la partie des inducteurs non entourée de bobinage et réservé l'emploi du fer forgé aux masses polaires.

L'introduction de l'acier coulé magnétique dans l'industrie a permis de supprimer ces inconvénients.

Nous avons vu, en effet, que l'on pouvait obtenir un acier coulé contenant environ 99,5 % de fer pur, le complément étant fourni par du carbone qui donne au métal la fluidité nécessaire pour la coulée.

Le métal spécial dynamo, obtenu au convertisseur, et, particuliè- rement, au convertisseur Tropenas, se coule absolument comme du lait et est absolument exempt de soufflures.

La résistance est encore relativement grande, puisque cet acier recuit donne 30 à 35 kilogrammes par millimètre carré de section et 20 à 25 % d'allongement; l'acier coulé spécial dynamo est un acier à très grande perméabilité magnétique et sans magnétisme réma- nent ; les quelques chiffres suivants donneront un aperçu des faits constatés :

(23)

93 MOYEN (INDUCTION MOY.)

JC (INTENSITÉ DU CHAMP) Fer (1) Fonte (2) Acier coulé (3)

10 11.500 5.000 11.500

20 i 14.000 6.000 13.500

30 , 15.000 6.600 14.000

40.. 15.500. 1.000 14.600

50 15.800 7.200 lo .OOO

La grande fluidité du métal magnétique a permis de l'employer non seulement pour des machines dynamos, mais encore pour les moteurs électriques des voitures automobiles; ces moteurs ayant une épaisseur au-dessus de un centimètre viennent très bien de fonte en acier coulé.

La température extrêmement élevée du métal a étendu d'une façon assez grande l'importance des pièces qui peuvent être coulées.

Avec un seul, convertisseur Tropenas de 2 tonnes donnant 1.600 à 1.650 kilogrammes d'acier, il est, en effet, permis d'obtenir des pièces pesant depuis 10 grammes jusqu'à 6.000 kilogrammes. Cela prouve évidemment que le métal se conserve chaud suffisamment longtemps pour pouvoir être coulé.

Une hélice de 4mo0 de largeur d'ailes pesant 5 tonnes et d'une épaisseur de 2 centimètres environ au bout des ailes, a pu être coulée avec un seul convertisseur de 2 tonnes en employant quatre opérations consécutives, ce qui supposait un temps de deux heures entre la coulée de la première opération dans la poche et la coulée de la pièce. Les contours de la pièce étaient extrêmement nets.

En résumé, l'acier coulé est arrivé à prendre dans l'industrie une extension qui augmente de jour en jour ; il doit être employé avec avantage pour la fabrication de pièces remplaçant le fer forgé et ayant des épaisseurs au minimum de 1 centimètre, épaisseur au moins nécessaire pour obtenir des pièces venues de fonderie.

Dans les pièces à exécuter en acier coulé, remarquons que, pour obtenir des pièces saines, il faut leur donner, si cela est possible, une épaisseur bien proportionnée ; des épaisseurs différentes ont l'inconvénient d'amener souvent des défauts cachés nuisant à la soli- dité de la pièce et expliquées par la raison suivante.

Dans une pièce d'acier coulé de différentes épaisseurs, par le refroidissement, les molécules du métal se resserrent, et il arrive un

(1) D'après Shelford-Bidwell.

(2) D'après Hopkinson.

(3) Acier Plichon (Laboratoire central).

(24)

264 REVUES MENSUELLES

moment où les parties faibles de la pièce se nourrissent de métal dans les parties fortes et y occasionnent un vide caché ou une crique extérieure. Ces défauts inhérents au métal peuvent être évités lors du moulage et de la coulée de la pièce : c'est absolument une ques- tion essentielle dont se soucie le fondeur qui désire fournir à ses clients des pièces saines, donnant toute sécurité.

L'acier coulé, appelé à prendre la première place dans l'industrie, voit constamment ses applications augmenter et le discrédit jeté sur ce métal, à cause des soufflures qui accompagnaient très souvent les premières pièces faites, tend à disparaître, maintenant que l'on est arrivé à produire au convertisseur un métal bien sain de composi- tion et de nature bien définie.

REVUES MENSUELLES

PHYSIQUE

Actions moléculaires. — Sur une expérience de torsion. — H. BOUASSE

(Journ. Ph., VIII, 3,241). — L'auteur montre qu'il faut préciser les con- ditions dans lesquelles se produit la torsion : diamètre du fil, tension, loi de torsion en fonction du temps, couples à chaque instant.

Propriétés des mélanges liquides. 3e partie. Liquides partiellement miscibles.

— R. A. LEHFELDT (Phil. Mag., Vol. 47, p. 284). — L'auteur a mesuré les tensions de vapeur de mélanges en proportions variables de phénol et d'eau et a tracé la surface caractéristique de ces mélanges. (Langevin.)

Sur l'absorption de l'hydrogène par le platine. M. AUGUSTO MIOR

Nuovo cim., janv. 99, p. 67). — Etude sur la quantité d'hydrogène absorbé par le platine à des températures variant entre 0" et 330° en opérant sur des temps très longs qui atteignaient jusqu'à 46 jours dans certaines expériences. Les résultats sont donnés dans deux tableaux; on constate une augmentation considérable de l'absorption lorsque la tempé-

rature s'élève. (Bary.)

Recherches cryoscopiques et ébullioscopiques. — MM. A. BATELLI et A. STE- FAMINI (Nuovo cim., janv. 99, p. 5). — Les auteurs font une revue cri-

(25)

tique très détaillée des méthodes habituellement employées et des recher- ches antérieures aux leurs. Les expériences ont porté sur la détermination par la cryoscopie et l'ébullioscopie, du poids moléculaire du sucre et de l'émétique (tartrate d'antimoine et de potassium). {Bary.)

Variations des propriétés élastiques du marbre imbibé de quelques subs- tances. — M. PERICLE GAMBA {Nuovo cim., fév. 1899, p. 117).

Mécanique. — Pesanteur. — Sur la mesure absolue du temps, déduite des lois de l'attraction universelle. — G. LIPPMANN (C.-R., 128, 1137). — La grandeur de l'intervalle de temps pris pour unité est déterminée sans ambiguité, quand on se donne la valeur numérique de la constante newto- nienne qui lui correspond : si l'on pose cette constante égale à un, le temps se trouve mesuré en valeur absolue, en fonction d'une unité dont. la grandeur concrète est parfaitement déterminée.

Sur le calcul de . l'effort maximum disponible à la barre d'attelage d'un tracteur. — A. PETOT {C.-R., 128, 1283). — Nous signalerons en particulier ce résultat du calcul, à première vue paradoxal, qu'à vitesse constante, en palier et alignement droit, dans le cas où la vitesse est assez faible pour que la résistance de l'air soit négligeable, un tracteur dont tous les essieux sont moteurs, n'utilise aucune fraction de son adhérence pour se remor- quer lui-même.

Sur une nouvelle pompe à mercure. — E.-U. CHÂTELAIN (C.-R.. 128, 1131).

— La colonne barométrique est supprimée, on amorce par une trompe à eau.

Chaleur. — Sur une méthode purement physique pour la détermination des poids moléculaires des gaz et des poids atomiques de leurs éléments. —■

D. BERTHELOT (Journ. Ph., VIII, 3, 263).— L'application delà méthode proposée par l'auteur amène aux résultats suivants : le poids molécu- laire de l'oxygène étant 32, on a pour 11= 1,0073 — C = 12,004 — Az = 14,005 — Argon = 39,882 — S = 32,050.

Sur le rapport des poids atomiques de Voxygène et de l'hydrogène. — A. LEDUC (C.-R. 128, 1158). — Le rapport 15,88, trouvé par l'auteur, con- corde avec les expériences de Sacerdote et Berthelot qui conduisent à la valeur 15,878.

Chaleur développée par immersiondes corps pulvérulents. — M. GUIDO ERCO- LINI (Nuovo cim., fév 1899, p. MO). — Les expériences ont porté sur la silice et le charbon et ont donné 13,23 calories par gramme de silice et 14,23 par gramme de charbon; contrairement aux résultats de M. Martini, l'auteur trouve réchauffement indépendant de la quantité d'eau employée.

(Bary.) Sur l'augmentation de pression produite par le mélange de deux gaz et sur la compressibilité du mélange. — D. BERTHELOT (C.-R., 128, 1129). — L'auteur

參考文獻

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